Venezuela: le racket policier, un frein à la distribution d'aliments

A chaque barrage de police, c'est la même rengaine (Photo, AFP).
A chaque barrage de police, c'est la même rengaine (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 15 mai 2022

Venezuela: le racket policier, un frein à la distribution d'aliments

  • La pratique n'est pas nouvelle
  • Depuis plus de dix ans, les transporteurs de marchandises, mais aussi les conducteurs de bus de passagers et les voitures particulières déplorent d'être à la merci du racket des forces de l'ordre

LA GRITA: A chaque barrage de police, c'est la même rengaine: sur les 900 km de route qu'il parcourt chaque semaine jusqu'à Caracas, Ender Gomez doit laisser de l'argent ou de la marchandise aux policiers, un racket incessant dont se plaignent de nombreux agriculteurs au Venezuela.

La pratique n'est pas nouvelle. Depuis plus de dix ans, les transporteurs de marchandises, mais aussi les conducteurs de bus de passagers et les voitures particulières déplorent d'être à la merci du racket des forces de l'ordre. 

Chaque semaine, Ender Gomez part avec son camion chargé de 20 tonnes de fruits et de légumes de la ville de La Grita, dans l’Etat du Tachira (ouest), à la frontière avec la Colombie, pour se rendre à Caracas, 

Sur le chemin, outre les routes en mauvais état, les pénuries de carburant particulièrement fréquentes en province, il est confronté à des dizaines de postes de contrôle de police qui l’arrêtent parfois des heures pour vérifier sa cargaison et ses papiers dans le seul but, dénonce-t-il, d’obtenir des pot-de-vins. 

"C’est une odyssée", raconte à l’AFP ce "feriero" comme on appelle au Venezuela les commerçants qui achètent des denrées dans les campagnes pour revendre sur les marchés urbains où il tient un étal.

La dernière fois que des policiers l'ont arrêté, il se rappelle avoir perdu deux heures sur son trajet. Ils ont "débâché la cargaison, le soleil tapait sur la marchandise, et on a dû se battre avec eux pour pouvoir arrêter le moteur du camion", se souvient cet homme de 48 ans.

"Ils cherchent à nous soutirer de l’argent, mais en fin de compte il faut résister parce que si on commence à leur donner, ils s’y habituent et ensuite on arrive à Caracas et on leur a laissé notre marge de profit sur le chemin", s'indigne-t-il.

Mais le bras de fer ne tourne pas toujours en sa faveur. Plus d'une fois, Ender Gomez a dû laisser quelques billets ou abandonner une partie non négligeable de sa marchandise afin de poursuivre sa route. 

"Les ferieros doivent céder une part de marchandise à chaque barrage", regrette le producteur Ramon Alirio Zamabrano dans sa ferme de La Grita. 

"Ils essaient de leur laisser des légumes bon marché comme le chou, la laitue…". Mais les policiers ne veulent pas être pris "pour des imbéciles" et il faut leur donner "des tomates, des patates, c'est à dire la marchandise la plus chère qu’on transporte", regrette-t-il.

Une culture du racket 

Le racket policier est la conséquence des faibles salaires de ces fonctionnaires, longtemps inférieurs à 30 dollars par mois, estiment les spécialistes. 

Actuellement, après une augmentation de 1 700% décrétée récemment par le gouvernement, un policier fraîchement diplômé gagne l’équivalent de 114 dollars. 

Le ministère des Finances publiques a, quant à lui, annoncé des mesures visant à limiter ces pratiques, et le président Nicolas Maduro en personne a ordonné en juillet "d’éliminer les obstacles" sur les routes. 

Mais peu de choses ont changé, affirment les transporteurs et commerçants, qui voient cette pratique comme un trait de la culture locale. 

"Il y en a qui se prennent pour des dieux (...) ils font ça pour nous embêter", s'insurge un chauffeur routier, qui ne veut pas donner son nom par crainte de représailles.

"On passe tous par le +matraqueo+", nom populaire donné au racket. "On cherche à s'en sortir de la manière la plus pacifique", poursuit-il. "Plus on s’énerve, pire c’est. Les seuls à avoir du pouvoir ce sont eux, pas nous", dit-il.

