Suspension temporaire des corridas à Mexico, débat relancé

Le Torero Fermin Espinoza du Mexique se délecte des applaudissements des fans à la fin des corridas de la journée (corridas) à Caliente Plaza de Toros le 8 juillet 2018 à Tijuana, au Mexique (Photo, AFP).
Le Torero Fermin Espinoza du Mexique se délecte des applaudissements des fans à la fin des corridas de la journée (corridas) à Caliente Plaza de Toros le 8 juillet 2018 à Tijuana, au Mexique (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Samedi 28 mai 2022

Suspension temporaire des corridas à Mexico, débat relancé

  • Plusieurs associations ont lancé ces dernières années des actions légales pour l'interdiction de la tauromachie
  • Les corridas sont permises au Portugal, en Espagne et en France

MEXICO: Les corridas dans les arènes de Mexico, les plus grandes au monde, ont été suspendues quelques jours, une décision de justice sans précédent et très symbolique qui relance le débat sur l'interdiction définitive de la tauromachie au Mexique.

Un juge fédéral doit prendre une décision sur le fond dans les prochains jours après s'être prononcé vendredi sur la plainte de l'association Justicia Justa contre les spectacles taurins. 

Il doit écouter entre-temps les arguments des partisans et des adversaires de cette tradition arrivée au Mexique avec la colonisation espagnole il y a 500 ans.

Aucun spectacle n'est prévu avant le 2 juillet dans les araines de Mexico, d'une capacité de 50.000 personnes.

Ce jour-là est prévu la première "Pamplonada", un lâcher de taureaux sur le modèle de la San Fermin à Pampelune (nord de l'Espagne) qui aura lieu à la même époque.

Plusieurs associations ont lancé ces dernières années des actions légales pour l'interdiction de la tauromachie.

Les partisans de la prohibition estiment que la loi traite les taureaux comme des "choses" et qu'elle ignore la souffrance animale.

Les défenseurs de la tradition mettent son poids économique de la tauromachie (343 millions de chiffres d'affaires, 80.000 emplois directs, selon des données officielles de 2018).

Cinq des 32 Etats fédérés du Mexique ont déjà interdit les spectacles taurins. En décembre le Parlement de la ville de Mexico s'est prononcé en commission pour l'interdiction mais aucun vote n'a encore eu lieu en plénière.

Le débat existe ailleurs en Amérique latine. Il est interdit de tuer le taureau à Bogota et Quito. Le Venezuela a annulé certaines corridas. Au Pérou la justice s'est prononcée contre l'interdiction.

Les corridas sont permises au Portugal, en Espagne et en France, où le débat existe. "75% des Français sont pour l'interdiction de la corrida", d'après l'exposé des motifs d'une proposition de loi pour l'interdiction en date de septembre 2021 sur le site du Sénat français.  


Dernier hommage au dessinateur français Sempé, créateur du Petit Nicolas

Sur cette photo d'archives prise le 26 octobre 2015, l'illustrateur français Jean-Jacques Sempe pose à son domicile à Paris. (AFP).
Sur cette photo d'archives prise le 26 octobre 2015, l'illustrateur français Jean-Jacques Sempe pose à son domicile à Paris. (AFP).
Short Url
  • Jean-Jacques Sempé est décédé le 11 août, à l'âge de 89 ans, dans sa résidence secondaire près de Bordeaux, la ville de son enfance dans le sud-ouest de la France
  • Le dessinateur a marqué plusieurs générations de lecteurs de la presse et de ses albums par l'humour et la poésie de ses saynètes

PARIS : Quelque 300 personnes ont assisté vendredi à Paris à l'enterrement du dessinateur Sempé, salué par Anne Goscinny, la fille de son ami, comme celui qui faisait sourire tout le monde.

Jean-Jacques Sempé est décédé le 11 août, à l'âge de 89 ans, dans sa résidence secondaire près de Bordeaux, la ville de son enfance dans le sud-ouest de la France.

Le dessinateur a marqué plusieurs générations de lecteurs de la presse et de ses albums par l'humour et la poésie de ses saynètes.

Il a été l'un des artistes les plus en vue dans le New Yorker, avec une centaine de couvertures entre 1978 et 2019.

Il reste pour la postérité le créateur, avec René Goscinny en 1959, du Petit Nicolas, écolier au cœur tendre dont les aventures sont devenues un classique de la littérature.

"Vous avez créé le Petit Nicolas. Vous avez fait sourire toutes les enfances. Aujourd'hui vous vous êtes retrouvés j'en suis sûre, et je vous entends rire aux larmes", a dit Anne Goscinny lors des funérailles en l'église Saint-Germain des Prés.

