Législatives: dans le XXe arrondissement de Paris, la guerre des gauches

La socialiste Lamia El Aaraje. (AFP).
La socialiste Lamia El Aaraje. (AFP).
Short Url
Publié le Jeudi 26 mai 2022

Législatives: dans le XXe arrondissement de Paris, la guerre des gauches

  • En juin 2021, Mme El Aaraje, proche d'Anne Hidalgo, avait battu Mme Simonnet dans cette circonscription du nord-est de la capitale ancrée à gauche
  • Pour Mme Simonnet, Lamia El Aaraje a attendu que le PS lui retire son logo pour "inviter celui qui est finalement la figure de proue des anti-accord avec Mélenchon"

PARIS: L'une est investie par l'alliance incluant le Parti socialiste, l'autre bénéficie du soutien de ce même parti: dans le XXe arrondissement de Paris, l'accord conclu en vue des législatives n'a pas pu empêcher une guerre des gauches entre l'Insoumise Danielle Simonnet et la socialiste Lamia El Aaraje.


"Un atelier citoyen" pour "rayer le logo PS" de ses affiches. Mercredi matin, en marge d'un point presse, l'Insoumise Danielle Simonnet a ironisé sur sa décision de retirer de son matériel de campagne le poing et la rose, symbole du PS. Car le parti a choisi "d'accorder son logo" à sa rivale socialiste "et donc de rompre l'accord" de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes), selon elle.

simmonet
L'Insoumise Danielle Simonnet. (AFP).


"Ce qui a été acté par le bureau national et le conseil national du PS, c'est que cet accord de la Nupes ne s'appliquait pas sur la 15e circonscription de Paris", a affirmé sur Sud Radio Lamia El Aaraje, qui refuse le statut de dissidente.


Lundi sur France Inter, le Premier secrétaire du PS Olivier Faure avait présenté son soutien à l'ex-députée comme la seule "exception" à un accord dont il est "très fier".


"Les socialistes soutiennent tous et toutes Lamia El Aaraje", a-t-il affirmé, rappelant l'"injustice à ce qu'elle ne soit pas considérée comme une sortante" et donc investie comme les autres députés sortants de la Nupes. 


Mme El Aaraje est ainsi la seule à garder son étiquette PS, contrairement aux autres socialistes non investis dans le cadre de la Nupes, exclus du parti s'ils se présentent contre un candidat de l'alliance de gauche. 

« Le jeu de Macron »

Dans les négociations entre les deux partis, les Insoumis, en position de force après le score de Jean-Luc Mélenchon (21,95%) au premier tour de l'élection présidentielle, ont refusé de classer comme sortante Mme El Aaraje, pourtant favorable à l'accord à gauche, au motif que le Conseil constitutionnel avait invalidé son élection pour une fraude émanant d'un autre candidat. 


En délicatesse après le score désastreux d'Anne Hidalgo (1,75%), le PS avait dû céder dans ce "casus belli", a expliqué M. Faure à l'AFP: "dans la dernière ligne droite, c'est difficile d'expliquer que vous allez refuser un accord qui engage l'espérance pour une seule personne".


En juin 2021, Mme El Aaraje, proche d'Anne Hidalgo, avait pourtant battu Mme Simonnet dans cette circonscription du nord-est de la capitale ancrée à gauche, permettant aux députés socialistes de conserver leur dernier bastion parisien. 


D'où son envie de "mener cette bataille" face à la candidate des autres partis de gauche (LFI, EELV, Générations, PCF).


"Toute candidature de division fait le jeu de Macron", répond Danielle Simonnet qui affirme que son "adversaire, c'est le candidat de LREM", Mohamad Gassama.

Cazeneuve sans retenue

Dans un arrondissement où M. Mélenchon (47,17%) a largement devancé Emmanuel Macron (23,71%), et où Anne Hidalgo a été balayée (2,40%), Lamia El Aaraje n'a "aucune chance", affirme à l'AFP l'élu EELV Jérôme Gleizes, artisan de l'accord Nupes.


Pour ce conseiller du XXe arrondissement, le PS "joue sur une ambiguïté" en votant à la fois l'accord et son soutien à Mme El Aaraje, qui "ne respecte pas l'accord national".


Mardi dans un bar, Lamia El Aaraje a franchi une étape dans les hostilités en recevant, après le soutien de Lionel Jospin, celui d'un autre ancien Premier ministre socialiste: Bernard Cazeneuve, qui avait annoncé son départ du parti après l'accord avec les Insoumis.


"Cette autre gauche est possible", s'est-il enthousiasmé en saluant en Mme El Aaraje une "grande républicaine" avec la "laïcité comme une valeur intangible", par opposition à Mme Simonnet, une "militante d'appareil" de la gauche qui "donne des leçons".


