Est de RDC: combats au nord de Goma près du Rwanda, le M23 soupçonné

Des unités des Forces armées de la République démocratique du Congo et de la police se tiennent à l'aérodrome de Kiwanja quelques jours après des affrontements avec les rebelles du M23 à Rutshuru, à 70 kilomètres de la ville de Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo, le 3 avril 2022 (Photo, AFP).
Des unités des Forces armées de la République démocratique du Congo et de la police se tiennent à l'aérodrome de Kiwanja quelques jours après des affrontements avec les rebelles du M23 à Rutshuru, à 70 kilomètres de la ville de Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo, le 3 avril 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 25 mai 2022

Est de RDC: combats au nord de Goma près du Rwanda, le M23 soupçonné

  • Le M23 est une ancienne rébellion tutsi vaincue en 2013 par les forces armées de RDC
  • Lundi, le Rwanda avait affirmé que plusieurs civils avaient été blessés par des tirs congolais

GOMA, RD Congo: Des combats ont éclaté mardi à une vingtaine de km au nord de Goma, chef-lieu de la province troublée du Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo, au lendemain d'accusations rwandaises contre l'armée congolaise, a-t-on appris de sources locales.

Certaines de ces sources affirment que des rebelles du M23 ("Mouvement du 23 mars"), en conflit avec l'armée dans cette province frontalière du Rwanda et de l'Ouganda, ont attaqué une position militaire. D'autres accusent "des Rwandais" d'avoir participé aux combats.

Selon des témoignages d'habitants, des tirs d'armes lourdes ont été entendus à partir de 03H00 (01H00 GMT) dans le groupement de Buhumba et ses environs en territoire de Nyiragongo, dans la zone du massif des Virunga autour du mont Mikeno, région connue pour ses gorilles de montagne. Le calme semblait revenu en fin de journée.

"Une position des FARDC (armée congolaise) a été attaquée", les villageois se sont enfuis, certains allant vers Goma, d'autres vers le Rwanda, a déclaré à l'AFP Olivier Nzabonimpa, président de la société civile du groupement Buhumba. Selon lui, plusieurs villages "se sont vidés de leurs habitants".

Boniface Kagumyo, bourgmestre de la commune de Kibumba, une des localités touchées, a accusé les rebelles du M23 d'être à l'origine de l'attaque dans cette zone de Buhumba où, selon lui, les militaires n'étaient pas déployés en grand nombre.

"Ce sont des Rwandais qui ont attaqué les FARDC (...) Il y a deux blessés parmi les civils", a de son côté déclaré Augustin Mirere, chef de la localité de Rubiranga, également ciblée.

"C'est calme pour l'instant, nous attendons de voir comment se passera la nuit", a déclaré en fin d'après-midi à l'AFP sous couvert d'anonymat un haut responsable militaire congolais, affirmant avoir "saisi des tenues de l'armée rwandaise et récupéré des armes". 

"Nous avons repoussé l'attaque de l'ennemi, ils ont fui vers la frontière, nous les avons pourchassés", a affirmé cet officier. "Nous avons compté 22 corps de leur côté et avons perdu 9 militaires", a-t-il ajouté. 

«Déposer les armes»

Lundi, le Rwanda avait affirmé que plusieurs civils avaient été blessés par des tirs congolais de roquettes en territoire rwandais à la frontière avec la RDC, et appelé à une "enquête urgente" sur cet incident.

La veille, les Nations unies avaient accusé le M23 d'avoir "délibérément" attaqué des Casques bleus dans le territoire congolais voisin de Rutshuru.

"Notre mission reste prête à utiliser tous les (moyens) nécessaires dans le cadre de son mandat pour soutenir les efforts congolais visant à neutraliser les groupes armés et protéger les civils", a déclaré Stéphane Dujarric, porte-parole de l'ONU dans son point presse de mardi.

Dans un communiqué daté de lundi, le président de la Commission de l'Union africaine Moussa Faki Mahamat a appelé "les rebelles du M23 à déposer définitivement leurs armes, à cesser toute hostilité et à s'inscrire dans l'esprit du processus de Nairobi pour une résolution des crises à l’Est de la RDC".

Des consultations ont été menées en avril dans la capitale kényane entre le gouvernement congolais et des groupes rebelles, nouvelle initiative lancée pour tenter de mettre fin à plus d'un quart de siècle de violence. Une branche du M23, accusée par Kinshasa d'avoir relancé les hostilités au moment des discussions, en avait été exclue.

Le M23 est une ancienne rébellion tutsi vaincue en 2013 par les forces armées de RDC et réapparue en fin d'année dernière, qui reproche aux autorités de Kinshasa de ne pas avoir respecté des engagements sur la démobilisation de ses combattants.

Les relations entre Kinshasa et Kigali sont tendues depuis le génocide au Rwanda en 1994 avec l'arrivée massive en RDC de Hutu rwandais accusés d'avoir massacré des Tutsi durant le génocide. Depuis, le Rwanda a été régulièrement accusé par Kinshasa d'incursions au Congo et de soutien à des groupes armés dans l'est du pays. 


