La Russie suspend les livraisons de gaz à la Finlande, qui veut adhérer à l'Otan

L'approvisionnement en gaz naturel de la Finlande par la Russie a été interrompu samedi (Photo, AFP).
L'approvisionnement en gaz naturel de la Finlande par la Russie a été interrompu samedi (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 21 mai 2022

La Russie suspend les livraisons de gaz à la Finlande, qui veut adhérer à l'Otan

  • Fin avril, le géant russe avait déjà suspendu ses livraisons de gaz à la Bulgarie et la Pologne en expliquant que ces deux pays de l'UE n'avaient pas effectué de paiement en roubles
  • L'Union européenne avait qualifié cette mesure de «chantage»

MOSCOU: La Russie a cessé samedi de fournir du gaz naturel à la Finlande voisine, qui a refusé de payer le fournisseur Gazprom en roubles et provoqué sa colère en demandant à adhérer à l'Otan.

N'ayant pas reçu de paiement en roubles de la compagnie énergétique publique finlandaise Gasum à la date butoir du 20 mai, Gazprom a "complètement arrêté ses livraisons de gaz", a expliqué le géant russe de l'énergie dans un communiqué.

Après le début de l'opération militaire russe en Ukraine le 24 février et l'imposition de sanctions occidentales, le président russe Vladimir Poutine avait réclamé le 31 mars aux acheteurs de gaz russe de pays "inamicaux" de payer en roubles depuis des comptes en Russie sous peine d'être privés d'approvisionnements.

La liste des "pays inamicaux", publiée début mars, comprend notamment les Etats-Unis, les membres de l'Union européenne, le Royaume-Uni, le Canada, le Japon, la Suisse, Taïwan, la Corée du Sud, la Norvège et l'Australie.

Les Etats de l'UE sont les principaux consommateurs de gaz russe.

"A compter du 1er avril, les paiements pour le gaz doivent être effectués en roubles en utilisant de nouvelles coordonnées bancaires, ce dont les partenaires ont été informés en temps voulu", a justifié Gazprom.

Fin avril, le géant russe avait déjà suspendu ses livraisons de gaz à la Bulgarie et la Pologne en expliquant que ces deux pays de l'UE n'avaient pas effectué de paiement en roubles. L'Union européenne avait qualifié cette mesure de "chantage".

«Pas de coupure»

Gazprom indique avoir fourni 1,49 milliard de mètres cube de gaz naturel à la Finlande en 2021, soit les deux tiers de la consommation du pays nordique.

Le gaz naturel ne représente toutefois que 8% de l'énergie consommée en Finlande.

La compagnie finlandaise Gasum a expliqué qu'elle comblerait le manque à partir d'autres sources par le biais du gazoduc Balticconnector, qui relie la Finlande à l'Estonie.

"Il est très regrettable que la livraison contractuelle en gaz naturel soit suspendue. Nous avons cependant veillé soigneusement à nous préparer à cette situation", avait indiqué le directeur général de Gasum, Mika Wiljanen, dans un communiqué publié vendredi soir annonçant la mesure russe imminente. 

"Il n'y aura pas de coupures dans le réseau de distribution de gaz", avait-il assuré.

Gasum, qui rejette l'exigence d'un paiement en roubles, a annoncé mardi qu'il demandait un arbitrage en justice.

Gazprom Export s'est dit prêt à défendre ses intérêts devant les tribunaux par tous les "moyens disponibles". 

Interrogé vendredi par la presse, le porte-parole de la présidence russe Dmitri Peskov a jugé "évident que personne ne va livrer quoi que ce soit gratuitement".

La Finlande a déjà dévoilé des plans pour se passer de gaz russe l'hiver prochain en annonçant notamment la location sur dix ans, conjointement avec l'Estonie voisine, d'un terminal flottant de regazéification du gaz naturel liquéfié (GNL).

«Grave erreur»

La semaine passée, la Russie avait déjà suspendu les livraisons d'électricité à la Finlande après que son entreprise énergétique RAO Nordic ait réclamé à Helsinki des arriérés de paiement.

Interrogé par l'AFP, l'opérateur du réseau électrique finlandais Fingrid avait assuré pouvoir se passer du courant russe, qui représente environ 10% de l'électricité consommée dans le pays.

La Finlande, qui partage quelque 1 300 km de frontières avec la Russie, et la Suède voisine ont soumis mercredi une demande d'adhésion à l'Otan, alors que durant des décennies, notamment pendant toute la Guerre Froide, les deux pays avaient fait le choix du non-alignement.

Ce revirement est le résultat de l'offensive russe en Ukraine, Moscou étant perçue comme une menace.

