Du fournil au marché dominical, le «boulanger humaniste» de Besançon entre en campagne

Le boulanger français Stéphane Ravacley pose dans sa boulangerie de Besançon, dans l'est de la France, le 6 janvier 2021. (AFP)
Le boulanger français Stéphane Ravacley pose dans sa boulangerie de Besançon, dans l'est de la France, le 6 janvier 2021. (AFP)
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Publié le Dimanche 15 mai 2022

Du fournil au marché dominical, le «boulanger humaniste» de Besançon entre en campagne

  • Stéphane Ravacley ne se fait gère d'illusions aussi sur ces forces de gauche qui l'ont investi parce qu'il n'est plus un simple «quidam» mais un candidat courtisé par les médias nationaux
  • Un commerçant, élu local qui préfère rester anonyme, enchaîne: «Sur le plan humain, relationnel, il est très bien» mais «à lui de faire ses preuves» en politique.

BESANCON: Il était sur le pont à 3 heures du matin, a enfourné ses 500 viennoiseries du dimanche, préparé ses pizzas et livré ses commandes. Puis il a endossé sa veste blanche de boulanger sur son t-shirt enfariné et il est entré officiellement en campagne, celle des législatives de juin.


Stéphane Ravacley, le "boulanger humaniste" de Besançon, s'est taillé une stature nationale depuis qu'il a obtenu la régularisation de son apprenti guinéen, au prix d'une grève de la faim de dix jours, et qu'il a organisé un spectaculaire convoi humanitaire pour l'Ukraine.


Sur le petit marché dominical du centre-ville de Besançon, au pied de l'imposante Citadelle et à deux pas de sa boulangerie et de la maison natale de Victor Hugo, il distribue pour la première fois des tracts de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) à son effigie.


Une voiture noire s'arrête et le conducteur l'interpelle. "Votre combat nous a tous émus, gardez votre motivation, on a tous besoin de gens comme vous !", lance Rachid Berdi, un éducateur spécialisé de 48 ans.


Stéphane Ravacley lui donne rendez-vous dans l'après-midi , toujours prompt à enrôler ceux dont il croise le chemin.


Coupe au carré et lunettes de soleil sur le nez, Gisèle Lagier s'interroge. "Je vote habituellement à droite mais parfois, une personne peut vous faire changer. Stéphane Ravacley, c'est mon boulanger, je le connais bien, il a de grandes idées et surtout, un grand coeur", observe-t-elle.

«Peur de rien»
L'intéressé garde pourtant la tête froide: "On n'est jamais roi dans son quartier..."


Car il le sait bien, il faudra convaincre les sceptiques comme Maurice Jimenez, un modeste retraité qui se "méfie". "J'espère que ce n'est pas un opportuniste, que c'est sérieux et sincère", bougonne l'ancien carreleur.


Un commerçant, élu local qui préfère rester anonyme, enchaîne: "Sur le plan humain, relationnel, il est très bien" mais "à lui de faire ses preuves" en politique.


Stéphane Ravacley ne se fait gère d'illusions aussi sur ces forces de gauche qui l'ont investi parce qu'il n'est plus un simple "quidam" mais un candidat courtisé par les médias nationaux.


Il faudra bien cela pour devancer le député Renaissance sortant, Eric Alauzet, candidat à sa propre réélection et encore tout auréolé de son titre de "député le mieux élu" de Franche-Comté avec plus de 62% des voix au second tour de 2017.


"Je n'ai peur de rien", assure pourtant le boulanger qui s'est engagé en politique avec la foi du charbonnier. Va-t-il gagner ? La réponse fuse : "bien évidemment, sinon, je n'irais pas, quel que soit le combat, je suis parti sans penser à la défaite, que ce soit la grève de la faim ou l'Ukraine".


Quand le candidat de 53 ans à la silhouette replète parle de son élection, le conditionnel n'est pas de mise. Il s'imagine déjà de retour dans sa "circo" avec "l'envie de se battre pour représenter les personnes qui, comme moi, sont en attente d'un renouveau".

«Un boulanger à l'Assemblée»
Sur ses tracts, figure le programme de la Nupes. Mais lui trace déjà sa feuille de route avec deux priorités: poursuivre son combat en faveur des jeunes, apprentis étrangers menacés d'expulsion ou issus de l'aide sociale à l'enfance, et promouvoir une écologie "pratique et pragmatique".


La troisième est sa "liberté de parole et de faire" à laquelle il promet de ne jamais renoncer, soulignant qu'il n'est pas "encarté", même s'il siègera sur les bancs d'EELV à l'Assemblée s'il est élu.


