La révélation du massacre de Tadamon lève le voile sur les atrocités de la guerre en Syrie

Images amateurs du massacre de Tadamon, à Damas, où l'on voit clairement des miliciens tirer sur des gens. (AFP)
Images amateurs du massacre de Tadamon, à Damas, où l'on voit clairement des miliciens tirer sur des gens. (AFP)
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Publié le Mercredi 11 mai 2022

La révélation du massacre de Tadamon lève le voile sur les atrocités de la guerre en Syrie

  • Une vidéo confirme les pires craintes des familles de la banlieue de Damas, près de dix ans après la disparition de leurs proches
  • Un crime de masse a été révélé par une enquête du journal The Guardian et du magazine New Lines

DUBAI : En 2013, quarante et un civils au total ont été assassinés de sang-froid en un seul incident. Un par un, les détenus aux yeux bandés ont été amenés au bord d'une fosse fraîchement creusée dans la banlieue de Damas, à Tadamon, et ils ont été abattus de manière systématique. Les corps, empilés les uns sur les autres, ont ensuite été incendiés.

Les images de ce massacre perpétré par des miliciens syriens fidèles au régime de Bachar al-Assad n'ont été diffusées qu'en avril dernier après une révélation faite par le journal britannique The Guardian et par le magazine en ligne New Lines.

La vidéo amateur, prise par les tueurs eux-mêmes, a été découverte par une recrue de la milice dans l'ordinateur portable de l'un de ses aînés. Écœuré par ce qu'il a vu, le jeune homme a transmis ce document à des chercheurs qui sont parvenus à confronter l'un des tueurs identifiés sur la séquence.

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Une femme syrienne brandit des photos de victimes du régime Assad devant un tribunal allemand. (AFP)

Des journalistes et des militants du sud de Damas, s'adressant à Arab News après la diffusion en ligne de la vidéo, signalent que le massacre de Tadamon n'est probablement pas la seule atrocité commise dans la région pendant cette période.

Tout au long des années 2012 et 2013, les milices prorégime ont tiré sur des passants au hasard aux points de contrôle de Tadamon, de Yalda et du camp de Yarmouk et ils ont abattu des personnes dans leurs maisons. Les corps des victimes étaient souvent laissés sur place, selon les habitants.

«Nous entendions parler de ces massacres et de l'incinération des cadavres», confie à Arab News Rami al-Sayed, un photographe du quartier de Tadamon. «Nous savions que toute personne arrêtée par les chabiha de la rue Nisrine serait portée disparue et, dans la plupart des cas, exécutée.»

Chabiha est un terme syrien; il désigne les milices parrainées par le gouvernement Assad qui ont procédé à des exécutions extrajudiciaires pendant la guerre civile qui a éclaté après le soulèvement de 2011.

La rue Nisrine était connue pour être le fief d'une de ces milices qui, au début du soulèvement, a violemment réprimé les manifestations, puis a commencé à détenir et à exécuter des habitants du sud de Damas.

«Toutes les victimes identifiées jusqu'à présent ne sont pas connues pour avoir participé à des manifestations ou à des activités militaires contre le régime», explique Al-Sayed.

«La présence d'une majorité prorégime à Tadamon a contraint la plupart des personnes opposées au régime à fuir entièrement le quartier ou à résider dans une zone qui était encore sous le contrôle de l'opposition en 2013», ajoute-t-il.

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Un homme syrien montre des brûlures de cigarettes sur son corps dans le centre spécialisé Al-Waalan, dans la ville d'Aldana, dans le nord du pays, le 14 février 2019. (AFP)

Les observateurs syriens des droits de l'homme affirment que des familles entières, parmi lesquelles figuraient des enfants et des personnes âgées, qui ont tenté de franchir des postes de contrôle dans le sud de Damas ont disparu en 2013. Dans de nombreux cas, leur sort demeure inconnu, aujourd'hui encore.

