Royaume-Uni: l'inflation à un record en 40 ans, le gouvernement sommé d'agir

Un client achète de la mayonnaise et des condiments dans un supermarché Sainsbury's à Walthamstow, dans l'est de Londres, le 13 février 2022. (Photo, AFP)
Un client achète de la mayonnaise et des condiments dans un supermarché Sainsbury's à Walthamstow, dans l'est de Londres, le 13 février 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 18 mai 2022

Royaume-Uni: l'inflation à un record en 40 ans, le gouvernement sommé d'agir

Un client achète de la mayonnaise et des condiments dans un supermarché Sainsbury's à Walthamstow, dans l'est de Londres, le 13 février 2022. (Photo, AFP)
  • C'est une très forte envolée mensuelle comparé à mars (7%), selon le rapport mensuel publié mercredi par l'Office national des statistiques (ONS)
  • Le Royaume-Uni est particulièrement dépendant au gaz dans son mix énergétique, et donc vulnérable à la flambée des cours mondiaux des hydrocarbures, comparé à d'autres pays comme la France, qui tire son électricité largement du nucléaire

LONDRES: L'inflation a bondi à 9% en avril sur douze mois au Royaume-Uni, un record en 40 ans, principalement à cause de l'énergie, accentuant la crise du coût de la vie et les pressions sur Downing Street pour agir. 

C'est une très forte envolée mensuelle comparé à mars (7%), selon le rapport mensuel publié mercredi par l'Office national des statistiques (ONS). 

Les prix en avril ont été tirés à la hausse « par une poussée brusque dans les prix de l'électricité et du gaz » à cause d'un relèvement du plafond tarifaire, a commenté Grant Fitzner, économiste de l'ONS. 

« Des augmentations abruptes sur un an du coût des métaux, des produits chimiques et du pétrole brut se sont aussi poursuivies », entraînant à la hausse les prix de sortie d'usine, ajoute-t-il. 

Le ministre des Finances Rishi Sunak a fait valoir dans un communiqué que « les pays à travers le monde font face à une inflation en hausse » et que celle d'avril au Royaume-Uni vient de l'énergie, stimulée par les cours sur les marchés mondiaux. 

Lundi, le gouverneur de la Banque d'Angleterre (BoE) avait qualifié la situation d'« apocalyptique » pour les prix alimentaires. Andrew Bailey avait aussi averti que l'inflation, partie pour dépasser 10% cette année au Royaume-Uni, pourrait monter encore plus haut si l'Ukraine, gros producteur de blé notamment, ne parvient pas à exporter ses récoltes. 

Les responsables de la BoE estiment que « 80% » de l'inflation britannique sont dus à la hausse des prix de l'énergie, dopés par l'invasion de l'Ukraine par la Russie. 

Les 20% restants s'expliquent notamment par un marché du travail très tendu au Royaume-Uni, notamment dans la foulée du Brexit. 

Le Royaume-Uni est particulièrement dépendant au gaz dans son mix énergétique, et donc vulnérable à la flambée des cours mondiaux des hydrocarbures, comparé à d'autres pays comme la France, qui tire son électricité largement du nucléaire. 

Les gouvernements de l'UE ont par ailleurs mieux protégé les ménages de la hausse que le gouvernement britannique, a relevé Paul Dales, de Capital Economics, interrogé par l'AFP. 

« Déprimant »  

« Nous ne pouvons plus attendre que ce gouvernement, déconnecté des réalités, agisse », a fustigé la responsable des Finances pour le parti d'opposition travailliste, Rachel Reeves, affirmant que son parti allait tenter de faire voter un « budget d'urgence ». 

Les critiques s'accumulent contre l'action du gouvernement considérée comme insuffisante au regard de la crise du coût de la vie, alors que des millions de Britanniques doivent désormais restreindre leurs repas ou leur consommation d'énergie. 

« C'est déprimant que tout augmente, il doit bien y en avoir qui en profitent, probablement les grandes entreprises, pourquoi elles ne peuvent pas réduire (les prix)? Ou le gouvernement? », s'interrogeait mercredi Gerald Pursey, chauffeur de taxi de 62 ans, en sortant d'un supermarché à Londres. 

Rishi Sunak devrait dévoiler mercredi un plan « pour aider face au coût de la vie, stimuler la croissance et investir dans le capital » lors du dîner annuel de la CBI, la principale organisation patronale britannique. 

Dans un communiqué révélant les grandes lignes de son discours au gala de la CBI, le ministre promet une baisse d'impôts, lors du budget d'automne pour les sociétés, et détaille les mesures déjà prises, notamment « 22 milliards de livres de soutien direct » entre réductions des taxes sur l'essence, coupes d'impôts locaux, ou crédits pour les factures de chauffage. 

