Un responsable américain prévient que les attaques des Talibans pourraient nuire à la paix en Afghanistan

La sécurité afghane sur le site d'un attentat suicide à la voiture piégée dans la province de Ghor, dimanche, qui a tué au moins 12 personnes et en a blessé plus de 100 autres. (AP)
La sécurité afghane sur le site d'un attentat suicide à la voiture piégée dans la province de Ghor, dimanche, qui a tué au moins 12 personnes et en a blessé plus de 100 autres. (AP)
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Publié le Mardi 20 octobre 2020

Un responsable américain prévient que les attaques des Talibans pourraient nuire à la paix en Afghanistan

  • La croyance selon laquelle la violence doit s'intensifier pour gagner des concessions à la table des négociations est risquée
  • Washington s’impatiente face aux attaques des Talibans et au manque de progrès dans les pourparlers

KABOUL: Zalmay Khalilzad, le représentant spécial des États-Unis pour la réconciliation en Afghanistan a averti lundi que l'augmentation des attaques des Talibans pourrait compromettre l'accord de paix historique signé entre Washington et le groupe militant en février.

Il a ajouté que les frappes pourraient faire dérailler les pourparlers en cours à Doha, au Qatar, entre les Afghans dont l’objectif est de mettre fin au conflit prolongé dans le pays.

«Les taux élevés de violence peuvent menacer le processus de paix et l’accord ainsi que l’idée fondamentale qu’il n’existe pas de solution militaire. La violence aujourd'hui demeure terriblement élevée malgré la récente réaffirmation de la nécessité d'une réduction substantielle», expliquait-il lundi dans des tweets.

Depuis la semaine dernière, les talibans ont déclenché une série d'attaques dans certaines parties de l'Afghanistan, en particulier dans le sud de la province de Helmand où plus de 35 000 personnes ont été déplacées ces derniers jours, ont déclaré des responsables afghans à Arab News.

En réponse, les forces américaines dans le pays ont lancé plusieurs frappes aériennes sur les positions des Talibans, ce que le groupe d'insurgés a décrit dimanche comme une violation de l'accord de février.

Répondant aux accusations des Talibans, Zalmay Khalilzad a déclaré qu'il s'agissait «d'accusations non fondées de violations et de rhétorique incendiaire» qui «ne font pas avancer la paix».

Washington accuse également les Talibans d'avoir rompu l'accord historique qui, entre autres, a pour objectif de finaliser un retrait complet du pays des troupes dirigées par les États-Unis.

Zalmay Khalilzad rappelle que les frappes aériennes ont été menées pour soutenir les troupes afghanes dans le cadre de l’engagement de Washington à les défendre, si nécessaire.

Il ajoute que les attaques des Talibans à Helmand, dont certaines dans la capitale provinciale qui visaient les forces de sécurité afghanes, ont conduit récemment à la tenue d’une réunion à Doha où les deux parties sont convenues de «réduire les attaques et les frappes». Et si les niveaux de violence à Helmand ont baissé, ils «restent élevés» dans tout le pays, poursuit le diplomate d'origine afghane.

Selon certains observateurs afghans, le motif des attaques des Talibans est de «prendre le contrôle» dans les négociations.

Cependant, Khalilzad met en garde contre les risques liés à l'utilisation de cette stratégie.

«La croyance selon laquelle la violence doit s'intensifier pour gagner des concessions à la table des négociations est risquée. Une telle approche peut saper le processus de paix et répéter les mauvais calculs passés des dirigeants afghans», explique-t-il, exhortant toutes les parties à honorer «l'opportunité historique de paix, qu'il ne faut pas manquer».

Zabihullah Mujahid, un porte-parole des Talibans, a déclaré lundi à Arab News que le groupe n'avait «aucun commentaire» sur les déclarations de Khalilzad et que les forces américaines ont «violé l'accord de Doha sous diverses formes en menant des frappes aériennes excessives».

Mujahid ajoute qu'il n’a «aucune information» sur l'état des attaques dans la province de Helmand.

Cependant, selon Omar Zwak, porte-parole du gouverneur d’Helmand, contacté par Arab News «les combats se sont calmés dans diverses parties de l’Helmand» au cours des deux derniers jours.

Pendant ce temps, un haut fonctionnaire anonyme du gouvernement du président afghan, Ashraf Ghani, a félicité M. Khalilzad «de commencer à devenir réaliste» et d’avoir «rompu le silence sur les attaques répétées des Talibans».

