A Mykolaïv, les habitants face aux pénuries d'eau, énièmes difficultés d'une vie bouleversée

Aujourd'hui, les pénuries d'eau ne sont que les énièmes difficultés d'une vie quotidienne entièrement bouleversée depuis l'invasion russe lancée le 24 février (Photo, AFP).
Aujourd'hui, les pénuries d'eau ne sont que les énièmes difficultés d'une vie quotidienne entièrement bouleversée depuis l'invasion russe lancée le 24 février (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 25 mai 2022

A Mykolaïv, les habitants face aux pénuries d'eau, énièmes difficultés d'une vie bouleversée

  • Dans cette ville d'un demi-million d'habitants avant la guerre, et ailleurs en Ukraine, les voitures font la queue pendant des heures aux station-services
  • Autres difficultés rencontrées par les habitants: de nombreux magasins et entreprises restent fermés et les cours à l'école ne se font plus qu'en ligne

MYKOLAÏV: Le bruit de l'artillerie gronde au loin et les sirènes anti-bombardements aériens retentissent à certains moments, mais Anna Bondar attend patiemment son tour pour faire le plein d'eau potable à Mykolaïv, en Ukraine.

Son mari étant alité, cette dame de 79 ans passe deux à trois heures par jour à ramener de l'eau chez elle. "Je suis très fatiguée", avoue-t-elle.

Les voyages risquent de devenir encore plus épuisants à mesure que l'été pointe son nez dans le sud de l'Ukraine, faisant grimper le thermomètre.

Depuis que les combats à proximité du front ont mis hors d'état un pipeline en avril, coupant directement l'accès à l'eau, les habitants vont à pied, en voiture ou encore à vélo à la recherche de camions-citernes, dans cette ville située à quelques kilomètres des territoires contrôlés par l'armée russe.

Aujourd'hui, les pénuries d'eau ne sont que les énièmes difficultés d'une vie quotidienne entièrement bouleversée depuis l'invasion russe lancée le 24 février.

Dans cette ville d'un demi-million d'habitants avant la guerre, et ailleurs en Ukraine, les voitures font la queue pendant des heures aux station-services, les attaques russes contre les raffineries perturbant l'approvisionnement à travers le pays.

Autres difficultés rencontrées par les habitants: de nombreux magasins et entreprises restent fermés et les cours à l'école ne se font plus qu'en ligne.

"J'ai une famille de quatre personnes. Pouvez-vous imaginer la quantité d'eau dont nous avons besoin pour nous laver, pour cuisiner, pour faire du thé ?", interroge Valeriï Barichev, un boulanger de 27 ans, en attachant des bidons d'eau potable à l'arrière de son vélo.

"Je dois aller chercher environ 120 litres par jour", explique-t-il, lorsqu'il comptabilise l'eau également nécessaire à son activité professionnelle.

«Du temps»

Les responsables militaires de la ville estiment qu'il faudra encore attendre "au moins un mois" avant que l'accès à l'eau du robinet ne soit rétabli. 

"Nous essayons de résoudre le problème" au plus vite, a affirmé à l'AFP le capitaine-lieutenant Dmytro Pletentchouk, de l'administration militaire régionale de Mykolaïv. 

"Il s'agit d'un processus qui prend du temps et qui implique de résoudre de nombreux problèmes techniques, notamment pour forer des puits, traiter l'eau", explique-t-il.

En attendant, les habitants sont obligés d'acheter de l'eau en bouteille, une dépense importante pour certains habitants qui sont sans revenus depuis plusieurs mois en raison de la guerre.

"Parfois, je viens ici tous les deux jours, parfois deux fois par jour", raconte Viktor Odnoutov, un retraité de 69 ans. "C'est décourageant, à la fois moralement et physiquement. Dieu merci, je peux transporter environ 20 litres. Mais quand j'ai mal au dos, je ne peux même pas prendre une bouteille de cinq litres".

Volodymyr Pobedynsky, 82 ans, dit pour sa part qu'il sort souvent seul pour aller chercher de l'eau qu'il utilise notamment pour préparer du borchtch, soupe ukrainienne typique à base de betterave.

"Je n'ai pas peur de la chaleur. Mon corps y est habitué", assure-t-il. Et s'il admet qu'avoir découvert qu'il est encore capable de transporter de l'eau à son âge a été une agréable surprise, voir des troupes traverser la frontière ukrainienne a été un véritable choc pour ce natif de Russie.

"Cela me rend très triste", raconte-t-il à l'AFP, se remémorant les nombreux voyages que lui et sa femme effectuaient avant pour rentrer voir sa famille et ses amis en Russie.