Il ajoute qu'une baisse des factures d'énergie de 200 livres supplémentaires entrera en vigueur en octobre et une hausse du plafond d'exonération de charges sociales d'ici quelques semaines. Il se dit prêt à faire plus. 

La plupart de ses critiques demandent cependant une taxe exceptionnelle sur les profits des géants pétroliers et gaziers, qui ont largement profité de la flambée des prix des hydrocarbures, ce que le Premier ministre Boris Johnson a encore semblé écarter mercredi. 

« Les compagnies pétrolières prévoient d'investir 70 milliards de livres dans l'économie sur les années à venir et sont déjà taxées à 40% », a justifié Boris Johnson. 

Mardi, l'ONS avait dévoilé un taux de chômage britannique au plus bas depuis 1974 à 3,7%, mais signalé que l'inflation mangeait les salaires réels. 

La flambée des prix devrait amener la BoE à relever encore son taux directeur, actuellement à 1%, ce qui devrait peser sur la croissance. 

L'activité a reculé en mars et la BoE projette pour l'an prochain une contraction de l'économie britannique, qui devrait se retrouver en queue du G7. 


Airbus pénalisé par ses faibles livraisons d'avions

Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
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  • Airbus voit ses résultats baisser au T1 2026 (bénéfice -26%, CA -7%) à cause de livraisons d’avions retardées et de problèmes de moteurs
  • Le groupe maintient ses objectifs annuels et s’appuie sur la défense, tandis que Boeing prend l’avantage sur les livraisons

PARIS: L'avionneur européen Airbus est pénalisé au premier trimestre par de faibles livraisons d'avions commerciaux, qui pèsent sur ses comptes, tandis que son concurrent américain Boeing, en phase de redressement, signe des livraisons record.

En dépit de cette déconvenue due principalement à la pénurie des moteurs de l'américain Pratt & Whitney et la situation volatile au Moyen-Orient qui n'a pour l'instant "pas d'impact" sur ses activités, Airbus maintient ses objectifs pour l'année.

Il compte toujours livrer un nombre record de 870 avions commerciaux en 2026, soit plus que la meilleure année, en 2019, avant la pandémie du Covid (863 appareils).

Les livraisons d'avions commerciaux qui patinent ont fait chuter le bénéfice net de l'avionneur européen de 26% à 586 millions d'euros au premier trimestres.

Le chiffre d'affaires s'est établi à 12,65 milliards d'euros, en recul de 7% par rapport à la même période de l'année dernière.

Ces résultats "reflètent un niveau plus faible de livraisons d'avions commerciaux et une solide performance de notre division Defense and Space", a déclaré le patron d'Airbus Guillaume Faury.

- "Impact" de Pratt jusqu'en 2028  -

Depuis le début de l'année, Airbus n'a livré que 114 avions commerciaux contre 143 pour Boeing. L'an dernier l'écart s'est resserré au sein du duopole sur le terrain des livraisons, mais l'américain a pris l'avantage sur les commandes.

Pratt & Whitney "reste le principal facteur limitant de notre trajectoire de montée en cadence sur l’A320", la famille la mieux vendue d'Airbus, "avec un impact sur 2026 et 2027", a déclaré Guillaume Faury au cours d'une conférence téléphonique.

En conséquence, l’entreprise maintient sa prévision d'un rythme de production de cette famille d'avions compris entre 70 et 75 avions par mois d’ici la fin 2027, objectif revu à la baisse en février contre 75 auparavant.

Le carnet de commandes d'Airbus affiche 9.037 appareils, soit plus de dix ans de production au rythme actuel.

Airbus a également été confronté en début de l'année "à un retard administratif qui a affecté la livraison de près de 20 avions à des clients chinois", mais ce problème a été résolu.

Le problème de qualité des panneaux de l'A320 découvert en décembre aura "un impact résiduel" sur les livraisons sur le premier semestre, selon Guillaume Faury.

Le bilan des livraisons des avionneurs est toujours scruté, car il préfigure les résultats financiers, les compagnies aériennes acquittant la majorité du prix d'achat lorsqu'elles reçoivent leurs appareils.

Le "cash flow" d'Airbus qui emploie près de 170.000 personnes dans le monde s'est également nettement dégradé.

La trésorerie disponible consolidée avant financement des clients s’est ainsi établie à -2,485 milliards d’euros contre -310 millions d’euros il y a un an.

- Désaccords non résolus sur le Scaf -

Les mauvaises performances côté avions commerciaux sont toutefois contrebalancées par le succès de la branche défense.

Le chiffre d'affaires dans ce domaine a progressé de 7% à 2,8 milliards d'euros.

