Le Taj Mahal, joyau architectural de l'Inde, dans le viseur des fanatiques hindous

Les touristes visitent le Taj Mahal à Agra le 19 mai 2022 (Photo, AFP).
Les touristes visitent le Taj Mahal à Agra le 19 mai 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 20 mai 2022

Le Taj Mahal, joyau architectural de l'Inde, dans le viseur des fanatiques hindous

  • Trente ans après la destruction par des fanatiques hindous d'une mosquée séculaire à Ayodhya, les suprémacistes ciblent d'autres sites musulmans dont le Taj Mahal
  • La semaine dernière, selon des informations de presse, des fouilles ordonnées par un tribunal ont été conduites sur le site de la mosquée

NEW DELHI: Trente ans après la destruction par des fanatiques hindous d'une mosquée séculaire à Ayodhya, qui avait engendré des émeutes interconfessionnelles sanglantes, les suprémacistes ciblent d'autres sites musulmans dont le Taj Mahal, joyau architectural et symbole de l'Inde aux yeux du monde.

Actuellement dans le collimateur des partisans de l'Hindutva (suprématie hindoue), la mosquée Gyanvapi, érigée au XVIIe siècle dans l'antique cité de Varanasi (ancienne Bénarès ou Kashi), dans l'Etat de l'Uttar Pradesh (nord), est la plus menacée. 

La semaine dernière, selon des informations de presse, des fouilles ordonnées par un tribunal ont été conduites sur le site de la mosquée, et auraient mis au jour un "shiva linga", objet de forme phallique, "signe" du dieu Shiva pour ses adorateurs.

"Cela signifie que c'est le site d'un temple", a aussitôt conclu devant la presse Kaushal Kishore, un ministre de l'Etat issu du BJP, le parti nationaliste hindou du Premier ministre Narendra Modi. Les hindous devraient pouvoir y prier, a-t-il ajouté.

Emeutes sanglantes

Les musulmans ont déjà interdiction de pratiquer leurs ablutions rituelles habituelles là où la prétendue relique a été trouvée.

Ils craignent que ce lieu de culte islamique ne subisse le même sort que la mosquée Babri Masjid d'Ayodhya (Uttar Pradesh), bâtie au XVIe siècle.

Après la destruction de la mosquée en 1992, des émeutes interconfessionnelles, parmi les pires de l'histoire de l'Inde indépendante, avaient éclaté, et plus de 2.000 personnes, musulmanes pour la plupart, avaient péri. 

Ces événements ont ébranlé les fondements laïques du pays et imposé le nationalisme hindou en force politique dominante, ouvrant la voie à l'élection de M. Modi en 2014 à la tête du pays, où vivent 200 millions de musulmans.

Depuis les années 1980, le BJP a soutenu avec grand zèle la construction d'un temple dédié au dieu Râma, avatar de Vishnou, sur le site même de la mosquée. M. Modi en a posé la première pierre en 2020. 

Des extrémistes hindous se sont depuis tournés vers le Taj Mahal, bâti par les Moghols, qui ont régné sur une grande partie du sous-continent indien du XVIe au XIe siècle, et classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Ils s'agitent pour obtenir le droit d'y prier, arguant que le monument a été édifié sur le site d'un ancien sanctuaire dédié à Shiva. 

Selon Sanjay Jat, porte-parole de l'Hindu Mahasabha, organisation radicale hindoue, le Taj Mahal a été construit à Agra (Uttar Pradesh) sur un temple dédié à Shiva "détruit par les envahisseurs moghols".

Le mausolée -- érigé entre 1631 et 1648 à l'initiative de l'empereur moghol Shah Jahan pour perpétuer le souvenir de sa défunte épouse Mumtaz Mahal -- est devenu le symbole universel de l'amour éternel, et la principale attraction touristique du pays, et des millions de visiteurs s'y pressent chaque année. 

«Nous détruirons le Taj»

Que le Taj Mahal symbolise l'Inde aux yeux du monde entier a toujours enragé les suprémacistes hindous. Mais aujourd'hui ce ressentiment s'exprime au point d'en menacer ouvertement l'intégrité.

"Je continuerai à me battre pour cela jusqu'à ma mort. Nous respectons les tribunaux, mais si nécessaire, nous détruirons le Taj et prouverons l'existence d'un temple à cet endroit", affirme à l'AFP M. Jat, admettant de fait que la revendication n'est pas fondée. 

Ce mois-ci, une requête d'un membre BJP a été déposée dans l'Uttar Pradesh afin de contraindre l'Agence archéologique indienne (ASI) à ouvrir vingt pièces du Taj qui, soi-disant, recèleraient des idoles hindoues. L'ASI a démenti l'existence de telles objets et le tribunal a sommairement rejeté la demande. 

