Présidentielle en Colombie: Gutierrez, «l'ami des gens» qui promet «ordre et sécurité»

Le candidat colombien à la présidentielle Federico Gutierrez, est accueilli par des partisans après avoir pris la parole lors d'une conférence de presse à Bogota le 25 mai 2022 (Photo, AFP).
Le candidat colombien à la présidentielle Federico Gutierrez, est accueilli par des partisans après avoir pris la parole lors d'une conférence de presse à Bogota le 25 mai 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 27 mai 2022

Présidentielle en Colombie: Gutierrez, «l'ami des gens» qui promet «ordre et sécurité»

  • Tous les sondages le placent en deuxième position pour le 1er tour du scrutin, derrière le sénateur de gauche et ancien guérillero Gustavo Petro
  • Père de deux jeunes enfants, M. Gutierrez est le plus jeune des six candidats à la présidence

BOGOTA: Alors maire de Medellin, deuxième ville de Colombie, il aimait poursuivre, au côté des policiers et devant les caméras, les "criminels". Aujourd'hui candidat de la droite à la présidentielle du 29 mai, Federico Gutierrez continue sa course aux voleurs, mais cette fois pour présider aux destinées du pays.

D'apparence relax, jean sur tennis à la mode et longs cheveux en bataille, "Fico", 47 ans, se veut le candidat "des gens".

Tous les sondages le placent en deuxième position pour le 1er tour du scrutin, derrière le sénateur de gauche et ancien guérillero Gustavo Petro.

Si aucun candidat ne recueille plus de 50% des voix, un second tour de scrutin aura lieu le 19 juin pour désigner le remplaçant du président conservateur Ivan Duque, qui ne peut pas se représenter. 

Père de deux jeunes enfants, M. Gutierrez est le plus jeune des six candidats à la présidence.

Désigné à la tête de la coalition des forces de droite "Equipe pour Colombie", l'ancien édile de Medellin (2016-2019) prend bien soin de prendre ses distances avec le très impopulaire gouvernement sortant, mais aussi avec les partis traditionnels de son camp, dont le "Centre démocratique" (au pouvoir), duquel il se dit "indépendant".

«Uribe 2.0»

Il a jusqu'à présent évité d'apparaître aux côtés de l'ex-président Alvaro Uribe (2002-2010), chef du parti au pouvoir et figure tutélaire de la droite, champion d'une lutte acharnée contre les guérillas d'extrême-gauche, mais aujourd'hui discrédité par des démêlés judiciaires.

Sans surprise, M. Gutierrez promet la fermeté contre l'omniprésent narcotrafic et les nombreux groupes armés qui continuent de sévir dans le pays, malgré la signature d'un accord de paix en 2016 avec la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).

Sa priorité: "un Etat fort contre les structures criminelles", a-t-il expliqué à l'AFP pendant la campagne. "Les bandits en prison ou dans la tombe", a-t-il lancé lors d'un déplacement à la frontière agitée avec le Venezuela.

Et bien sûr, il faut aussi faire barrage à la gauche et aux "communistes".

"Fico essaie d'être une version 2.0 d'Uribe", né dans la même ville, avec une personnalité qui "salue tout le monde par son nom, veut susciter l'empathie, montrer qu'il est sur place", des "astuces" qui avait grandement contribué au succès de l'ex-président, décrypte pour l'AFP Andres Avila, politologue à l'Université Javeriana.

Mais au-delà du "respect de la propriété privée" et de la sécurité, il ne parvient pas à "faire la différence" avec son adversaire de gauche, estime cet expert.

"Son discours est difficile à déchiffrer". A l'image d'une droite à la peine qui n'a pas su modifier son logiciel, toujours branché sur une lutte contre "l'ennemi intérieur et communiste", qui n'est plus véritablement le problème de la Colombie.

«Fico-show»

Très actif sur les réseaux sociaux, "Fico" a joué pendant toute la campagne de sa stratégie de la proximité avec les Colombiens ordinaires. Une campagne qui lui aurait coûté au moins 38 millions de dollars, selon la Fondation pour la liberté de la presse.

Tous les mardis à 20 heures, il revêt le costume du présentateur de télévision et anime sur une TV locale de Medellin une émission intitulée "Federico compte sur vous". "Ici, n'importe qui vient, s'approche, pose des questions", lance-t-il aux téléspectateurs, déambulant dans les rues de la ville, discutant avec des concitoyens.

Il aime aussi pédaler aux côtés de cyclistes célèbres ou faire du jogging.

Pour Luz Marina Munera, conseillère municipale d'opposition sous l'ancien maire, il a "deux personnalités": d'un côté, "il gère très bien son image, les réseaux, veut être vu comme le gentil", mais de l'autre "il croit que la société doit être obéissante, presque uniforme".

Malgré les critiques, il a terminé son mandat avec 85% d'approbation.

Dans l'ancien fief de Pablo Escobar, le célèbre baron de la drogue tué en 1993 par la police, il s'est longtemps vanté d'affronter les cartels de front.

Mais l'arrestation, en 2017, de son secrétaire à la Sécurité, Gustavo Villegas, a semé le doute. Le fonctionnaire a été accusé de livrer des informations à des organisations illégales sur des opérations en cours et de s'être allié avec un gang, héritier du cartel d'Escobar. 

Federico Gutierrez a toujours nié ces accusations.


