A Marignane, Marine Le Pen assure «être bien là» pour les législatives

Marine Le Pen, leader du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), essaie un chapeau sur un marché en plein air à Marignane, près de Marseille, alors qu'elle faisait campagne pour soutenir le candidat local du parti dans la 12e circonscription du département des Bouches-du-Rhône en mai. 24 juin 2022 avant les élections législatives des 12 et 19 juin en France. (AFP)
Marine Le Pen, leader du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), essaie un chapeau sur un marché en plein air à Marignane, près de Marseille, alors qu'elle faisait campagne pour soutenir le candidat local du parti dans la 12e circonscription du département des Bouches-du-Rhône en mai. 24 juin 2022 avant les élections législatives des 12 et 19 juin en France. (AFP)
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Publié le Mardi 24 mai 2022

A Marignane, Marine Le Pen assure «être bien là» pour les législatives

  • Venue lundi et mardi soutenir les 16 candidats RN des Bouches-du-Rhône, département qui abrite la plus grosse fédération du parti, Le Pen a confié vouloir prendre «du recul»
  • Elle songe ainsi à quitter la tête du parti pour «mettre (son) énergie» dans la présidence du groupe des députés RN, a-t-elle expliqué

MARIGNANE: Marine Le Pen, tentée de quitter la tête du Rassemblement national et discrète jusqu'à présent dans la campagne, a assuré mardi "être bien là" pour la bataille des législatives, notamment dans le Sud où Eric Zemmour lui fait concurrence.


"Je suis là, je suis bien là. Je mène la bataille des législatives", a assuré sur le marché de Marignane (Bouches-du-Rhône) l'ancienne prétendante d'extrême droite à l'Elysée, qui a réuni 41,5% des voix au second tour de la présidentielle, un record.

Venue lundi et mardi soutenir les 16 candidats RN des Bouches-du-Rhône, département qui abrite la plus grosse fédération du parti, la cheffe de file du RN a confié au quotidien La Provence vouloir prendre "du recul".  


Elle songe ainsi à quitter la tête du parti pour "mettre (son) énergie" dans la présidence du groupe des députés RN, a-t-elle expliqué lors d'un point presse. Il faut 15 élus pour constituer un groupe.


Dans la 12e circonscription de Vitrolles où elle a fait 60% à la présidentielle, elle espère tout particulièrement conjurer la malédiction et faire élire son conseiller Franck Allisio.


Ni Jean-Pierre Stirbois, l'ancien bras droit de son père Jean-Marie Le Pen, ni Bruno Mégret, le "félon", ni l'eurodéputé RN Jean-Lin Lacapelle n'ont réussi à s'y faire élire député.

«Déloger»
A Marignane, c'est le député sortant de droite Eric Diard, croisé sur le marché, qu'elle cible: "Je viens te déloger", lance-t-elle, l'accusant d'être un "demi-macroniste" puisque LREM ne présente aucun candidat face à lui.


Pas de déplacement en revanche pour soutenir le candidat RN de la 4e circonscription du Var où se présente son grand rival Eric Zemmour, fort d'un de ses meilleurs scores à la présidentielle (14,7%, contre 7% au niveau national). 


Marine Le Pen a délégué cette tâche à son fidèle lieutenant, Jordan Bardella, chef par intérim du RN et membre de cette "nouvelle élite" du parti qu'elle veut faire émerger à l'occasion du 50e anniversaire du parti à l'automne.


Elle a déjà suggéré que son poulain pourrait être un jour candidat à l'Elysée.


S'abstenant de monter en première ligne, elle considère surtout qu'Emmanuel Macron gagnera les législatives des 12 et 19 juin et cherche à préserver son rôle de première opposante au chef de l'Etat.


"Je ne pars pas perdante, je pars en disant la vérité aux Français", se défend-t-elle, considérant que son rival de gauche Jean-Luc Mélenchon "ment" quand il prétend pouvoir obtenir une majorité et devenir Premier ministre.