Pour une autre personnalité, la députée basée à Kaboul Fawzia Zaki: «Le gouvernement et le peuple afghan en général insistent sur l'application d'un cessez-le-feu ou une réduction drastique de la violence avant le début du dialogue entre les Afghans.»

Pour que cela soit efficace, Zalmay Khalilzad et Washington «doivent exercer une pression croissante pour qu'ils écoutent nos justes revendications», ajoute Zaki.

Cependant, les experts mettent en garde contre «l'impatience croissante» des deux côtés.

Shafiq Haqpal, un analyste, explique à Arab News : «Les commentaires de Zalmay Khalilzad montrent clairement que Washington s’impatiente face aux attaques des Talibans et au manque de progrès dans les pourparlers.»

Il déclare que le président américain, Donald Trump, «espère voir une percée bientôt», afin qu'il puisse «la présenter comme un succès de son administration pour sa campagne de réélection».

«Mais cela ne se produit pas. Peut-être que les États-Unis ont compris que cela n'arriverait pas, alors ils commencent à sortir et à mettre en garde les Talibans contre les conséquences de leurs attaques», conclut M. Haqpal.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com 


Trump menace de cibler les champs gaziers iraniens après des attaques contre le Qatar

Donald Trump a menacé de cibler les champs gaziers iraniens si Téhéran ne cesse pas ses attaques contre le Qatar, deuxième exportateur de GNL, qui ont à nouveau fait grimper les cours du pétrole jeudi. (AFP)
Donald Trump a menacé de cibler les champs gaziers iraniens si Téhéran ne cesse pas ses attaques contre le Qatar, deuxième exportateur de GNL, qui ont à nouveau fait grimper les cours du pétrole jeudi. (AFP)
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  • Le président américain a confirmé qu'Israël était à l'origine de l'attaque mercredi contre la partie iranienne de ce site gazier offshore du Golfe persique, dont l'autre partie est exploitée par le Qatar
  • Les Etats-Unis "ne savaient rien" de cette attaque, a assuré M. Trump

DOHA: Donald Trump a menacé de cibler les champs gaziers iraniens si Téhéran ne cesse pas ses attaques contre le Qatar, deuxième exportateur de GNL, qui ont à nouveau fait grimper les cours du pétrole jeudi.

Si l'Iran "décide imprudemment d'attaquer un pays tout à fait innocent, en l'occurrence le Qatar", alors "les Etats-Unis d'Amérique, avec ou sans l'aide ou le consentement d'Israël, détruiront massivement l'intégralité du gisement de gaz de South Pars avec une force et une puissance que l'Iran n'a jamais vues ni connues auparavant", a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Le président américain a confirmé qu'Israël était à l'origine de l'attaque mercredi contre la partie iranienne de ce site gazier offshore du Golfe persique, dont l'autre partie est exploitée par le Qatar. Les Etats-Unis "ne savaient rien" de cette attaque, a assuré M. Trump.

En représailles, l'Iran s'en est pris mercredi au complexe gazier qatari de Ras Laffan, plus important site de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde. Cela a de nouveau été le cas jeudi.

La compagnie énergétique publique du Qatar, QatarEnergy, a fait état de "dommages considérables" causés à l'aube sur ce site.

Les incendies provoqués par l'attaque ont été maîtrisés en début de matinée, selon le ministère de l'Intérieur. Aucune victime n'a été signalée.

Pétrole à plus de 112 dollars 

Le Qatar est le deuxième exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL) derrière les Etats-Unis et Ras Laffan son premier site de production de GNL.

Déjà mercredi, ce site avait subi des dommages "considérables" dans une attaque attribuée à l'Iran.

Aux Emirats arabes unis, Abou Dhabi a fermé un complexe gazier après la chute de débris de missiles interceptés

Le ministère des Affaires étrangères du Qatar a déploré que ces attaques dans la région "ont franchi toutes les lignes rouges en ciblant des civils, des installations civiles et vitales".

Ce nouvel épisode dans la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne sur l'Iran a de nouveau fait grimper le prix pétrole, poussant le baril de Brent au-delà des 112 dollars.