Avec l'ouverture de consulats, France et Canada marquent leur soutien au Groenland

Des passagers se préparent à embarquer à bord d’un avion d’Air Inuit alors qu’ils voyagent de Montréal à Nuuk, au Groenland, le 5 février 2026. (Christinne Muschi / The Canadian Press via AP)
Des passagers se préparent à embarquer à bord d’un avion d’Air Inuit alors qu’ils voyagent de Montréal à Nuuk, au Groenland, le 5 février 2026. (Christinne Muschi / The Canadian Press via AP)
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  • La France et le Canada ouvrent des consulats généraux à Nuuk, marquant leur soutien au Groenland face aux velléités américaines et renforçant la reconnaissance internationale de l’autonomie groenlandaise
  • Cette démarche s’inscrit dans une stratégie européenne et alliée visant à internationaliser la question du Groenland, tout en accompagnant le territoire dans sa montée en puissance diplomatique et politique

COPENHAGUE: La France et le Canada, qui s'opposent au projet de l'administration américaine de prendre le contrôle du Groenland, ouvrent chacun vendredi un consulat général à Nuuk, la capitale de ce territoire autonome danois, une reconnaissance pour le gouvernement local.

"C'est une victoire pour les Groenlandais de voir deux pays alliés ouvrir des représentations diplomatiques à Nuuk", estime Jeppe Strandsbjerg, politologue rattaché à l'Université du Groenland. "Les Groenlandais apprécient énormément le soutien face aux remarques de Trump".

La récente crise a débouché sur la conclusion entre le président américain et le secrétaire général de l'Otan d'un "cadre" en vue d'un accord sur l'avenir de l'île arctique, aux contours encore flous tandis qu'Américains, Groenlandais et Danois se retrouvent au sein d'un groupe de travail.

Le contenu de l'accord et la teneur des discussions n'ont pas été rendus publics.

Danemark et Groenland, qui partagent les préoccupations de Donald Trump sur la sécurité arctique, refusent tout transfert de souveraineté.

La décision française d'ouvrir un consulat est antérieure aux récentes tensions. Elle avait été annoncée en juin lors d'une visite du président Emmanuel Macron à Nuuk où il était venu exprimer la "solidarité européenne" pour l'île, critiquant déjà les velléités de Donald Trump de l'annexer.

Jean-Noël Poirier, ancien ambassadeur de France au Vietnam, a été nommé consul général.

Le Canada avait lui indiqué fin 2024 qu'il allait ouvrir un consulat général sur l'immense territoire arctique pour affermir la coopération avec les Groenlandais.

L'ouverture de ces représentations diplomatiques permet de dire "à Donald Trump que son agressivité envers le Groenland et le Danemark n'est pas seulement une question pour le Groenland et le Danemark, c'est aussi une affaire pour les alliés européens, mais également pour le Canada", souligne à l'AFP Ulrik Pram Gad, spécialiste de l'Arctique à l'Institut danois des études internationales.

"C'est un petit pas, cela fait partie de la stratégie de rendre le problème européen", insiste Christine Nissen, analyste du think-tank Europa, experte en questions de sécurité et de défense. "Ses conséquences ne sont évidemment pas seulement danoises, c'est un problème européen et global".

- Reconnaissance -

Pour la diplomatie groenlandaise, l'ouverture de consulats - qui dépendent formellement des ambassades de France et du Canada à Copenhague - c'est aussi "l'occasion de s'entraîner à l'indépendance en ayant des relations directes", note M. Strandsbjerg.

C'est une forme de reconnaissance pour leur autonomie grandissante, définie dans la loi-cadre de 2009.

"Les Groenlandais penseront, dans le cadre de leur propre quête de souveraineté, à avoir des contacts plus directs avec d'autres pays européens", dit Mme Nissen.

Cela permet de "réduire l'importance du rôle du Danemark en diversifiant la dépendance du Groenland vis-à-vis du monde extérieur, pour que tout ne vienne plus uniquement du Danemark, mais qu'il y ait davantage de relations sur les plans économique, commercial, des investissements, politique, etc.", abonde M. Pram Gad.

Le Groenland a des représentations diplomatiques auprès de l'Union européenne depuis 1992, à Washington depuis 2014 et à Reykjavik depuis 2017.

A Nuuk, l'Islande a ouvert son consulat général en 2013 et les Etats-Unis en 2020. Entre 1940 et 1953, les Américains avaient eu un premier consulat dans la paisible capitale groenlandaise.

La Commission européenne a elle ouvert un bureau en 2024.