L'ex-ministre de l'Intérieur n'a pas retenu ses coups contre Jean-Luc Mélenchon, incarnation pour lui d'une "dérive" et du "retour à la IVe République".


Pour Mme Simonnet, Lamia El Aaraje a attendu que le PS lui retire son logo pour "inviter celui qui est finalement la figure de proue des anti-accord avec Mélenchon", mais aussi le "poisson pilote de ceux qui veulent rejoindre Macron". 


Macron affirme que «les Européens ne sont pas les prédateurs» du XXIe siècle en Afrique

Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Short Url
  • Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle"
  • "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles

NAIROBI: Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report.

Dans cette interview, M. Macron rappelle avoir "condamné avec force la colonisation" dès 2017, année de son arrivée au pouvoir.

"Mais je ne lui imputerai pas tout" (à la colonisation), car "on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances" de la plupart des anciennes colonies européennes en Afrique, ajoute-t-il, appelant les dirigeants africains à "améliorer la gouvernance".

Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle". "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles, dit-il.

Sur les minerais critiques et les terres rares, "la Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice: elle transforme chez elle" et crée "des dépendances avec le reste du monde", estime-t-il. "Ce n’est pas ce que nous proposons", insiste le président français, défendant une "stratégie d'autonomie pour l'Europe comme pour l'Afrique" pour ne "pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu'il soit".

Il prône une fois de plus une transformation de "l’architecture financière internationale", notamment afin de "mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés" en Afrique - son cheval de bataille avec le président kényan William Ruto, qui sera mardi au menu du second jour du sommet Africa Forward à Nairobi.

Interrogé sur les militaires qui ont pris le pouvoir dans trois pays sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger) entre 2020 et 2023, précipitant le divorce avec la France et le départ de l'armée française, Emmanuel Macron répond: "J'ai la conviction qu’il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin".

Il réitère que la France était présente militairement au Sahel à la demande de ces pays pour combattre la menace jihadiste. "Quand notre présence n’a plus été souhaitée, après les coups d’État, nous sommes partis. Cela n'a pas été une humiliation, mais une réponse logique à une situation donnée", assure-t-il.

"Une ère nouvelle va s’ouvrir. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale" avec des dirigeants "démocratiquement élus, qui se soucient véritablement de leur peuple", selon le chef de l’État français.


Départ de Vallaud: Faure appelle le PS à «avancer d'un même pas», «le congrès permanent ce n'est pas possible»

Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
Short Url
  • Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas"
  • "Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun"

PARIS: Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas", jugeant que "le congrès permanent, ce n'est pas possible" après le départ fracassant de Boris Vallaud de la direction du PS sur fond d'opposition à une primaire pour désigner le candidat de la gauche hors LFI à la présidentielle.

"Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun", a réagi M. Faure, partisan de la primaire, sur franceinfo.

 

 

 


Une Française rapatriée du MV Hondius positive à l'hantavirus, 22 cas contacts en France

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
Short Url
  • "Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist
  • Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg

PARIS: Une passagère française, rapatriée du bateau de croisière MV Hondius, a été testée positive à l'hantavirus, a annoncé lundi la ministre de la Santé Stéphanie Rist, faisant également état de 22 cas contacts identifiés en France.

Parmi les croisiéristes déjà évacués, un Américain et cette Française ont été testés positifs à l'hantavirus, contre lequel n'existe aucun vaccin ni traitement et qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu.

La crise à bord du MV Hondius, qui doit repartir pour les Pays-Bas lundi, a suscité l'inquiétude, ravivant les souvenirs de la pandémie de Covid, même si à ce stade l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne recense que six cas confirmés d'hantavirus parmi huit cas suspects, comprenant trois personnes décédées de ce virus connu mais rare.

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter.

Les cinq passagers "sont hospitalisés dans des chambres avec des flux d'air qui permettent d'éviter la contamination", "ils sont évidemment isolés dans cet hôpital et y resteront jusqu'à nouvel ordre", au minimum 15 jours, a-t-elle ajouté.

Concernant les cas contacts, elle a confirmé qu'une vingtaine de Français avaient été identifiés : huit parmi les passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg, qui "ont été mis à l'isolement rapidement", et 14 à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam.

"Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist.

Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg. Elle était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé à son bord.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu "tiendra une nouvelle réunion" lundi après-midi "pour suivre au plus près l'évolution de la situation" sur le virus hantavirus, a annoncé la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a-t-elle ajouté sur BFMTV.

Elle a appelé à "ne pas créer de panique", "nous n'en sommes absolument pas à avoir ces discussions-là" comme lors de l'épidémie de Covid-19.

La variante du virus détectée à bord du navire MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines.