Jen Psaki, visage d'une présidence Biden chahutée, cède sa place de porte-parole

Jen Psaki, arrive pour le point de presse quotidien à la Maison Blanche, le 10 mai 2022 à Washington, DC. (Photo, AFP)
Jen Psaki, arrive pour le point de presse quotidien à la Maison Blanche, le 10 mai 2022 à Washington, DC. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 12 mai 2022

Jen Psaki, visage d'une présidence Biden chahutée, cède sa place de porte-parole

Jen Psaki, arrive pour le point de presse quotidien à la Maison Blanche, le 10 mai 2022 à Washington, DC. (Photo, AFP)
  • A 43 ans, elle viendra pour la dernière fois au pupitre de la célèbre salle de presse de la Maison Blanche, se prêter au redoutable exercice de la conférence de presse quotidienne
  • Jen Psaki avait toujours dit qu'elle quitterait après un peu plus d'un an sa fonction de porte-parole de l'exécutif américain, disant vouloir passer plus de temps avec ses deux jeunes enfants

WASHINGTON: Elle a incarné les promesses d'apaisement puis les désillusions de Joe Biden sans fausse note, mais sans réussir pour autant à redresser la popularité du président américain: Jen Psaki cède vendredi sa place de porte-parole. 

A 43 ans, elle viendra pour la dernière fois au pupitre de la célèbre salle de presse de la Maison Blanche, se prêter au redoutable exercice de la conférence de presse quotidienne. 

Jen Psaki avait toujours dit qu'elle quitterait après un peu plus d'un an sa fonction de porte-parole de l'exécutif américain, disant vouloir passer plus de temps avec ses deux jeunes enfants. 

A partir de lundi, son adjointe Karine Jean-Pierre fera face aux mains levées des journalistes. Première femme noire et ouvertement lesbienne à prendre le titre de « Press Secretary », il lui faudra défendre un Joe Biden impopulaire, qui a dû enterrer ses grands espoirs de réformes et de réconciliation politique. 

Jen Psaki a assuré qu'elles partageaient une même ambition: « créer un environnement de travail sans coups de théâtre ». 

Le calme après les esclandres 

De fait, elle a ramené le calme après les esclandres du mandat de Donald Trump. 

Cette ancienne nageuse de bon niveau a évité les écueils, déroulant les éléments de langage avec fluidité sur toutes sortes de sujets, et bottant en touche avec le sourire sur les sujets sensibles. 

Là où les porte-parole de Donald Trump invectivaient les journalistes, voire désertaient la salle de presse, Jen Psaki félicitait les reporters pour un anniversaire, un mariage, une promotion.  

Le tout sous le regard impitoyable du public: dans une interview, la porte-parole sortante disait avoir reçu des barrettes envoyées par des téléspectatrices agacées de la voir régulièrement remettre en place son carré de cheveux roux. 

Diplômée en sociologie et en anglais, elle s'est lancée en politique auprès du parti démocrate après ses études et s'est rodée aux postes de communication pendant l'administration Obama.  

Elle a été pendant deux ans porte-parole du département d'Etat, ce qui lui a valu d'être prise pour cible par la presse russe proche du Kremlin. 

Jen Psaki, qui depuis le début de la guerre en Ukraine multiplie les déclarations incendiaires contre Vladimir Poutine, n'a sans doute pas oublié que le président russe l'avait décrite en ces termes sexistes en juin 2021: « une jolie jeune femme cultivée » qui « mélange toujours tout ». 

A la Maison Blanche, ses échanges les plus vifs l'ont opposée au journaliste vedette de Fox News, Peter Doocy. 

C'est même devenu une espèce de routine, faisant la joie de deux camps sur les réseaux sociaux: l'un applaudissant les « Psakibombs », les flèches décochées par la porte-parole; l'autre savourant les attaques du journaliste de la chaîne conservatrice.   

Lequel a assuré qu'il regretterait le départ de Jen Psaki, saluant une interlocutrice toujours « réglo ». 

Amérique divisée 

Derrière ces éloges quasi-unanimes, perce toutefois une certaine lassitude des journalistes qui ont fait face à la communication parfaitement verrouillée de la Maison Blanche. 