Le président Trump déclare qu'il «travaille dur pour mettre fin» à la guerre au Soudan

Le président américain Donald Trump s'exprime lors du National Prayer Breakfast à Washington DC, jeudi. (Capture d'écran)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors du National Prayer Breakfast à Washington DC, jeudi. (Capture d'écran)
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  • M. Trump a déclaré pour la première fois qu'il commencerait à "travailler" sur la guerre au Soudan en novembre dernier, après que le prince héritier saoudien lui a demandé d'aider à mettre fin au conflit lors d'une visite aux États-Unis
  • "Sa majesté aimerait que je fasse quelque chose de très puissant en rapport avec le Soudan", a déclaré M. Trump lors du Forum d'investissement américano-saoudien

LONDRES : Le président américain Donald Trump a déclaré jeudi qu'il "travaillait dur" pour mettre fin à la guerre au Soudan.

"Je travaille dur pour mettre fin à cette guerre. Nous sommes très proches d'y parvenir. Ce sera le neuvième, si nous ne réglons pas d'abord la question de la Russie et de l'Ukraine. Mais nous travaillons dur pour mettre fin à toute cette guerre. Nous sommes très près d'y parvenir. Nous l'avons presque fait", a déclaré le président lors du National Prayer Breakfast à Washington DC.

M. Trump a déclaré pour la première fois qu'il commencerait à "travailler" sur la guerre au Soudan en novembre dernier, après que le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed bin Salman lui a demandé d'aider à mettre fin au conflit lors d'une visite aux États-Unis.

"Sa majesté aimerait que je fasse quelque chose de très puissant en rapport avec le Soudan", a déclaré M. Trump lors du Forum d'investissement américano-saoudien.

"Ce n'était pas dans mon programme, je pensais que c'était quelque chose de fou et d'incontrôlable", a-t-il ajouté.

"Mais je vois à quel point c'est important pour vous, et pour beaucoup de vos amis dans cette salle, le Soudan. Et nous allons commencer à travailler sur le Soudan".

Depuis son déclenchement en avril 2023, la guerre entre l'armée soudanaise et les forces paramilitaires de soutien rapide a tué des dizaines de milliers de personnes et en a déplacé près de 12 millions.


Pologne: l'ambassadeur américain rompt avec le président du Parlement à cause d'«insultes» envers Trump

Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix. (AFP)
Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix. (AFP)
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  • Le Premier ministre, Donald Tusk, a réagi aussitôt aux déclarations de l'ambassadeur, insistant sur le fait que "les alliés devraient se respecter et non pas se faire la morale"
  • Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix

VARSOVIE: L'ambassadeur des Etats-Unis à Varsovie a annoncé jeudi la rupture de "tout échange" avec le président de la chambre basse du Parlement polonais, qualifiant d'"insultes" ses propos sur son refus de soutenir Donald Trump pour le Prix Nobel de la Paix.

"Nous ne permettrons à personne de nuire aux relations américano-polonaises ni de manquer de respect à (Donald Trump) qui a tant fait pour la Pologne et le peuple polonais", a écrit l'ambassadeur Tom Rose sur X.

Le Premier ministre, Donald Tusk, a réagi aussitôt aux déclarations de l'ambassadeur, insistant sur le fait que "les alliés devraient se respecter et non pas se faire la morale".

Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix.

"Je ne soutiendrai pas la motion en faveur d'un prix Nobel de la paix pour le président Trump, parce qu'il ne le mérite pas", a alors déclaré M. Czarzasty.

Il a estimé que plutôt que se rapprocher davantage de la Maison-Blanche, la Pologne devrait "renforcer les alliances existantes" telles que l'OTAN, l'ONU et l'OMS.

Il a critiqué M. Trump, notamment pour l'imposition de tarifs douaniers aux pays européens, ses menaces d'annexer le Groenland ou ses affirmations selon lesquelles les alliés des Etats-Unis au sein de l'OTAN, dont la Pologne, seraient "restés un peu loin des lignes de front" pendant la guerre en Afghanistan.

"C'est une violation de la politique des principes et des valeurs, souvent une violation du droit international", a déclaré M. Czarzasty.

Fin janvier, avec plusieurs autres hauts responsables polonais, M. Czarzasty a dénoncé des propos du président Trump selon lesquels les États-Unis "n’avaient jamais besoin" des alliés de l'OTAN.

Il a qualifié ces affirmations de "scandaleuses".

Quarante-trois soldats polonais sont morts au sein de la coalition de l’OTAN dirigée par les Etats-Unis en Afghanistan.

Jeudi, le président de la Diète a soutenu ses propos.

"Conformément à mes valeurs, j'ai défendu les soldats polonais engagés dans des missions et je n'ai pas soutenu la candidature du président @realDonaldTrump au prix Nobel de la paix", a-t-il déclaré sur X, accueillant "avec regret" la déclaration de l'ambassadeur.

M. Czarzasty dirige le parti La Nouvelle Gauche, membre de la coalition gouvernementale pro-européenne du Premier ministre Donald Tusk, avec laquelle M. Rose a déclaré entretenir "d'excellentes relations".

Cette coalition est confrontée à une cohabitation difficile avec le président conservateur-nationaliste Karol Nawrocki, fervent soutien de M. Trump.