France: 110 entreprises aéronautiques et automobiles ont profité du plan de soutien

La ministre déléguée chargée de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher, lors d'une séance au gouvernement à l'Assemblée nationale à Paris, le 22 septembre 2020 (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 21 octobre 2020

France: 110 entreprises aéronautiques et automobiles ont profité du plan de soutien

  • « On avance très vite sur la réalisation des dossiers », a affirmé la ministre déléguée chargée de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher
  • Parmi les 110 projets soutenus financièrement par le gouvernement, la ministre a cité notamment le soutien à la numérisation au sein de l'entreprise vendéenne Sepro

PARIS : Le gouvernement soutient déjà 110 entreprises des secteurs de l'aéronautique et de l'automobile dans le cadre de son plan de soutien aux deux filières qui a vu 1.500 entreprises déposer un dossier, a affirmé mardi la ministre déléguée chargée de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher.

Ces entreprises sélectionnées vont réaliser 190 millions d'euros d'investissements et « seront accompagnées par nos soins à hauteur d'un peu moins de 90 millions d'euros », a affirmé la ministre sur les ondes de BFM Business.

« On avance très vite sur la réalisation des dossiers », s'est-elle félicitée, notant que pour l'ensemble des dispositifs mis en place dans le secteur industriel, « le compteur général » selon Mme Pannier-Runacher, plus de 3.000 entreprises se sont déjà signalées.

Très affectés par les conséquences économiques dévastatrices de la pandémie de Covid-19 à travers le monde, ces deux secteurs ont bénéficié fin mai et début juin de l'annonce du déblocage de fonds de modernisation dotés d'un total de 300 millions d'euros en 2020.

Parmi les 110 projets soutenus financièrement par le gouvernement, la ministre a cité notamment le soutien à la numérisation au sein de l'entreprise vendéenne Sepro, un fabricant de robots principalement à destination du secteur automobile.

Plus généralement il s'agit « d'entreprises qui fabriquent des robots, qu'on va +digitaliser+, des entreprises qui vont pouvoir gagner des marchés parce qu'elles vont avoir une offre différente grâce aux équipements et aux logiciels que nous allons contribuer à leur faire acheter », a-t-elle noté.


La banque centrale du Yémen ferme des bureaux de change liés au krach

L’image de clients est réfléchie dans une fenêtre pendant qu’une caissière travaille à la banque centrale dirigée par le gouvernement reconnu par l’ONU à Aden, au Yémen. (Archives, AFP).
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  • Des négociants en devises locales ont affirmé à Arab News être témoins d’une demande croissante du dollar américain et de riyal saoudien de la part des commerçants locaux
  • Les Houthis, soutenus par l’Iran, ont interdit l’utilisation des nouveaux billets imprimés par la banque centrale

AL-MUKALLA: La banque centrale du Yémen a fermé 30 bureaux de change privés qui auraient violé les règles de spéculation monétaire, après que le riyal yéménite ait chuté face au dollar américain cette semaine.

Dans une lettre envoyée mardi aux bureaux de change locaux, ainsi qu’aux banques publiques et privées, la banque centrale a demandé aux sociétés monétaires locales de rompre leurs liens avec les entreprises inscrites sur la liste noire et de geler leurs comptes.

La lettre accuse les bureaux de change de ne pas se conformer à la réglementation de la banque centrale, et de prendre part à la spéculation sur les devises qui a conduit au déclin brutal du riyal.

Les entreprises bannies ont été créées au cours des cinq dernières années lorsque le système bancaire du Yémen s'est effondré à la suite de la guerre civile dans le pays.

Dans le but de mettre fin à la spéculation monétaire et le blanchiment d'argent, la banque centrale d’Aden a interdit un système de transfert de fonds informel entre les bureaux de change locaux, connu sous le nom de Hawala, et l'a remplacé par un réseau électronique formel sous sa supervision immédiate. Elle a également fermé de nombreux bureaux de change non autorisées et a elle-même fourni les commerçants locaux de marchandises et de carburant en devises fortes.

Ces mesures n'ont eu aucun effet sur le marché puisque le riyal yéménite a plongé à 880 contre le dollar cette semaine, atteignant de nouveaux son plus bas taux historiques et battant un précédent record de 855 le mois dernier. Le dollar s'échangeait à 682 en janvier de cette année, contre 215 en janvier 2015.

Des négociants en devises locales ont affirmé à Arab News être témoins d’une demande croissante du dollar américain et de riyal saoudien de la part des commerçants locaux, ce qui a contribué d’une manière critique au krach du riyal.

«Quand le dollar et le riyal saoudien sont devenus rares sur le marché dernièrement, un commerçant local est venu nous voir afin d’acheter 1 million de riyals saoudiens à tout prix», a révélé un commerçant anonyme à Arab News. Il ajoute que de nombreux négociants en devises ont tiré profit de la demande croissante du dollar pour vendre à des prix trop élevés.