Dans un récent article du site Politico, un reporter cité sous couvert d'anonymat le résume: « Jen est très bonne dans son boulot, malheureusement. (...) Le métier est donc moins valorisant, parce que tu n'es plus en train de sauver la démocratie face à Sean Spicer », un ancien porte-parole de Donald Trump. « Quand tu t'en prends à Jen, tu passes juste pour un enfoiré. » 

L'ambiance redevenue feutrée de la « James S. Brady Press Briefing Room » semble souvent à mille lieues d'un monde politique américain qui ne s'est en rien apaisé. 

D'où un contraste parfois saisissant entre le message optimiste de Jen Psaki à Washington, et les insultes lancées par les partisans de Donald Trump au passage du convoi de Joe Biden sur les routes de l'Amérique rurale ou ouvrière. 

Le changement de porte-parole coïncide d'ailleurs avec un nouveau ton de la Maison Blanche, qui attaque désormais frontalement les républicains acquis aux idées de l'ancien président, après avoir longtemps prôné la coopération par-delà les affiliations partisanes. 

Jen Psaki laisse jusqu'ici planer le mystère sur son avenir, mais selon la presse, elle va rejoindre la chaîne MSNBC, d'orientation progressiste. 

 


Trump menace de cibler les champs gaziers iraniens après des attaques contre le Qatar

Donald Trump a menacé de cibler les champs gaziers iraniens si Téhéran ne cesse pas ses attaques contre le Qatar, deuxième exportateur de GNL, qui ont à nouveau fait grimper les cours du pétrole jeudi. (AFP)
Donald Trump a menacé de cibler les champs gaziers iraniens si Téhéran ne cesse pas ses attaques contre le Qatar, deuxième exportateur de GNL, qui ont à nouveau fait grimper les cours du pétrole jeudi. (AFP)
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  • Le président américain a confirmé qu'Israël était à l'origine de l'attaque mercredi contre la partie iranienne de ce site gazier offshore du Golfe persique, dont l'autre partie est exploitée par le Qatar
  • Les Etats-Unis "ne savaient rien" de cette attaque, a assuré M. Trump

DOHA: Donald Trump a menacé de cibler les champs gaziers iraniens si Téhéran ne cesse pas ses attaques contre le Qatar, deuxième exportateur de GNL, qui ont à nouveau fait grimper les cours du pétrole jeudi.

Si l'Iran "décide imprudemment d'attaquer un pays tout à fait innocent, en l'occurrence le Qatar", alors "les Etats-Unis d'Amérique, avec ou sans l'aide ou le consentement d'Israël, détruiront massivement l'intégralité du gisement de gaz de South Pars avec une force et une puissance que l'Iran n'a jamais vues ni connues auparavant", a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Le président américain a confirmé qu'Israël était à l'origine de l'attaque mercredi contre la partie iranienne de ce site gazier offshore du Golfe persique, dont l'autre partie est exploitée par le Qatar. Les Etats-Unis "ne savaient rien" de cette attaque, a assuré M. Trump.

En représailles, l'Iran s'en est pris mercredi au complexe gazier qatari de Ras Laffan, plus important site de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde. Cela a de nouveau été le cas jeudi.

La compagnie énergétique publique du Qatar, QatarEnergy, a fait état de "dommages considérables" causés à l'aube sur ce site.

Les incendies provoqués par l'attaque ont été maîtrisés en début de matinée, selon le ministère de l'Intérieur. Aucune victime n'a été signalée.

Pétrole à plus de 112 dollars 

Le Qatar est le deuxième exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL) derrière les Etats-Unis et Ras Laffan son premier site de production de GNL.

Déjà mercredi, ce site avait subi des dommages "considérables" dans une attaque attribuée à l'Iran.

Aux Emirats arabes unis, Abou Dhabi a fermé un complexe gazier après la chute de débris de missiles interceptés

Le ministère des Affaires étrangères du Qatar a déploré que ces attaques dans la région "ont franchi toutes les lignes rouges en ciblant des civils, des installations civiles et vitales".

Ce nouvel épisode dans la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne sur l'Iran a de nouveau fait grimper le prix pétrole, poussant le baril de Brent au-delà des 112 dollars.

Les craintes d'une régionalisation du conflit à tout le Moyen-Orient s'accentue, l'Arabie saoudite ayant souligné jeudi se "réserver le droit" de répliquer militairement à l'Iran, qui cible régulièrement le pays avec des drones et des missiles.

