Présidentielle au Kenya: le vice-président choisit son co-listier

Le vice-président kenyan William Ruto a choisi dimanche un ancien assistant devenu un critique féroce du président Uhuru Kenyatta pour être son colistier lors de la prochaine élection présidentielle prévue en août. (AFP)
Le vice-président kenyan William Ruto a choisi dimanche un ancien assistant devenu un critique féroce du président Uhuru Kenyatta pour être son colistier lors de la prochaine élection présidentielle prévue en août. (AFP)
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Publié le Dimanche 15 mai 2022

Présidentielle au Kenya: le vice-président choisit son co-listier

  • Rigathi Gachagua, qui a été l'assistant personnel de l'actuel président Uhuru Kenyatta entre 2001 et 2006, a été choisi à l'issue d'un processus secret de plusieurs mois
  • L'élection d'un Luo en la personne de Raila Odinga marquerait une rupture significative dans plus d'un demi-siècle de la vie politique kenyane

NAIROBI: Le vice-président kenyan William Ruto a choisi dimanche un ancien assistant devenu un critique féroce du président Uhuru Kenyatta pour être son colistier lors de la prochaine élection présidentielle prévue en août. 


Rigathi Gachagua, qui a été l'assistant personnel de l'actuel président Uhuru Kenyatta entre 2001 et 2006, a été choisi à l'issue d'un processus secret de plusieurs mois.


"Le consensus a désigné une personne qui a obtenu d'excellents points sur tous les paramètres d'évaluation (... ) un débatteur astucieux avec une prodigieuse capacité de persuasion", a déclaré M. Ruto lors d'un point de presse télévisé à son domicile dans la capitale Nairobi.


M. Gachagua s'est dit "honoré" d'avoir été choisi, jurant de "délivrer les Kényans de l'oppression économique".


Il fait toutefois l'objet d'accusations de corruption, dans une affaire en cours.


La campagne présidentielle de cette année s'annonce comme une course à deux chevaux entre Ruto et Raila Odinga, un ancien prisonnier politique et Premier ministre qui s'est assuré le soutien du président sortant Kenyatta. 


William Ruto, 54 ans, avait été initialement désigné par Kenyatta comme son successeur, mais s'est retrouvé marginalisé.


M. Ruto a mené ces dernières années un gros travail de terrain, se voulant le représentant des "débrouillards" du petit peuple face aux dynasties politiques qu'incarnent MM. Kenyatta et Odinga, dont les pères furent respectivement président et vice-président du Kenya. 


La possible élection de Raila Odinga à la présidence marquerait toutefois une rupture au niveau ethnique. Depuis l'indépendance en 1963, seuls des présidents des ethnies kikuyu, celle de Kenyatta, et kalenjin, celle de Ruto, ont en effet dirigé le Kenya.


L'élection d'un Luo en la personne de Raila Odinga marquerait une rupture significative dans plus d'un demi-siècle de la vie politique kenyane. 


Le choix d'un vice-président dans cette puissance est-africaine peut jouer un rôle clé dans la détermination du vainqueur du scrutin du 9 août, les allégeances tribales et communautaires ayant affecté le résultat des élections précédentes.


M. Gachagua est un Kikuyu, originaire de la région très peuplée du Mont Kenya, qui a produit trois des quatre présidents du pays depuis son indépendance en 1963. 


En raison de la diversité de la population et des blocs électoraux ethniques, les élections au Kenya ont souvent été entachées de violence. 


MM. Kenyatta et Ruto avaient tous deux été inculpés par la Cour pénale internationale (CPI) de crimes contre l'humanité pour leur rôle présumé dans des violences postélectorales en 2007. 


Ces affaires ont ensuite été abandonnées, l'ancienne procureure de la CPI, Fatou Bensouda, ayant estimé qu'une campagne d'intimidation des victimes et des témoins rendait tout procès impossible. 


Les procureurs américains s'opposent à la publication des raisons de la perquisition chez Trump

Le sceau du FBI, devant le siège de l'organisation à Washington, le 15 août 2022 (Photo, AFP).
Le sceau du FBI, devant le siège de l'organisation à Washington, le 15 août 2022 (Photo, AFP).
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  • Á la demande des procureurs cette fois-ci, un juge avait rendu publics le mandat autorisant la perquisition
  • «Trump s'est dit victime d'une attaque contre un opposant politique comme on n'en a jamais vu dans notre pays»

WASHINGTON: Le ministère américain de la Justice s'est opposé lundi à la publication d'un document judiciaire censé donner les raisons qui ont poussé les enquêteurs fédéraux à mener une perquisition inédite chez l'ancien président Donald Trump la semaine dernière.

L'opération de la police fédérale dans sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride - une première pour un ex-président - a provoqué une tempête politique, M. Trump et ses partisans dénonçant une "chasse aux sorcières".

Plusieurs organisations, dont des médias, avaient demandé à un juge de publier un document judiciaire dans lequel les enquêteurs expliquent habituellement pourquoi la perquisition était nécessaire.