La Russie a dit avoir lancé son assaut contre l'Ukraine à la fois pour y empêcher un prétendu génocide de populations russophones et l'expansion de l'Otan, que Moscou considère comme une menace existentielle.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov a estimé que les candidatures suédoise et finlandaise constituaient "une grave erreur" dont "les conséquences auront une portée considérable".

En réaction, Moscou a déjà annoncé qu'elle allait créer douze nouvelles bases militaires dans l'ouest du pays.


Choose France: le groupe américain Ecolab investit 100 millions d'euros

Une employée travaille au centre de recherche et développement du groupe américain de technologies de l’eau, de l’hygiène et de l’énergie Ecolab, à Sainghin-en-Mélantois, dans le nord de la France, le 11 septembre 2020. (AFP)
Une employée travaille au centre de recherche et développement du groupe américain de technologies de l’eau, de l’hygiène et de l’énergie Ecolab, à Sainghin-en-Mélantois, dans le nord de la France, le 11 septembre 2020. (AFP)
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  • Le groupe américain Ecolab investira 100 M€ en France dans le cadre de Choose France, pour soutenir la décarbonation industrielle et l’électrification
  • Les fonds seront répartis entre les projets GravitHy (fer décarboné) et HoloSolis (panneaux solaires), avec à la clé environ 2.500 emplois

MARSEILLE: Le spécialiste américain du traitement de l'eau Ecolab va investir 100 millions d'euros sur deux sites en France, près de Marseille et en Moselle, a annoncé samedi le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre.

L'annonce se fait dans le cadre des journées de l'investissement Choose France, avant un sommet prévu lundi à Versailles.

"Je suis très heureux de vous annoncer qu'Ecolab confirme son engagement en faveur de la croissance durable de l'économie française avec un investissement de 100 millions d'euros", a déclaré à La Provence le ministre.

"Ces investissements soutiennent la décarbonation industrielle et l'électrification, le développement économique régional et la création d'environ 2.500 emplois qualifiés", a-t-il ajouté.

La somme se répartit entre deux sites industriels.

Le premier est celui où s'implante, à Fos-sur-Mer, l'usine de fer GravitHy, qui réunit, en plus d'Ecolab, le géant des métaux anglo-australien Rio Tinto, le fonds Japan Hydrogen Fund, l'allemand Siemens et le français Engie.

Le premier, GravitHy, promet un fer "décarboné", c'est-à-dire produit sans énergie fossile, à partir d'hydrogène vert. La construction de l'usine doit commencer en 2027, pour un démarrage de la production en 2030.

Le second est une usine de cellules et modules photovoltaïques, HoloSolis, à Hambach (Moselle) près de Sarreguemines. Appartenant au néerlandais InnoEnergy, elle doit être la plus grande d'Europe lorsqu'elle démarrera en 2027.


Al-Nassr entre dans le top 10 mondial des clubs en termes de ventes de maillots

Cristiano Ronaldo fête sa première victoire dans la Saudi Pro League avec Al-Nassr. (X/@AlNassrFC_FR)
Cristiano Ronaldo fête sa première victoire dans la Saudi Pro League avec Al-Nassr. (X/@AlNassrFC_FR)
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  • Une étude souligne l'influence de Cristiano Ronaldo sur les marchés commerciaux
  • Les nouveaux champions saoudiens ont vendu plus de 1,2 million de maillots au cours de la saison 2025-26

RIYAD: Al-Nassr s'est assuré une place parmi les 10 clubs de football les plus vendus au monde en termes de ventes de maillots, ayant vendu plus de 1,2 million de maillots dans le monde entier au cours de la saison actuelle, au cours de laquelle il a remporté le titre de Roshn Saudi League, selon une étude menée par Euromericas Sport Marketing.

L'étude attribue l'ascension du club à l'influence de Cristiano Ronaldo, dont les millions d'adeptes sur les médias sociaux ont contribué à transformer le maillot d'Al-Nassr en une icône marketing mondiale qui s'est étendue au-delà du Moyen-Orient, attirant des milliers de fans et de collectionneurs à travers les Amériques, l'Asie et l'Australie.

Les données publiées par Euromericas Sport Marketing montrent une nette avance pour le Real Madrid d'Espagne, qui a pris la tête du classement mondial avec des ventes dépassant les 3,13 millions de maillots, grâce au pouvoir des stars française Kylian Mbappé et brésilienne Vinicius Junior.

Euromericas Sport Marketing fait partie des agences et des sociétés de conseil spécialisées dans le marketing et la recherche dans le domaine du sport, se classant parmi les cinq premières sociétés dans ce domaine et étant la première de son genre en Amérique latine.

La deuxième place revient au FC Barcelone, avec des ventes atteignant 2,94 millions de maillots, tandis que le Paris Saint-Germain se classe troisième avec 2,54 millions de maillots vendus à la suite de la victoire en Ligue des champions de l'UEFA.

