A la frontière russe de la Finlande, l'Otan accueillie avec soulagement

Une plaque de rue annonce le passage de la frontière finno-russe d'Imatra, à Imatra, dans le sud-est de la Finlande, le 13 mai 2022. Pour de nombreux Finlandais vivant à la frontière avec leur voisin oriental, les signes indiquant que la Finlande est candidate à l'adhésion à l'OTAN ont été accueillis avec soulagement. (AFP).
Une plaque de rue annonce le passage de la frontière finno-russe d'Imatra, à Imatra, dans le sud-est de la Finlande, le 13 mai 2022. Pour de nombreux Finlandais vivant à la frontière avec leur voisin oriental, les signes indiquant que la Finlande est candidate à l'adhésion à l'OTAN ont été accueillis avec soulagement. (AFP).
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Publié le Samedi 14 mai 2022

A la frontière russe de la Finlande, l'Otan accueillie avec soulagement

  • La Finlande, qui partage une frontière de 1 300 kilomètres avec la Russie, est par le passé restée en dehors des alliances militaires depuis son indépendance en 1917
  • Pour beaucoup de Finlandais vivant près de la frontière avec le puissant voisin russe, l'imminence d'une candidature de la Finlande à l'Otan, qui doit être officialisée ce dimanche, est accueillie avec soulagement

HIIVANIEMI, Finlande : Perturbé depuis le début de la guerre en Ukraine, Martti Kailio, 73 ans, garde son fusil à portée de main dans sa maison d'Hiivaniemi dans l'est de la Finlande, avec vue sur la Russie de l'autre côté du lac.

"Cela me met tellement en colère que je serais parmi les premiers volontaires pour y aller avec mon arme chargée, même si je ne suis plus assez jeune pour être soldat", explique le retraité.

Pour beaucoup de Finlandais vivant près de la frontière avec le puissant voisin russe, l'imminence d'une candidature de la Finlande à l'Otan, qui doit être officialisée ce dimanche, est accueillie avec soulagement.

"On aurait dû adhérer plus tôt. Ca n'a pas de sens d'attendre plus longtemps", lâche M. Kailio.

La Finlande, qui partage une frontière de 1 300 kilomètres avec la Russie, est par le passé restée en dehors des alliances militaires depuis son indépendance en 1917.

Mais après l'invasion de l'Ukraine par Moscou fin février, l'opinion publique et les responsables politiques ont basculé de façon spectaculaire en faveur du parapluie otanien, avec le président et la Première ministre appelant jeudi à la rejoindre "sans délai".

Chez certains en Finlande, la guerre en Ukraine a réveillé les souvenirs douloureux de la Guerre d'Hiver, lorsque l'Armée rouge a envahi le pays nordique en 1939, 22 ans après son indépendance de la Russie.

Comme l'Ukraine aujourd'hui, la petite armée finlandaise opposa une résistance féroce, causant de lourdes pertes aux Soviétiques, même si le pays dû céder une vaste portion de son territoire au terme du conflit.

«Une nécessité»

Veli-Matti Rantala, un ancien pilote maritime de 72 ans, dont la ferme est à quelques pas de la frontière russe à Suokumaa, tient un vieux casque rouillé dans ses mains, en racontant les batailles qui ont eu lieu dans les forêts alentours.

"Je ne suis plus trop inquiet de la sitation, maintenant que nous rejoignons la communauté occidentale, l'aide viendra", dit-il. Pour lui, rejoindre l'alliance est une "nécessité".

Vivant à quelques centaines de mètres de la frontière russe, à Vainikkala, Jaana Rikkinen a grandi en entendant des gardes frontières soviétiques puis russes de l'autre côté de lac où se trouve son sauna.

Cette enseignante de 59 ans, dont les oncles sont morts durant la guerre avec les Soviétiques, se sent aussi "soulagée" de pouvoir sans doute bientôt entrer dans l'Otan, même si par le passé elle avait des doutes sur le bloc mené par les Américains.

Même après la Seconde guerre mondiale, la vie près de la frontière soviétique était parfois angoissante, raconte-t-elle, avec des violations illégales de la frontière ayant régulièrement lieu près de sa maison.

"Ca arrivait toujours de nuit. D'abord, on entendait les chiens, puis les coups de feu", se souvient Mme Rikkinen. 

En 2001, un déserteur de l'armée russe a franchi la frontière et s'est introduit dans une maison voisine, avant de se suicider un peu plus tard après un échange de tirs avec la police locale. 

Malgré l'histoire douloureuse de la région, les frontaliers de Finlande ont toujours vécu en proche interaction avec les Russes de l'autre côté.

Une confiance partie

"Même si la Russie a toujours été crainte à travers les âges, dans ces coins il y avait aussi des échanges quotidiens avec des Russes", raconte Veli-Matti Rantala.

Beaucoup ainsi ont des amis de l'autre côté de la frontière, dit-il.

Avant la guerre en Ukraine, Jaana Rikkinen aussi avait l'habitude de faire des virées shopping ou de passer des week-ends à Saint-Pétersbourg, sans avoir "rien de négatif à dire" sur les Russes.

Mais cette "confiance dans le voisin est maintenant partie", explique la quinquagénaire.

"La frontière est fermée, et si on la traversait, on ne sait pas ce qui pourrait se passer", pense-t-elle.

Comme beaucoup de la vie à Vainikkala est liée la Russie, avec la gare et la garde-frontière employant la plupart des habitants du village, la Finlandaise s'inquiète de voir sa communauté souffrir des liens coupés avec la Russie.

"J'espère juste que la guerre va se terminer", lâche-t-elle.


Les Etats-Unis et le Venezuela annoncent un accord pétrolier "historique"

Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
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  • Washington et Caracas annoncent un accord pétrolier présenté comme historique, portant sur 17 champs vénézuéliens, avec 65 milliards de barils de potentiel et plus de 100 milliards de dollars d’investissements
  • L’accord vise à relancer la production pétrolière du Venezuela et à réduire les prix de l’énergie aux États-Unis, mais des incertitudes persistent sur les investissements, la sécurité et la stabilité politique

WASHINGTON: Washington et Caracas ont annoncé vendredi avoir conclu un accord pétrolier "historique", qui verra les Etats-Unis prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils des réserves du Venezuela.

Dans un message publié sur Truth Social, le président américain Donald Trump l'a qualifié de "plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale" qui doublerait, selon lui, les réserves pétrolières des Etats-Unis.

Il précise que l'accord a été établi "en étroite collaboration avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez" et "au travers d'un partenariat avec des entreprises privées".

Caracas a confirmé avoir signé un accord pétrolier "historique" avec les Etats-Unis, Mme Rodriguez remerciant "chaleureusement" Donald Trump dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Selon elle, l'accord prévoit "de développer 17 champs stratégiques, avec un potentiel avéré de 65 milliards de barils de pétrole, un investissement de plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l'État" vénézuélien.

"Pour le peuple vénézuélien, cet accord (...) soutiendra des milliers d'emplois bien rémunérés et favorisera la reconstruction de l'économie vénézuélienne", a également déclaré le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur X, confirmant "près de 100 milliards de dollars d'investissements privés" dans le pays.

Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Mais sa production reste limitée.

En parallèle, les stocks stratégiques américains ("strategic petroleum reserve", ou SPR) sont à leur plus bas niveau depuis novembre 1982, selon les données de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).

Washington s'est engagé à libérer progressivement 172 millions de barils sur les 415 millions qui composaient la SPR fin février pour pallier les perturbations d'approvisionnement et la hausse des cours du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient.

Selon Donald Trump, "cette transaction historique" entre les Etats-Unis et le Venezuela permettra "de réduire considérablement le prix de l'essence pour tous les Américains, et ce pendant de nombreuses années".

Le président américain assure par ailleurs que cet accord "ne coûtera rien aux contribuables américains".

 

- Mainmise américaine -

 

Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer l'exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage.

Le gouvernement américain essaye de pousser les entreprises américaines à s'engager dans le pays, suscitant toutefois des réactions mitigées face aux lourds investissements nécessaires pour remettre en état les infrastructures pétrolières du pays et y extraire de l'or noir.