Subhi Baghafar, porte-parole de l'Association des changeurs de monnaie à Aden, a déclaré que l'association soutient entièrement les mesures punitives de la banque centrale contre les bureaux de change non autorisés et ceux qui participent à la spéculation sur les devises. Il estime que le gouvernement internationalement reconnu devrait «amener le système bancaire sous son contrôle».

Baghafar a d’ailleurs : «Nous soutenons toute mesure stricte contre les contrevenants aux réglementations de la banque centrale et au système de la profession de change, qu'il s'agisse de banques commerciales, d'entreprises, de bureaux de change, de particuliers ou encore des hommes d'affaires».

Les économistes ont toutefois accusé le gouvernement yéménite de ne pas avoir freiné la chute de la monnaie yéménite. Les Houthis, soutenus par l’Iran, ont interdit l’utilisation des nouveaux billets imprimés par la banque centrale.

Mustafa Nasr, directeur du centre des médias économiques, a expliqué que le gouvernement yéménite devrait «agir rapidement» afin de freiner le krach monétaire en se limitant uniquement aux nouveaux billets, en imposant des sanctions sévères aux spéculateurs monétaires et en créant un équilibre entre l'offre et la demande pour le dollar.

«La baisse interminable du riyal reflète l’échec non seulement de la banque centrale, mais aussi du gouvernement, de la présidence et de toutes les institutions gouvernementales internationalement reconnues. Cela risque inévitablement d’avoir des effets destructeurs non seulement sur la monnaie, mais aussi sur la vie des yéménites en général», a souligné Nasr.

La dévaluation rapide du Rial yéménite a fait augmenter les prix de certains produits de base d'environ 10%, ont de plus indiqué les commerçants locaux et les petits épiciers.

«Cet œuf coûte 100 riyals maintenant, contre 80 la semaine dernière», a déclaré Hassan, qui dirige une petite épicerie dans la ville d'Al-Mukalla, à Arab News.

Le Centre d’études stratégiques de Sanaa a exhorté dans un rapport du 27 novembre que la communauté internationale de faire pression sur le gouvernement du Yémen et les Houthis, afin qu’ils cessent de se battre pour prendre le contrôle du système bancaire du pays.

«La communauté internationale doit immédiatement prendre en compte les besoins de l’économie dans sa politique au Yémen, en mettant en œuvre une pression politique croissante sur les Houthis et le gouvernement pour qu’ils mettent fin à l’escalade du conflit et à la course pour le contrôle des banques et des bureaux de change yéménites», a indiqué le rapport.

«Alors que le conflit militaire fait de nombreuses victimes et a cause d'importantes destructions dans le pays, c'est le tour de la guerre économique qui aura un impact plus profond, et sans doute plus dévastateur, sur la population et le pays dans son ensemble», a-t-il ajouté.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Moderna se félicite de l'autorisation du vaccin de Pfizer au Royaume-Uni

« On a beaucoup parlé des gens qui affirment ne pas vouloir de vaccin », a observé le patron Stéphane Bancel du laboratoire américain Moderna (Photo, AFP)
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  • Le patron de Moderna a précisé que le laboratoire est «en bonne voie» pour disposer de 20 millions de doses d'ici la fin de l'année
  • «Ce que nous voulons éviter est une situation où nous aurions un taux de mortalité relativement faible, mais pas assez vaccinations pour reprendre pleinement le contrôle de la maladie»

ZURICH : Le patron Stéphane Bancel du laboratoire américain Moderna s'est félicité mercredi de l'homologation du vaccin de son concurrent Pfizer au Royaume-Uni alors que le groupe a lui-même amorcé les démarches pour obtenir l'autorisation de son vaccin. 

« C'est une très bonne nouvelle », a déclaré Stéphane Bancel, son directeur général, lors d'un panel de discussion organisé par le Forum économique mondial (Davos), soulignant que le pays va ainsi pourvoir commencer les programmes de vaccination pour « protéger les personnels de santé et personnes âgées ».

Le laboratoire Moderna, qui revendique une efficacité à 94,5% de son vaccin sur la base de résultats préliminaires, a déposé en début de semaine des demandes d'autorisation de son vaccin. 

L'agence américaine des médicaments doit se réunir pour examiner son vaccin d'ici le 17 décembre tandis que l'Union Européenne entend, elle, l'examiner au plus tard d'ici le 12 janvier. 

Le patron de Moderna a précisé que le laboratoire est « en bonne voie » pour disposer de 20 millions de doses d'ici la fin de l'année et pourra débuter rapidement les programmes de vaccination.

La principale difficulté sera de faire grimper les capacités de production, a-t-il reconnu lors des discussions dans ce panel qui réunissait des représentants des grands laboratoires pour examiner les grands défis qui attendent maintenant le secteur pour lancer une campagne de vaccination à grande échelle au niveau mondial. 

« On a beaucoup parlé des gens qui affirment ne pas vouloir de vaccin », a-t-il observé.