Ces pots-de-vins systématiques finissent par se faire sentir sur le prix payé par le consommateur, qui peut être "trois ou quatre fois plus élevé que le prix d’achat sur le terrain", selon Celso Fantiniel, président de Fedeagro, une association d’agriculteurs. 

Les biens produits au Venezuela victimes de cette pratique finissent parfois par coûter plus cher que les produits importés. 

Dans l’Etat du Tachira, les autorités ont mis en place un "protectorado", sorte de laissez-passer censé éviter le racket, mais il implique le paiement d'une taxe sur la valeur de la marchandise. Et surtout les producteurs se plaignent que seules les "personnes proches du gouvernement" y ont accès.  


Grèce: deux touristes agressés au couteau à l'entrée de l'Acropole

Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré. (AFP)
Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré. (AFP)
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  • Selon la police grecque, un homme a attaqué au couteau ce couple vers 08h05, blessant légèrement à la main la femme tandis que l’homme a été plus grièvement touché à la jambe
  • Tous deux ont été hospitalisés, rapporte l'agence de presse grecque Ana

ATHENES: Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré.

Selon la police grecque, un homme a attaqué au couteau ce couple vers 08h05, blessant légèrement à la main la femme tandis que l’homme a été plus grièvement touché à la jambe. Tous deux ont été hospitalisés, rapporte l'agence de presse grecque Ana.

Des policiers motorisés sont arrivés rapidement sur les lieux, ont posé un garrot à l'homme pour arrêter l’hémorragie et immobilisé l'attaquant qui a ensuite été arrêté, précise Ana.

D'après les médias grecs, l'auteur de l'agression, un Grec d'une soixantaine d'années, semble avoir des problèmes psychologiques.


Analyse : Que signifie « Rahm Emanuel 2.0 » pour le Moyen-Orient ?

Longtemps considéré comme un critique virulent des dirigeants palestiniens, Rahm Emanuel envisagerait une candidature à la présidence américaine. (AFP)
Longtemps considéré comme un critique virulent des dirigeants palestiniens, Rahm Emanuel envisagerait une candidature à la présidence américaine. (AFP)
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  • L’ancien maire de Chicago a dévoilé une nouvelle vision de la paix au Moyen-Orient alors que les spéculations sur une candidature à la Maison-Blanche en 2028 s’intensifient
  • Autrefois connu comme un soutien indéfectible à Israël, Emanuel affirme désormais que les États-Unis doivent utiliser leur influence pour relancer la diplomatie

CHICAGO : En politique moyen-orientale, la paix ne se construit pas entre amis, mais entre ennemis. Cela signifie que les adversaires les plus acharnés ont parfois davantage de chances de parvenir à un accord que ceux qui se présentent comme des alliés.

Cette réalité a façonné certaines des avancées les plus importantes de la région, du traité de paix israélo-égyptien de 1979 aux accords d’Oslo de 1993, en passant par l’accord de paix entre la Jordanie et Israël en 1994.

Chacun de ces accords était imparfait, chacun a laissé la question centrale palestinienne sans réponse, mais tous reflétaient une même vérité difficile : les progrès n’ont généralement été possibles que lorsque les adversaires ont accepté de s’asseoir à la même table. 

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Une colonne de fumée s’élève après une frappe israélienne contre une zone industrielle de Gaza City. (AFP)

Aujourd’hui, Rahm Emanuel — fin stratège politique, ancien chef de cabinet de la Maison-Blanche et ancien maire de Chicago, ainsi que l’un des alliés américains d’Israël les plus connus — apparaît comme une voix qui estime que le cycle de l’hostilité peut être brisé.

Longtemps considéré comme un opposant farouche aux dirigeants palestiniens, Emanuel envisagerait une candidature présidentielle fondée en partie sur la promesse de restaurer l’influence américaine dans la région et de réengager les deux parties dans un véritable processus de paix.

Fort d’une carrière marquée par plusieurs succès politiques, Emanuel réfléchit à une candidature à la présidence en 2028 sous les couleurs du Parti démocrate, se présentant comme une personnalité capable d’aider Israéliens et Palestiniens à revenir à la table des négociations.