Pour Anthony Poulin, adjoint au maire EELV à Besançon, qui tracte à ses côtés, il est heureux que les partis de gauche "se soient mis d'accord pour envoyer un boulanger à l'Assemblée", avec cette "fraîcheur et une autre façon d'aborder les combats" qui "plaît aux jeunes et à ceux qui n'ont plus confiance dans la politique".


Nabia Hakkar-Boyer, conseillère régionale PS, suppléante désignée, ne dit pas autre chose: "Moi qui suis militante depuis un certain nombre d'années, je n'avais jamais vu ça, autant de citoyens qui s'impliquent dans une campagne".


Et elle aussi n'en doute pas : "On va gagner".


France: un défilé du 14-Juillet "massif", l'Ukraine à l'honneur

Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
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  • Le défilé du 14 Juillet mettra en avant le renforcement de la défense française et européenne, avec un format plus important et moderne
  • L’Ukraine sera à l’honneur, tandis que les alliés européens et de l’OTAN afficheront leur soutien et leur unité

PARIS: Des pilotes ukrainiens et français, un défilé "plus massif": la parade militaire du 14 Juillet sur les Champs Elysées aura cette année pour thème "le réveil stratégique de l'Europe" et s'attachera à montrer que la France est "déterminée" et "n'est pas seule", a annoncé lundi le gouverneur militaire de Paris.

"Nous allons avoir un défilé plus massif, plus puissant, plus moderne", a déclaré le général Loïc Mizon lors d'une conférence de presse.

La parade mobilisera près de 8.500 participants, dont 6.500 défileront à pied. Près de 300 véhicules, dont une centaine de motos, 95 avions, 35 hélicoptères, ainsi que 193 chevaux de la Garde Républicaine participeront également.

L'Ukraine, entrée dans sa cinquième année de guerre déclenchée par la Russie en 2022, sera mise à l'honneur. La Patrouille de France ouvrira le défilé aérien, accompagnée de deux Mirage 2000 pilotés par des équipages franco-ukrainiens.

Les 35 pays de la Coalition des volontaires, prêts à fournir des garanties de sécurité à l'Ukraine une fois conclu un cessez-le-feu, ont été invités à participer par le président Emmanuel Macron, qui assistera à son 10e et dernier défilé en tant que chef d'Etat.

La présidente de la Commission européenne Ursula Von Der Leyen et le général Grynkewich, commandant suprême de l'OTAN, ont aussi été conviés.

Les soldats français des bataillons multinationaux de l'Otan déployés sur le flanc Est de l'Europe (Roumanie, Estonie) descendront la célèbre avenue parisienne.

La présence des alliés et des partenaires doit ainsi témoigner que "l'Europe n'est pas seule", a dit le général Mizon.

Le but de ce défilé est aussi de concrétiser aux yeux des Français les "efforts budgétaires consacrés depuis 10 ans aux forces armées", a fait-t-il valoir.

Le commissariat numérique de Défense défilera pour la première fois, pour "souligner la transformation numérique du ministère des Armées".

Deux blocs de réservistes défileront également: l'un composé de réservistes de la SNCF et un un autre de réservistes d'Airbus France.

La Marine nationale, qui fête cette année ses 400 ans d'existence clôturera le défilé au son du bagad de Lann-Bihoué, basé près de Lorient (Morbihan).

La parade militaire durera 2 heures et se terminera par l'hymne européen, "l'Ode à la joie".


Merz et Macron se sont entendus pour arrêter le projet d'avion de combat commun SCAF, selon Berlin

Une maquette grandeur nature du « New Generation Fighter » (NGF), qui fait partie du Future Combat Air System (FCAS) en cours de développement par Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas, est présentée à l’aéroport de Paris-Le Bourget le 20 juin 2023. (AFP)
Une maquette grandeur nature du « New Generation Fighter » (NGF), qui fait partie du Future Combat Air System (FCAS) en cours de développement par Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas, est présentée à l’aéroport de Paris-Le Bourget le 20 juin 2023. (AFP)
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  • Friedrich Merz et Emmanuel Macron ont constaté l’échec du projet SCAF en raison des désaccords persistants entre Airbus et Dassault Aviation sur le développement de l’avion de combat commun
  • Le programme d’avion de combat est abandonné, mais les deux pays souhaitent maintenir la coopération sur les technologies clés du FCAS, notamment le réseau numérique reliant avions, drones et autres systèmes de défense européens

BERLIN: Friedrich Merz et Emmanuel Macron se sont entendus pour "ne plus poursuivre la construction d'un avion de combat commun", le SCAF, a appris l'AFP lundi auprès du gouvernement allemand.

Depuis des mois, le projet d'avion de combat franco-germano-espagnol, le SCAF, était en panne sur fond de tensions germano-françaises et entre Airbus et Dassault. En février, le chancelier allemand Friedrich Merz avait déjà ouvertement douté de son avenir.