Les craintes d'une régionalisation du conflit à tout le Moyen-Orient s'accentue, l'Arabie saoudite ayant souligné jeudi se "réserver le droit" de répliquer militairement à l'Iran, qui cible régulièrement le pays avec des drones et des missiles.

Un couloir sécurisé pour Ormuz ? 

Le blocage par l'Iran du détroit stratégique d'Ormuz, par où circule d'ordinaire 20% du pétrole et du gaz mondiaux, reste au coeur de l'attention.

C'est au sud de ce passage, dans le golfe d'Oman, qu'un navire a de nouveau été touché jeudi par un "projectile inconnu", selon l'agence maritime britannique UKMTO. Un incendie s'est déclenché à bord du bateau. Un autre navire a été touché au large de Ras Laffan, selon l'UKMTO.

Réunie en urgence à Londres, l'Organisation maritime internationale (OMI) doit demander jeudi la mise en place d'un couloir maritime sécurisé pour évacuer les bateaux bloqués dans le Golfe persique.

L'organe onusien chargé de la sécurité en mer estime que 20.000 marins patientent actuellement à bord de 3.200 bateaux près du détroit d'Ormuz.

Après la réserve fédérale américaine mercredi (Fed), la flambée des prix de l'énergie due à la guerre dominera jeudi la réunion de la Banque centrale européenne (BCE), qui redoute des conséquences sur l'inflation et la croissance.

Le président français Emmanuel Macron a appelé jeudi à un moratoire concernant "les infrastructures civiles", notamment énergétiques, après un échange avec Donald Trump et l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani.

"Les populations civiles et leurs besoins essentiels, ainsi que la sécurité des approvisionnements énergétiques, doivent être préservés de l'escalade militaire", a-t-il souligné.

En presque trois semaines, la guerre a fait plus de 2.200 morts, selon les autorités, essentiellement en Iran et au Liban, deuxième principal front de guerre, où s'affrontent le mouvement chiite pro-iranien Hezbollah et Israël.

 


Trump s'en prend aux pays de l'Otan qui ont rejeté sa demande d'aide

Donald Trump a qualifié mardi d'"erreur vraiment stupide" le refus de nombreux pays de l'Otan de porter assistance aux Etats-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran à la suite de l'attaque d'Israël et des Etats-Unis. (Reuters)
Donald Trump a qualifié mardi d'"erreur vraiment stupide" le refus de nombreux pays de l'Otan de porter assistance aux Etats-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran à la suite de l'attaque d'Israël et des Etats-Unis. (Reuters)
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  • "Nous avons aidé avec l'Ukraine et ils n'aident pas avec l'Iran, et ils reconnaissent tous que l'Iran ne doit pas avoir l'arme nucléaire", a encore dit Donald Trump. "C'est une très mauvaise chose pour l'Otan", a-t-il estimé
  • "Nous n'avons plus besoin et nous ne voulons plus de l'aide des pays de l'Otan. NOUS N'EN AVONS JAMAIS EU BESOIN," avait assuré le président américain peu auparavant sur son réseau Truth Social, en citant aussi le Japon, l'Australie et la Corée du Sud

WASHINGTON: Donald Trump a qualifié mardi d'"erreur vraiment stupide" le refus de nombreux pays de l'Otan de porter assistance aux Etats-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran à la suite de l'attaque d'Israël et des Etats-Unis.

"Je pense que l'Otan fait une erreur vraiment stupide", a-t-il déclaré à la presse depuis le Bureau ovale de la Maison Blanche, peu après avoir affirmé sur son réseau Truth Social qu'il n'avait plus besoin de leur aide pour sécuriser ce passage stratégique pour l'économie mondiale.

"J'ai longtemps dit que je me demandais si l'Otan serait jamais là pour nous. Donc ceci est, ceci était un grand test, parce que nous n'avons pas besoin d'eux mais ils auraient dû être là", a-t-il insisté.

"L'autre chose, qui est, je pense, très importante, c'est que nous n'avions pas à être là pour l'Ukraine", a ajouté le président américain, qui recevait le Premier ministre irlandais Micheal Martin à l'occasion de la Saint-Patrick.

"Nous avons aidé avec l'Ukraine et ils n'aident pas avec l'Iran, et ils reconnaissent tous que l'Iran ne doit pas avoir l'arme nucléaire", a encore dit Donald Trump. "C'est une très mauvaise chose pour l'Otan", a-t-il estimé.