Le nouveau Premier ministre Burnham réunit son gouvernement, sans les proches de Starmer

Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham prononce son premier discours devant le 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 20 juillet 2026, après avoir été chargé par le roi de former le nouveau gouvernement. (Photo : AFP)
Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham prononce son premier discours devant le 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 20 juillet 2026, après avoir été chargé par le roi de former le nouveau gouvernement. (Photo : AFP)
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  • Andy Burnham a pris ses fonctions comme Premier ministre britannique, remaniant profondément son gouvernement et écartant plusieurs proches de Keir Starmer
  • Il doit annoncer ses premières mesures pour le pouvoir d'achat, tout en promettant une réindustrialisation, davantage de logements sociaux et des réformes majeures

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham réunit mardi son gouvernement marqué par le départ de fidèles de son prédécesseur Keir Starmer et doit annoncer des mesures pour le pouvoir d'achat.

A 56 ans, celui qui était maire du Grand Manchester (nord de l'Angleterre) jusqu'au mois dernier est devenu le septième Premier ministre britannique depuis 2016, année du Brexit, en succédant lundi au démissionnaire Keir Starmer et ses deux ans au pouvoir.

Si l'on retrouve dans les rangs du nouveau gouvernement des figures déjà présentes dans l'équipe de Keir Starmer, des fidèles de l'ex-Premier ministre ont été éloignés, le journal The Times titrant même sur une "purge".

Le Financial Times pointe lui une "surprise": l'ancien ministre de la Défense John Healey, qui avait quitté le gouvernement Starmer sur fond de désaccord budgétaire, remplace Rachel Reeves aux Finances - une fidèle de Keir Starmer écartée.

John Healey fait face à une lourde tâche, dans un contexte de croissance atone et de finances contraintes par une dette publique élevée.

Le portefeuille de la Défense revient à Wes Streeting, ambitieux ex-ministre de la Santé qui avait envisagé un temps de défier Keir Starmer à la tête du Labour. Il sera chargé de mettre en œuvre le plan d'investissement sur dix ans pour moderniser l'armée britannique.

"Nous veillerons à ce que nos forces armées disposent des ressources nécessaires", a appuyé Wes Streeting dans une publication sur X suivant sa nomination, revenant sur la question des moyens alloués à la défense qui avait fragilisé en juin le gouvernement Starmer et accéléré sa chute.

Le nouveau ministre a également assuré l'Ukraine de son soutien, après que Andy Burnham a échangé par téléphone avec son dirigeant Volodymyr Zelensky, mais aussi avec Donald Trump ou Emmanuel Macron.

Ed Miliband, ministre de l'Energie sortant, devient chef de la diplomatie britannique. Shabana Mahmood, connue pour sa fermeté sur l'immigration, est elle maintenue à l'Intérieur.

Un autre très proche de Keir Starmer, ex-ministre de la Justice et vice-Premier ministre David Lammy, a lui été mis à l'écart du nouvel exécutif.

- "Changements profonds" -

La figure de l'aile gauche du parti Angela Rayner, qui fut numéro deux de Keir Starmer, retrouve son portefeuille du Logement.

Andy Burnham doit réunir mardi son équipe gouvernementale, et annoncer de premières mesures de lutte contre le coût de la vie.

Il souhaite agir rapidement en accord avec sa première allocution devant Downing Street la veille, où il a promis d'engager "les changements les plus profonds de ces quarante dernières années" au Royaume-Uni, lui faire retrouver sa "stabilité" et "redonner de l'espoir".

S'exprimant sans notes et sans pupitre en présence de son épouse Marie-France van Heel, de ses enfants et de sa mère, le nouveau Premier ministre a dit vouloir réindustrialiser le pays, construire plus de logements sociaux et bâtir une "nouvelle économie" dans laquelle les services essentiels sont davantage contrôlés par l'Etat.

Il a érigé en priorité de "mettre fin au sans-abrisme", après s'être rendu dans un refuge pour personnes sans domicile fixe au matin de sa nomination.

Les travaillistes comptent aussi sur Andy Burnham, surnommé "le roi du Nord", pour stopper l'ascension du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, en tête des sondages pour les prochaines élections législatives prévues en 2029.

Après deux échecs pour prendre la tête du Labour en 2010 et 2015, Andy Burnham est devenu l'une des personnalités politiques les plus populaires du pays grâce au renouveau connu par l'agglomération de Manchester. Il a dit vouloir décentraliser le pouvoir et créer un "N°10 du Nord" à Manchester.