Ces familles ne constituent qu'une petite fraction des 102 000 civils qui ont disparu depuis le début du soulèvement, en 2011, selon le Réseau syrien pour les droits de l'homme. Cette ONG estime que les forces du régime sont responsables de la disparition forcée de près de 85% du nombre total de Syriens disparus.

La plupart des victimes du massacre de Tadamon n'ont pas encore été publiquement identifiées. Redoutant de nouvelles représailles, leurs familles sont réticentes à se manifester et à reconnaître leur relation.

«De nombreux parents ont peur d'annoncer qu'ils ont reconnu leur proche dans la vidéo. Ils craignent d'être persécutés par la police secrète syrienne, surtout s'ils vivent dans une région contrôlée par le régime», explique à Arab News Mahmoud Zaghmout, un Syro-Palestinien du camp de Yarmouk.

Les habitants du sud de Damas s'attendent à ce que ni les auteurs de ce massacre spécifique ni ceux qui ont supervisé d'innombrables autres tueries ne soient tenus de rendre des comptes dans un avenir proche, malgré les preuves vidéo qui les incriminent.

«Ce n'est pas la première fois que des preuves aussi claires de l'implication de membres du régime syrien dans des crimes de génocide sont exposées», précise Zaghmout. «Mais le régime demeure protégé par les Russes, ce qui lui permet d'échapper à toute responsabilité.»

Lorsque les images du massacre sont apparues en ligne pour la première fois, les familles des Syriens et des Palestiniens qui avaient disparu en 2013 ont parcouru frénétiquement la vidéo à la recherche d'indices susceptibles de leur indiquer le lieu où se trouvaient leurs proches.

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Anwar Raslan (à droite) a été reconnu coupable d'avoir supervisé le meurtre de vingt-sept personnes et la torture de quatre mille individus à Damas en 2011 et 2012. (AFP)

Même si les images horribles ont confirmé leurs pires craintes, au moins ont-ils pu trouver un semblant d’aboutissement qui mettrait fin à l'incertitude relative à la perte de leur proche et qui leur permettrait d’entreprendre leur travail de deuil.

Des familles ont subi le même traumatisme en parcourant des milliers de photographies sorties clandestinement de Syrie en 2013 par un déserteur de l’armée qui avait pour nom de code «César». Ces images contenaient des preuves horribles de viols, de tortures et d'exécutions extrajudiciaires dans les prisons du régime.

Les preuves fournies par César ont aidé à poursuivre Anwar Raslan, un ancien officier des services de renseignement syriens, qui a été condamné à perpétuité en janvier dernier par un tribunal allemand pour les sévices atroces qu'il a infligés aux détenus.

Le procès de Coblence a offert une lueur d'espoir aux Syriens qui souhaitaient voir leurs bourreaux confrontés à la justice. Malgré cette petite victoire, les familles de Tadamon doutent que les miliciens qui ont assassiné leurs proches comparaissent un jour.

Les parents de Wassim Siyam, un Palestinien qui résidait dans le camp de Yarmouk et qui avait 33 ans lorsqu'il a disparu, ont regardé ces images macabres.

«J’ai revu les images plusieurs fois, puis la façon dont un homme courait a attiré mon attention. C'était mon fils. Il a toujours couru comme ça. Je savais que c'était lui», confie le père de Wassim à Arab News.

De nombreuses familles entretenaient toujours l'espoir que leurs enfants soient encore en vie quelque part dans le système carcéral du régime et qu'ils soient un jour libérés grâce à l'une des amnisties occasionnelles du gouvernement.

Le 2 mai, une soixantaine de détenus ont été libérés par le régime en vertu d'un nouveau décret présidentiel qui accorde l'amnistie aux Syriens qui ont commis des «crimes terroristes», expression souvent utilisée par les autorités pour désigner les personnes arrêtées de manière arbitraire.