Audrey Truschke, professeure agrégée d'histoire de l'Asie du Sud à l'Université Rutgers (Etats-Unis), juge ces revendications "à peu près aussi raisonnables que de dire que la Terre est plate". 

Aucune "théorie cohérente" sur le Taj Mahal n'est avancée, déclare à l'AFP l'experte, qui y voit plutôt l'expression d'"une fierté nationaliste furieuse et fragile qui ne permet à rien de non hindou d'être Indien et exige d'effacer l'apport musulman dans l'héritage indien".

Jeudi, un tribunal a accepté d'examiner l'une des nombreuses requêtes visant à détruire la mosquée Shahi Idgah à Mathura (Uttar Pradesh), où la police est depuis en état d'alerte.

Elle a été érigée par l'empereur moghol Aurangzeb après avoir conquis la ville et détruit ses temples en 1670, à côté un temple bâti ultérieurement sur le lieu de naissance du dieu Krishna, selon les hindous.

Ces revendications résultent d'une connaissance "très sommaire" de l'histoire indienne, explique l'historienne Rana Safvi, doublée d'un "sentiment de victimisation" alimenté par le flot de désinformation qui circule sur les réseaux sociaux. 


Le 12e Festival du film saoudien reporté à juin

Initialement prévu du 23 au 29 avril, le 12ᵉ Festival du film saoudien se tiendra désormais du 25 juin au 1er juillet. (Fournie)
Initialement prévu du 23 au 29 avril, le 12ᵉ Festival du film saoudien se tiendra désormais du 25 juin au 1er juillet. (Fournie)
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  • Le 12ᵉ Festival du film saoudien se tiendra du 25 juin au 1er juillet à Dhahran, avec pour thème « Cinéma du Voyage »
  • L’événement inclura des compétitions, projections, focus sur le cinéma coréen et programmes de développement pour les cinéastes

DHAHRAN : Initialement prévu du 23 au 29 avril, le 12ᵉ Festival du film saoudien se déroulera désormais du 25 juin au 1er juillet.

Organisé par l’Association du Cinéma en partenariat avec le Centre Roi Abdulaziz pour la Culture Mondiale (Ithra) et soutenu par la Commission Saoudienne du Film, le siège d’Ithra à Dhahran accueillera à nouveau l’événement.

Le festival de cette année explore le thème du « Cinéma du Voyage », présentant une sélection soignée de films arabes et internationaux — courts et longs métrages — qui mettent en avant le voyage et le mouvement comme éléments essentiels de la narration.

Comme lors des éditions précédentes mettant en lumière le cinéma non saoudien, le festival proposera un « Focus sur le Cinéma Coréen ».

À cette occasion, Ahmed Al-Mulla, fondateur et directeur du Festival du film saoudien, a déclaré : « Le festival de cette année crée une atmosphère riche en inspiration, en échanges d’idées et en apprentissages partagés. C’est une célébration de la créativité cinématographique pour tous. »

Tariq Al-Khawaji, directeur adjoint du Festival, a ajouté : « À Ithra, nous sommes fiers de notre partenariat de longue date avec l’Association du Cinéma. Cela a permis la croissance et la diversité thématique du festival année après année, ce que nous voyons clairement dans la manière dont nous soutenons les cinéastes et créons des opportunités d’engagement avec le cinéma mondial. »

Depuis son lancement en 2008, le Festival du film saoudien est un moteur clé du cinéma saoudien et du Golfe et constitue le plus ancien festival de cinéma du Royaume. Après plusieurs interruptions, il est désormais devenu un événement annuel.

Le festival réunit des compétitions de films de fiction et documentaires, des programmes de développement professionnel, un marché de production et des concours de projets. Et, bien sûr, de nombreuses projections sur les écrans d’Ithra, avec de nombreuses stars foulant le tapis rouge et des producteurs de films en quête de talents. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com
 


Liban: 39 sites culturels placés sous protection renforcée de l'Unesco en raison de la guerre

Un homme inspecte les destructions sur le site d'une frappe aérienne israélienne ayant visé Baalbek, dans la vallée de la Bekaa à l'est du Liban, avec le temple romain de la cité antique en arrière-plan, le 7 novembre 2024, dans le cadre de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
Un homme inspecte les destructions sur le site d'une frappe aérienne israélienne ayant visé Baalbek, dans la vallée de la Bekaa à l'est du Liban, avec le temple romain de la cité antique en arrière-plan, le 7 novembre 2024, dans le cadre de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
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  • L’UNESCO place 39 sites culturels au Liban sous protection renforcée face aux risques liés au conflit
  • Des sites majeurs comme Baalbeck, Tyr et Byblos bénéficieront d’un soutien technique et financier

PARIS: L'Unesco a placé mercredi sous protection renforcée 39 sites culturels au Liban par crainte de dégâts causés par les bombardements auxquels fait face le pays après un mois de guerre.

