Des missiles Harpoon pour l'Ukraine, qui cherche à débloquer le port d'Odessa

Un officier de la marine américaine passe devant un ensemble de lanceurs de missiles de croisière à harpon sur le pont de l'USS Milius DDG69, un destroyer lance-missiles multi-missions amarré au port sud de Manille le 18 août 2012 (Photo, AFP).
Un officier de la marine américaine passe devant un ensemble de lanceurs de missiles de croisière à harpon sur le pont de l'USS Milius DDG69, un destroyer lance-missiles multi-missions amarré au port sud de Manille le 18 août 2012 (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 24 mai 2022

Des missiles Harpoon pour l'Ukraine, qui cherche à débloquer le port d'Odessa

  • Le Harpoon pourrait mettre le port de Sébastopol à portée de l'armée ukrainienne
  • Le Harpoon vole à basse altitude pour éviter les radars ennemis

WASHINGTON: Le Danemark s'est engagé à fournir des missiles Harpoon à l'Ukraine, qui tente de contrer le blocus imposé par la marine russe au port d'Odessa, vital pour les exportations de blé de l'Ukraine, a annoncé lundi le chef du Pentagone, Lloyd Austin.

Vingt pays se sont engagés à fournir des armes supplémentaires à l'Ukraine pour faire face aux forces russes lors de la deuxième réunion du "Groupe de contact pour la défense de l'Ukraine", a annoncé le ministre américain de la Défense, Lloyd Austin.

"La rencontre d'aujourd'hui s'est très bien passée", a-t-il déclaré. "De nombreux pays vont donner des munitions pour l'artillerie, des systèmes de défense côtière, des chars et autres blindés qui sont indispensables" pour l'armée de Kiev, a-t-il ajouté.

Parmi le matériel qui doit être livré en Ukraine, le Danemark s'est notamment engagé à envoyer un système lance-missiles anti-navires Harpoon, un des systèmes les plus sophistiqués équipant les marines occidentales.

Le Harpoon est habituellement embarqué à bord de navires de guerre ou de sous-marins, voire de bombardiers, mais le Danemark est le seul pays à avoir acquis la version modifiée de ce lance-missiles qui est installée sur un camion et devient ainsi une batterie de défense côtière.

Equipé d'un radar autonome et d'un système de navigation sophistiqué, le Harpoon vole à basse altitude pour éviter les radars ennemis. Selon son constructeur Boeing, il est capable de toucher une cible en mer ou terrestre d'un rayon d'action pouvant aller de 125 à plus de 300 km selon les versions.

Sébastopol à portée

Lorsque l'Ukraine le recevra, le Harpoon pourrait donc mettre le port de Sébastopol, en Crimée occupée par la Russie, à portée de l'armée ukrainienne.

L'invasion russe de l'Ukraine a aggravé une crise alimentaire mondiale, les deux pays assurant à eux seuls 30% du commerce mondial de blé.

La Russie impose un blocus maritime à l'Ukraine, 5e exportateur mondial de blé, et l'Ukraine a miné les abords de ses côtes, notamment pour protéger le port d'Odessa, principale porte de sortie de la production agricole du pays, a rappelé lundi le chef d'état-major américain, le général Mark Milley.

"C'est important pour l'économie de l'Ukraine et bien au-delà", a-t-il souligné. "De nombreux pays dans le monde dépendent des céréales ukrainiennes".

Mais il a rappelé que les Etats-Unis, qui ne veulent pas intervenir directement dans le conflit ukrainien, "n'ont pas actuellement de navire de guerre dans la mer Noire". "Nous n'avons pas l'intention d'en avoir, sauf si on nous en donne l'ordre", a-t-il ajouté.

La République tchèque s'est de son côté engagée à fournir des hélicoptères d'attaque, des chars et des missiles.

Depuis la première réunion du groupe de contact le mois dernier en Allemagne, "le rythme des donations et des livraisons a été exceptionnel", s'est félicité M. Austin.

Mais le ministre américain de la Défense s'est abstenu de préciser les armements que les Etats-Unis allaient fournir à l'Ukraine après l'approbation par le Congrès d'une aide supplémentaire à l'Ukraine de 40 milliards de dollars.

Questionné sur la possibilité de fournir à Kiev des batteries d'artillerie de dernière génération Himars (High mobility artillery rocket system), il a noté que les besoins de l'Ukraine n'avaient pas changé à ce stade: de l'artillerie, des chars, des drones et des munitions.

"Tout le monde ici comprend les enjeux de cette guerre, et ils dépassent l'Europe de loin", a-t-il ajouté. "L'agression russe est un affront à l'ordre international".

Le Himars a une portée de 70 à 150 km, bien supérieure aux batteries d'obusiers M777 dont la portée effective ne dépasse pas les 40 km.

Ce groupe de contact doit se retrouver en personne le 15 juin prochain à Bruxelles, en marge d'une réunion de ministres de l'Otan.


