Ukraine: l'Assemblée de l'OMS condamne «avec la plus grande fermeté» l'invasion par la Russie

Les pays membres de l'OMS se réunissent le jour de l'ouverture de la 75e Assemblée mondiale de la santé à Genève le 22 mai 2022 (Photo, AFP).
Les pays membres de l'OMS se réunissent le jour de l'ouverture de la 75e Assemblée mondiale de la santé à Genève le 22 mai 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 26 mai 2022

Ukraine: l'Assemblée de l'OMS condamne «avec la plus grande fermeté» l'invasion par la Russie

  • L'ambassadrice d'Ukraine à Genève Yevheniia Filipenko, a insisté sur la crise alimentaire qui menace le monde à cause de la guerre
  • Les pays africains se sont pour l'essentiel abstenus à l'exception du Rwanda et du Tchad qui ont voté oui

GENEVE: Les pays membres de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont adopté jeudi une résolution présentée par l'Ukraine qui condamne "avec la plus grande fermeté" l'agression militaire de la Russie et en particulier les attaques contre les services de santé.

En revanche, le texte adopté par 88 voix contre 12 et 53 abstentions, ne prévoit pas de sanctions concrètes contre la Russie au sein de l'OMS.

L'assemblée a commencé à voter sur un second texte sur la guerre en Ukraine, présenté par la Russie avec la Syrie, qui se veut "plus neutre" que le texte ukrainien et a été dénoncé vertement par plusieurs pays membres, dont la France, comme une "tentative cynique de la Russie de dissimuler la réalité d'une guerre". Il devrait être rejeté.

Selon le plus récent recensement de l'OMS, il y a eu 256 attaques contre les services de santé en Ukraine qui ont fait 75 morts parmi le personnel de santé. Un recensement qui pourra servir à des poursuites pour crimes de guerre.

La résolution adoptée jeudi souligne que l'agression "constitue une situation exceptionnelle, entravant gravement la santé de la population ukrainienne et ayant des répercussions sur la santé dans la région et au-delà".

L'ambassadrice d'Ukraine à Genève Yevheniia Filipenko, a insisté sur la crise alimentaire qui menace le monde à cause de la guerre.

"Des millions de tonnes de céréales sont bloquées à l'exportation, ce qui va affecter les plus pauvres (...) alors qu'ils ne sont pour rien" dans ce conflit, a-t-elle lancé. 

L'ambassadeur de France, Jérôme Bonnafont, s'exprimant au nom de l'UE, a pour sa part expliqué que ce texte "ne va pas au-delà du mandat de l'OMS, restant centrée sur les questions de santé, ne suspend en aucun cas la coopération entre l'OMS et la Russie, n'applique pas un double standard selon le pays concerné". 

Si le texte demande à la Russie de cesser immédiatement toute attaque contre les hôpitaux et autres établissements de santé, de protéger le personnel médical et de respecter les Conventions de Genève et le droit international humanitaire en général, il ne prévoit pas pour l'heure de brider le rôle de Moscou au sein de l'OMS.

Nombre de pays estiment que les alliés de l'Ukraine appliquent deux poids deux mesures, négligent les autres crises, et que la coopération sanitaire est un domaine à part et à préserver.

Les pays africains se sont pour l'essentiel abstenus à l'exception du Rwanda et du Tchad qui ont voté oui.

Depuis l'invasion le 24 février, l'Ukraine, aidée par ses plus proches alliés européens et américains, a entrepris d'isoler diplomatiquement la Russie, en particulier dans les enceintes de l'ONU.

A l'Assemblée mondiale de la santé, la Russie a présenté sa propre résolution parce qu'elle estime que le texte ukrainien est "excessivement politisé" et "anti-Russe".

Ce texte russe dénonce entre autres "les attaques dirigées contre des civils et des biens de santé" et autres violations du droit humanitaire international.

Ce sont autant de crimes dont sont accusées les forces russes en Ukraine ce qui a poussé l'ambassadeur du Royaume Uni, Simon Manley à dénoncer une résolution "basée sur une réalité alternative tordue" et "une tentative cynique, de distraire, gêner et semer la confusion", dans un tweet.

Une accusation reprise en écho par l'ambassadeur de Pologne Zbigniew Czech -dont le pays a vu quelque 3,5 millions de réfugiés ukrainiens passer la frontière depuis l'invasion- et qui a déclaré: "Soyons honnêtes: ce dont nous sommes les témoins est un génocide".

Le représentant russe, Alexandre Alimov, a commencé par "rejeter toutes les allégations" portées contre la Russie par la résolution ukrainienne et accuser l'Ukraine d'agression dans la partie est du pays contre les populations prorusses. 

L'Ukraine et ses alliés essayent de "transformer l'OMS en un forum où on règle des comptes et où ont mène des débats politiques", a accusé M. Alimov. 

Plus tôt, la Russie avait longuement évoqué l'aide humanitaire apportée dans les régions séparatistes prorusses de l'est de l'Ukraine, les soins aux soldats ukrainiens et l'accueil réservé à "1,5 million de réfugiés" entrés en Russie depuis le début de la guerre.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.


Trump promet de bombarder l'Iran «bien plus durement» si le pays réplique aux dernières frappes américaines

Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
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  • "Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X

WASHINGTON: Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes".

"Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X.

"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran", a indiqué le Centcom, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."

La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic maritime a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des lanceurs situés sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Le président américain Donald Trump avait promis de répondre à ces représailles, mais semble avoir écarté pour l'instant la reprise d'une opération militaire massive contre l'Iran.

Washington a par ailleurs promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, dont les contours et les cibles restent à préciser.