Le Mali se retire de l'organisation régionale G5 Sahel

Sur cette photo d'archive prise le 30 mai 2018, un militaire de l'armée malienne du G5 Sahel, cadre institutionnel de coordination de la coopération régionale en matière de politiques de développement et de sécurité en Afrique de l'Ouest, est aperçu à Sévaré (Photo, AFP).
Sur cette photo d'archive prise le 30 mai 2018, un militaire de l'armée malienne du G5 Sahel, cadre institutionnel de coordination de la coopération régionale en matière de politiques de développement et de sécurité en Afrique de l'Ouest, est aperçu à Sévaré (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 16 mai 2022

Le Mali se retire de l'organisation régionale G5 Sahel

  • Outre le Mali et le Burkina, le G5 Sahel, est formé de la Mauritanie, du Tchad et du Niger
  • Le Mali est depuis le 9 janvier ciblé à une série de mesures économiques et diplomatiques

MALI: Le Mali a annoncé dimanche soir son retrait du G5 Sahel et de sa force militaire antijihadiste pour protester contre le refus qui lui est opposé d'assurer la présidence de cette organisation régionale formée avec la Mauritanie, le Tchad, le Burkina et le Niger, dans un communiqué.

"Le gouvernement du Mali décide de se retirer de tous les organes et instances du G5 Sahel, y compris la Force conjointe" antijihadiste, indique ce communiqué. Le G5 Sahel a été créé en 2014 et sa force antijihadiste lancée en 2017.

Une conférence des chefs d'Etats du G5 Sahel prévue en février 2022 à Bamako devait "consacrer le début de la présidence malienne du G5" mais "près d'un trimestre après le terme indiqué" cette réunion "ne s'est toujours pas tenue", dit ce communiqué.

Bamako "rejette fermement l'argument d'un Etat membre du G5 Sahel qui avance la situation politique interne nationale pour s'opposer à l'exercice par le Mali de la présidence du G5 Sahel", sans citer cet Etat.

Selon le gouvernement malien, "l'opposition de certains Etats du G5 Sahel à la présidence du Mali est liée aux manoeuvres d'un Etat extra-régional visant désespéramment à isoler le Mali", sans également préciser ce dernier Etat. Les relations entre le Mali et les pays européens, à commencer par la France, se sont largement dégradées ces derniers mois.

Le Mali est depuis le 9 janvier ciblé à une série de mesures économiques et diplomatiques des Etats ouest-africains pour sanctionner l'intention de la junte de se maintenir au pouvoir encore plusieurs années, après deux putschs en août 2020 puis en mai 2021.

La junte a opté pour une transition de deux ans alors que la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) demande à Bamako d'organiser des élections en 16 mois maximum.

Outre le Mali et le Burkina, le G5 Sahel, composé d'environ 5.000 militaires, est formé de la Mauritanie, du Tchad et du Niger.

Les coups d'Etat militaires au Mali et au Burkina Faso, deux des cinq membres de la Force multilatérale anti-jihadiste G5 Sahel, mettent à mal sa capacité opérationnelle, a récemment estimé le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, dans un rapport remis le 11 mai au Conseil de sécurité.

"Je suis profondément préoccupé par la détérioration rapide de la situation sécuritaire au Sahel, ainsi que par l'effet potentiellement néfaste que la situation politique incertaine au Mali, au Burkina Faso et au-delà aura sur les efforts visant à rendre plus opérationnelle la Force conjointe G5 Sahel", avait-il dit dans ce document obtenu par l'AFP.


