Mali: Nouvel accroc aux opérations onusiennes dans le centre

L'insigne sur la manche d'un soldat canadien de la force MINUSMA au Mali, le 31 juillet 2018 (Photo, AFP).
L'insigne sur la manche d'un soldat canadien de la force MINUSMA au Mali, le 31 juillet 2018 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 20 mai 2022

Mali: Nouvel accroc aux opérations onusiennes dans le centre

  • La Minusma n'avait pas connu d'entrave à ses patrouilles à Djenné avant que la junte ne se tourne ces derniers mois vers la Russie
  • La France et ses alliés affirment que la junte s'est assuré les services de la société privée russe Wagner

MOPTI: L'armée malienne a empêché la mission de l'ONU au Mali de patrouiller à Djenné, dans le centre du pays, foyer de violence et d'activité jihadiste, a indiqué jeudi le porte-parole de la Minusma.

C'est le dernier accroc en date aux opérations de la Minusma. Il s'est produit à quelques semaines du débat à l'ONU sur le renouvellement du mandat de la Minusma, en juin. Les restrictions imposées à la Minusma par la junte au pouvoir s'annoncent comme un élément du débat.

Un responsable militaire malien de la région a parlé de simple report, qu'il a imputé à des activités militaires concomitantes et à la Minusma elle-même.

La Minusma n'avait pas connu d'entrave à ses patrouilles à Djenné avant que la junte ne se tourne ces derniers mois vers la Russie pour la soutenir dans le combat antijihadiste, et ne se détourne de la France et de ses alliés européens, a indiqué un responsable sécuritaire sous le couvert de l'anonymat.

La Minusma conduit régulièrement des patrouilles à Djenné ou dans d'autres localités, favorisant la tenue des marchés dans des populations rassurées par leur présence.

"Malheureusement, la patrouille qui était prévue lundi 16 mai par la Police des Nations unies nous a été refusée au motif que des opérations militaires sont en cours dans la zone", a dit à l'AFP le porte-parole de la Minusma Olivier Salgado, confirmant une information de Radio France Internationale.

Interrogé sur une éventuelle présence russe ce jour-là à Djenné, M. Salgado s'est contenté de rappeler le discours officiel des autorités. Elles disent avoir une coopération d'Etat à Etat avec la Russie et recevoir le soutien d'instructeurs de l'armée russe.

La France et ses alliés affirment que la junte s'est assuré les services de la société privée russe Wagner, aux agissements controversés. Le recours à Wagner est l'un des motifs invoqués par la France et ses alliés pour annoncer en février leur retrait militaire du Mali. Ils avaient aussi argué des "multiples obstructions" maliennes.

"Nous respectons la souveraineté du Mali, qui a la liberté de choisir ses partenaires bilatéraux", a dit M. Salgado. "Cependant, cette coopération doit nous permettre de poursuivre notre partenariat avec l'armée malienne", a-t-il ajouté.

Le colonel Karim Traoré, commandant de zone de la région militaire de Mopti où se trouve Djenné, a réfuté toute obstruction. Il a invoqué des opérations militaires en cours dans le secteur. Il a aussi argué que la Minusma avait changé entre deux demandes la nature de la mission prévue.

"La patrouille a été reportée mais la patrouille n’a pas été refusée", a-t-il dit à l'AFP. Il a ajouté que la Minusma avait depuis demandé et obtenu la permission pour une mission à Ogossagou.

L'impossibilité faite à la Minusma de patrouiller à Djenné s'ajoute à l'instauration par la junte d'une vaste zone d'exclusion aérienne dans laquelle la force onusienne ne peut voler sans en demander la permission avec un préavis compliquant ses opérations.

"Depuis le début de l’année, des restrictions nous sont parfois imposées et nous le regrettons. Pour l’essentiel, nos opérations se poursuivent de façon normale", a assuré M. Salgado.

La Minusma attend toujours la permission pour dépêcher ses experts à Moura (centre), théâtre en avril de ce que Human Rights Watch décrit comme le massacre de 300 civils par des soldats maliens associés à des combattants étrangers, peut-être russes. L'armée malienne dément et revendique l'élimination de plus de 200 jihadistes.

"Nous continuons les discussions avec les autorités maliennes" pour accéder au site, a dit M. Salgado. 