Rubio met en garde contre le «chaos total» en cas de péage à Ormuz

"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn). (AFP)
"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn). (AFP)
  • L'Iran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre, auxquels les Etats-Unis sont radicalement opposés
  • C'est l'un des principaux points d'achoppement entre les deux pays qui ont récemment signé un protocole d'accord pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient

MANAMA: Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, en tournée dans le Golfe, a mis en garde jeudi contre le "chaos total" que pourrait engendrer la mise en place par l'Iran de frais dont devraient s'acquitter les navires dans le détroit d'Ormuz.

Plus tôt jeudi, Téhéran avait menacé de "mesures appropriées" contre tout bateau s'aventurant à franchir le détroit sans leur autorisation, semblant répondre à l'aonnonce par Oman de l'ouverture d'un "corridor maritime temporaire" présenté comme une intiative concertée avec l'ONU.

Ormuz est une étroite voie navigable d'une trentaine de kilomètres de large qui sépare l'Iran et Oman, mais le seul passage autorisé par l'Iran se fait dans un couloir qui longe ses côtes.

L'Iran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre, auxquels les Etats-Unis sont radicalement opposés - c'est l'un des principaux points d'achoppement entre les deux pays qui ont récemment signé un protocole d'accord pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn).

Le chef de la diplomatie américaine, venu rassurer ses alliés du Golfe largement ciblés par Téhéran pendant la guerre en représailles des frappes israélo-américaines sur l'Iran, a ajouté que les Etats-Unis souhaitaient un accord de paix, mais pas "à n'importe quel prix".

"Nous voulons un accord qui soit bon, nous voulons un accord qui soit réel, nous voulons un accord qui soit vérifiable, et nous voulons un accord qui soit respecté", a poursuivi M. Rubio.

Le responsable, qui s'est rendu aux Emirats arabes unis, au Koweït et à Bahreïn, a également donné l'assurance que les intérêts des pays du Golfe seraient pris en compte.

"Nous voulons nous assurer qu'aucune partie de cet accord ne porte atteinte, de quelque manière que ce soit, à la sécurité, à la stabilité ou à la prospérité de l'un de nos partenaires de la région du Golfe", a-t-il souligné.

Son homologue de Bahreïn, Abdoullatif ben Rachid Al Zayani, a lui mis en avant les "incertitudes" affectant ces pays.

Les monarchies du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran. Elles accueillent des bases militaires américaines et ont été visées par des missiles et drones iraniens en représailles.


Double séisme au Venezuela: au moins 32 morts et plus de 700 blessés

Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
  • Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres
  • Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela

CARACAS: Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués.

Dans la capitale de ce pays d'Amérique latine de près de 30 millions d'habitants régulièrement frappé par des séismes, des photographes de l'AFP ont vu des secouristes et des habitants fouiller des immeubles réduits à des gravats. Des personnes étaient extirpées des décombres puis emmenées sur des brancards.

Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres. "Nous avons besoin de lampes torches !", lance l'un d'eux dans la nuit noire.

"A l'heure actuelle, nous avons reçu des informations faisant état de 32 morts" et "de plus de 700 blessés", a déclaré la présidente par intérim Delcy Rodriguez dans un message à la nation, après avoir déclaré l'état d'urgence.

Elle a précisé ne pas encore disposer de données concernant l'Etat de La Guaira, situé à proximité de la capitale et qui est selon elle la région la plus touchée. L'aéroport de Caracas, gravement endommagé selon elle, a été fermé.

Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela. "Nous serons aux côtés de nos nouveaux et formidables amis", a assuré le président américain Donald Trump, tandis que Mme Rodriguez a indiqué s'être entretenue au téléphone avec le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

Cette initiative américaine, un acte diplomatique fort après des années de tensions, s'inscrit dans le cadre du rétablissement des relations entre les deux pays depuis que les forces américaines ont capturé le président déchu Nicolas Maduro, aujourd'hui incarcéré aux Etats-Unis.

La Chine et l'Inde ont elles aussi proposé leur aide, et plusieurs pays d'Amérique latine ont fait de même et exprimé leur solidarité, parfois au-delà de leurs divergences politiques. 


L'Iran accuse l'Otan de «complicité» dans la guerre menée contre lui

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
  • M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury"
  • "Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X

TEHERAN: Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël.

M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury" lancée contre l'Iran le 28 février.

M. Rutte a également affirmé que l'aéroport de Bucarest avait réduit ses vols commerciaux pour laisser la place aux avions de ravitaillement utilisés dans le cadre de cette opération, et qu'entre 4.000 et 5.000 sorties d'avions américains avaient été effectuées depuis des bases européennes pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X.

"Le secrétaire général de l'Otan a explicitement désigné l'Italie et la Roumanie comme ayant participé à l'agression contre l'Iran", a souligné le porte-parole du ministère iranien.

"Ces pays, ainsi que tous les autres pays européens ayant apporté leur soutien à l'agression américano-israélienne contre l'Iran, doivent expliquer à leur propre population et au monde entier pourquoi ils ont choisi de se rendre complices de cet acte d'agression flagrant et de la perpétration d'atrocités de masse contre les populations iraniennes", a-t-il ajouté.

En Italie, le ministère de la Défense a condamné mercredi les propos de M. Rutte, estimant qu'ils avaient envoyé "un message complètement trompeur", Rome n'ayant permis aux Etats-Unis d'utiliser ses bases que pour des vols techniques et logistiques, et non des missions de combat.