La Turquie va renoncer au système russe de paiement Mir

Sur cette photo prise le 7 décembre 2019, un piéton passe devant la banque publique Vakifbank sur l'avenue Istiklal à Istanbul. (AFP)
Sur cette photo prise le 7 décembre 2019, un piéton passe devant la banque publique Vakifbank sur l'avenue Istiklal à Istanbul. (AFP)
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  • Ces trois banques publiques - HalkBank, Ziraat et Vakifbank - autorisaient jusqu'ici les transactions avec les cartes Mir
  • Deux des plus grandes banques privées du pays, Denizbank et Isbank, avaient déjà annoncé la semaine dernière qu'elles suspendaient l'utilisation du système de paiement Mir

ISTANBUL: Les trois banques publiques turques qui autorisaient le système russe de paiement Mir vont y renoncer après des mises en garde américaines, a annoncé mercredi à l'AFP un haut responsable turc.

"Il y a des paiements en cours, mais une date future a été fixée" pour la suspension du système Mir, a indiqué cette source à l'AFP, sous couvert d'anonymat et sans préciser de date.

Ces trois banques publiques - HalkBank, Ziraat et Vakifbank - autorisaient jusqu'ici les transactions avec les cartes Mir.

Deux des plus grandes banques privées du pays, Denizbank et Isbank, avaient déjà annoncé la semaine dernière qu'elles suspendaient l'utilisation du système de paiement Mir.

Vendredi, l'Ouzbékistan avait également annoncé avoir interrompu pour des raisons "techniques" le fonctionnement des cartes bancaires Mir, qui ne sont désormais plus utilisables que dans une poignée de pays dont le Bélarus.

Très dépendante des gaz et pétrole russes, la Turquie a refusé de se joindre aux sanctions occidentales décrétées contre la Russie après l'invasion de l'Ukraine. Le pays, destination prisé des touristes russes a vu arriver des milliers de Russes depuis le début de la guerre.

Elle avait annoncé élargir le champ d'application du système Mir après une rencontre début août entre le président turc Recep Tayyip Erdogan et son homologue russe Vladimir Poutine. Mais Washington avait mis en garde dans la foulée les entreprises et banques turques commerçant avec la Russie contre le risque de possibles sanctions.


Attaque de lundi au Burkina: au moins 11 soldats tués et 50 civils portés disparus

Le convoi a été la cible d'une embuscade, près de la localité de Gaskindé, localité située dans la province du Soum (Photo, AFP).
Le convoi a été la cible d'une embuscade, près de la localité de Gaskindé, localité située dans la province du Soum (Photo, AFP).
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  • Le 24 janvier dernier, des militaires ont pris le pouvoir au Burkina dans un putsch assurant vouloir faire de la sécurité leur priorité
  • Mais les attaques restent nombreuses

OUAGADOUGOU: Au moins onze soldats ont été tués dans une attaque de jihadistes présumés contre un convoi de ravitaillement lundi dans le nord du Burkina Faso, un bilan qui pourrait toutefois être beaucoup plus lourd, une cinquantaine de civils étant toujours portés disparus.

"Un convoi de ravitaillement à destination de la ville de Djibo a été la cible d'une attaque lâche et barbare. Le bilan provisoire est de 11 corps de militaires retrouvés et 28 blessés", a écrit le porte-parole du gouvernement Lionel Bilgo dans un communiqué.

"Une cinquantaine de civils sont aussi portés disparus et les recherches se poursuivent", poursuit le texte.

Le bilan pourrait toutefois être beaucoup plus lourd, une source sécuritaire évoquant à l'AFP "une soixantaine de victimes". "Pratiquement tout le convoi, véhicules et vivres, a été incendié", a poursuivi cette source.

Des vidéos reçues de sources sécuritaires par l'AFP montrent plusieurs camions incendiés et éventrés sur le bord d'une route.

Un précédent bilan, de sources sécuritaires à l'AFP, faisait état d'une "dizaine de morts" et de "nombreux blessés".

Le convoi a été la cible d'une embuscade, près de la localité de Gaskindé, localité située dans la province du Soum, avait indiqué l'état-major lundi soir dans un communiqué.

"L'attaque a également causé d'importants dégâts matériels", a souligné M. Bilgo.