Le ministère de la Justice a assuré lundi qu'une telle publication "nuirait de manière irréparable à l'enquête pénale en cours", selon un document judiciaire.

Vendredi, à la demande des procureurs cette fois-ci, un juge avait rendu publics le mandat autorisant la perquisition et une liste des documents saisis.

Mais, à l'inverse des premiers, le document dont la publication était cette fois demandée contient "des informations très sensibles sur des témoins", des techniques utilisées par la police et des faits "extrêmement importants sur l'enquête", a estimé le ministère.

Sa publication pourrait révéler la stratégie des enquêteurs et "compromettre (la réussite) de prochaines étapes de l'investigation", a-t-il ajouté.

Selon les documents révélés vendredi, la justice soupçonne le républicain d'avoir violé une loi américaine sur l'espionnage qui encadre très strictement la détention de documents confidentiels. La liste des objets saisis mentionne de nombreux documents classés "top secret".

Donald Trump, pressenti pour se relancer dans la course à la Maison Blanche pour 2024, a assuré que ces documents avaient été déclassifiés.

Lundi, en indiquant avoir vu ses passeports saisis lors de la perquisition, le républicain s'est dit victime d'une "attaque contre un opposant politique comme on n'en a jamais vu dans notre pays".


Ukraine: Une «catastrophe» à Zaporojjia menacerait l'Europe entière, avertit Zelensky

Des militaires ukrainiens dans la région de Donetsk (Photo, AFP).
Des militaires ukrainiens dans la région de Donetsk (Photo, AFP).
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  • Depuis fin juillet, plusieurs frappes, dont les deux parties s'accusent mutuellement, ont visé le site
  • La centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d'Europe, avait été prise début mars par les troupes russes

KIEV: Une "catastrophe" à la centrale nucléaire de Zaporojjia, sous contrôle russe dans le sud de l'Ukraine, menacerait l'Europe toute entière, a averti lundi le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

"A l'abri de la station, les occupants bombardent les villes et communautés des environs", a accusé M. Zelensky dans son adresse de lundi soir.

"Tout incident radioactif à la centrale nucléaire de Zaporojjia peut porter un coup aux pays de l'Union européenne, à la Turquie, à la Géorgie, et à des pays de régions plus éloignées. Tout dépend de la direction et de la force du vent", a poursuivi le président ukrainien.

"Si les actions de la Russie conduisent à une catastrophe, les conséquences pourraient frapper ceux qui restent silencieux pour l'instant", a-t-il averti.


Cameroun: Un militaire et un policier tués par des séparatistes anglophones

Le conflit avait éclaté en octobre 2016 (Photo, AFP).
Le conflit avait éclaté en octobre 2016 (Photo, AFP).
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  • Une partie de la population anglophone s'estime ostracisée par les francophones
  • Le conflit a fait plus de 6.000 morts depuis fin 2016 et forcé plus d'un million de personnes à se déplacer

YAOUNDÉ, Cameroun: Trois personnes, dont un militaire et un policier, ont été tuées dimanche par des rebelles dans l'ouest du Cameroun, tout près d'une région où une guerre meurtrière oppose des groupes armés séparatistes anglophones aux forces de l'ordre, a indiqué lundi à l'AFP le gouverneur de la région.

Un groupe de rebelles a attaqué, dimanche matin, un avant-poste de l'armée à Kengwo, un village situé dans la région de l'Ouest et limitrophe de celle du Nord-Ouest, peuplée principalement par la minorité anglophone d'un pays majoritairement francophone, a expliqué Augustine Awa Fonka, gouverneur de la région de l'Ouest.

"Il y a eu trois morts. Un policier, un militaire et un conducteur de moto. Les assaillants ont emporté des armes. A ma connaissance, il n'y a pas eu de victime de leur côté", a précisé M. Fonka.

Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont le théâtre depuis cinq ans d'un conflit meurtrier entre des groupes armés réclamant l'indépendance d'un État qu'ils appellent l'"Ambazonie" et des forces de sécurités massivement déployées par le pouvoir du président Paul Biya, 89 ans, qui dirige le Cameroun d'une main de fer depuis près de 40 ans.

Une partie de la population anglophone s'estime ostracisée par les francophones. Le conflit a fait plus de 6.000 morts depuis fin 2016 et forcé plus d'un million de personnes à se déplacer, selon le centre de réflexion International Crisis Group (ICG).

Les rebelles - comme les militaires et les policiers - sont régulièrement accusés par les ONG internationales et l'ONU de commettre exactions et crimes contre les civils.

En juin, cinq militaires avaient été tués par des rebelles anglophones dans l'attaque d'un poste de gendarmerie à Njitapon, dans l'ouest du pays.

Le conflit anglophone avait éclaté en octobre 2016 après des manifestations pacifiques d'une partie de la minorité anglophone, qui s'estimait marginalisée et réclamaient plus d'autonomie ou l'indépendance, et violemment réprimées par les forces de l’ordre.