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Des militants syriens brandissent des photos qui documentent la torture de détenus à l'intérieur des centres de détention du régime Assad, le 17 mars 2016, à Genève. (AFP)

Certains avaient passé plus de dix ans dans des installations décrites par l'organisation de défense des droits Amnesty International comme des «abattoirs humains».

Des foules impressionnantes se sont rassemblées à Damas dans les jours qui ont suivi l'amnistie dans l'espoir de retrouver leurs proches. Certains brandissaient des photos de leurs disparus et demandaient aux détenus libérés s'ils les avaient vus vivants en prison.

La mère de Wassim a longtemps gardé l'espoir que son fils soit encore en vie, près de dix ans après sa disparition. «J'ai gardé ma foi en Dieu. Je pensais qu'il était probablement détenu, mais toujours en vie», aurait-elle déclaré.

«Je ne sais pas comment ils ont pu faire cela à des civils. Une personne normale évite d’écraser une fourmi en marchant, si elle le peut. Comment ont-ils pu faire cela?»

Elle a ajouté: «Mon fils était apprécié de la communauté. Nous n'avons jamais fait de mal à personne pour être blessés de cette façon. Je m'attendais à le voir sortir de prison – maigre, torturé, avec peut-être un œil en moins –, mais je ne m'attendais pas à cela.»

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Une photo d'une victime de torture prise par un ancien policier militaire de l'armée syrienne est brandie par des militants syriens lors d'un rassemblement à Genève, le 17 mars 2016. (AFP)

La vidéo du massacre de Tadamon a exclu la possibilité que Wassim et les autres hommes soient encore en vie.

«L'espoir qu'ils avaient, même le plus infime, s'est envolé», a expliqué à Arab News Hazem Youness, chercheur palestino-syrien et ancien diplomate, qui a interrogé plusieurs familles.

La fille d'une des victimes a déclaré à Youness que, depuis la disparition de son père, «chaque fois que j'entendais frapper à la porte, j'espérais que ce serait mon père. Désormais, je ne peux plus espérer.»

Conscientes des conditions brutales et inhumaines qui règnent dans les prisons du régime, certaines familles ont admis qu'elles étaient soulagées de voir leurs proches dans la vidéo: au moins, cela signifiait qu’ils n'avaient pas souffert longtemps.

«C'est mieux ainsi», affirme Youness, citant l'une de ces familles. «Nous avons été rassurés de savoir qu'il ne subit pas de torture. C'était plus difficile pour nous quand nous pensions sans cesse: “Que fait-il? Se fait-il torturer en ce moment? Que mange-t-il? Comment va-t-il? Est-il malade? Où est-il?”»

La diffusion des images a eu une autre conséquence de taille: elle a validé les affirmations des survivants et a confirmé que des meurtres avaient bien eu lieu dans la région.

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Images amateur du massacre de Tadamon à Damas, où l'on voit nettement des membres de la milice tirer sur des personnes. (AFP)

«Tout le monde savait que des massacres avaient lieu», a souligné Youness. «Les habitants de Tadamon et des zones du camp rapportent qu'il y avait une odeur de sang puis celle de cadavres en décomposition qui sortaient des maisons.»

«Mais, vous savez, se douter est une chose et être certain en est une autre; vous ne voulez toujours pas croire que c'est vrai, puis vous en avez la preuve.»

Certains habitants n'ont pas été surpris d'apprendre que des crimes de guerre avaient été commis à Tadamon. Ce qui les a plutôt choqués, c'est la cruauté et l'inhumanité des miliciens qui se manifestent dans la vidéo.

«Je ne m'attendais pas à ce que ce soit aussi horrible», a reconnu Youness. «Vous pouvez constater sur la vidéo à quel point ce qu’ils ont fait est une chose ordinaire pour eux. On voit qu'ils le font avec aisance, tout en plaisantant entre eux, comme si c'était la routine, comme si c'était un jeu.»