Une attitude qui a l'inconvénient d'être "peu mobilisatrice", analyse Brice Teinturier, directeur général délégué d'Ipsos, dans le Monde.

«Plus dur»
Si "certains (au RN) sont pessimistes", "ils ne sabotent pas pour autant" la campagne. Simplement "ils ne proposent rien pour gagner" car "ils trouvent que c'est trop dur", rapporte un cadre.


"Il faut être plus dur" et "ne plus laisser cette droite molle comme du beurre" se faire élire, suggère sur le marché Jean-François, un ancien parachutiste de 74 ans, qui craint d'être "dirigé par l'extrême gauche et des musulmans".


A la présidentielle de 2017, Marine Le Pen avait obtenu 34% des voix au second tour mais seulement 8 sièges aux législatives. 


Cette fois, le RN est crédité de 21% d'intentions de vote, selon Ipsos, mais il pourrait remporter 20 à 45 sièges.


Pour Brice Teinturier, Marine Le Pen est "très absente" alors que son électorat a besoin d'une "incarnation forte", pendant que M. Macron bénéficie de son statut de président et que M. Mélenchon suscite une dynamique avec son union des gauche (Nupes).


A l'inverse de la gauche, Marine Le Pen ne s'est pas alliée avec Reconquête!, le parti d'Eric Zemmour, un refus désapprouvé par 42% de ses électeurs.


De quoi aussi provoquer des turbulences localement. Dans les Alpes-Maritimes, le RN a refusé d'investir l'ex-identitaire Philippe Vardon, qui s'est finalement maintenu, en s'alliant avec Reconquête!.


L’Institut du monde arabe réunit les jeunes du G7 autour des partenariats internationaux

L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
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  • La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»
  • Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne

PARIS: L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques.

Organisé à Paris du 17 au 20 mai sous présidence française du G7, le Y7 constitue la plateforme officielle d’engagement des jeunes des pays membres du G7. Cette initiative précède d’un mois le sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu à Évian.

La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»

Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne.

Le programme prévoit également une visite privée de l’exposition consacrée à Byblos pour les délégations internationales, avant les interventions officielles et un cocktail de réseautage.

À travers cet événement, l’Institut du monde arabe entend réaffirmer son engagement en faveur du dialogue entre les cultures, de la coopération internationale et de la mobilisation des nouvelles générations face aux grands défis mondiaux.


Opération avec Audemars Piguet: Swatch dit à l'AFP avoir constaté des «problèmes» dans une vingtaine de magasins

L'horloger suisse Swatch Group a annoncé lundi à l'AFP qu'il avait observé une demande "phénoménale" pour sa collaboration avec la marque de prestige Audemars Piguet, reconnaissant "des problèmes" dans une vingtaine de ses boutiques dans le monde le jour de son lancement samedi. (AFP)
L'horloger suisse Swatch Group a annoncé lundi à l'AFP qu'il avait observé une demande "phénoménale" pour sa collaboration avec la marque de prestige Audemars Piguet, reconnaissant "des problèmes" dans une vingtaine de ses boutiques dans le monde le jour de son lancement samedi. (AFP)
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  • A Lille, dans le nord de la France, "au moins quatre" personnes ont dit aux équipes municipales avoir reçu des "coups de poing dans la file d'attente" et vouloir porter plainte.
  • Une bagarre a également éclaté devant une boutique à Milan, dans le nord de l'Italie. Des mouvements de foule ont aussi été observés entre autres en Thaïlande et aux Etats-Unis

ZURICH: L'horloger suisse Swatch Group a annoncé lundi à l'AFP qu'il avait observé une demande "phénoménale" pour sa collaboration avec la marque de prestige Audemars Piguet, reconnaissant "des problèmes" dans une vingtaine de ses boutiques dans le monde le jour de son lancement samedi.

"Le jour du lancement, il y a eu des problèmes dans environ une vingtaine de magasins Swatch sur 220 dans le monde où Royal Pop a été lancée, car les files d’attente des personnes intéressées étaient extrêmement longues et l’organisation faite par certains centres commerciaux n’était pas suffisante pour contenir cette ruée", a indiqué le groupe suisse.

