Horreur, douleur et colère à Uvalde après la tuerie dans une école

Amanda Welch, membre de la communauté, apporte des fleurs à la Robb Elementary School le 25 mai 2022 à Uvalde, Texas (Photo, AFP).
Amanda Welch, membre de la communauté, apporte des fleurs à la Robb Elementary School le 25 mai 2022 à Uvalde, Texas (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Jeudi 26 mai 2022

Horreur, douleur et colère à Uvalde après la tuerie dans une école

  • La ville de 15 000 habitants, située à 80km de la frontière mexicaine, était il y a encore vingt-quatre heures une petite localité sans histoire
  • Ce massacre, l'un des pires de ces dernières années dans le pays, a provoqué l'incompréhension et la colère des habitants

UVALDE: Des dizaines de personnes ont afflué mercredi dans une petite église à Uvalde au Texas pour rendre hommage aux 19 enfants et deux enseignants abattus la veille par un adolescent déséquilibré dans une école primaire. 

Aida Hernandez pleure à la sortie du lieu de culte, baptisé Sacred Heart Church, un simple bâtiment de briques grises, près de l'artère principale d'Uvalde. 

"J'ai ressenti de l'horreur et de la douleur. Je connaissais les victimes. Je suis encore sous le choc", dit cette professeure âgée d'une soixantaine d'années, qui a enseigné dans l'établissement visé jusqu'à son départ à la retraite, il y a deux ans. 

La ville de 15 000 habitants, située à 80km de la frontière mexicaine, était il y a encore vingt-quatre heures une petite localité sans histoire, comme il en existe tant aux Etats-Unis, avec ses rues perpendiculaires et parallèles parsemées de centres commerciaux, stations-services et chaîne de restauration rapide. 

Mais mardi, à la mi-journée cette tranquillité a volé en éclats lorsque Salvador Ramos, 18 ans, a fait irruption dans l'école primaire Robb avec un fusil d'assaut, s'est barricadé dans une salle de classe et a commencé à tirer sur des élèves, âgés de 9 à 10 ans, et deux enseignants présents, avant d'être abattu par la police. 

Ce massacre, l'un des pires de ces dernières années dans le pays, a provoqué l'incompréhension et la colère des habitants.

"Quand vous enseignez dans une classe, c'est votre travail de protéger les élèves, et ils ont fait bien plus que ce qu'on attendait d'eux", lance Mme Hernandez au sujet des deux professeurs décédés. 

Une arme extrêmement létale utilisée

Salvador Ramos, était équipé d'une variante civile d'un fusil d'assaut militaire conçu pour faire le plus de victimes possible en un temps record. 

Connu aux Etats-Unis sous le nom d'"AR-15", il s'agit d'un fusil semi-automatique décliné dans de multiples versions. Sa désignation militaire est "M16", qui peut lui être déchargé en mode automatique. 

Mardi à Uvalde, Salvador Ramos est parvenu à tuer 19 écoliers et deux enseignants, alors même que la police était sur place.

Mais, avant lui, les AR-15, en vente libre, avaient déjà tristement prouvé leur efficacité dans la litanie des fusillades qui endeuillent l'Amérique.

"Il n'existe pas de différence importante entre (ces fusils) et des armes militaires", souligne le Violence Policy Center, un centre d'études spécialisé. 

Que ce soit à l'occasion de la tuerie perpétrée en juillet 2012 dans un cinéma du Colorado (82 victimes, dont 12 morts), le carnage cinq mois plus tard dans une école primaire du Connecticut (26 morts, dont 20 enfants) ou l'attentat jihadiste en décembre 2015 à San Bernardino en Californie (36 personnes fauchées dont 14 décédées), on retrouve ces fusils légers, dotés de chargeurs à grande capacité (jusqu'à 30 balles, voire davantage).

«Trop de fois»

A quelques mètres de là, Rosie Buantel, en a assez des fusillades à répétition aux Etats-Unis. "Je suis triste et en colère contre notre gouvernement qui n'en fait pas assez pour limiter l'accès aux armes", explique cette cinquantenaire à la sortie de la messe. 

"Nous avons vécu cela trop de fois, et rien n'est fait. Ils sont toujours en train de débattre", assène-t-elle. 

Eddie, un résident d'Uvalde qui refuse de donner son nom de famille, est aussi indigné. 

"Je suis venu rendre hommage (aux victimes) et aussi mettre la pression pour un changement de législation, afin que les armes ne tombent pas dans les mains d'enfants", dit-il tout en déposant une gerbe de fleurs près de l'école Robb, encore cernée par la police. 

Les habitants traumatisés se sont aussi réunis dans un centre municipal où ils peuvent recevoir une aide psychologique. 

Mardi, les familles et amis des victimes de l'attaque avaient dû attendre des heures pour avoir des nouvelles de leurs proches. 

Iveth Pacheco, psychologue bénévole, a fait 120 km depuis San Antonio pour apporter son soutien aux résidents d'Uvalde. 

"C'est l'une de ces situations où vous devez simplement être présent", explique-t-elle. "Vous devez être préparé pour n'importe quelle question que peut avoir un enfant et c'est la même chose pour les adultes."


Le président iranien estime que la reprise des hostilités avec les Etats-Unis n'est pas dans l'intérêt de son pays

Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
Short Url
  • Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA
  • L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense"

BICHEK: Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie.