"Nous aidions nos parents, nous nous occupions de leur jardin", dit-il. "Maintenant, nous ne pouvons même plus y aller pour nous occuper de leurs tombes".


Amazon fait construire au Texas une immense centrale à gaz pour ses centres de données

Le logo du géant américain de la vente en ligne Amazon sur la façade d’un centre de redistribution à Horn-Bad Meinberg, dans l’ouest de l’Allemagne, le 9 décembre 2024. (AFP)
Le logo du géant américain de la vente en ligne Amazon sur la façade d’un centre de redistribution à Horn-Bad Meinberg, dans l’ouest de l’Allemagne, le 9 décembre 2024. (AFP)
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  • Amazon construit au Texas une centrale à gaz de 7,65 GW dédiée à ses centres de données, avec une autorisation d’émettre plus de 30 millions de tonnes de GES par an
  • Le projet illustre l’explosion des besoins énergétiques liés à l’IA, tout en soulevant de fortes inquiétudes environnementales et sanitaires malgré les engagements climatiques d’Amazon

WASHINGTON: Amazon fait construire au Texas une immense centrale à gaz qui pourrait devenir la plus importante source d'émission de gaz à effet de serre des Etats-Unis, a confirmé vendredi le géant technologique américain.

Le projet, nommé GW Ranch, est destiné à alimenter en électricité d'immenses centres de données et ne sera pas connecté au réseau électrique, une solution de plus en plus utilisée par les géants de la tech pour satisfaire à la hâte l'énergie requise par le boom lié à l'IA.

Le projet prévoit 35 turbines pour une capacité totale de 7,65 gigawatts, selon des permis, plus de quatre fois la puissance du réacteur nucléaire EPR de Flamanville en France, et plus que n'importe quelle centrale à gaz actuellement en activité aux Etats-Unis.

La centrale a l'autorisation d'émettre plus de 30 millions de tonnes de gaz à effet de serre par an, plus que n'importe quelle autre infrastructure dans le pays.

A l'aide d'images satellites, le cabinet spécialisé du secteur Cleanview a fait le lien entre ce projet de centrale et trois permis de centres de données déposés cette semaine par Amazon dans cette zone aride du Texas, près de la frontière mexicaine.

Un porte-parole du géant américain a confirmé l'information, en insistant: "Amazon tient à payer intégralement le coût réel de l'alimentation de nos opérations."

"C'est exactement ce que fait notre nouveau projet de centres de données dans le comté de Pecos: il sera alimenté par une centrale dédiée qui n'augmentera pas les prix de l'électricité pour les foyers texans", a-t-il ajouté, sur fond d'inquiétude politique sur une hausse des factures.

L'entreprise affirme qu'elle "explore les possibilités" d'ajouter de l'énergie solaire au site et qu'elle utilisera de l'eau non-potable pour éviter de siphonner le réseau local. Le géant américain affirme aussi maintenir son objectif de bilan carbone neutre d'ici à 2040.

La soif d'électricité des centres de données est telle que, depuis quelques années, de plus en plus d'infrastructures installent, directement près de leurs serveurs, des centrales dédiées et hors-réseau, comme d'immenses groupes électrogènes.

Si elles sont moins polluantes que les centrales à charbon, celles à gaz restent des sources importantes d'émissions responsables du réchauffement climatique, d'autant plus que la production de gaz naturel provoque des fuites de méthane, un gaz au très puissant effet de serre.

Ces centrales émettent aussi des gaz toxiques et des particules fines qui peuvent représenter des dangers pour la santé.


Foot: Hervé Renard nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire

Le sélectionneur de la Tunisie, Hervé Renard, arrive au stade avant le match de la Coupe du monde 2026 contre les Pays-Bas, au Kansas City Stadium, à Kansas City (Missouri, États-Unis), le 25 juin 2026. (Reuters)
Le sélectionneur de la Tunisie, Hervé Renard, arrive au stade avant le match de la Coupe du monde 2026 contre les Pays-Bas, au Kansas City Stadium, à Kansas City (Missouri, États-Unis), le 25 juin 2026. (Reuters)
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  • Hervé Renard est nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire, un poste qu'il avait déjà occupé entre 2014 et 2015 avec une victoire à la CAN
  • Le Français succède à Emerse Faé, qui quitte ses fonctions malgré le sacre continental de 2024 et le meilleur parcours mondial de l'histoire du pays en 2026

PARIS: Le Français Hervé Renard a été nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire pour succéder à Emerse Faé, a annoncé mardi la fédération ivoirienne de football (FIF) sur ses réseaux sociaux.