«Ce sont des bêtes qui tuent de sang-froid. C'est même injuste de les comparer aux bêtes, puisque les bêtes, elles, sont capables de faire preuve d’un certain degré de compassion et d’empathie.»

Faisant allusion à la nécessité de rester optimiste, Youness a affirmé: «Le chemin de la justice est malheureusement long. Mais peu importe le temps que cela prendra, la marche doit se poursuivre.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël construit des routes et des postes militaires dans le sud du Liban, les négociations à Rome au point mort

 L'impasse diplomatique intervient alors que l'activité militaire israélienne continue d'entraver la mise en œuvre des accords dans le sud du Liban. (Archives/Getty Images)
L'impasse diplomatique intervient alors que l'activité militaire israélienne continue d'entraver la mise en œuvre des accords dans le sud du Liban. (Archives/Getty Images)
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  • Israël « gagne du temps » à l’approche des élections, selon une source
  • Le Liban se montre réticent à négocier alors que Tel-Aviv retarde ses retraits

BEYROUTH : Le Liban n’a reçu aucune réponse israélienne aux propositions soumises lors du dernier cycle de négociations directes à Rome, a déclaré une source officielle libanaise, alors qu’Israël étend ses routes militaires et ses positions défensives dans les zones du Sud-Liban sous son contrôle.

Cette source, proche de la délégation libanaise chargée des négociations, a exclu la tenue imminente d’un huitième cycle de pourparlers, estimant qu’Israël semblait « gagner du temps » à l’approche de ses élections.

« Le Liban n’a reçu aucune réponse israélienne aux demandes et propositions qu’il a soumises lors du septième cycle de négociations de Rome, qui s’est tenu la semaine dernière sous l’égide des États-Unis », a déclaré la source.

« Israël ne semble pas disposé à le faire à court terme. »

La source a également indiqué que le chef du Commandement central américain, l’amiral Brad Cooper, avait reporté une visite prévue cette semaine au Liban et se rendrait à la place en Arabie saoudite.

« Le Liban ne semble pas figurer parmi les priorités de l’agenda américain pour le moment », a ajouté la source.

La chaîne publique israélienne Kan a indiqué que les médiateurs tentaient de réduire les divergences et d’organiser un nouveau cycle de pourparlers le mois prochain.

Elle a attribué ce retard aux tensions entre les deux parties, affirmant que le Liban était réticent à reprendre les négociations car Israël n’avait pas étendu les zones d’où il se retirait.

Israël, quant à lui, s’est plaint auprès de Washington des activités de l’armée libanaise et l’a accusée de coordonner ses actions avec le Hezbollah.

Les responsables libanais rejettent cette accusation.

Cette impasse diplomatique intervient alors que l’activité militaire israélienne continue d’entraver la mise en œuvre des dispositions prévues dans le sud du Liban.

L’armée libanaise n’a pas été en mesure d’achever son déploiement à Zawtar Al-Gharbiyah, dans le district de Nabatieh, première zone pilote relevant de la phase initiale d’un accord-cadre mis en œuvre par le biais d’un mécanisme convenu à Rome.

Le déploiement y a débuté le 21 juillet.

Cependant, les forces israéliennes continuent de procéder à des explosions dans la localité voisine de Zawtar Al-Sharqiyah et ont ouvert le feu sur des unités de l’armée libanaise lorsque celles-ci s’enfonçaient plus profondément dans des zones proches de la ville contrôlée par Israël.

Zawtar Al-Gharbiyah, qui s'étend sur environ 4 km², est l'une des trois villes sélectionnées pour constituer la première zone pilote dans le cadre de cet accord soutenu par les États-Unis.

Le général de brigade à la retraite de l’armée libanaise Khalil Gemayel, ancien commandant du secteur du Litani Sud, a déclaré à Arab News que le Liban avait profité des dernières négociations de Rome pour proposer des retraits israéliens plus importants de Bint Jbeil et de Khiam.

L’objectif, a-t-il précisé, était d’accélérer à la fois le retrait des forces israéliennes et le déploiement de l’armée libanaise.