Le Bayern Munich (Allemagne) s'est classé quatrième avec 2,3 millions de maillots vendus, suivi de l'Inter Miami (États-Unis) avec 2,1 millions, du Boca Juniors (Argentine) avec 1,9 million, du Manchester United (Angleterre) avec 1,85 million, du CR Flamengo (Brésil) avec 1,6 million, et du Chelsea (Angleterre) à la neuvième place avec 1,4 million de maillots vendus.

Al-Nassr s'est classé 10e au niveau mondial et 4e parmi les clubs non européens, devenant ainsi le seul club arabe et asiatique à figurer dans le prestigieux classement international, dépassant des géants du football européen établis de longue date.

La liste met également en lumière un phénomène marketing similaire à celui d'Al-Nasser, à savoir la remarquable ascension de l'Inter Miami, qui s'est hissé à la cinquième place mondiale avec 2,16 millions de maillots vendus, grâce à la présence de la star argentine Lionel Messi.

En revanche, les clubs de football historiques italiens sont absents du top 10, ce que le rapport décrit comme une indication du fossé commercial et marketing qui se creuse entre la ligue italienne et les ligues émergentes menées par la ligue saoudienne, qui sont de plus en plus en concurrence pour obtenir des parts importantes dans l'industrie mondiale du sport.


Bercy missionne quatre économistes pour plancher sur les finances publiques

Le ministre français du Budget et des Comptes publics, Laurent Saint-Martin, tient une conférence de presse à l'occasion d'un séminaire interministériel sur la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, au ministère de l'Économie et des Finances (Bercy), à Paris, le 7 octobre 2024.
Le ministre français du Budget et des Comptes publics, Laurent Saint-Martin, tient une conférence de presse à l'occasion d'un séminaire interministériel sur la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, au ministère de l'Économie et des Finances (Bercy), à Paris, le 7 octobre 2024.
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  • "On voit bien la tentation qu'il va y avoir, celle de faire l'autruche devant l'ampleur des efforts budgétaires qui sont devant nous", a déclaré le ministre des Comptes publics David Amiel sur France 5
  • Dans la lettre de mission adressée aux économistes, les ministres soulignent qu'"il apparaît essentiel de disposer d'une analyse prospective des enjeux de finances publiques"

PARIS: Les ministres de l'Economie et des Comptes publics ont confié une mission à quatre économistes pour analyser les enjeux des finances publiques à l'horizon 2030 et plancher sur des scénarios de redressement dès 2027, a annoncé Bercy mardi.

Les économistes Xavier Ragot, Jean-Luc Tavernier, Xavier Jaravel et Natacha Valla mèneront ces travaux avec l'appui de l'Inspection générale des finances (IGF). Les conclusions de leur mission indépendante sont attendues en juillet, a précisé le ministère.

"On voit bien la tentation qu'il va y avoir, celle de faire l'autruche devant l'ampleur des efforts budgétaires qui sont devant nous", a déclaré le ministre des Comptes publics David Amiel sur France 5.

"C'est la raison pour laquelle, parce qu'on ne peut pas se permettre d'aller en somnambules d'abord vers le débat budgétaire pour 2027, ensuite vers l'élection présidentielle, que j'ai décidé, avec mon collègue Roland Lescure, de faire une opération de transparence inédite en confiant à quatre économistes indépendants le soin de faire un état des lieux", a-t-il ajouté.

Dans la lettre de mission adressée aux économistes, les ministres soulignent qu'"il apparaît essentiel de disposer d'une analyse prospective des enjeux de finances publiques".

"Vous vous attacherez à construire l'évolution probable des finances publiques entre 2027 et 2030" et à élaborer "différents scénarios de redressement des finances publiques en 2027, dont des cibles souhaitables de déficit pour 2027", poursuivent-ils.

Ils précisent que ces travaux participeront "au cadrage des réflexions relatives à la construction du projet de loi de finances pour 2027".

Selon Bercy, "cet exercice inédit permet de poser les bases du débat parlementaire avec des données objectives en amont du début de la discussion".

Xavier Ragot est président de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), Natacha Valla doyenne de l'École du management de Sciences Po, Xavier Jaravel président délégué du Conseil d'Analyse Économique (CAE), et Jean-Luc Tavernier inspecteur général des finances et ex-directeur général de l'Insee (de 2012 à 2025).

Le gouvernement, qui travaille à la préparation du projet de loi de finances pour 2027, souhaite éviter les difficiles négociations de l'an dernier. Il a aussi a chargé l'IGF de plancher sur les conséquences économiques d'une reconduction l'an prochain du budget actuel par une loi spéciale.

Le gouvernement vise un déficit public à 5% du PIB cette année, après 5,1% en 2025. Il s'est engagé à faire passer le déficit sous la barre des 3% en 2029, comme demandé par Bruxelles.