Crise humanitaire, terrorisme et coups d'Etat en Afrique: deux sommets de l'UA à Malabo

Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, s'exprime lors de la signature d'un protocole de coopération visant à étendre un partenariat de santé publique entre les États-Unis et l'UA au Département d'État, le vendredi 11 mars 2022, à Washington, DC. (AFP).
Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, s'exprime lors de la signature d'un protocole de coopération visant à étendre un partenariat de santé publique entre les États-Unis et l'UA au Département d'État, le vendredi 11 mars 2022, à Washington, DC. (AFP).
Short Url
Publié le Mercredi 25 mai 2022

Crise humanitaire, terrorisme et coups d'Etat en Afrique: deux sommets de l'UA à Malabo

  • Malabo assure qu'une vingtaine de chefs d'Etat sont attendus, au moment où l'UA estime que quelque 113 millions d'Africains ont besoin d'une aide humanitaire d'urgence en 2022
  • «Environ 113 millions de personnes ont besoin d'aide humanitaire en Afrique dont 48 millions sont des réfugiés, des demandeurs d'asile et des déplacés internes», a détaillé le diplomate tchadien Moussa Faki Mahamat

MALABO : L'Union africaine (UA) a lancé mercredi les préparatifs de deux sommets extraordinaires consécutifs prévus en fin de semaine en Guinée équatoriale, le premier sur les crises humanitaires et le second sur le terrorisme et les "changements inconstitutionnels de gouvernement".

Malabo assure qu'une vingtaine de chefs d'Etat sont attendus, au moment où l'UA estime que quelque 113 millions d'Africains ont besoin d'une aide humanitaire d'urgence en 2022, que le "terrorisme" jihadiste gagne tout le continent et après deux années marquées par quatre coups d'Etat reconnus comme tels par l'organisation panafricaine, qui a suspendu de ses instances le Mali, le Soudan, le Burkina Faso et la Guinée.

Les préparatifs ont commencé mercredi après-midi dans la capitale équato-guinéenne par la cérémonie d'ouverture d'une session du Conseil exécutif de l'UA et le discours du président de sa Commission, le diplomate tchadien Moussa Faki Mahamat, rapporte un journaliste de l'AFP.

Urgence pour 113 millions d'Africains

"Environ 113 millions de personnes ont besoin d'aide humanitaire en Afrique dont 48 millions sont des réfugiés, des demandeurs d'asile et des déplacés internes", a détaillé M. Faki Mahamat. Il s'agit d'un besoin d'aide "urgente" dans 15 pays africains les plus touchés par les crises, précise l'UA dans un communiqué. Le premier "Sommet humanitaire extraordinaire", qui réunira aussi des donateurs pour tenter de mobiliser des fonds, se tiendra vendredi.

Selon l'UA, "les besoins humanitaires augmentent rapidement en Afrique", notamment "à cause des chocs climatiques et des conflits (...) qui ont augmenté de manière exponentielle les besoins humanitaires".

Plus de 30 millions de personnes sont des déplacées internes sur le continent, dont plus de 10 millions d'enfants de moins de quinze ans, selon l'UA. En cause: les conflits intercommunautaires dans certaines régions, et l'insécurité alimentaire. 

Sur un continent qui compte 1,4 milliard d'habitants, environ 282 millions sont sous-alimentés, en augmentation de 49 millions par rapport à 2019, selon l'agence des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

«Gangrène»

Le second sommet, samedi, intitulé "Terrorisme et changements inconstitutionnels de gouvernement", abordera "le terrorisme, une gangrène qui infecte progressivement toutes les régions du continent, de la Libye au Mozambique, du Mali à la Somalie, en passant par le Sahel, le bassin du lac Tchad et l'est de la République démocratique du Congo", a poursuivi le président de la Commission de l'UA, ajoutant: "le terrorisme ne cesse d'étendre sa loi macabre avec des conséquences considérables sur les finances, les économies et la sécurité des populations".

