OTAN: Processus difficile d’adhésion à un club de défense prisé

Le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg et le président finlandais Sauli Niinisto à Helsinki, le 25 octobre 2021 (Photo, AFP).
Le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg et le président finlandais Sauli Niinisto à Helsinki, le 25 octobre 2021 (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 16 mai 2022

OTAN: Processus difficile d’adhésion à un club de défense prisé

  • Un pays tiers souhaitant adhérer est dans l'obligation de convaincre chacun des membres de l'OTAN de ne pas opposer son véto
  • Chaque pays de l'alliance peut ainsi manifester sa volonté d'accepter le nouveau membre au gouvernement américain, dépositaire du Traité de l'Atlantique Nord

CASABLANCA : Après sa demande d'adhésion, la Finlande a entamé, en connaissance de cause, un long chemin de croix avant le rituel d’adhésion à l’OTAN. Le pays a annoncé, ce dimanche 15 mai, sa candidature afin d'adhérer à l’alliance militaire avant une réunion en Suède avec, en vue, une demande d’adhésion simultanée des deux pays scandinaves.

Seulement, malgré le contexte de guerre froide ravivé par la guerre menée par la Russie à l’Ukraine, l'adhésion à l'OTAN impose au pays candidat un cheminement semé d’embuches. Le pays demandeur se doit de convaincre chacun des 30 membres de l'alliance, séparément, de sa contribution à la sécurité collective et de sa capacité à répondre aux obligations exigées par le club de défense militaire. Il s’agit d’un chemin extrêmement codifié imposant, autre difficulté et non des moindres, au pays tiers souhaitant adhérer, la nécessité, pour obtenir son ticket d'entrée, de convaincre, à l’unanimité, chacun des membres. 

Processus

En tout premier lieu, les pays de l'OTAN sont invités à engager des négociations d'adhésion en programmant deux réunions au siège de l'organisation à Bruxelles, où le candidat doit convaincre les représentants nationaux et les experts de l'alliance qu'il est en mesure d'accepter tous les termes du «traité de Washington et de l’Etude sur l'élargissement de l'alliance».

Cette réunion au siège de l'OTAN permet des discussions sur les implications d’ordre juridiques, financières, sécuritaires relatives à la protection des informations classifiées, et la contribution au budget commun, en fonction du poids économique du pays demandeur en proportion de son PIB comparé à celui des autres membres du club de défense.

Unanimité et consensus

Tout pays candidat se doit de s’engager sur un ensemble de réformes qui lui permettent ensuite de soumettre, selon le traité de l’alliance atlantique, une lettre d'intention au secrétaire général de l'OTAN, accompagnée d'un calendrier de mise en œuvre des ajustements réglementaires et financiers.

L’étape ultime actant l’adhésion d’un pays demandeur se traduit par la ratification du protocole d'adhésion par chaque membre de l'OTAN pris séparément. Les Chaque pays de l'alliance peut ainsi manifester sa volonté d'accepter le nouveau membre au gouvernement américain, dépositaire du Traité de l'Atlantique Nord. Le fameux article de défense mutuelle, pierre angulaire de l'OTAN, l'article 5 portant sur la solidarité en cas d'agression, ne s'applique qu'après ratification par tous les États membres de l’adhésion dudit demandeur.

Histoire récente

Le processus pour la Macédoine du Nord, le 30e membre, a pris un an. Concernant la Finlande, la Turquie, membre de l'alliance, a exprimé des réserves quant à l'intégration des deux pays scandinaves, la Finlande et la Suède, voisins de la Russie.

Cependant, selon les propos relayés par nos confrères de l’AFP lors d'une réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l'OTAN à Berlin ce dimanche, plusieurs participants ont exprimé leur optimisme quant à la possibilité d’un consensus permettant de lever les réserves d’Erdogan.

Le secrétaire général de l'Otan, le Norvégien Jens Stoltenberg, pour sa part, n’a laissé aucun doute quant à sa volonté d’intégrer ces deux nouvelles candidatures. Il a assuré aux deux pays qu’ils seraient accueillis d’autant plus facilement qu’ils sont d’ores et déjà partenaires de l’alliance.  Il leur a promis un processus d'adhésion rapide et un moyen de garantir leur sécurité entre la candidature et l'adhésion définitive, contrairement à ce que prévoit traité.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
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  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.