"La réaction à la collection Royal Pop dans le monde est phénoménale et la demande est immensément élevée", a ajouté le groupe horloger, qui compare le lancement de ce modèle avec Audemars Piguet à celui du modèle MoonSwatch en 2022, en partenariat avec Omega.

Avant l'ouverture samedi, de longues files d'attentes s'étaient formées durant la nuit devant les boutiques Swatch. L'affluence a viré au chaos à l'ouverture dans certaines villes, nécessitant l'intervention de la police et la fermeture immédiate de certains magasins.

"Comme pour le MoonSwatch, cela s'est quelque peu 'normalisé' après le jour du lancement", a précisé le groupe suisse, "surtout après que nous avons de nouveau communiqué que la collection Royal Pop serait disponible durant plusieurs mois".

Dans l'ouest de la région parisienne, au Chesnay-Rocquencourt (Yvelines), quelque 300 personnes, venues avant l'ouverture du magasin Swatch du centre commercial Westfield Parly 2, ont été dispersées samedi par la police à l'aide de gaz lacrymogène.

A Lille, dans le nord de la France, "au moins quatre" personnes ont dit aux équipes municipales avoir reçu des "coups de poing dans la file d'attente" et vouloir porter plainte.

Une bagarre a également éclaté devant une boutique à Milan, dans le nord de l'Italie. Des mouvements de foule ont aussi été observés entre autres en Thaïlande et aux Etats-Unis.

Propriétaire de 16 marques, Swatch avait déjà lancé une coopération en 2022 avec Omega, une des marques de prestige du groupe. Devant son succès, l'entreprise avait renouvelé l'opération en 2023 avec Blancpain, autre marque du groupe, connue notamment pour ses montres de plongée.

Mais pour le modèle lancé samedi, la collaboration a lieu cette fois avec une marque externe au groupe, Audemars Piguet. Cette marque indépendante compte parmi les plus prestigieuse de l'horlogerie suisse.


En plein conflit au Moyen-Orient, le G7 Finances à Paris au chevet de l'économie mondiale

Les ministres des Finances du G7 ont ouvert lundi à Paris leur réunion de deux jours, où ils tenteront de rapprocher leurs positions sur les réponses à apporter face aux répercussions du conflit au Moyen-Orient, ou encore de s'affranchir de la dépendance aux minerais critiques chinois. (AFP)
Les ministres des Finances du G7 ont ouvert lundi à Paris leur réunion de deux jours, où ils tenteront de rapprocher leurs positions sur les réponses à apporter face aux répercussions du conflit au Moyen-Orient, ou encore de s'affranchir de la dépendance aux minerais critiques chinois. (AFP)
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  • A un mois du sommet du G7 à Evian (15-17 juin), qu'elle accueille au titre de la présidence tournante, la France veut maintenir le cap du dialogue alors que les tensions géopolitiques et commerciales s'intensifient et minent les relations internationales
  • "On fait face à des défis majeurs, la guerre au Proche-Orient, évidemment, les déséquilibres multilatéraux qui sont aujourd'hui insoutenables, les enjeux de terres rares, de matériaux critiques, des enjeux d'aide au développement"

PARIS: Les ministres des Finances du G7 ont ouvert lundi à Paris leur réunion de deux jours, où ils tenteront de rapprocher leurs positions sur les réponses à apporter face aux répercussions du conflit au Moyen-Orient, ou encore de s'affranchir de la dépendance aux minerais critiques chinois.

"Je pense qu'aujourd'hui, on va montrer que le multilatéralisme, c'est utile et que ça fonctionne", a déclaré lundi matin aux journalistes le ministre français de l'Economie et des Finances Roland Lescure.

A un mois du sommet du G7 à Evian (15-17 juin), qu'elle accueille au titre de la présidence tournante, la France veut maintenir le cap du dialogue alors que les tensions géopolitiques et commerciales s'intensifient et minent les relations internationales, jusqu'à l’allié américain, devenu imprévisible sous Donald Trump.