Interrogé sur le programme européen d'avion de combat Scaf mené par Airbus qui représente l'Allemagne et l'Espagne et Dassault Aviation pour la France, Guillaume Faury a indiqué que les discussions étaient "en cours" dans le cadre d'une mission demandée par le président français Emmanuel Macron pour réconcilier les industriels.

"Je ne dis pas que les désaccords sont résolus, mais qu’un travail est en cours entre les différents acteurs pour tenter d’identifier la meilleure voie à suivre", a-t-il poursuivi.

"La France, l'Allemagne et l'Espagne ont chacune leurs attentes et travaillent actuellement à résoudre ces divergences", a-t-il conclu. 


Vision Golfe 2026 : France-CCG, de la coopération à la transformation

L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
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  • La France et les pays du Golfe intensifient leur partenariat économique avec un forum stratégique axé sur des projets concrets et des investissements mesurables
  • Les secteurs clés incluent l’IA, les énergies propres et les infrastructures, dans un contexte où la géopolitique redéfinit les échanges mondiaux

DUBAÏ: Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques croissantes, des mutations profondes des flux commerciaux et des impératifs liés à la transition énergétique, la France et les États du Conseil de coopération du Golfe (CCG) s’apprêtent à franchir une nouvelle étape dans leur relation stratégique. Les 18 et 19 juin 2026, Paris accueillera la quatrième édition de Vision Golfe, un forum de haut niveau destiné à accélérer les échanges économiques, les investissements et les coopérations industrielles entre les deux régions.

Organisé par Business France sous le haut patronage du président Emmanuel Macron, cet événement réunira ministres, décideurs publics et dirigeants d’entreprises au ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique. Il s’inscrit dans une dynamique de renforcement institutionnel des relations franco-golfiques, fondée sur la recherche de résilience économique et d’autonomie stratégique.

Au fil des éditions, Vision Golfe s’est imposé comme une plateforme incontournable pour transformer le dialogue en projets concrets. La dernière édition a rassemblé plus de 1 250 participants et généré plus de 2 000 rencontres B2B, témoignant d’une forte demande pour des échanges ciblés et opérationnels. L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » (“From Cooperation to Transformation”), entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats, notamment à travers le co-investissement, l’innovation conjointe et la collaboration industrielle.

Les relations économiques entre la France et les pays du Golfe connaissent une croissance soutenue. En 2025, les échanges commerciaux entre la France et les Émirats arabes unis ont atteint 10,8 milliards d’euros, en hausse de 27 % sur un an. À l’échelle régionale, le commerce entre la France et le CCG s’est élevé à 24,9 milliards d’euros, porté notamment par l’Arabie saoudite, le Koweït et le Qatar. Ces chiffres illustrent la solidité du corridor économique en construction, tout en laissant entrevoir un potentiel encore largement inexploité.

Dans un environnement où la géopolitique influence directement les décisions économiques — qu’il s’agisse de contrôle des exportations, de politiques industrielles ou de sécurité des chaînes d’approvisionnement — le partenariat entre la France et le Golfe apparaît de plus en plus complémentaire. Les pays du Golfe apportent leur capacité d’investissement, leur rapidité d’exécution et leur ambition technologique, tandis que la France contribue par son expertise industrielle, ses standards réglementaires et son accès aux marchés européens.

Comme le souligne Axel Baroux, directeur de Business France pour le Proche et Moyen-Orient : « Dans un monde où l’inaction est l’ennemi de la croissance, Vision Golfe 2026 vise à générer des avancées concrètes et mesurables. Le forum réunit les bons acteurs pour catalyser des initiatives, mobiliser des investissements et transformer les échanges en projets à fort impact. »

Le programme de Vision Golfe 2026 mettra en avant des secteurs stratégiques tels que l’intelligence artificielle, les énergies propres, l’industrie avancée, la mobilité intelligente, les systèmes de santé et le développement urbain durable. La notion de sécurité, au sens large, sera également centrale, englobant les infrastructures critiques, la sécurité alimentaire, la gestion de l’eau ou encore les corridors logistiques et maritimes.

Au-delà des panels et des discussions, l’événement privilégiera des formats orientés action : rencontres B2B et B2G, sessions de networking et événements exclusifs comme la « French Gulf Night » au Palais Galliera. L’objectif est clair : accélérer la prise de décision et transformer les convergences stratégiques en projets concrets, investissements et créations d’emplois.

Vision Golfe 2026 s’affirme ainsi comme un catalyseur de la prochaine phase du partenariat entre la France et le CCG, où l’enjeu n’est plus seulement de coopérer, mais bien de transformer durablement les économies des deux régions.


Les Emirats annoncent leur retrait de l'Opep à partir de mai 

Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
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  • Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep)
  • "Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale"

DUBAI: Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie.

"Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale", explique l'agence Wam.