Cette fois, il semble enterré définitivement.

"Le président français et le chancelier allemand sont arrivés au constat partagé que les entreprises (Airbus et Dassault Aviation, ndlr) ne parviennent pas à s'entendre sur la construction d'un avion de combat commun", indique le gouvernement allemand.

"Ils reconnaissent cette réalité. Le chancelier fédéral Merz a donc suggéré au président Macron de ne plus poursuivre la construction d’un avion de combat commun", ajoute-t-il.

Lancé en 2017 par M. Macron et la chancelière Angela Merkel, rejoint par l'Espagne deux ans plus tard, le SCAF est un système qui comprend non seulement un avion mais aussi des drones reliés entre eux par un système de communication numérique innovant, "un cloud de combat".

Selon le gouvernement allemand, "le véritable noyau du FCAS doit être poursuivi en tant que système de systèmes européen".

"Il s’agit en quelque sorte du système nerveux qui relie les avions, les drones et d’autres composants pour former un ensemble intégré", ajoute-t-il.

Il précise que les ministères français et allemand de la Défense "doivent formuler un plan de travail commun et contemporain pour la coopération dans l’industrie de défense, concentré sur quelques projets réalistes et pertinents", lors du conseil des ministres franco-allemand en Allemagne en juin.


G7: les ministres de l'Agriculture réunis à Paris sur la «sécurité des approvisionnements en engrais»

La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, s'adresse au 59e congrès du syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA) au parc des expositions Ainterexpo de Bourg-en-Bresse, dans le centre de la France, le 4 juin 2026. (Photo : OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)
La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, s'adresse au 59e congrès du syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA) au parc des expositions Ainterexpo de Bourg-en-Bresse, dans le centre de la France, le 4 juin 2026. (Photo : OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)
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  • La France, qui importe plus de 60% de ses engrais, planche depuis des mois sur un "plan engrais", annoncé par la ministre qui n'en a toutefois pas dévoilé les contours
  • Pour Paris comme l'Europe, l'enjeu est de réduire sa dépendance en diversifiant ses approvisionnements, en réduisant sa consommation et consommant davantage d'engrais organiques (lisiers, purins d'orties...)

PARIS: La France réunit lundi les ministres de l'Agriculture du G7 pour une réunion consacrée aux engrais et à la question de la "sécurité des approvisionnements" en fertilisants dans le contexte du conflit au Moyen-Orient.

Cette réunion est destinée à dresser un bilan des difficultés actuelles des agriculteurs et à identifier "des actions communes" dans un contexte de flambée des cours des fertilisants  depuis le début de la guerre en Iran fin février et la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz, par lequel transitent environ 30% des engrais mondiaux.

Cette rencontre, qui se tient dans le cadre de la présidence française du groupe des sept puissances économiques, vise à définir comment "sécuriser les approvisionnements", "améliorer le partage d'informations et la transparence des marchés" et "renforcer la résilience des filières agricoles face aux chocs économiques et géopolitiques", selon un communiqué du ministère français.

La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, réunit à midi ses homologues des États-Unis, du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de l'Italie, du Canada et du Japon, ainsi que des représentants de l'Union européenne, de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et du Système d'information sur les marchés agricoles (AMIS).

Il n'est pas prévu pour l'heure de point presse à l'issue de cette rencontre.

La France, qui importe plus de 60% de ses engrais, planche depuis des mois sur un "plan engrais", annoncé par la ministre qui n'en a toutefois pas dévoilé les contours.

Pour Paris comme l'Europe, l'enjeu est de réduire sa dépendance en diversifiant ses approvisionnements, en réduisant sa consommation et consommant davantage d'engrais organiques (lisiers, purins d'orties...).

Autre piste envisagée, à court terme, la constitution de stocks stratégiques d'engrais, ce qui pourrait toutefois renforcer la hausse des prix et poserait des questions de sécurité (les engrais sont potentiellement explosifs).

L'Europe et ses partenaires occidentaux sont moins exposés que l'Asie ou l'Afrique aux difficultés d'approvisionnement liées à la guerre en Iran. Mais l'impact sur les prix est global et le coût des fertilisants a augmenté d'environ 50% - et jusqu'à 70% pour l'urée, engrais azoté très consommé produit au Moyen-Orient.

Cela aura des conséquences pour la récolte 2027: si les agriculteurs s'étaient déjà approvisionnés pour leurs semis de 2026, la question se posera dès la fin de l'été pour les semis de céréales d'hiver comme le blé ou l'orge. Avec in fine un risque sur le rendement des récoltes mondiales.