Âgé de 57 ans, Renard, qui a brièvement dirigé la Tunisie lors du Mondial-2026 en étant arrivé en pleine compétition, avait déjà occupé ce poste entre 2014 et 2015, avec à la clé une Coupe d'Afrique des nations en 2015.

Renard, dont l'arrivée avait été annoncée dès mardi par le journal le Parisien, prend la suite de Faé, non reconduit par la FIF malgré une Coupe d'Afrique des nations remportée en 2024 et une qualification en 16e de finale lors du Mondial 2026, une première dans l'histoire du pays.

Renard, qui a dirigé au cours de sa carrière de nombreuses sélections, avait pris la tête de la Tunisie à la suite du lourd revers contre la Suède (5-1) lors du premier match des Aigles de Carthage au Mondial, une déroute qui avait coûté sa place à Sabri Lamouchi.

Il a officié à deux reprises, avec deux défaites à la clé, contre le Japon (4-0) et les Pays-Bas (3-1).

Libre de tout contrat après ce court intérim, Hervé Renard retrouve onze ans plus tard le banc de la Côte d'Ivoire où il jouit d'une très grande popularité, gagnée grâce au sacre de la CAN-2015 avec la génération de Yaya Touré, après près de 25 ans de disette.

Déjà vainqueur de la CAN trois ans plus tôt avec la Zambie, le technicien s'est bâti une réputation solide sur le continent africain où il a multiplié les expériences à la tête d'équipes nationales (Ghana, Angola, Maroc...).

Il a toutefois connu ces dernières années des expériences plus mitigées notamment à la tête de la sélection saoudienne, dont il a été limogé en avril malgré une qualification au Mondial-2026, ou sur le banc de l'équipe de France féminine, avec laquelle il a atteint les quarts des JO-2024 à Paris.

M. Renard est attendu à Abidjan dans les prochains jours afin de prendre officiellement ses fonctions, a précisé la fédération ivoirienne.


Trump dit que soit le détroit d'Ormuz "ouvrira très bientôt", soit l'Iran sera frappé "très fort"

Le président américain Donald Trump a déclaré qu'un accord visant à rouvrir le détroit d'Ormuz pourrait être conclu dès mercredi, tout en avertissant que l'Iran serait « frappé très durement » si les négociations échouaient. (AP)
Le président américain Donald Trump a déclaré qu'un accord visant à rouvrir le détroit d'Ormuz pourrait être conclu dès mercredi, tout en avertissant que l'Iran serait « frappé très durement » si les négociations échouaient. (AP)
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  • Donald Trump affirme qu'un accord avec l'Iran sur la réouverture du détroit d'Ormuz est proche, tout en menaçant Téhéran de représailles en cas d'échec
  • Un accord temporaire de 60 jours serait à l'étude pour encadrer la navigation dans le détroit, alors que les incidents sécuritaires se poursuivent

Rancho Palos Verdes, États-Unis:  Donald Trump a déclaré mardi que le détroit d'Ormuz ouvrirait "très bientôt, ou alors (les Iraniens) seront frappés très fort", dans un entretien accordé à la chaîne Fox News.

"Nous avons de très bonnes discussions", a encore dit le président américain, en déplacement en Californie (ouest), assurant que l'Iran voulait passer un accord.

"J'ai le temps", a aussi déclaré le dirigeant républicain à propos de ce conflit qui dure depuis plus de cinq mois.

Selon le site Axios, qui cite des "sources régionales", un accord temporaire de 60 jours est en discussion pour organiser le passage dans le détroit entre l'Iran et le sultanat d'Oman.

Cet accord préliminaire, qui pourrait être annoncé dès mercredi, prévoit selon Axios que tout transport maritime entrant via le détroit emprunterait une voie nord dans les eaux iraniennes, et tout navire sortant suivrait une trajectoire méridionale dans les eaux contrôlées par Oman, le tout sans péage ou droit de passage.

Pendant cette période de soixante jours, et dans l'attente d'un accord définitif, la voie médiane du détroit serait déminée, toujours selon Axios, qui prévient que ce compromis n'est pas encore scellé.

"Il y a une chance que nous parvenions aujourd'hui ou demain à un accord visant à rouvrir le détroit et à aller vers une normalisation", a déclaré mardi le ministre des Finances américain Scott Bessent dans un entretien à la chaîne CNBC.

Les tensions dans le détroit, devenu un enjeu de premier plan dans la guerre au Moyen-Orient, restent vives. Mardi, l'agence maritime britannique UKMTO a indiqué qu'un navire y avait été touché par un "projectile inconnu".