"Nous continuons de nous efforcer de trouver un chemin d'accord et de compréhension, et nous pensons que continuer la guerre n'est pas dans notre intérêt, ni dans l'intérêt de la région", a expliqué le président iranien lors d'une réunion avec le Premier ministre indien Narendra Modi avant le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au Kirghistan.

"Nous pensons que la solution aux problèmes existants réside dans le dialogue et la compréhension, et toutes les capacités doivent être mobilisées pour éviter l'extension de l'insécurité et du conflit", a-t-il ajouté, selon un communiqué de la présidence iranienne.

Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA. L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense".

Le conflit est entré dans son septième mois et les efforts diplomatiques pour y mettre fin patinent.

Ces dernières semaines ont été marquées par une accalmie au Moyen-Orient, même si des tirs sporadiques ont été recensés, surtout dans et autour du détroit d'Ormuz.

Des dizaines de dirigeants, dont le dirigeant chinois Xi Jinping, le russe Vladimir Poutine, le Premier ministre indien Narendra Modi et son homologue pakistanais Shehbaz Sharif, doivent participer lundi et mardi au sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui se déroule cette année dans la capitale kirghize, Bichkek.

 


Crise migratoire à Ceuta : Sánchez réfute toute implication marocaine

Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
Short Url
  • Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines
  • "Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines"

MADRID: Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines dans le brusque afflux de migrants arrivés dans le territoire espagnol de Ceuta depuis le Maroc il y a un mois.

"Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines", a déclaré le chef de gouvernement socialiste sur la radio Cadena Ser.


Les Etats-Unis et le Venezuela annoncent un accord pétrolier "historique"

Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Short Url
  • Washington et Caracas annoncent un accord pétrolier présenté comme historique, portant sur 17 champs vénézuéliens, avec 65 milliards de barils de potentiel et plus de 100 milliards de dollars d’investissements
  • L’accord vise à relancer la production pétrolière du Venezuela et à réduire les prix de l’énergie aux États-Unis, mais des incertitudes persistent sur les investissements, la sécurité et la stabilité politique

WASHINGTON: Washington et Caracas ont annoncé vendredi avoir conclu un accord pétrolier "historique", qui verra les Etats-Unis prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils des réserves du Venezuela.

Dans un message publié sur Truth Social, le président américain Donald Trump l'a qualifié de "plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale" qui doublerait, selon lui, les réserves pétrolières des Etats-Unis.

Il précise que l'accord a été établi "en étroite collaboration avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez" et "au travers d'un partenariat avec des entreprises privées".

Caracas a confirmé avoir signé un accord pétrolier "historique" avec les Etats-Unis, Mme Rodriguez remerciant "chaleureusement" Donald Trump dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Selon elle, l'accord prévoit "de développer 17 champs stratégiques, avec un potentiel avéré de 65 milliards de barils de pétrole, un investissement de plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l'État" vénézuélien.

"Pour le peuple vénézuélien, cet accord (...) soutiendra des milliers d'emplois bien rémunérés et favorisera la reconstruction de l'économie vénézuélienne", a également déclaré le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur X, confirmant "près de 100 milliards de dollars d'investissements privés" dans le pays.

Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Mais sa production reste limitée.

En parallèle, les stocks stratégiques américains ("strategic petroleum reserve", ou SPR) sont à leur plus bas niveau depuis novembre 1982, selon les données de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).

Washington s'est engagé à libérer progressivement 172 millions de barils sur les 415 millions qui composaient la SPR fin février pour pallier les perturbations d'approvisionnement et la hausse des cours du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient.

Selon Donald Trump, "cette transaction historique" entre les Etats-Unis et le Venezuela permettra "de réduire considérablement le prix de l'essence pour tous les Américains, et ce pendant de nombreuses années".

Le président américain assure par ailleurs que cet accord "ne coûtera rien aux contribuables américains".

 

- Mainmise américaine -

 

Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer l'exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage.

Le gouvernement américain essaye de pousser les entreprises américaines à s'engager dans le pays, suscitant toutefois des réactions mitigées face aux lourds investissements nécessaires pour remettre en état les infrastructures pétrolières du pays et y extraire de l'or noir.

Une réticence suscitée aussi par les expropriations menées par le régime vénézuélien dans le passé. Le géant américain ExxonMobil l'a notamment été à deux reprises.

"Le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité", a commenté auprès de l'AFP John Kilduff, analyste d'Again Capital.

Selon lui, les Etats-Unis pourraient chercher avec cet accord à "créer une sorte de zone d'État où les entreprises américaines peuvent s'implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions, et (...) éliminer le risque politique qui accompagne habituellement les investissements au Venezuela".

Pour Jorge R. Pinon, chercheur à l'Energy Institute de l'Université du Texas à Austin, de nombreuses "zones d'ombre" subsistent toutefois, notamment le risque qu'un futur gouvernement vénézuélien change brutalement "les règles du jeu", remettant en cause tout accord actuel.

"Ce sont des projets qui mettront très certainement de nombreuses années avant de voir le jour et de porter leurs fruits", estime par ailleurs l'expert pétrolier Oswaldo Felizzola.

Pour Elias Ferrer, fondateur du Think tank Orinoco Research, cette annonce relève d'"un jeu de récits autour d'accords qui étaient déjà en cours de négociation", l'achat par les Etats-Unis de brut vénézuélien étant dans tous les cas "garanti".

D'après l'expert, Donald Trump présente ces arrangements comme une victoire politique, en les inscrivant dans le contexte plus large du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l'énergie.