Forum de Davos: le ministre saoudien des Affaires étrangères appelle au dialogue mondial et à la coopération

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a déclaré que la pandémie de Covid-19 avait enseigné à la communauté mondiale la «nécessité d’axer ses efforts sur la coopération.»
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a déclaré que la pandémie de Covid-19 avait enseigné à la communauté mondiale la «nécessité d’axer ses efforts sur la coopération.»
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Publié le Mardi 24 mai 2022

Forum de Davos: le ministre saoudien des Affaires étrangères appelle au dialogue mondial et à la coopération

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a déclaré que la pandémie de Covid-19 avait enseigné à la communauté mondiale la «nécessité d’axer ses efforts sur la coopération.»
  • Le Royaume «travaille dur» pour ouvrir la voie au dialogue entre les grandes puissances, a précisé le prince Faisal ben Farhane au forum de Davos
  • «Nous espérons que nous pourrons faciliter une partie du dialogue, particulièrement en ce qui concerne le contexte sino-américain», a indiqué le ministre saoudien des Affaires étrangères

 

DUBAÏ: Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a appelé au dialogue et à la coopération au niveau mondial, dans un contexte d'escalade de la concurrence géostratégique entre les grandes puissances américaine, chinoise et russe.

«Si nous avons appris quelque chose de la pandémie de Covid-19, c'est que nous devons nous concentrer sur la coopération et continuer à chercher des moyens de favoriser la coopération», a affirmé le haut diplomate saoudien lors d'une table ronde au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, lors de laquelle ont été abordées les perspectives géopolitiques mondiales au lendemain de l'invasion russe de l'Ukraine.

Les trois grandes puissances mondiales sont en train d’opérer des changements géostratégiques – la Russie avec sa récente incursion militaire en Ukraine, la Chine à travers son imposante initiative de «la Ceinture et la Route» et les États-Unis en établissant de nouveaux liens économiques et militaires.

Le président américain, Joe Biden, a rencontré cette semaine les autres dirigeants du groupe de sécurité Quad – le Japon, l'Australie et l'Inde – qui ont souligné leur détermination à garantir une région indopacifique libre et ouverte face à la détermination croissante de Pékin.

«Même lorsqu'il y a des différences et qu’il existe une concurrence, nous devons trouver des moyens pour nous parler. Le Royaume ayant des relations avec tous les acteurs majeurs et jouant un rôle dans une partie très importante du monde, nous espérons que nous pourrons faciliter une partie du dialogue, particulièrement en ce qui concerne le contexte sino-américain», a indiqué le prince Faisal.

La Chine est devenue un partenaire commercial majeur de l'Arabie saoudite, les expéditions vers ce pays asiatique ayant atteint 33,4 milliards de dollars en 2020 (un dollar = 0,93 euros) – principalement du pétrole brut et ses dérivés – et les exportations ayant connu une croissance de 19% par an en moyenne au cours des vingt-cinq dernières années.

Les États-Unis, quant à eux, entretiennent une relation de longue date avec le Royaume au niveau de la sécurité. L’Arabie saoudite est le plus gros client des États-Unis en ce qui concerne les ventes militaires à l'étranger, avec plus de 100 milliards de dollars de ventes actives.

Cependant, sans coopération, en particulier sur des questions telles que la sécurité alimentaire, «nous serons confrontés à des difficultés importantes, en particulier dans le monde en développement», a précisé le prince Faisal.

«Le Royaume est un membre du G20, mais c'est aussi un pays en développement, et nous sommes très attachés à aider à définir l’agenda mondial pour soutenir le reste du monde en développement», a-t-il ajouté.

Alors que la scène mondiale est confrontée à des défis géostratégiques croissants, le prince Faisal espère qu'une activité diplomatique accrue au Moyen-Orient pourra ouvrir davantage de voies au dialogue et à la coopération. «Je l'espère bien, et nous travaillons dur pour atteindre cet objectif», a-t-il soutenu.

«Le Royaume a mis en place la Vision 2030, qui est un plan stratégique de grande ampleur. Nous ne pouvons l’appliquer que si la région est sûre, sécurisée et stable. Cela ne peut se produire qu'avec la coopération de tous nos voisins, et nous continuerons donc sur cette voie du dialogue et de la coopération», a affirmé le prince Faisal lors de la table ronde au Forum économique mondial.