Un couloir sécurisé pour Ormuz ? 

Le blocage par l'Iran du détroit stratégique d'Ormuz, par où circule d'ordinaire 20% du pétrole et du gaz mondiaux, reste au coeur de l'attention.

C'est au sud de ce passage, dans le golfe d'Oman, qu'un navire a de nouveau été touché jeudi par un "projectile inconnu", selon l'agence maritime britannique UKMTO. Un incendie s'est déclenché à bord du bateau. Un autre navire a été touché au large de Ras Laffan, selon l'UKMTO.

Réunie en urgence à Londres, l'Organisation maritime internationale (OMI) doit demander jeudi la mise en place d'un couloir maritime sécurisé pour évacuer les bateaux bloqués dans le Golfe persique.

L'organe onusien chargé de la sécurité en mer estime que 20.000 marins patientent actuellement à bord de 3.200 bateaux près du détroit d'Ormuz.

Après la réserve fédérale américaine mercredi (Fed), la flambée des prix de l'énergie due à la guerre dominera jeudi la réunion de la Banque centrale européenne (BCE), qui redoute des conséquences sur l'inflation et la croissance.

Le président français Emmanuel Macron a appelé jeudi à un moratoire concernant "les infrastructures civiles", notamment énergétiques, après un échange avec Donald Trump et l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani.

"Les populations civiles et leurs besoins essentiels, ainsi que la sécurité des approvisionnements énergétiques, doivent être préservés de l'escalade militaire", a-t-il souligné.

En presque trois semaines, la guerre a fait plus de 2.200 morts, selon les autorités, essentiellement en Iran et au Liban, deuxième principal front de guerre, où s'affrontent le mouvement chiite pro-iranien Hezbollah et Israël.

 


Trump s'en prend aux pays de l'Otan qui ont rejeté sa demande d'aide

Donald Trump a qualifié mardi d'"erreur vraiment stupide" le refus de nombreux pays de l'Otan de porter assistance aux Etats-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran à la suite de l'attaque d'Israël et des Etats-Unis. (Reuters)
Donald Trump a qualifié mardi d'"erreur vraiment stupide" le refus de nombreux pays de l'Otan de porter assistance aux Etats-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran à la suite de l'attaque d'Israël et des Etats-Unis. (Reuters)
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  • "Nous avons aidé avec l'Ukraine et ils n'aident pas avec l'Iran, et ils reconnaissent tous que l'Iran ne doit pas avoir l'arme nucléaire", a encore dit Donald Trump. "C'est une très mauvaise chose pour l'Otan", a-t-il estimé
  • "Nous n'avons plus besoin et nous ne voulons plus de l'aide des pays de l'Otan. NOUS N'EN AVONS JAMAIS EU BESOIN," avait assuré le président américain peu auparavant sur son réseau Truth Social, en citant aussi le Japon, l'Australie et la Corée du Sud

WASHINGTON: Donald Trump a qualifié mardi d'"erreur vraiment stupide" le refus de nombreux pays de l'Otan de porter assistance aux Etats-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran à la suite de l'attaque d'Israël et des Etats-Unis.

"Je pense que l'Otan fait une erreur vraiment stupide", a-t-il déclaré à la presse depuis le Bureau ovale de la Maison Blanche, peu après avoir affirmé sur son réseau Truth Social qu'il n'avait plus besoin de leur aide pour sécuriser ce passage stratégique pour l'économie mondiale.

"J'ai longtemps dit que je me demandais si l'Otan serait jamais là pour nous. Donc ceci est, ceci était un grand test, parce que nous n'avons pas besoin d'eux mais ils auraient dû être là", a-t-il insisté.

"L'autre chose, qui est, je pense, très importante, c'est que nous n'avions pas à être là pour l'Ukraine", a ajouté le président américain, qui recevait le Premier ministre irlandais Micheal Martin à l'occasion de la Saint-Patrick.

"Nous avons aidé avec l'Ukraine et ils n'aident pas avec l'Iran, et ils reconnaissent tous que l'Iran ne doit pas avoir l'arme nucléaire", a encore dit Donald Trump. "C'est une très mauvaise chose pour l'Otan", a-t-il estimé.