«Nous restons debout»

"Certes, nous sommes affligés par la tragédie actuelle et les pertes cruelles que nous enregistrons, mais nous restons debout, unis et solidaires pour libérer notre cher pays le Burkina Faso", a-t-il affirmé, rappelant l'engagement des "forces patriotiques en lutte contre le terrorisme à tenir le serment de défendre et de libérer notre peuple de l'emprise des forces obscurantistes qui veulent l'asservir par la violence aveugle et la terreur".

Une autre attaque particulièrement meurtrière avait visé début septembre un convoi de ravitaillement dans le nord du pays. L'explosion d'un engin artisanal entre Djibo et Bourzanga avait causé la mort d'au moins 35 civils dont plusieurs enfants.

Ces convois, escortés par l'armée, ravitaillent des villes du nord, notamment Djibo, soumises à un blocus de groupes jihadistes qui ont récemment dynamité des ponts sur des grands axes routiers.

Le Burkina Faso - en particulier le nord et l'est - est confronté comme plusieurs de ses voisins à la violence de mouvements armés affiliés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique, qui y ont fait depuis 2015 des milliers de morts et quelque deux millions de déplacés.

Le 24 janvier dernier, des militaires ont pris le pouvoir au Burkina dans un putsch assurant vouloir faire de la sécurité leur priorité. Mais les attaques restent nombreuses.

Dimanche, un autre convoi escorté par l'armée, parti la veille de Dori, chef-lieu de la région du Sahel, pour ravitailler la ville de Sebba, a été la cible d'une attaque à l'engin explosif improvisé, selon des sources sécuritaires.

Quatre personnes ont été blessées lors de cet incident, et le convoi est tout de même arrivé ce lundi, accueilli par une liesse populaire.

Samedi, deux soldats et deux supplétifs civils de l'armée ont été tués lors d'une attaque "terroriste" contre une patrouille dans la province de la Tapoa, une région de l'est du Burkina, frontalière du Niger et du Bénin, selon l'armée.


Cuba plongé dans le noir après le passage de l'ouragan Ian

Des gens marchent dans une rue inondée à Batabano, Cuba, le 27 septembre 2022, lors du passage de l'ouragan Ian. (AFP)
Des gens marchent dans une rue inondée à Batabano, Cuba, le 27 septembre 2022, lors du passage de l'ouragan Ian. (AFP)
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  • Le pays se trouve «sans service électrique», a tweeté la compagnie d'électricité étatique Union Eléctrica, expliquant cette panne nationale par le passage de l'ouragan de catégorie 3 qui a ravagé l'ouest de l'île
  • Il faut se préparer à des «vagues potentiellement mortelles, des vents catastrophiques et des inondations» dans la péninsule de Floride, a aussi averti le NHC

CONSOLACION DEL SUR: Cuba était plongé dans le noir mardi soir en raison d'une coupure de courant généralisée due aux dégâts sur son réseau électrique occasionnés par l'ouragan Ian, qui n'a pas fait de victimes, et menace désormais la Floride.

Le pays se trouve "sans service électrique", a tweeté compagnie d'électricité étatique Union Eléctrica, expliquant cette panne nationale par le passage de l'ouragan de catégorie 3 qui a ravagé l'ouest de l'île.

"Il n'y a actuellement aucun service d'électricité nulle part dans le pays", a abondé Lázaro Guerra, directeur technique d'Union Eléctrica, sur la télévision cubaine.

Seules les quelques personnes disposant d'un générateur à essence à domicile ou au bureau avaient accès au courant, dans ce pays de 11,2 millions d'habitants.

Alors que les effets de l'ouragan se faisaient encore sentir sur la côte, dans la nuit, les habitants marchaient dans les rues en se guidant avec leur téléphone portable, et certaines maisons étaient éclairées par des bougies ou des lampes de poche.