"Nous n'avons plus besoin et nous ne voulons plus de l'aide des pays de l'Otan. NOUS N'EN AVONS JAMAIS EU BESOIN," avait assuré le président américain peu auparavant sur son réseau Truth Social, en citant aussi le Japon, l'Australie et la Corée du Sud, autres alliés ayant rejeté ses demandes d'assistance.

Dans le Bureau ovale, il a toutefois déclaré que les Etats-Unis "aimeraient avoir un peu d'aide" pour détecter des mines dans le détroit d'Ormuz.

Interrogé sur ses intentions concernant l'alliance de défense transatlantique, dont les Etats-Unis sont le pilier, le républicain est resté vague.

"Je n'ai rien de précis en tête", a-t-il déclaré, tout en lançant, après avoir parlé des dépenses que les Etats-Unis font pour l'Otan: "C'est certainement quelque chose à quoi nous devrions réfléchir".

Il a jugé que le Premier ministre britannique Keir Starmer avait fait une "grosse erreur" en rejetant sa demande d'aide, et a balayé l'opposition du président français Emmanuel Macron en déclarant que ce dernier quitterait bientôt ses fonctions.

 


Iran: l'armée israélienne dit avoir éliminé le général commandant la milice Bassidj

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  • "Le Premier ministre Benjamin Netanyahu ordonne l'élimination de hauts responsables du régime iranien", a annoncé par ailleurs le bureau du Premier ministre israélien, publiant une photo légendée de M. Netanyahu au téléphone
  • "Hier (lundi), l'armée de l'Air israélienne, sur la base de renseignements (militaires), a visé et éliminé Gholamréza Soleimani", indique un communiqué militaire israélien, ajoutant que ce général de brigade du corps des Gardiens de la Révolution

JERUSALEM: L'armée israélienne a déclaré mardi matin avoir éliminé dans une frappe à Téhéran le général Gholamréza Soleimani, commandant du Bassidj, milice de volontaires islamistes chargés notamment du maintien de l'ordre en Iran.

Les médias israéliens affirment également qu'Ali Larijani, l'un des plus hauts dirigeants iraniens, a été la cible d'une tentative d'élimination dans une autre frappe au cours de la nuit.

"Le Premier ministre Benjamin Netanyahu ordonne l'élimination de hauts responsables du régime iranien", a annoncé par ailleurs le bureau du Premier ministre israélien, publiant une photo légendée de M. Netanyahu au téléphone.

"Hier (lundi), l'armée de l'Air israélienne, sur la base de renseignements (militaires), a visé et éliminé Gholamréza Soleimani", indique un communiqué militaire israélien, ajoutant que ce général de brigade du corps des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, avait été tué dans "une frappe ciblée à Téhéran".

Selon Kan, la radio TV publique israélienne, Ali Larijani, chef du Conseil suprême de la sécurité nationale, "a été la cible d'une tentative d'élimination". "Les résultats de la frappe sont encore en cours d'examen", a annoncé pour sa part la chaîne N12.

"Nous ciblons des éléments des Gardiens de la Révolution et de l'appareil répressif du régime", a déclaré l'armée, citant dans un communiqué son chef d'état-major.

"Des résultats préventifs significatifs ont été enregistrés cette nuit, susceptibles d'influencer l'issue des opérations et les objectifs de l'armée israélienne", a indiqué le lieutenant-général Eyal Zamir.

Depuis l'élimination du guide suprême de la Révolution islamique, Ali Khamenei, au premier jour des frappes israélo-américaines en Iran le 28 février, M. Larijani est l'un des principaux visages du pouvoir iranien.

Avec les Gardiens de la Révolution, le Bassidj est depuis plusieurs jours la cible des frappes aériennes d'Israël. Cette milice recrute essentiellement dans la jeunesse, et agit comme une organisation idéologique insérée dans toutes les institutions et strates de la société.

Elle "fait partie de l'appareil armé du régime terroriste iranien" et a "mené les principales opérations de répression, recourant à une violence extrême, à des arrestations massives et à l'usage de la force contre des manifestants civils", a commenté l'armée israélienne.

"L'élimination de Soleimani s'ajoute à celle de dizaines de hauts commandants des forces armées du régime iranien qui ont été éliminés au cours de l'opération, et constitue un nouveau coup dur porté aux structures de commandement et de contrôle du régime en matière de sécurité", affirme l'armée.