Traversées de la Manche: 39 arrestations font tomber un réseau de passeurs

Le gouvernement britannique espère pouvoir commencer à envoyer une partie des migrants illégaux sur son territoire vers le Rwanda (Photo, AFP).
Le gouvernement britannique espère pouvoir commencer à envoyer une partie des migrants illégaux sur son territoire vers le Rwanda (Photo, AFP).
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  • Il s'agit d'une grande organisation criminelle irako-kurde, structurée et de haut niveau
  • Le réseau est soupçonné d'avoir fait passer jusqu'à 10 000 migrants originaires du Moyen-Orient et d'Afrique de l'Est au cours des 12 à 18 derniers mois

LA HAYE: Un important réseau d'immigration clandestine, organisant des traversées de la Manche par bateaux, a été démantelé lors de la plus grande opération internationale de la sorte menant à 39 arrestations, a-t-on appris mercredi lors d'une conférence de presse à Eurojust.

Il s'agit d'une grande organisation criminelle irako-kurde, structurée et de haut niveau, qui avait la mainmise sur le passage de migrants de la France vers le Royaume-Uni par la traversée de la Manche, selon les enquêteurs.

Le réseau est soupçonné d'avoir fait passer jusqu'à 10.000 migrants originaires du Moyen-Orient et d'Afrique de l'Est de la France vers le Royaume-Uni au cours des 12 à 18 derniers mois avec de petites embarcations pneumatiques.

"Il s'agit de la plus grande opération internationale jamais menée contre les passeurs de petits bateaux", a déclaré Jean-Philippe Decouffe, directeur exécutif d'Europol, lors d'une conférence de presse à Eurojust.

Les 39 arrestations ont été effectuées lors d'une opération internationale menée conjointement par la France, l'Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, coordonnée par Europol et Eurojust, toutes deux basées à La Haye.

Au cours de plus de 50 perquisitions, 1.200 gilets de sauvetages, près de 150 bateaux pneumatiques et 50 moteurs ont été saisis, tout comme plusieurs milliers d'euros en liquidités, des armes et de la drogue, ont précisé les agences.

Ces chiffres sont provisoires puisque des perquisitions sont encore en cours.

Les suspects facturaient en moyenne 2.500 à 3.500 euros par migrant, selon la nationalité, générant pas moins de 15 millions d'euros de chiffre d'affaires, selon les estimations d'Europol.

"L'organisation supervisait l'acheminement de personnes de toutes nationalités vers les plages et les traversées maritimes proprement dites", a déclaré lors de cette même conférence de presse Carole Etienne, procureure du tribunal de Lille, dans le nord de la France.

"L'opération a permis pour la première fois en France d'identifier" des "donneurs d'ordres" au sein des réseaux, a-t-elle soulevé.

Plusieurs cadres, des passeurs, des acteurs locaux et la tête du réseau, un homme de 26 ans d'origine irako-kurde, ont été mis en examen et placés en détention provisoire.

La tête du réseau "avait un rôle clé dans l'organisation et la logistique, il était très important", a souligné Matt Rivers, directeur régional des investigations de l'Agence nationale contre le crime (NCA) au Royaume-Uni, où l'homme a été arrêté.

En 2021, l'utilisation de petits bateaux est devenue le principal moyen de trafic de migrants de l'UE vers le Royaume-Uni, dépassant le trafic dans des camions, a indiqué Europol.

Près de 50.000 migrants en situation irrégulière ont tenté l'année dernière de traverser la Manche dans de petites embarcations, soit trois fois plus que l'année précédente.

Au cours des six premiers mois de 2022, plus de 11.500 migrants en situation irrégulière ont atteint le Royaume-Uni, générant près de 30 millions d'euros de chiffre d'affaires pour les organisations criminelles actives dans cette zone.


Suède: Un mort dans une attaque au couteau lors d'un événement politique

Un véhicule de police dans le nord-ouest de Stockholm (Photo, AFP).
Un véhicule de police dans le nord-ouest de Stockholm (Photo, AFP).
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  • Une femme d'une soixantaine d'années a été tuée dans une attaque au couteau en plein jour sur l'île de Gotland
  • La police a aussi indiqué qu'elle ne pensait pas que les événements étaient liés à la semaine d'Almedalen

STOCKHOLM: La police suédoise a annoncé mercredi qu'une femme d'une soixantaine d'années avait été tuée dans une attaque au couteau en plein jour sur l'île de Gotland, où les principaux responsables politiques du pays sont réunis pour un événement annuel.

"Malheureusement, je peux vous annoncer qu'une femme a succombé à ses blessures", a déclaré Fredrik Persson, chef de la police de Gotland, lors d'une conférence de presse où il a été précisé que l'agression s'est produite peu avant 14H00 (12H00 GMT) à Visby, la seule ville de l'île.