"Ces 39 biens culturels bénéficient désormais du niveau de protection juridique le plus élevé contre les attaques et les usages à des fins militaires", écrit l'Unesco dans un communiqué.

Parmi ces biens figurent les sites archéologiques de Baalbeck et de Tyr, le musée national de Beyrouth ou encore le site de Byblos.

La convention de la Haye de 1954 oblige à préserver les biens culturels en cas de conflit armé.

Les 39 sites "recevront une assistance technique et financière de l'Unesco pour renforcer leur protection juridique, améliorer les mesures d'anticipation et de gestion des risques ainsi que fournir une formation supplémentaire aux professionnels de la culture et au personnel militaire de la zone", détaille l'Unesco.

"La protection renforcée permet également d'envoyer un signal à l'ensemble de la communauté internationale quant à l'urgence de protéger ces sites", ajoute l'organisation qui explique avoir convoqué mercredi une "réunion extraordinaire (...) à la suite d'une demande" du Liban.

Ces sites bénéficieront également d'une "aide financière internationale de plus de 100.000 dollars américains pour les opérations d'urgence sur le terrain", ajoute l'Unesco.

Située à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec Israël, Tyr, ville inscrite sur la liste du patrimoine mondial en 1984, a été la cible de plusieurs frappes israéliennes depuis le début de la guerre avec le Hezbollah pro-iranien le 2 mars.

Encore en construction, un musée sur le site a subi quelques dommages. Mais ni la nécropole des IIe et IIIe siècles ni l'arc de triomphe monumental, les aqueducs ou encore l'hippodrome qui s'élèvent sur le site, n'ont été atteints.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran, "d'autres biens dans des pays voisins" ont subi des dégâts, écrit l'Unesco, sans détails.


Découverte : Blossom Space à Djeddah

(Photo: Arab News)
(Photo: Arab News)
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  • Blossom Space excelle dans les articles de papeterie, proposant carnets, encres et autres objets soigneusement sélectionnés

DJEDDAH : À Djeddah, Blossom Space combine charme, convivialité et créativité dans un seul et magnifique lieu. Dès que vous franchissez la porte, on a l’impression d’entrer dans les pages d’un livre d’histoires — un monde doux et rêveur, à mi-chemin entre une bibliothèque confortable et une boutique-cadeaux fantaisiste.

Le personnel est exceptionnellement gentil et accueillant, ajoutant une touche personnelle qui élève toute l’expérience.

L’extérieur est déjà séduisant, avec une façade en verre élégante et une enseigne lumineuse qui suggèrent un espace moderne et légèrement haut de gamme — discret mais intrigant, plutôt « trésor caché » qu’une boutique clinquante.

Une fois à l’intérieur, l’atmosphère se transforme en chaleur et charme. Des étagères en bois et un éclairage doux créent une ambiance apaisante, rappelant un coin lecture tranquille.

Les détails décoratifs — mini-carrousels, accents vintage, papeterie délicate — évoquent un sentiment nostalgique, presque de livre d’histoires. Les plantes suspendues apportent vie et fraîcheur, tandis que les présentoirs pastel offrent un rendu visuel plaisant, féminin et digne d’un tableau Pinterest.

Blossom Space brille dans la papeterie, proposant carnets, encres et autres objets soigneusement sélectionnés. Pour ceux qui cherchent une expérience plus interactive, l’espace coloriage à l’étage est parfait pour se détendre et se ressourcer, offrant une échappée thérapeutique pour adultes et enfants.

Les activités de coloriage coûtent SR35 (9 $), et les expériences de décoration à la main SR65.

J’y suis allé deux fois. La première visite était agréable, même si certaines peintures étaient sèches et le café gratuit pouvait être meilleur. La deuxième fois, je suis venu avec un ami mais je ne voulais pas peindre, et on m’a demandé de payer l’entrée. Je comprends la politique, mais cela a été un peu décevant, surtout que l’endroit était vide.

Que vous soyez amateur de livres, passionné de papeterie ou simplement en quête d’une sortie différente et mémorable, Blossom Space ne déçoit pas.

Organisé, propre et débordant de charme, j’y retournerai sans hésiter. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com