Pour la directrice du think thank Rusi, les critiques sur la partialité de l’Occident sont «justes»

La directrice générale du Royal United Services Institute (Rusi), Karin von Hippel, prenant la parole lors du Forum économique mondial. (Photo fournie, WEF)
La directrice générale du Royal United Services Institute (Rusi), Karin von Hippel, prenant la parole lors du Forum économique mondial. (Photo fournie, WEF)
Short Url
Publié le Mardi 24 mai 2022

Pour la directrice du think thank Rusi, les critiques sur la partialité de l’Occident sont «justes»

  • Les réfugiés syriens et afghans «n’ont clairement pas été traités de la même manière que ceux qui fuyaient le conflit en Ukraine», affirme Karin von Hippel
  • «La dimension supplémentaire en Ukraine est la possession par la Russie d’armes nucléaires et d’une forte quantité de carburants dont dépendent de nombreux pays», précise-t-elle

DAVOS: Les accusations de partialité dans l’approche occidentale du conflit ukrainien et de l’afflux de réfugiés qui en résulte, en comparaison avec d’autres conflits dans le monde, sont justifiées, estime la directrice générale du Royal United Services Institute (Rusi), un groupe de réflexion britannique spécialisé dans la défense et la sécurité.

Cependant, la différence fondamentale dans le conflit ukrainien est qu’il implique la Russie, une puissance nucléaire et l’un des plus grands fournisseurs d’énergie au monde, ajoute Karin von Hippel.

«Je pense que c’est une critique juste (de l’Occident). Les nombreux réfugiés afghans et syriens  n’ont clairement pas été traités de la même manière», affirme-t-elle à Arab News lors du Forum économique mondial. «Le Liban, la Jordanie et la Turquie ont accueilli des réfugiés syriens, mais maintenant, la Pologne, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie font de même avec les Ukrainiens. C’est le cours normal des choses, mais la dimension supplémentaire dans le conflit ukrainien est la possession par la Russie d’armes nucléaires et d’une grande quantité de carburants dont dépendent de nombreux pays», poursuit-elle.

«Les armes nucléaires pourraient causer d’énormes dégâts. C’est donc un conflit pour l’Europe, et l’Europe y fait face du mieux qu’elle peut.» Bien que l’UE, les États-Unis et le Canada aient activement soutenu et armé l’Ukraine, Mme von Hippel souligne qu’une pression mondiale plus forte devrait être exercée sur le Kremlin pour qu’il cesse les hostilités.

«Je pense que la communauté internationale devrait, comme elle l’a fait pour la Syrie, déployer davantage d’efforts pour faire pression sur la Russie, notamment sur les pays du Moyen-Orient qui ont une influence sur la Russie, afin de mettre un terme à cette guerre et de faire savoir aux Russes que tuer des civils de cette manière n’est pas un comportement acceptable au XXIe siècle», indique-t-elle. «Les pays ont exercé une pression très forte sur Bachar al-Assad. Cela n’a pas fonctionné avec lui, mais ils ont réussi à l’isoler.»

«Ce qui m’inquiète après ce conflit, c’est de savoir comment Poutine va être réintégré dans le concert des nations. J’espère qu’il pourra rester un paria international et qu’il se retrouvera dans une position similaire à celle d’Assad. Il est allé trop loin, tout comme le président syrien a dépassé les limites», assure-t-elle.

Mme Von Hippel a établi des similitudes entre l’éventuelle reconstruction en Ukraine et le cycle de reconstruction au Liban. Elle a également exprimé l’espoir que les niveaux de corruption observés dans les efforts de reconstruction de l’Afghanistan puissent être évités en Ukraine. «Si nous regardons le Liban, j’y étais en 2007 lorsque les Israéliens ont bombardé les zones du Hezbollah, une grande partie de ce pays a déjà été reconstruite. Le Liban a été reconstruit plusieurs fois», rappelle-t-elle.

«Les fonds pour la reconstruction seront une injection saine dans l’économie ukrainienne. La question de la corruption se pose, surtout si l’on se précipite pour faire entrer des flux d’argent», précise-t-elle. «Le monde entier sera aux aguets, mais ce ne sont pas seulement les gouvernements qui dépensent l’argent. Toutes sortes d’entreprises obtiennent des contrats. Nous l’avons vu en Afghanistan: toutes ces compagnies américaines ont dépensé beaucoup plus d’argent que prévu sans que cela n’aboutisse vraiment à des résultats.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com
 


Washington prévoit d'envoyer un nouveau porte-avions au Moyen-Orient dans les prochaines semaines 

Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
Short Url
  • L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine
  • Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage

WASHINGTON: Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain.

L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine.

Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage.

Selon un haut responsable de la marine américaine cité par l'Institut naval américain, le déploiement du Theodore Roosevelt durera "plus de sept mois". "Leur commandement leur fait tabler sur huit mois", a-t-il encore déclaré.

Contacté par l'AFP, le Pentagone n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

Le porte-avions Abraham Lincoln et ses quelque 5.000 marins s'apprêtent enfin à toucher terre, en Thaïlande, a indiqué la marine thaïlandaise à l'AFP jeudi. Cette escale est attendue du 2 au 6 septembre, selon des médias locaux.

Le bâtiment avait quitté San Diego le 21 novembre 2025 pour une mission en mer de Chine méridionale et avait été redirigé vers le Moyen-Orient avant que les Etats-Unis et Israël lancent leur offensive conjointe contre l'Iran le 28 février.


Emmanuel Macron rencontrera Andy Burnham à Londres la semaine prochaine

Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
Short Url
  • Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine et sera reçu à Downing Street par le Premier ministre britannique Andy Burnham
  • Cette visite intervient avant l’exposition de la tapisserie de Bayeux au British Museum et dans un contexte de rapprochement entre Londres et l’UE sur l’Ukraine

LONDRES: Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine pour une visite au cours de laquelle le président français sera reçu à Downing Street par le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham, a indiqué jeudi à l'AFP une source gouvernementale britannique.

