Coup d'arrêt à l'unité du Conseil de sécurité de l'ONU face à la Corée du Nord

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres lors d'un débat ministériel du Conseil de sécurité de l'ONU à New York le 19 mai 2022 (Photo, AFP).
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres lors d'un débat ministériel du Conseil de sécurité de l'ONU à New York le 19 mai 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 27 mai 2022

Coup d'arrêt à l'unité du Conseil de sécurité de l'ONU face à la Corée du Nord

  • En coulisses, plusieurs alliés de Washington ont déploré l'insistance américaine à organiser un vote
  • la Chine et la Russie devraient prochainement devoir expliquer pourquoi ils ont utilisé jeudi leur droit de veto

NATIONS UNIES: La Chine et la Russie ont mis jeudi leur veto au Conseil de sécurité de l'ONU à une résolution des Etats-Unis imposant de nouvelles sanctions à la Corée du Nord afin de sanctionner ses tirs de missiles balistiques, affichant avec éclat la division de l'instance au risque d'en faire profiter Pyongyang.

Les 13 autres membres du Conseil ont voté en faveur du texte qui prévoyait notamment une réduction des importations de pétrole brut et raffiné par Pyongyang.

En coulisses, plusieurs alliés de Washington ont déploré l'insistance américaine à organiser un vote en sachant que la Chine et la Russie utiliseraient leur veto. Pour les Américains, ne rien faire était "pire que le scénario de deux pays bloquant la résolution", a expliqué un ambassadeur sous couvert d'anonymat.

Depuis 2017, année au cours de laquelle le Conseil avait adopté à l'unanimité trois séries de sanctions lourdes, "la retenue et le silence du Conseil n'ont pas éliminé ni même réduit la menace", a souligné l'ambassadrice américaine à l'ONU, Linda Thomas-Greenfield, en justifiant sa démarche. "Au contraire, la Corée du Nord a été enhardie par l'inaction de ce Conseil", a-t-elle estimé.

Son homologue chinois, Zhang Jun, lors d'un échange tendu avec la diplomate américaine, a accusé les Etats-Unis d'avoir voulu un "échec" et d'avoir "éloigné le Conseil du dialogue et de la conciliation". "Le noeud du problème", a-t-il dit, "est de savoir s'ils veulent utiliser le dossier de la péninsule coréenne pour leur soi-disant stratégie indo-pacifique".

Avant le vote, il avait affirmé à des journalistes le désaccord "total" de Pékin "à toute tentative de faire (...) de l'Asie un champ de bataille ou d'y créer des affrontements ou des tensions".

Zhang Jun a appelé les Etats-Unis à "travailler à promouvoir une solution politique", en affirmant que de nouvelles sanctions auraient eu des conséquences humanitaires en Corée du Nord, éprouvée depuis peu par de multiples cas de Covid.

L'ambassadeur russe à l'ONU, Vassily Nebenzia, a accusé les Etats-Unis d'ignorer les appels de Pyongyang à mettre fin à leurs "activités hostiles". "Il semble que nos collègues américains et occidentaux souffrent de l'équivalent du blocage de l'écrivain. Ils semblent n'avoir aucune réponse aux situations de crise autre que l'introduction de nouvelles sanctions", a-t-il déclaré.

Essai nucléaire craint

Le projet de résolution américain prévoyait aussi d'interdire les exportations nord-coréennes de combustibles minéraux, de montres et d'horloges, et toute vente ou transfert à Pyongyang de tabac. Le texte visait en outre à accroître la lutte contre les cyber-activités de Pyongyang.

Après le rejet de ce projet et un affichage clair de la division du Conseil de sécurité de l'ONU sur le dossier nord-coréen, cette instance risque d'avoir du mal à maintenir la pression pour faire appliquer les sanctions décidées en 2017, craignent des diplomates.

A l'époque, de multiples mesures sectorielles et individuelles avaient été prises contre la Corée du Nord dans les domaines du pétrole, du charbon, du fer, de la pêche ou du textile.