"Quant aux changements inconstitutionnels de gouvernement, fléaux récents mais heureusement encore très localisés sur le continent, il vient marquer un recul des processus démocratiques engagés dans de nombreux pays depuis une vingtaine d'années", a déploré Faki Mahamat. "Les délais des transitions mis en place au lendemain de ces changements inconstitutionnels sont devenus des sources de dissension et parfois de tensions préjudiciables à la stabilité des Etats concernés et de leur voisinage", a-t-il conclu.

Militaires putschistes

Au Mali, au Soudan, en Guinée et au Burkina Faso, des militaires ont renversé des régimes civils ces deux dernières années. Les putschistes ont tous promis une transition vers un pouvoir civil mais parfois dans des délais indéterminés ou jugés trop longs par l'UA, mais aussi l'Union européenne ou des capitales occidentales, qui ont imposé parfois des sanctions aux juntes en place et, pour ce qui est de l'UA, suspendu leurs pays de ses instances jusqu'à la remise du pouvoir aux civils.

Le cas du Tchad pourrait également être évoqué par certains autres pays. Le 20 avril 2021, le jour de l'annonce de la mort du président Idriss Déby Itno, l'un de ses fils, le jeune général Mahamat Idriss Déby Itno, a pris les rênes du pays à la tête d'une junte de 15 généraux en limogeant le gouvernement, dissolvant le Parlement et abrogeant la Constitution.

L'UA, l'UE et la France l'ont immédiatement adoubé, quand elles vilipendaient et sanctionnaient les militaires putschistes ailleurs sur le continent, invoquant la promesse du nouveau président tchadien autoproclamé d'élections "libres et démocratiques" dans un délai de 18 mois, au terme d'un Dialogue de réconciliation nationale qui se fait toujours attendre 13 mois après la mort du maréchal Déby. Mahamat Déby a ensuite évoqué la possibilité de prolonger la "transition" de 18 mois supplémentaires.  


L'armée américaine tire sur un pétrolier au large d'Oman, trois Indiens portés disparus

Short Url
  • "Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué
  • L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien

DUBAI: Trois membres d'équipage indiens sont portés disparus mercredi, après une attaque revendiquée par l'armée américaine contre un pétrolier au large d'Oman qui tentait, selon Washington, d'exporter du pétrole d'Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a précisé sur X que l'un de ses avions de combat avait tiré sur "la salle des machines" du Settebello, qui bat pavillon des Palaos, "après que l'équipage a refusé d'obtempérer aux ordres des forces américaines"

"Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué.

L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien.

Il s'agit du huitième navire neutralisé depuis le début du blocus imposé par les Etats-Unis contre les ports iraniens, d'après le décompte de l'armée américaine.

Le sultanat d'Oman est situé à l'entrée du détroit d'Ormuz, où le trafic maritime est quasiment paralysé depuis le début fin février du conflit opposant les Etats-Unis et Israël à l'Iran. Près d'un cinquième des livraisons mondiales de pétrole et de gaz transitent par cette voie.

La compagnie de sécurité maritime britannique Vanguard a indiqué avoir été informée que le Settebello avait "transmis un appel de détresse indiquant que sa salle des machines avait été touchée par un missile" au large de Sohar, dans le golfe d'Oman et qu'un incendie s'était déclaré à bord.

L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a spécifié que les faits s'étaient produits à 20 miles nautiques au nord-est de la ville omanaise de Sohar.

"Les autorités locales ont indiqué qu'un pétrolier avait signalé un feu dans sa salle des machines, et qu'elles se trouvaient sur place pour aider à l'évacuation de l'équipage", selon le communiqué de l'UKMTO.

"Le navire a fait état d'une victime et de deux membres d'équipage portés disparus. Aucun impact sur l'environnement n'a été signalé", a-t-elle ajouté.