« Si les retraits ne se font que par petites étapes, il faudra des mois, voire des années, pour débarrasser le sud du Liban de la présence militaire israélienne », a déclaré M. Gemayel.

Il a ajouté que des informations militaires indiquaient qu’Israël avait établi un important centre de commandement à Khiam et construisait des routes militaires, tout en se montrant réticent à se retirer de Bint Jbeil en raison de l’importance symbolique de cette ville pour le Hezbollah.

M. Gemayel a affirmé que l’armée libanaise était capable de prendre le contrôle de la zone située au sud du Litani et a rejeté les allégations israéliennes selon lesquelles elle coordonnerait ses actions avec le Hezbollah.

« L’armée libanaise ne coordonne pas ses actions avec le Hezbollah », a-t-il déclaré.

Il a ajouté que l’armée avait déjà démantelé environ 200 installations militaires du Hezbollah et scellé les tunnels qu’elle avait découverts, tout en respectant les restrictions légales régissant les perquisitions de propriétés privées.

« Le problème ne réside pas dans la capacité de l’armée à se déployer, malgré son besoin de soutien », a déclaré Gemayel. « Le problème réside dans le mécanisme de suivi de la mise en œuvre des zones pilotes et dans la nécessité de donner à cette expérience une véritable chance de réussir. »

Il a précisé que les troupes libanaises avaient reçu pour instruction d’arrêter toute personne portant ouvertement des armes et qu’elles pouvaient mener des raids, bien que les perquisitions de propriétés privées nécessitent généralement une autorisation judiciaire.

Dans les zones pilotes, a-t-il ajouté, les troupes libanaises facilitaient le retour des habitants non armés, mais la poursuite des explosions et des tirs israéliens rendait difficile le maintien des familles sur place.

« Comment peut-on s’attendre à ce que des familles s’installent dans un climat de peur et d’intimidation constantes ? », a déclaré M. Gemayel.

Le maire de Zawtar Al-Gharbiyah, Abdul Ezzeddine, a récemment déclaré qu’un drone israélien avait pénétré dans la mairie et ordonné aux personnes présentes d’ouvrir les portes pour une inspection, avant de se diriger vers la place de la ville pour surveiller les travaux de déblaiement des décombres.

M. Gemayel a indiqué que certaines installations du Hezbollah découvertes par l’armée libanaise étaient dissimulées au sein de propriétés civiles et reliaient entre eux des immeubles d’habitation.

Il a précisé que des perquisitions pouvaient être menées en cas de constat d’infraction, sur autorisation judiciaire ou pendant un état d’urgence déclaré en vertu de la loi libanaise sur la défense.

Cette dernière option nécessiterait une décision gouvernementale prise par décret.

Ces développements ont alimenté les inquiétudes à Beyrouth : les négociations visant à mettre fin aux opérations militaires, à garantir le retrait israélien et à permettre le retour des résidents déplacés se poursuivent en parallèle des activités israéliennes sur le terrain, sans que celles-ci ne soient restreintes.

Alors que les délégations négocient les cartes et les modalités de retrait, les forces israéliennes continuent de raser au bulldozer, de démolir des structures et d’établir des positions dans le sud.

Une source officielle libanaise a déclaré que Beyrouth restait néanmoins attachée aux négociations.

« Se retirer des pourparlers pourrait s’avérer plus dangereux, car cela laisserait le champ libre à une issue décidée sur le champ de bataille », a déclaré cette source.

La source a accusé Israël d’exercer une pression croissante sur un État libanais qui avait choisi la voie diplomatique comme alternative à une reprise de la guerre.

« Le Hezbollah rejette totalement les négociations et ne propose aucune alternative », a déclaré la source.

Le responsable a également cité les déclarations de responsables politiques israéliens et les incidents impliquant des militants extrémistes israéliens pénétrant sur le territoire libanais comme des facteurs ayant accru les inquiétudes au Liban quant aux intentions à long terme d’Israël.