Au cours de cette même discussion, le président polonais Andrzej Duda a déclaré que «l'agression russe était impensable il y a deux ans», ajoutant: «Je ne m'attendais pas à ce qu'une agression se produise à cette échelle.»

 «Je ne peux pas accepter en tant que pays voisin que la Russie viole les lois internationales. Il n'y avait aucune autre raison pour que la Russie envahisse l'Ukraine. Cette invasion était purement due aux ambitions impérialistes de la Russie», a affirmé le président polonais. 

Le ministre finlandais des Affaires étrangères, Pekka Haavisto, s'est dit satisfait que «les principaux pays de l'Otan nous aient fourni des garanties de sécurité, bien que la Finlande n'en soit pas encore membre». La Finlande considère l'Otan «comme un groupe de pays démocratiques partageant des valeurs communes et une coopération transatlantique très forte», a-t-il déclaré.

La Suède et la Finlande, toutes deux neutres pendant la guerre froide, ont officiellement demandé la semaine dernière à rejoindre l'Alliance atlantique, stimulées par la guerre de Moscou contre Kiev. La Finlande partage une frontière de 1 300 kilomètres avec la Russie et craint la volonté de Moscou «de prendre des risques plus élevés».

«Nous constatons une capacité de prise de risque totalement différente, la Russie agissant de manière très imprévisible», a-t-il affirmé.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée israélienne dit frapper des cibles du Hezbollah à Beyrouth

Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars. (AFP)
Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars. (AFP)
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  • Une frappe a visé lundi la banlieue sud de Beyrouth après un avertissement lancé par l'armée israélienne aux habitants de sept quartiers, selon des images de l'AFPTV
  • Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi mener des frappes à Beyrouth contre des infrastructures du mouvement islamiste libanais Hezbollah, un allié de Téhéran, plus d'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient.

L'armée "a commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah terroriste à Beyrouth", indique un court communiqué militaire.

Une frappe a visé lundi la banlieue sud de Beyrouth après un avertissement lancé par l'armée israélienne aux habitants de sept quartiers, selon des images de l'AFPTV.

Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars.

 

 

 


L'Iran confirme la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution

L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière. (AFP)
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  • L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière
  • Tangsiri, l'un des visages des forces armées les plus connus du grand public, "a succombé à des blessures graves", ont indiqué les Gardiens, l'armée idéologique iranienne, sur leur site Sepah News

TEHERAN: L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière.

Tangsiri, l'un des visages des forces armées les plus connus du grand public, "a succombé à des blessures graves", ont indiqué les Gardiens, l'armée idéologique iranienne, sur leur site Sepah News.

 

 


Les Houthis du Yémen visent à nouveau Israël et entrent dans la guerre au Moyen-Orient

Les Houthis du Yémen ont revendiqué samedi deux attaques en quelques heures contre Israël, marquant l'entrée de ces rebelles alliés de Téhéran dans le conflit au Moyen-Orient, commencé il y a un mois. (AFP)
Les Houthis du Yémen ont revendiqué samedi deux attaques en quelques heures contre Israël, marquant l'entrée de ces rebelles alliés de Téhéran dans le conflit au Moyen-Orient, commencé il y a un mois. (AFP)
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  • Le groupe rebelle a ainsi ciblé Israël pour la première fois depuis le début de la guerre le 28 février, déclenchée par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran
  • Alors que le trafic maritime mondial est largement perturbé par le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran, l'entrée des Houthis dans le conflit pourrait encore aggraver la situation

TEHERAN: Les Houthis du Yémen ont revendiqué samedi deux attaques en quelques heures contre Israël, marquant l'entrée de ces rebelles alliés de Téhéran dans le conflit au Moyen-Orient, commencé il y a un mois.

Leur porte-parole a affirmé dans un communiqué sur X que les Houthis avaient lancé "des missiles de croisière et des drones" en direction de "plusieurs objectifs vitaux et militaires" en Israël.

Le groupe rebelle a ainsi ciblé Israël pour la première fois depuis le début de la guerre le 28 février, déclenchée par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran.