Si les Nord-Coréens ont développé leur armement balistique et disposent de plusieurs bombes atomiques, ils ne sont pas encore parvenus, selon des diplomates, à associer les deux technologies afin d'avoir un missile à tête nucléaire.

La Corée du Nord a procédé cette semaine à de nouveaux tirs de missiles, dont probablement son plus gros missile balistique intercontinental, peu après une visite en Asie du président américain Joe Biden.

A l'ONU, le Royaume-Uni, la France et la Corée du Sud ont exprimé leurs craintes de voir la Corée du Nord procéder à un septième essai nucléaire, annoncé comme imminent, qui serait son premier en cinq ans.

En regrettant "profondément" un vote "qui marque la division du Conseil", l'ambassadeur français, Nicolas de Rivière, a jugé que l'utilisation du veto "revenait à protéger le régime nord-coréen et à lui donner un blanc-seing pour proliférer encore davantage".

En vertu d'une nouvelle procédure adoptée récemment à l'initiative du Liechtenstein, la Chine et la Russie devraient prochainement devoir expliquer devant l'Assemblée générale des Nations unies pourquoi ils ont utilisé jeudi leur droit de veto.


Washington prévoit d'envoyer un nouveau porte-avions au Moyen-Orient dans les prochaines semaines 

Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
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  • L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine
  • Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage

WASHINGTON: Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain.

L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine.

Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage.

Selon un haut responsable de la marine américaine cité par l'Institut naval américain, le déploiement du Theodore Roosevelt durera "plus de sept mois". "Leur commandement leur fait tabler sur huit mois", a-t-il encore déclaré.

Contacté par l'AFP, le Pentagone n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

Le porte-avions Abraham Lincoln et ses quelque 5.000 marins s'apprêtent enfin à toucher terre, en Thaïlande, a indiqué la marine thaïlandaise à l'AFP jeudi. Cette escale est attendue du 2 au 6 septembre, selon des médias locaux.

Le bâtiment avait quitté San Diego le 21 novembre 2025 pour une mission en mer de Chine méridionale et avait été redirigé vers le Moyen-Orient avant que les Etats-Unis et Israël lancent leur offensive conjointe contre l'Iran le 28 février.


Emmanuel Macron rencontrera Andy Burnham à Londres la semaine prochaine

Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine et sera reçu à Downing Street par le Premier ministre britannique Andy Burnham
  • Cette visite intervient avant l’exposition de la tapisserie de Bayeux au British Museum et dans un contexte de rapprochement entre Londres et l’UE sur l’Ukraine

LONDRES: Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine pour une visite au cours de laquelle le président français sera reçu à Downing Street par le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham, a indiqué jeudi à l'AFP une source gouvernementale britannique.

Cette visite intervient à quelques jours de l'ouverture de l'exposition exceptionnelle de la tapisserie de Bayeux, prêtée au British Museum à Londres, projet dans lequel Emmanuel Macron s'est beaucoup investi.

Le président français est le deuxième dirigeant étranger, et le premier d'un pays de l'Union européenne (UE), à être reçu par le chef du gouvernement travailliste depuis son accession au pouvoir le 20 juillet, après son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky fin juillet.

MM. Macron et Burnham ont co-présidé cette semaine, avec le chancelier allemand Friedrich Merz, une réunion de la coalition des volontaires pour l'Ukraine.

Le chef de l'Etat français y a participé en visioconférence, tandis que le Premier ministre britannique s'est rendu à Kiev, pour son premier déplacement à l'étranger.

A cette occasion, il a notamment rencontré le président du Conseil européen, Antonio Costa, à qui il a affirmé que le Royaume-Uni devait faire preuve de "plus d'audace" pour se rapprocher de l'UE, selon un compte-rendu de leur entretien publié par Downing Street.