Ces craintes se sont intensifiées après que le ministère israélien des Affaires étrangères a publié une carte régionale accompagnant des données sur la malnutrition infantile, qui semblait inclure des zones du territoire libanais soit occupées par les forces israéliennes, soit sous le contrôle de tir israélien.

Cette carte a suscité des condamnations au Liban et donné lieu à des contacts diplomatiques avec Washington.

Israël l’a par la suite retirée de son compte officiel en anglais, bien qu’elle soit restée visible sur le compte en arabe.

La source libanaise a qualifié cet épisode de tentative visant à « provoquer le Liban et à détourner son attention de la question fondamentale : le sort des zones occupées ».

Des collines stratégiques sous pression

Les opérations militaires israéliennes se concentrent également autour des collines d’Ali Al-Taher, dans le district de Nabatieh, qui culminent à environ 600 mètres et surplombent Nabatieh, les villages environnants et les zones menant à Jezzine.

Gemayel a déclaré que le cessez-le-feu annoncé en juin avait empêché les forces israéliennes de mener à bien leur avancée vers ces collines, qui, selon les évaluations militaires libanaises, pourraient abriter d’importantes infrastructures du Hezbollah.

Ces collines figuraient parmi les dernières positions dont les forces israéliennes se sont retirées lorsqu’elles ont quitté le Sud-Liban en 2000.

Gemayel a déclaré que les combats autour de la localité voisine de Kfar Tebnit avaient mis au jour ce qui semblait être un vaste réseau de tunnels et démontré le coût potentiel d’une tentative de prise de ces hauteurs.

« L’armée israélienne contrôle les versants arrière des collines à l’aide de robots et de drones de surveillance qu’elle a déployés sur la colline centrale, connue sous le nom d’Al-Dabsha », a-t-il déclaré.

« Elle construit des routes et des fortifications, mais n’a pas encore atteint les tunnels. »

Il a ajouté que les forces israéliennes incendiaient également des zones boisées à travers les collines.

M. Gemayel a indiqué que des informations non vérifiées avaient circulé, suggérant que des robots avaient été envoyés dans les tunnels, mais a souligné que les détails restaient flous.

Il a également mis en avant les travaux de construction militaire israéliens menés ailleurs dans la zone occupée comme preuve d’un éventuel enracinement à plus long terme.

Selon M. Gemayel, les forces israéliennes prolongent des routes et construisent des positions défensives, notamment le long d’un axe reliant la zone frontalière de Taybeh à Yohmor, dans la Bekaa occidentale, et en direction du château de Beaufort, ce qui pourrait leur permettre d’accéder aux zones situées au nord du Litani.

Il a indiqué que plus de 20 pelles mécaniques et bulldozers avaient été observés en train de travailler sur un terrain rocheux difficile.

« Quiconque entreprend des travaux de construction de cette ampleur signale qu’il a l’intention de rester dans la région et ne souhaite pas se retirer », a déclaré Gemayel.

Il a également évoqué Mansouri, une ville côtière du secteur ouest située à environ 12 km de la frontière et à 7 km de Tyr.

M. Gemayel a expliqué que le cessez-le-feu avait empêché l’occupation israélienne de la ville, mais qu’Israël l’avait par la suite classée dans ce qu’il qualifie de « zone jaune » et exerce un contrôle des tirs sur la zone.

L’armée libanaise avait auparavant facilité le retour d’une cinquantaine de familles, car la ville elle-même n’était pas occupée, a-t-il expliqué, mais celles-ci ont ensuite été contraintes de repartir suite à des avertissements d’évacuation lancés par Israël.

Pour le Liban, le fossé de plus en plus visible entre les négociations diplomatiques et l’évolution de la situation sur le terrain devient la préoccupation centrale.