« Mais je pense qu'il y aussi beaucoup de gens qui vont vouloir un vaccin très rapidement pour retrouver une vie normale », a-t-il ajouté, notant que les prochains mois risquent d'être « très frustrants » pour se procurer des vaccins « au premier », « au deuxième », au « troisième trimestre » et probablement tout au long de l'année. 

Après une course pour mettre au point des vaccins en un temps record, un des grands défis va être d'organiser de grandes opérations de logistique pour lancer une campagne mondiale de vaccination sans précédent et reprendre le contrôle de la pandémie.

« La première vague de vaccinations visera à protéger les gens qui sont les plus susceptibles de mourir ou de tomber gravement malades s'ils sont infectés », a déclaré le Dr Michael Ryan, le responsable des situations d'urgence à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dans un événement séparé à Genève. 

Dans un second temps, les vaccinations seront étendues à d'autres pans de la population.

« La première chose que nous verrons, nous espérons, est une baisse des taux de mortalité, a-t-il expliqué. Mais le nombre de cas pourrait ne pas diminuer aussi rapidement jusqu'au moment où suffisamment de personnes auront été vaccinées », a-t-il souligné. 

« Ce que nous voulons éviter est une situation où nous aurions un taux de mortalité relativement faible, mais pas assez vaccinations pour reprendre pleinement le contrôle de la maladie », a-t-il insisté. 


Faux sacs Hermès: deux chefs présumés du réseau strictement sanctionnés

Ce réseau avait « des méthodes qui relèvent à la fois de logiques entrepreneuriales » et « du banditisme » (Photo, AFP)
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  • Un «véritable atelier clandestin» y était géré dans le Rhône par un autre ex-salarié d'Hermès qui démarchait des employés en activité pour travailler sur leurs congés ou arrêts-maladie
  • Trois «intermédiaires», sept «façonneurs», cinq «fournisseurs», trois «acheteurs» et deux personnes soupçonnées de blanchiment et recel

PARIS : Des peines de deux et trois ans de prison ferme, assorties d'amendes de 200.000 et 300.000 euros, ont été requises mercredi à Paris à l'encontre de deux hommes soupçonnés d'avoir coordonné un vaste réseau de contrefaçon de sacs Hermès entre 2008 et 2012.

Après trois semaines d'audience, la procureure a souligné dans son réquisitoire « l'ampleur » de ce dossier, qui implique 26 personnes de 29 à 86 ans dont neuf ancien salariés d'Hermès - deux seront jugés ultérieurement du fait du coronavirus.

La magistrate a dépeint un « réseau international structuré, hiérarchisé » où chacun s'est vu « attribuer une mission précise » pour « servir une clientèle exigeante », qui achetait les « vrais-faux » sacs du modèle « Birkin » environ 18.000 euros.

Elle a décrit les « étapes » de fabrication: un maroquinier parisien achetait auprès du fournisseur italien d'Hermès des peaux de crocodile, ensuite vendues à un ancien salarié du groupe résidant à Hong-Kong. 

Ce dernier était approvisionné en kits de bijoux contrefaits par une entreprise basée dans les Yvelines, selon la procureure. L'assemblage des sacs a débuté à Hong-Kong pendant environ un an, avant d'être « relocalisé » en 2012 en France.

Un « véritable atelier clandestin » y était géré dans le Rhône par un autre ex-salarié d'Hermès qui démarchait des employés en activité pour travailler sur leurs congés ou arrêts-maladie, selon l'accusation. Enfin, les sacs étaient notamment revendus à deux Russes et une Chinoise, qui les commercialisaient en Europe de l'Est et en Asie.

Ce réseau avait « des méthodes qui relèvent à la fois de logiques entrepreneuriales » et « du banditisme », a estimé la magistrate, soulignant, au-delà du préjudice de la partie civile, les « recettes sociales et fiscales perdues ».

Elle a reconnu ne pas pouvoir chiffrer « avec certitude » le bénéfice généré mais a avancé l'estimation de 19 millions d'euros par an pour un millier de sacs.

A l'encontre des deux « organisateurs », elle a requis 4 ans d'emprisonnement dont un avec sursis et 300.000 euros d'amende, ainsi que 4 ans dont 2 avec sursis et 200.000 euros d'amende.

Pour trois « intermédiaires », sept « façonneurs », cinq « fournisseurs », trois « acheteurs » et deux personnes soupçonnées de blanchiment et recel, elle a demandé des peines allant d'une amende de 4.000 euros à deux ans dont un avec sursis et 200.000 euros d'amende. 

Un autre « réseau local », avec les mêmes fournisseurs, était organisé autour d'un artisan de Seine-Maritime et d'un revendeur notamment, à l'encontre de qui la procureure a requis 30 mois de prison dont 24 avec sursis et 10 mois avec sursis, ainsi que des amendes.

Les plaidoiries de la défense sont prévues jusqu'au 10 décembre.