"L'#HuracanIan s'éloigne du territoire national, mais ses effets destructeurs persistent", a tweeté la Défense civile cubaine, dans un appel à la prudence, après le passage de l'ouragan. Son centre a quitté le territoire cubain à 09H50 (13H50 GMT) aux environs de Puerto Esperanza, selon l'Institut de météorologie de Cuba (Insmet).

«Vagues potentiellement mortelles»

Le "centre de Ian devrait se déplacer sur le sud-est du golfe du Mexique dans quelques heures, passer à l'ouest de l'archipel des Keys" au sud de la Floride, "puis s'approcher de la côte ouest de la Floride (...) mercredi et mercredi soir", a précisé le Centre national des ouragans (NHC) américain. Il avait auparavant prévenu que le phénomène était considéré comme un "ouragan intense extrêmement dangereux".

Il faut se préparer à des "vagues potentiellement mortelles, des vents catastrophiques et des inondations" dans la péninsule de Floride, a aussi averti le NHC.

A Cuba, aucune victime n'est pour l'heure à déplorer, selon les autorités, mais les vents violents et les pluies intenses persistaient dans l'ouest de l'île où l'ouragan a semé la désolation dans plusieurs localités, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Sur la route de San Juan y Martinez, à 190 km de La Havane, la province de Pinar del Rio, où se trouvent la plupart des plantations de tabac du pays, a été durement touchée. Les cultures ont été inondées, des arbres déracinés et des fils électriques jonchaient le sol.

"Je ne sais pas ce que nous allons faire cette saison", se lamente Yuslan Rodriguez, un cultivateur de tabac de 37 ans, dont la plantation, tout comme d'autres, a été détruite.

Des rafales de vent ont atteint 208 km/h à San Juan y Martinez.

Le président Miguel Diaz-Canel a visité mardi la zone la plus touchée à Pinar del Rio. "Les dégâts sont importants", a-t-il déclaré sur Twitter, assurant que de l'aide avait été envoyée.

Quelque 40.000 personnes ont été évacuées dans la province de Pinar del Rio et "les dégâts sont considérables", a indiqué la responsable du Parti communiste local, Yamilé Ramos.

Dans la capitale, où vivent 2,1 millions de personnes, deux maisons se sont partiellement effondrées, selon Alexis Acosta, l'intendant du quartier de la vieille Havane.

Préparatifs en Floride 

L'état d'urgence a été décrété dans toute la Floride et les autorités multipliaient les préparatifs. Certaines des modélisations effectuées prévoient maintenant un atterrissage au sud de la baie de Tampa (...) Dans certaines zones, il y aura des inondations catastrophiques et des vagues de tempête mortelles", a prévenu le gouverneur Ron DeSantis.

Il a demandé aux habitants de faire des provisions et se préparer à des coupures de courant, tout en mobilisant 7 000 membres de la Garde nationale.

Le président américain Joe Biden, qui a approuvé une aide d'urgence fédérale pour 24 des 67 comtés de Floride, a déclaré que Ian "pourrait être un ouragan très violent, dont l'impact serait dévastateur et mettrait des vies en danger".

Des moyens aériens tels que des hélicoptères sont notamment prêts à intervenir, a précisé le porte-parole du Pentagone, le général Pat Ryder.

La porte-parole de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre, a précisé que M. Biden s'était entretenu mardi soir avec M. DeSantis - potentiel rival aux élections de 2024 - pour parler préparatifs.

A Tampa, des employés de la mairie remplissaient mardi des sacs de sable qu'ils distribuaient gratuitement à travers la ville. Les autorités ont ordonné des évacuations dans les zones les plus vulnérables, situés à proximité de l'océan.

La Nasa, l'agence spatiale américaine, a renoncé au décollage prévu mardi de sa nouvelle méga-fusée pour la Lune, depuis le centre spatial Kennedy situé dans cet Etat du sud des Etats-Unis.

Ian succède à l'ouragan Fiona, qui a ravagé samedi la côte atlantique du Canada, faisant trois morts, après les Caraïbes la semaine dernière où sept personnes avaient péri.