Washington désigne le groupe Palestine Action comme «organisation terroriste étrangère»

"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio. (AFP)
"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio. (AFP)
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  • L'organisation propalestinienne Palestine Action est accusée d'avoir "apporté une aide substantielle (...) à un acte de terrorisme ou en faveur de celui-ci", a rapporté dans un communiqué le département du Trésor
  • L'entité italienne visée est Autistici/Inventati (Collectif A/I), que Washington considère comme "un groupe extrémiste qui met en place et gère l'infrastructure numérique de cellules Antifa violentes et d'autres militants à travers le monde

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont désigné mercredi comme "organisations terroristes" le groupe Palestine Action, basé au Royaume-Uni, ainsi qu'un groupe italien d'extrême gauche, dans le cadre d'une offensive de l'administration Trump contre les mouvements extrémistes de gauche.

"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio.

"Nous utiliserons tous les moyens et toutes les prérogatives dont nous disposons pour lutter contre le terrorisme et protéger notre mode de vie contre la coercition terroriste", a-t-il ajouté.

L'organisation propalestinienne Palestine Action est accusée d'avoir "apporté une aide substantielle (...) à un acte de terrorisme ou en faveur de celui-ci", a rapporté dans un communiqué le département du Trésor.

L'entité italienne visée est Autistici/Inventati (Collectif A/I), que Washington considère comme "un groupe extrémiste qui met en place et gère l'infrastructure numérique de cellules Antifa violentes et d'autres militants d'extrême gauche à travers le monde", selon un autre communiqué du département d'Etat.

"Ces outils sont spécifiquement conçus pour faciliter les activités des réseaux terroristes d'extrême gauche, et permettent à ces derniers de s'organiser, recruter, communiquer, diffuser de la propagande, partager des informations sur leurs cibles et des tactiques, et mener des attaques violentes – tout en restant anonymes, intraçables", est-il reproché.

Le département d'Etat affirme aussi que les "cellules anarchistes responsables des actes de sabotage commis contre les réseaux ferroviaires en France, en Italie, en Allemagne et aux Pays-Bas en 2026 ont utilisé les outils et services du collectif A/I pour revendiquer ces attaques, publier des communiqués officiels et diffuser des manuels expliquant comment fabriquer des engins incendiaires de fortune pour les voies ferrées et d'autres infrastructures critiques".

Liberté d'expression 

Au Royaume-Uni, le groupe Palestine Action a été déclaré "terroriste" par le gouvernement travailliste en 2025 après des actes de vandalisme commis par ses militants, notamment sur une base de la Royal Air Force et une attaque à Bristol contre un site de l'entreprise d'armement israélienne Elbit Systems.

La mesure, qui entraîne son interdiction, a déclenché des manifestations d'ampleur et est contestée devant la justice.

"Le fait que Trump s'inspire désormais de la répression exercée par la Grande-Bretagne à l'encontre du mouvement pour la liberté des Palestiniens montre à quel point cette interdiction est dangereuse et devrait servir de signal d'alarme à tous ceux qui ont à cœur la liberté d'expression et les libertés civiles", a réagi Huda Ammori, co-fondatrice de Palestine Action.

Elle a appelé le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, à lever cette interdiction qui représente une "attaque sans précédent contre la liberté d'expression en Grande-Bretagne".

Créé en 2020, Palestine Action a gagné en visibilité après le début de la guerre dans la bande de Gaza, provoquée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

Les sanctions américaines impliquent pour les organisations visées un gel des avoirs éventuellement détenus aux Etats-Unis. Les entreprises et citoyens américains ont interdiction de commercer avec elles, sous peine d'être à leur tour sanctionnés.

Mi-juillet, les Etats-Unis ont accueilli une conférence internationale sur "la résurgence du terrorisme politique", visant notamment le mouvement Antifa, pour "antifasciste". Il s'agit d'un mouvement nébuleux d'activistes de gauche qui, selon les experts, relève davantage d'une idéologie politique que d'un groupe organisé.

Dans un récent rapport sur l'antiterrorisme, l'administration Trump a défini trois principales "menaces" contre la première puissance mondiale: "les narcoterroristes et les gangs internationaux", les "terroristes islamistes historiques" et les "extrémistes violents de gauche, y compris les anarchistes et les antifascistes".

Les détracteurs de l'administration Trump relèvent que la violence d'extrême gauche reste historiquement bien en-deçà de celle de l'extrême droite.