"Nous n'avons plus besoin et nous ne voulons plus de l'aide des pays de l'Otan. NOUS N'EN AVONS JAMAIS EU BESOIN," avait assuré le président américain peu auparavant sur son réseau Truth Social, en citant aussi le Japon, l'Australie et la Corée du Sud, autres alliés ayant rejeté ses demandes d'assistance.

Dans le Bureau ovale, il a toutefois déclaré que les Etats-Unis "aimeraient avoir un peu d'aide" pour détecter des mines dans le détroit d'Ormuz.

Interrogé sur ses intentions concernant l'alliance de défense transatlantique, dont les Etats-Unis sont le pilier, le républicain est resté vague.

"Je n'ai rien de précis en tête", a-t-il déclaré, tout en lançant, après avoir parlé des dépenses que les Etats-Unis font pour l'Otan: "C'est certainement quelque chose à quoi nous devrions réfléchir".

Il a jugé que le Premier ministre britannique Keir Starmer avait fait une "grosse erreur" en rejetant sa demande d'aide, et a balayé l'opposition du président français Emmanuel Macron en déclarant que ce dernier quitterait bientôt ses fonctions.

 


Iran: l'armée israélienne dit avoir éliminé le général commandant la milice Bassidj

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  • "Le Premier ministre Benjamin Netanyahu ordonne l'élimination de hauts responsables du régime iranien", a annoncé par ailleurs le bureau du Premier ministre israélien, publiant une photo légendée de M. Netanyahu au téléphone
  • "Hier (lundi), l'armée de l'Air israélienne, sur la base de renseignements (militaires), a visé et éliminé Gholamréza Soleimani", indique un communiqué militaire israélien, ajoutant que ce général de brigade du corps des Gardiens de la Révolution

JERUSALEM: L'armée israélienne a déclaré mardi matin avoir éliminé dans une frappe à Téhéran le général Gholamréza Soleimani, commandant du Bassidj, milice de volontaires islamistes chargés notamment du maintien de l'ordre en Iran.

Les médias israéliens affirment également qu'Ali Larijani, l'un des plus hauts dirigeants iraniens, a été la cible d'une tentative d'élimination dans une autre frappe au cours de la nuit.

"Le Premier ministre Benjamin Netanyahu ordonne l'élimination de hauts responsables du régime iranien", a annoncé par ailleurs le bureau du Premier ministre israélien, publiant une photo légendée de M. Netanyahu au téléphone.

"Hier (lundi), l'armée de l'Air israélienne, sur la base de renseignements (militaires), a visé et éliminé Gholamréza Soleimani", indique un communiqué militaire israélien, ajoutant que ce général de brigade du corps des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, avait été tué dans "une frappe ciblée à Téhéran".

Selon Kan, la radio TV publique israélienne, Ali Larijani, chef du Conseil suprême de la sécurité nationale, "a été la cible d'une tentative d'élimination". "Les résultats de la frappe sont encore en cours d'examen", a annoncé pour sa part la chaîne N12.

"Nous ciblons des éléments des Gardiens de la Révolution et de l'appareil répressif du régime", a déclaré l'armée, citant dans un communiqué son chef d'état-major.

"Des résultats préventifs significatifs ont été enregistrés cette nuit, susceptibles d'influencer l'issue des opérations et les objectifs de l'armée israélienne", a indiqué le lieutenant-général Eyal Zamir.

Depuis l'élimination du guide suprême de la Révolution islamique, Ali Khamenei, au premier jour des frappes israélo-américaines en Iran le 28 février, M. Larijani est l'un des principaux visages du pouvoir iranien.

Avec les Gardiens de la Révolution, le Bassidj est depuis plusieurs jours la cible des frappes aériennes d'Israël. Cette milice recrute essentiellement dans la jeunesse, et agit comme une organisation idéologique insérée dans toutes les institutions et strates de la société.

Elle "fait partie de l'appareil armé du régime terroriste iranien" et a "mené les principales opérations de répression, recourant à une violence extrême, à des arrestations massives et à l'usage de la force contre des manifestants civils", a commenté l'armée israélienne.

"L'élimination de Soleimani s'ajoute à celle de dizaines de hauts commandants des forces armées du régime iranien qui ont été éliminés au cours de l'opération, et constitue un nouveau coup dur porté aux structures de commandement et de contrôle du régime en matière de sécurité", affirme l'armée.