Il a annoncé qu'un homme de 33 ans avait été arrêté peu après les faits et qu'il était soupçonné de meurtre.

"Une enquête approfondie est en cours. Il s'agit notamment d'établir le mobile et les antécédents de la personne arrêtée", a poursuivi le chef de la police.

Il a ajouté que les enquêteurs se penchaient sur une série de questions "puisque cela s'est produit dans un lieu très public, où il y avait beaucoup de monde dans le centre de Visby en milieu de journée".La police n'a pas souhaité s'exprimer sur le mobile, bien que M. Persson ait admis qu'un motif politique ne pouvait être exclu à ce stade précoce de l'enquête.

La police a aussi indiqué qu'elle ne pensait pas que les événements étaient liés à la semaine d'Almedalen, un événement annuel rassemblant l'élite suédoise et où les partis politiques présentent souvent leur nouvelle politique et lancent leurs campagnes.

Le journal Expressen a rapporté que le suspect aurait des liens avec le groupe néo-nazi NMR, ce que la police n'a pas voulu le confirmer.


Otan: La Suède condamne l'action de députés posant avec le drapeau du PKK

Les trente pays membres de l'Otan lancent le processus d'adhésion de la Suède et de la Finlande (Photo, AFP).
Les trente pays membres de l'Otan lancent le processus d'adhésion de la Suède et de la Finlande (Photo, AFP).
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  • La Suède et la Finlande ont signé un accord avec la Turquie qui a levé dans l'immédiat le veto d'Ankara à l'entrée des deux pays dans l'Otan
  • La Suède et la Finlande s'engagent également à étudier promptement et minutieusement des demandes d'extradition turques

STOCKHOLM: La Première ministre suédoise a déploré mercredi l'action de députés d'un parti de gauche ayant posé avec le drapeau du PKK kurde, au moment où Stockholm s'efforce d'amadouer la Turquie pour entrer dans l'Otan.

"Le PKK est sur la liste des organisations terroristes, pas seulement en Suède mais ausis dans l'UE, et poser avec ce genre de drapeaux est extrêmement déplacé", a affirmé Magdalena Andersson dans une interview à l'agence TT.

La Suède et la Finlande ont signé un accord mardi dernier avec la Turquie qui a levé dans l'immédiat le veto d'Ankara à l'entrée des deux pays nordiques dans l'alliance.

Le texte confirme que Stockholm et Helsinki considèrent le PKK comme une organisation terroriste et que les deux capitales s'engagent à ne pas soutenir divers groupes honnis par Ankara, dont le mouvement armé kurde YPG en Syrie.

La Suède et la Finlande s'engagent également à étudier "promptement et minutieusement" des demandes d'extradition turques.

L'accord a suscité des inquiétudes dans l'importante communauté kurde de Suède et des critiques au sein de partis de gauche suédois, qui accusent le gouvernement d'avoir trop cédé au président turc Recep Tayyip Erdogan.

L'action de plusieurs parlementaires du parti de gauche a eu lieu mardi lors d'une semaine d'universités d'été des partis politiques suédois sur l'île du Gotland, où on les voit poser avec des drapeaux du PKK, mais aussi des YPG et du mouvement armé de femmes kurdes YPJ.

La députée Lorena Delgado Varas, l'une de ceux qui a posé avec les drapeaux, a déploré l'hypocrisie de Stockholm vis-à-vis des groupes kurdes en Syrie qui ont combattu l'organisation jihadiste de l'Etat islamique.

"Maintenant ils font volte-face, pour se rapprocher du dictateur Erdogan. Tout ça pour joindre l'Otan", a-t-elle écrit sur Twitter.

Hostile à l'adhésion à l'Otan, le parti de Gauche (ex-communiste) est un appui parlementaire de Magdalena Andersson, sans faire partie du gouvernement.

Si la Turquie a donné son feu vert à la première phase de la candidature d'adhésion de la Suède et de la Finlande, le Parlement turc doit encore ratifier cette entrée.

Ankara a prévenu que cette ratification serait conditionnée au respect des engagements pris par Stockholm et Helsinki.

Le président Erdogan avait affirmé la semaine dernière que la Suède avait "promis" d'extrader 73 "terroristes" vivant sur son sol et voulus par Ankara, même si aucun engagement de cette sorte ne figure dans l'accord signé en marge du sommet de l'Otan à Madrid.