Sri Lanka: le président Rajapaksa s'apprête à nommer un nouveau Premier ministre

Des violences ont marqué cette semaine les manifestations anti-gouvernementales qui exigent depuis mars le départ du président. (AFP).
Des violences ont marqué cette semaine les manifestations anti-gouvernementales qui exigent depuis mars le départ du président. (AFP).
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Publié le Jeudi 12 mai 2022

Sri Lanka: le président Rajapaksa s'apprête à nommer un nouveau Premier ministre

  • Durant sa première déclaration au pays depuis le début des manifestations, le président Rajapaksa, 72 ans, a promis mercredi soir la constitution d'un gouvernement d'unité dans les prochains jours
  • Depuis le flux de défections subies en avril par le camp présidentiel, aucun groupe politique ne jouit d'une majorité absolue

COLOMBO: Après plusieurs jours de manifestations meurtrières, le président sri-lankais Gotabaya Rajapaksa devait nommer un nouveau Premier ministre jeudi, dans l'espoir de sauver l'économie du pays au bord d'un effondrement "irrémédiable" prédit par la Banque centrale, a déclaré à l'AFP un haut responsable.


"La prestation de serment devrait avoir lieu aujourd'hui (jeudi), à moins qu'il n'y ait un contretemps de dernière minute", a déclaré ce haut-fonctionnaire proche du président. 


Ranil Wickremesinghe, 73 ans, est pressenti pour prendre les fonctions de Premier ministre qu'il a déjà occupées à cinq reprises depuis 1993. 


Il devra former un "gouvernement d'union" bénéficiant du soutien de tous les partis siégeant au parlement comptant 225 députés.


Durant sa première déclaration au pays depuis le début des manifestations, le président Rajapaksa, 72 ans, qui jouit de pouvoirs étendus et du commandement des forces armées, a promis mercredi soir la constitution d'un gouvernement d'unité dans les prochains jours. 


"Je vais nommer un Premier ministre qui dirigera une majorité au parlement et inspirera la confiance au peuple", a-t-il affirmé, sans livrer le nom du successeur de l'ex-Premier ministre, son frère Mahinda Rajapaksa, qui a démissionné lundi.


Le principal parti d'opposition, le SJB, avait été initialement invité à diriger un nouveau gouvernement, mais son chef Saith Premadasa se refuse à gouverner sous l'autorité du président dont il réclame la démission préalable. 


Toutefois, une douzaine de députés du SJB se sont engagés à soutenir M. Wickremesinghe, considéré comme un réformiste pro-occidental, partisan du libre-échange. 


Ce dernier est le seul député du Parti national uni (UNP) depuis sa déroute aux élections législatives d'août 2020. M. Rajapaksa avait alors remporté une majorité des deux tiers à l'assemblée. 


Depuis le flux de défections subies en avril par le camp présidentiel, aucun groupe politique ne jouit d'une majorité absolue.


Quelques heures avant l'allocution présidentielle, le gouverneur de la Banque centrale, Nandalal Weerasinghe, a averti que l'économie était en passe d'atteindre un point de non retour. 


"S'il n'y a pas de gouvernement dans les deux prochains jours, l'économie s'effondrera et personne ne pourra la sauver", a-t-il prévenu. 


Des violences ont marqué cette semaine les manifestations anti-gouvernementales qui exigent depuis mars le départ du président. Elles ont fait neuf morts et plus de 225 blessés, selon la police.


Un couvre-feu, en vigueur sur tout le territoire depuis lundi, a été levé jeudi matin pour permettre à la population de sortir se ravitailler mais il sera de nouveau imposé dans l'après-midi.


L'île de 22 millions d'habitants subit depuis des mois des pénuries de nourriture, de carburant et de médicaments. 


Le pays s'est déclaré le 12 avril en défaut de paiement sur sa dette extérieure évaluée à plus de 51 milliards de dollars et a, depuis, engagé des pourparlers avec le Fonds monétaire international (FMI) sur un éventuel renflouement.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com