Ce dernier, qui a de nouveau menacé l'Iran d'anéantissement dimanche, laisse entrevoir une reprise prochaine des frappes et la fin de la fragile trêve en vigueur depuis le 8 avril.

"On fait face à des défis majeurs, la guerre au Proche-Orient, évidemment, les déséquilibres multilatéraux qui sont aujourd'hui insoutenables, les enjeux de terres rares, de matériaux critiques, des enjeux d'aide au développement", a détaillé Roland Lescure.

"La manière dont la croissance mondiale, aujourd'hui, se déroule, est clairement insoutenable", a-t-il estimé. "Nous devons (...) nous engager les uns les autres pour faire en sorte qu'on retrouve un modèle de croissance plus soutenable".

Ormuz 

En haut des priorités des grands argentiers du G7: les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient et du blocage par l'Iran du détroit d'Ormuz, essentiel au transport d'hydrocarbures et d'engrais dont les cours ont bondi.

En réaction, le Fonds monétaire international (FMI) s'attend à une croissance mondiale plus modeste et une inflation plus élevée en 2026.

"Cette guerre nuit fortement au développement économique. C'est pourquoi tout doit être mis en œuvre pour y mettre un terme définitif, rétablir la stabilité dans la région et garantir la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz", a déclaré dans un communiqué le ministre allemand des Finances Lars Klingbeil.

"Le G7 est le cadre approprié pour discuter de ces enjeux urgents avec les Etats-Unis et les autres pays du G7", a-t-il ajouté.

Une nouvelle libération de stocks stratégiques de pétrole, comme celle décidée en mars, n'est toutefois pas à l'ordre du jour, selon Roland Lescure. Il s'est toutefois montré prêt à "discuter de ça" si nécessaire, "si jamais on arrive à ouvrir le détroit d'Ormuz" et que les navires mettent du temps à circuler de nouveau normalement.

Ces craintes inflationnistes ont engendré ces derniers jours un fort mouvement de vente des bons d'Etat, et donc de hausse des taux d'intérêt des dettes souveraines.

Interrogée à ce sujet en marge de l'ouverture du G7 Finances, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde s'est dite "toujours préoccupée, c'est mon job !"

Vulnérabilités et dépendances 

Les ministres tenteront aussi d'aplanir les désaccords sur le commerce international après l'imposition de surtaxes douanières par Washington.

Alors que ces déséquilibres alimentent les tensions commerciales, géopolitiques et financières, et compromettent la croissance mondiale, une reconnaissance commune de la situation serait déjà considérée comme une grande avancée par la présidence française.

Cette réunion du G7, qui rassemble aussi les gouverneurs de banques centrales des pays membres, intervient quelques jours après la visite de Donald Trump à Pékin.

Ce sommet n'a pas donné d'annonces majeures, les deux chefs d'Etat n'ayant pas discuté des droits de douane. Les deux premières puissances économiques mondiales ont conclu une trêve commerciale en octobre.

Parmi les autres sujets mis sur la table, seront abordés "les matériaux critiques, les terres rares", a dit Roland Lescure. "Les terres rares, c'est le chaînon manquant de l'électrification. (...) Si on n'a pas accès aux terres rares de manière indépendante, on va manquer ce chaînon."

Ces dernières années, les pays producteurs et transformateurs, Chine en tête, ont parfois restreint certaines exportations de ces composants essentiels pour des pans entiers de l'économie mondiale, ou profité de leur situation dominante pour influer sur les prix.

"Il faut qu'on fasse pour les matériaux critiques ce qu'on a fait sur l'énergie dans les années 1970", une cause commune, avait déclaré M. Lescure à la presse la semaine dernière.

Le ministre allemand met aussi l'accent sur la guerre en Ukraine: "Nous ne perdons pas de vue la brutale guerre d'agression de la Russie même si le monde a les yeux tournés vers le Moyen-Orient: le peuple d'Ukraine peut compter sur notre soutien" dans le financement de sa défense.