Lundi, les secours omanais avaient évacué par hélicoptère 24 marins indiens d'un pétrolier en feu au large des côtes du sultanat d'Oman, selon les autorités indiennes, qui n'avaient pas précisé les causes de l'incendie. Le sinistre était survenu sur le MT Marivex, un navire battant également pavillon des îles Palaos

Le tir américain contre le Settebello est intervenu alors que l'Iran a revendiqué mercredi matin des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par la destruction d'un hélicoptère américain lundi.


Trump affirme que les Etats-Unis vont «attaquer très durement» l'Iran

Short Url
  • "On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous"
  • L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé mercredi qu'il allait "attaquer très durement" l'Iran, y compris potentiellement en visant des centrales électriques ou des ponts, et dénoncé les "tergiversations" de Téhéran concernant un accord.

Il a aussi annoncé que les forces américaines avaient mené une "mission secrète" qui avait permis de faire transiter 100 millions de barils de pétrole par le détroit d'Ormuz.

"On va les attaquer, les attaquer très durement", a déclaré le président américain à la presse dans le Bureau ovale, ajoutant que ce serait dès "aujourd'hui" (mercredi).

"On verra bien ce qui va se passer, mais on les a frappés durement hier, et on va les frapper durement aujourd'hui, (...) au cas où vous n'allumeriez pas votre télé", a-t-il dit.

Il a précisé être en droit de le faire après la destruction lundi d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.

L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère.

Ces frappes américaines en représailles à l'attaque de l'hélicoptère - qui survolait le détroit d'Ormuz, toujours verrouillé par l'Iran - ont notamment ciblé dans la nuit de mardi à mercredi les villes de Jask et Sirik et l'île de Qeshm, sur la côte sud de l'Iran.

"On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous", a poursuivi Donald Trump.

"Tout a été négocié. Nous avons un accord entièrement négocié, mais ils tergiversent sans cesse", a ajouté le dirigeant républicain.

Plus tôt, il avait estimé que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix".

"MORT!!!" 

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", avait écrit le président américain sur son réseau Truth Social. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"

Donald Trump a aussi affirmé à Fox News qu'il envisageait de plus en plus de mener des frappes contre des centrales électriques et des ponts iraniens.

Interrogé à ce sujet à la Maison Blanche par un journaliste de l'AFP, il a répondu: "Je ne vais pas vous le dire mais je peux le faire".

Sur son réseau Truth Social, il a par ailleurs écrit que l'armée américaine avait mené "une mission secrète en soutien des pétroliers et autres navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz".

"Ces efforts ont permis de faire passer 100 MILLIONS de barils de pétrole par le détroit", a-t-il ajouté, en précisant que "plus de 200 navires" avaient pu franchir le passage.

Cette "mission secrète" évoque le "Project Freedom", un projet d'escorte de navires annoncé début mai puis très rapidement suspendu par Donald Trump en raison, à l'époque, de "grands progrès" dans les discussions avec Téhéran.

Depuis l'entrée en vigueur de la trêve début avril, le dirigeant républicain multiplie les déclarations contradictoires, entre espoir d'un compromis tout proche et menace de reprise des hostilités.

Donald Trump affirmait encore mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue d'un accord avec Téhéran, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour sa conclusion.

Il a par ailleurs affirmé, dans un autre message mercredi, que le blocus américain des ports iraniens était "le plus réussi" de l'histoire, allant selon lui jusqu'à empêcher Téhéran de payer la solde de ses militaires.

Peu après les propos de M. Trump à la Maison Blanche, l'armée américaine a annoncé qu'un de ses avions de combat avait mis hors service un pétrolier dans le Golfe d'Oman qui tentait d'apporter du pétrole en Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.


Trump juge que l'Iran a «pris trop de temps pour négocier» et va «en payer le prix»

Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Short Url
  • Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux"
  • Ils vont "devoir en payer le prix"

WASHINGTON: Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix", dans un message sur son réseau Truth social.

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", a-t-il ajouté. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"