Rubio met en garde contre le «chaos total» en cas de péage à Ormuz

"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn). (AFP)
"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn). (AFP)
  • L'Iran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre, auxquels les Etats-Unis sont radicalement opposés
  • C'est l'un des principaux points d'achoppement entre les deux pays qui ont récemment signé un protocole d'accord pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient

MANAMA: Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, en tournée dans le Golfe, a mis en garde jeudi contre le "chaos total" que pourrait engendrer la mise en place par l'Iran de frais dont devraient s'acquitter les navires dans le détroit d'Ormuz.

Plus tôt jeudi, Téhéran avait menacé de "mesures appropriées" contre tout bateau s'aventurant à franchir le détroit sans leur autorisation, semblant répondre à l'aonnonce par Oman de l'ouverture d'un "corridor maritime temporaire" présenté comme une intiative concertée avec l'ONU.

Ormuz est une étroite voie navigable d'une trentaine de kilomètres de large qui sépare l'Iran et Oman, mais le seul passage autorisé par l'Iran se fait dans un couloir qui longe ses côtes.

L'Iran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre, auxquels les Etats-Unis sont radicalement opposés - c'est l'un des principaux points d'achoppement entre les deux pays qui ont récemment signé un protocole d'accord pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn).

Le chef de la diplomatie américaine, venu rassurer ses alliés du Golfe largement ciblés par Téhéran pendant la guerre en représailles des frappes israélo-américaines sur l'Iran, a ajouté que les Etats-Unis souhaitaient un accord de paix, mais pas "à n'importe quel prix".

"Nous voulons un accord qui soit bon, nous voulons un accord qui soit réel, nous voulons un accord qui soit vérifiable, et nous voulons un accord qui soit respecté", a poursuivi M. Rubio.

Le responsable, qui s'est rendu aux Emirats arabes unis, au Koweït et à Bahreïn, a également donné l'assurance que les intérêts des pays du Golfe seraient pris en compte.

"Nous voulons nous assurer qu'aucune partie de cet accord ne porte atteinte, de quelque manière que ce soit, à la sécurité, à la stabilité ou à la prospérité de l'un de nos partenaires de la région du Golfe", a-t-il souligné.

Son homologue de Bahreïn, Abdoullatif ben Rachid Al Zayani, a lui mis en avant les "incertitudes" affectant ces pays.

Les monarchies du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran. Elles accueillent des bases militaires américaines et ont été visées par des missiles et drones iraniens en représailles.


Double séisme au Venezuela: au moins 32 morts et plus de 700 blessés

Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
  • Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres
  • Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela

CARACAS: Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués.

Dans la capitale de ce pays d'Amérique latine de près de 30 millions d'habitants régulièrement frappé par des séismes, des photographes de l'AFP ont vu des secouristes et des habitants fouiller des immeubles réduits à des gravats. Des personnes étaient extirpées des décombres puis emmenées sur des brancards.

Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres. "Nous avons besoin de lampes torches !", lance l'un d'eux dans la nuit noire.

"A l'heure actuelle, nous avons reçu des informations faisant état de 32 morts" et "de plus de 700 blessés", a déclaré la présidente par intérim Delcy Rodriguez dans un message à la nation, après avoir déclaré l'état d'urgence.

Elle a précisé ne pas encore disposer de données concernant l'Etat de La Guaira, situé à proximité de la capitale et qui est selon elle la région la plus touchée. L'aéroport de Caracas, gravement endommagé selon elle, a été fermé.

Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela. "Nous serons aux côtés de nos nouveaux et formidables amis", a assuré le président américain Donald Trump, tandis que Mme Rodriguez a indiqué s'être entretenue au téléphone avec le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

Cette initiative américaine, un acte diplomatique fort après des années de tensions, s'inscrit dans le cadre du rétablissement des relations entre les deux pays depuis que les forces américaines ont capturé le président déchu Nicolas Maduro, aujourd'hui incarcéré aux Etats-Unis.

La Chine et l'Inde ont elles aussi proposé leur aide, et plusieurs pays d'Amérique latine ont fait de même et exprimé leur solidarité, parfois au-delà de leurs divergences politiques. 


L'Iran accuse l'Otan de «complicité» dans la guerre menée contre lui

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
  • M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury"
  • "Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X

TEHERAN: Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël.

M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury" lancée contre l'Iran le 28 février.

M. Rutte a également affirmé que l'aéroport de Bucarest avait réduit ses vols commerciaux pour laisser la place aux avions de ravitaillement utilisés dans le cadre de cette opération, et qu'entre 4.000 et 5.000 sorties d'avions américains avaient été effectuées depuis des bases européennes pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X.

"Le secrétaire général de l'Otan a explicitement désigné l'Italie et la Roumanie comme ayant participé à l'agression contre l'Iran", a souligné le porte-parole du ministère iranien.

"Ces pays, ainsi que tous les autres pays européens ayant apporté leur soutien à l'agression américano-israélienne contre l'Iran, doivent expliquer à leur propre population et au monde entier pourquoi ils ont choisi de se rendre complices de cet acte d'agression flagrant et de la perpétration d'atrocités de masse contre les populations iraniennes", a-t-il ajouté.

En Italie, le ministère de la Défense a condamné mercredi les propos de M. Rutte, estimant qu'ils avaient envoyé "un message complètement trompeur", Rome n'ayant permis aux Etats-Unis d'utiliser ses bases que pour des vols techniques et logistiques, et non des missions de combat.