Cette visite intervient à quelques jours de l'ouverture de l'exposition exceptionnelle de la tapisserie de Bayeux, prêtée au British Museum à Londres, projet dans lequel Emmanuel Macron s'est beaucoup investi.

Le président français est le deuxième dirigeant étranger, et le premier d'un pays de l'Union européenne (UE), à être reçu par le chef du gouvernement travailliste depuis son accession au pouvoir le 20 juillet, après son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky fin juillet.

MM. Macron et Burnham ont co-présidé cette semaine, avec le chancelier allemand Friedrich Merz, une réunion de la coalition des volontaires pour l'Ukraine.

Le chef de l'Etat français y a participé en visioconférence, tandis que le Premier ministre britannique s'est rendu à Kiev, pour son premier déplacement à l'étranger.

A cette occasion, il a notamment rencontré le président du Conseil européen, Antonio Costa, à qui il a affirmé que le Royaume-Uni devait faire preuve de "plus d'audace" pour se rapprocher de l'UE, selon un compte-rendu de leur entretien publié par Downing Street.


Washington désigne le groupe Palestine Action comme «organisation terroriste étrangère»

"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio. (AFP)
"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio. (AFP)
Short Url
  • L'organisation propalestinienne Palestine Action est accusée d'avoir "apporté une aide substantielle (...) à un acte de terrorisme ou en faveur de celui-ci", a rapporté dans un communiqué le département du Trésor
  • L'entité italienne visée est Autistici/Inventati (Collectif A/I), que Washington considère comme "un groupe extrémiste qui met en place et gère l'infrastructure numérique de cellules Antifa violentes et d'autres militants à travers le monde

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont désigné mercredi comme "organisations terroristes" le groupe Palestine Action, basé au Royaume-Uni, ainsi qu'un groupe italien d'extrême gauche, dans le cadre d'une offensive de l'administration Trump contre les mouvements extrémistes de gauche.

"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio.

"Nous utiliserons tous les moyens et toutes les prérogatives dont nous disposons pour lutter contre le terrorisme et protéger notre mode de vie contre la coercition terroriste", a-t-il ajouté.

L'organisation propalestinienne Palestine Action est accusée d'avoir "apporté une aide substantielle (...) à un acte de terrorisme ou en faveur de celui-ci", a rapporté dans un communiqué le département du Trésor.

L'entité italienne visée est Autistici/Inventati (Collectif A/I), que Washington considère comme "un groupe extrémiste qui met en place et gère l'infrastructure numérique de cellules Antifa violentes et d'autres militants d'extrême gauche à travers le monde", selon un autre communiqué du département d'Etat.

"Ces outils sont spécifiquement conçus pour faciliter les activités des réseaux terroristes d'extrême gauche, et permettent à ces derniers de s'organiser, recruter, communiquer, diffuser de la propagande, partager des informations sur leurs cibles et des tactiques, et mener des attaques violentes – tout en restant anonymes, intraçables", est-il reproché.

Le département d'Etat affirme aussi que les "cellules anarchistes responsables des actes de sabotage commis contre les réseaux ferroviaires en France, en Italie, en Allemagne et aux Pays-Bas en 2026 ont utilisé les outils et services du collectif A/I pour revendiquer ces attaques, publier des communiqués officiels et diffuser des manuels expliquant comment fabriquer des engins incendiaires de fortune pour les voies ferrées et d'autres infrastructures critiques".

Liberté d'expression 

Au Royaume-Uni, le groupe Palestine Action a été déclaré "terroriste" par le gouvernement travailliste en 2025 après des actes de vandalisme commis par ses militants, notamment sur une base de la Royal Air Force et une attaque à Bristol contre un site de l'entreprise d'armement israélienne Elbit Systems.

La mesure, qui entraîne son interdiction, a déclenché des manifestations d'ampleur et est contestée devant la justice.

"Le fait que Trump s'inspire désormais de la répression exercée par la Grande-Bretagne à l'encontre du mouvement pour la liberté des Palestiniens montre à quel point cette interdiction est dangereuse et devrait servir de signal d'alarme à tous ceux qui ont à cœur la liberté d'expression et les libertés civiles", a réagi Huda Ammori, co-fondatrice de Palestine Action.

Elle a appelé le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, à lever cette interdiction qui représente une "attaque sans précédent contre la liberté d'expression en Grande-Bretagne".

Créé en 2020, Palestine Action a gagné en visibilité après le début de la guerre dans la bande de Gaza, provoquée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

Les sanctions américaines impliquent pour les organisations visées un gel des avoirs éventuellement détenus aux Etats-Unis. Les entreprises et citoyens américains ont interdiction de commercer avec elles, sous peine d'être à leur tour sanctionnés.

Mi-juillet, les Etats-Unis ont accueilli une conférence internationale sur "la résurgence du terrorisme politique", visant notamment le mouvement Antifa, pour "antifasciste". Il s'agit d'un mouvement nébuleux d'activistes de gauche qui, selon les experts, relève davantage d'une idéologie politique que d'un groupe organisé.

Dans un récent rapport sur l'antiterrorisme, l'administration Trump a défini trois principales "menaces" contre la première puissance mondiale: "les narcoterroristes et les gangs internationaux", les "terroristes islamistes historiques" et les "extrémistes violents de gauche, y compris les anarchistes et les antifascistes".

Les détracteurs de l'administration Trump relèvent que la violence d'extrême gauche reste historiquement bien en-deçà de celle de l'extrême droite.