Une réticence suscitée aussi par les expropriations menées par le régime vénézuélien dans le passé. Le géant américain ExxonMobil l'a notamment été à deux reprises.

"Le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité", a commenté auprès de l'AFP John Kilduff, analyste d'Again Capital.

Selon lui, les Etats-Unis pourraient chercher avec cet accord à "créer une sorte de zone d'État où les entreprises américaines peuvent s'implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions, et (...) éliminer le risque politique qui accompagne habituellement les investissements au Venezuela".

Pour Jorge R. Pinon, chercheur à l'Energy Institute de l'Université du Texas à Austin, de nombreuses "zones d'ombre" subsistent toutefois, notamment le risque qu'un futur gouvernement vénézuélien change brutalement "les règles du jeu", remettant en cause tout accord actuel.

"Ce sont des projets qui mettront très certainement de nombreuses années avant de voir le jour et de porter leurs fruits", estime par ailleurs l'expert pétrolier Oswaldo Felizzola.

Pour Elias Ferrer, fondateur du Think tank Orinoco Research, cette annonce relève d'"un jeu de récits autour d'accords qui étaient déjà en cours de négociation", l'achat par les Etats-Unis de brut vénézuélien étant dans tous les cas "garanti".

D'après l'expert, Donald Trump présente ces arrangements comme une victoire politique, en les inscrivant dans le contexte plus large du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l'énergie.


Washington prévoit d'envoyer un nouveau porte-avions au Moyen-Orient dans les prochaines semaines 

Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
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  • L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine
  • Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage

WASHINGTON: Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain.

L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine.

Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage.

Selon un haut responsable de la marine américaine cité par l'Institut naval américain, le déploiement du Theodore Roosevelt durera "plus de sept mois". "Leur commandement leur fait tabler sur huit mois", a-t-il encore déclaré.

Contacté par l'AFP, le Pentagone n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

Le porte-avions Abraham Lincoln et ses quelque 5.000 marins s'apprêtent enfin à toucher terre, en Thaïlande, a indiqué la marine thaïlandaise à l'AFP jeudi. Cette escale est attendue du 2 au 6 septembre, selon des médias locaux.

Le bâtiment avait quitté San Diego le 21 novembre 2025 pour une mission en mer de Chine méridionale et avait été redirigé vers le Moyen-Orient avant que les Etats-Unis et Israël lancent leur offensive conjointe contre l'Iran le 28 février.


Emmanuel Macron rencontrera Andy Burnham à Londres la semaine prochaine

Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine et sera reçu à Downing Street par le Premier ministre britannique Andy Burnham
  • Cette visite intervient avant l’exposition de la tapisserie de Bayeux au British Museum et dans un contexte de rapprochement entre Londres et l’UE sur l’Ukraine

LONDRES: Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine pour une visite au cours de laquelle le président français sera reçu à Downing Street par le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham, a indiqué jeudi à l'AFP une source gouvernementale britannique.

Cette visite intervient à quelques jours de l'ouverture de l'exposition exceptionnelle de la tapisserie de Bayeux, prêtée au British Museum à Londres, projet dans lequel Emmanuel Macron s'est beaucoup investi.

Le président français est le deuxième dirigeant étranger, et le premier d'un pays de l'Union européenne (UE), à être reçu par le chef du gouvernement travailliste depuis son accession au pouvoir le 20 juillet, après son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky fin juillet.

MM. Macron et Burnham ont co-présidé cette semaine, avec le chancelier allemand Friedrich Merz, une réunion de la coalition des volontaires pour l'Ukraine.

Le chef de l'Etat français y a participé en visioconférence, tandis que le Premier ministre britannique s'est rendu à Kiev, pour son premier déplacement à l'étranger.

A cette occasion, il a notamment rencontré le président du Conseil européen, Antonio Costa, à qui il a affirmé que le Royaume-Uni devait faire preuve de "plus d'audace" pour se rapprocher de l'UE, selon un compte-rendu de leur entretien publié par Downing Street.