Alors que le trafic maritime mondial est largement perturbé par le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran, l'entrée des Houthis dans le conflit pourrait encore aggraver la situation: le groupe avait mené de nombreuses attaques contre les navires commerciaux en mer Rouge entre 2023 et 2025, pendant la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza.

En parallèle, l'Iran poursuit ses frappes de riposte, en Israël et à travers le Golfe.

Le port omanais de Salalah, situé à l'extérieur du détroit d'Ormuz sur la mer d'Arabie, a été évacué après une attaque de drones. Ses opérations ont été suspendues pour 48 heures, d'après l'armateur danois Maersk.

Universités américaines menacées 

Les Gardiens de la révolution, armée idéologique de la République islamique, ont menacé tôt dimanche de frapper les universités américaines dans la région, après avoir fait état de deux universités en Iran endommagées par des frappes américano-israéliennes.

"Si le gouvernement américain veut que ses universités dans la région ne subissent pas de représailles (...), il doit condamner le bombardement des universités dans un communiqué officiel avant lundi 30 mars à midi", ont déclaré les Gardiens de la Révolution dans un communiqué publié par des médias iraniens.

De nombreuses universités américaines possèdent des campus dans les pays du Golfe, comme l'université Texas A&M, implantée au Qatar, ou encore la New York University, aux Emirats arabes unis.

Les Etats-Unis avaient condamné avant cela "avec la plus grande fermeté" les attaques "perpétrées en Irak par les milices terroristes agissant pour le compte de l'Iran", et notamment celle "contre la résidence privée du président de la région du Kurdistan irakien, Nechirvan Barzani".

Des attaques qui ont notamment pris pour cible l'ambassade américaine à Bagdad.

A Téhéran, de nouvelles explosions ont été entendues dans la soirée de samedi par des journalistes de l'AFP, dans la partie est de la capitale, déjà lourdement bombardée la nuit d'avant.

Préparatifs du Pentagone 

Les efforts diplomatiques se multiplient ces derniers jours pour tenter de mettre fin à la guerre, et des responsables turcs, pakistanais, égyptiens et saoudiens doivent se réunir dimanche et lundi à Islamabad pour des "discussions approfondies".

Les spéculations vont bon train cependant sur le déploiement de troupes américaines sur le territoire iranien.

Selon le Washington Post, qui cite samedi soir des responsables américains, le Pentagone se prépare à des opérations de plusieurs semaines sur le terrain en Iran.

De telles opérations n'iraient pas jusqu'à une invasion à grande échelle de l'Iran, ont souligné les responsables américains sous couvert de l'anonymat, mais impliqueraient plutôt des raids en territoire iranien à la fois par des membres des forces spéciales et d'autres soldats.

Selon le Washington Post, il n'était pas clair samedi si Donald Trump comptait approuver tout ou partie, voire aucun des plans du Pentagone.

L'armée américaine a annoncé samedi l'arrivée au Moyen-Orient du Tripoli, un navire d'assaut amphibie à la tête d'un groupe naval comprenant "quelque 3.500" marins et soldats du corps des Marines.

Et ces derniers jours, plusieurs médias américains ont rapporté que Donald Trump envisageait d'envoyer prochainement au moins 10.000 militaires au Moyen-Orient.

Lourd tribut des civils 

Un mois après le début de la guerre, les civils continuent de payer un lourd tribut.

En Iran, d'après les médias samedi, au moins 12 personnes ont été tuées par des frappes américano-israéliennes dans la nuit dans différentes régions d'Iran.

Onze personnes ont été blessées samedi par des éclats lors de l'impact d'un missile iranien dans le centre d'Israël, ont annoncé les secours et l'armée.

La situation empire aussi au Liban, entraîné dans la guerre dès le 2 mars lorsque le mouvement chiite Hezbollah, soutenu par Téhéran, a commencé à tirer des roquettes sur Israël.

Trois journalistes libanais ont été tués samedi par une frappe sur leur véhicule dans le sud du Liban, Israël affirmant avoir visé un membre d'une unité d'élite du Hezbollah.

Depuis début mars, les frappes israéliennes ont fait un millier de morts selon des sources officielles et un million de déplacés dans ce pays.