Beyrouth s’est engagée dans le processus de Rome dans l’espoir de trouver un mécanisme permettant de mettre fin aux attaques, de faciliter les retraits israéliens et de permettre le retour des habitants ainsi que la reconstruction.

Alors qu’un nouveau cycle de négociations est désormais incertain, les responsables libanais craignent que le temps ne joue en défaveur de cet objectif — laissant les réalités militaires sur le terrain se cristalliser tandis que les négociations restent suspendues.


Le Liban vote l'abolition de la peine de mort, une première au Moyen-Orient

Le parlement libanais a voté mardi l'abolition de la peine de mort, une première au Moyen-Orient, dans une décision qualifiée d'"historique" par le ministre de la Justice Adel Nassar. (AFP)
Le parlement libanais a voté mardi l'abolition de la peine de mort, une première au Moyen-Orient, dans une décision qualifiée d'"historique" par le ministre de la Justice Adel Nassar. (AFP)
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  • "Le projet de loi visant à abolir la peine de mort au Liban a été approuvé", a annoncé le bureau du président du Parlement
  • Le texte précise que les crimes commis avant l'entrée en vigueur de cette loi seront passibles d'une peine d'emprisonnement à perpétuité

BEYROUTH: Le parlement libanais a voté mardi l'abolition de la peine de mort, une première au Moyen-Orient, dans une décision qualifiée d'"historique" par le ministre de la Justice Adel Nassar.

Le pays n'avait plus procédé à des exécutions depuis 2004.

"Le projet de loi visant à abolir la peine de mort au Liban a été approuvé", a annoncé le bureau du président du Parlement.

Le texte précise que les crimes commis avant l'entrée en vigueur de cette loi seront passibles d'une peine d'emprisonnement à perpétuité.

Le ministre de la Justice a salué une décision "historique", soulignant que grâce à ce vote, Beyrouth ne serait plus débouté de ses demandes d'extradition de suspects de la part de pays où la peine de mort est abolie.

C'est "une étape monumentale pour les droits humains dans le pays, une rupture claire avec une sentence cruelle et arbitraire qui n'aurait jamais dû être prononcée", a déclaré de son côté Ramzi Kaiss, chercheur de l'ONG de défense des droits humains Human Rights Watch (HRW).

Le vote d'abolition de la peine de mort fait partie d'une série de projets de loi discutés lors de la session parlementaire, dont une loi générale d'amnistie, serpent de mer depuis plusieurs années.


Un navire touché par un «projectile» en mer Rouge, des victimes 

Un "projectile" a frappé un navire près du détroit de Bab el-Mandeb, au large des côtes sud du Yémen, faisant des victimes, a annoncé mardi l'agence maritime britannique UKMTO, sans préciser leur nombre et s'il s'agissait de morts ou de blessés. (AFP)
Un "projectile" a frappé un navire près du détroit de Bab el-Mandeb, au large des côtes sud du Yémen, faisant des victimes, a annoncé mardi l'agence maritime britannique UKMTO, sans préciser leur nombre et s'il s'agissait de morts ou de blessés. (AFP)
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  • Un "projectile" a frappé un navire près du détroit de Bab el-Mandeb, au large des côtes sud du Yémen
  • "Il a été signalé qu'un cargo dans le sud de la mer Rouge a été touché par un projectile d'origine inconnue, qui a causé des victimes"

DUBAI: Un "projectile" a frappé un navire près du détroit de Bab el-Mandeb, au large des côtes sud du Yémen, faisant des victimes, a annoncé mardi l'agence maritime britannique UKMTO, sans préciser leur nombre et s'il s'agissait de morts ou de blessés.

"Il a été signalé qu'un cargo dans le sud de la mer Rouge a été touché par un projectile d'origine inconnue, qui a causé des victimes", a indiqué l'agence dans un communiqué, alors que les rebelles houthis du Yémen, alliés de l'Iran, ont revendiqué plusieurs attaques contre la flotte saoudienne dans la zone depuis juillet.