"Le dessin de Sempé, par son sourire et son élégance, faisait voir la vie avec moins de désespérance", a salué l'écrivain Benoît Duteurtre.

Il a rendu hommage à "l'artisan qui passait des heures au pupitre, (...) fidèle à la tradition du dessin d'humour avec ses gags rythmés" mais qui excellait aussi "dans les grandes images" et "pouvait être paysagiste".

"C'était un ami. Ensuite, c'est quelqu'un qui a un peu creusé les issues de secours dans une réalité qui nous étouffe un peu, avec un humour délicieux et en même temps plus signifiant qu'on ne le croit. C'était quelqu'un à la légèreté profonde", a déclaré à l'AFPTV l'acteur et metteur en scène Jean-Michel Ribes.

Sempé a été inhumé dans l'intimité au cimetière parisien du Montparnasse.


Vêtir les morts: des villageois indonésiens honorent leurs défunts lors d'un rituel

Cette photo prise le 17 août 2022 montre un membre de la famille de l'ethnie Toraja préparant les corps de parents exhumés d'un site funéraire communautaire pour être nettoyés et habillés lors d'une série de cérémonies traditionnelles en l'honneur des morts connues sous le nom de "Manene", dans le village de Torea, dans le nord de Toraja, dans le sud de Sulawesi en Indonésie. (AFP).
Cette photo prise le 17 août 2022 montre un membre de la famille de l'ethnie Toraja préparant les corps de parents exhumés d'un site funéraire communautaire pour être nettoyés et habillés lors d'une série de cérémonies traditionnelles en l'honneur des morts connues sous le nom de "Manene", dans le village de Torea, dans le nord de Toraja, dans le sud de Sulawesi en Indonésie. (AFP).
Short Url
  • Dans deux localités de l'île indonésienne de Célèbes, des habitants participent plusieurs jours durant à une cérémonie appelée «Manene»
  • Des centaines de corps sont exhumés et habillés dans le village de Torea au cours d'un rituel destiné à honorer leurs âmes et leur adresser des offrandes

TIKALA : Sur une île indonésienne, une famille prend la pose au côté d'un parent âgé ne pouvant plus esquisser le moindre sourire, tandis qu'une autre tente de vêtir un ancêtre d'âge vénérable d'une chemise et d'un chino.

Ces aînés ne sont cependant pas coincés dans une maison de retraite. Ils ne nourrissent pas non plus de rancune envers les plus jeunes. Ils sont tout simplement morts.

Dans deux localités de l'île indonésienne de Célèbes, des habitants participent plusieurs jours durant à une cérémonie appelée "Manene".

Des centaines de corps sont exhumés et habillés dans le village de Torea au cours d'un rituel destiné à honorer leurs âmes et leur adresser des offrandes.

"Lorsque nous procédons au Manene, nous commençons par ouvrir la sépulture et la nettoyer, ainsi que l'espace qui l'entoure", explique à l'AFP Sulle Tosae, un des proches participant à la cérémonie.

"Ensuite, nous séchons les corps au soleil avant de changer leur tenue", explique-t-il.

Les cercueils qui renferment les corps de leurs êtres chers sont extraits d'un caveau creusé à flanc de montagne.

"Les offrandes symbolisent la gratitude des enfants et petits-enfants envers leurs défunts", explicite Rahman Badus, à la tête du village de Torea.

Ils honorent leurs esprits "afin qu'ils puissent toujours bénir les vivants (en leur procurant) sécurité, paix et bonheur", éclaire-t-il.

Une famille a ainsi donné une cigarette en offrande à un proche tout juste sorti de terre, tandis qu'une autre a apposé des lunettes de soleil sur le nez de son défunt.

Quelques corps demeurent relativement épargnés par le processus de momification quand d'autres se sont détériorés jusqu'à devenir des squelettes.

Les esprits des morts

Les Toraja constituent un groupe ethnique composé d'environ un million de personnes sur l'île de Célèbes.

Ces habitants ont peu de scrupules à parler d'un corps embaumé, à l'habiller, à lui brosser les cheveux ou même à prendre des photos avec un parent momifié.

Selon le village, le Manene se tient habituellement en juillet ou en août, mais n'a pas nécessairement lieu tous les ans.

Les Toraja croient que les esprits des morts s'attardent sur terre avant les cérémonies funéraires et entament leur voyage vers le pays des esprits après que leurs âmes soient devenues immortelles.

Les familles préservent le corps de leur défunt jusqu'au moment où elles ont épargné suffisamment d'argent pour procéder à des funérailles en grande pompe.

Les disparus sont préalablement momifiés au cours d'un processus d'embaumement faisant intervenir des produits naturels comme du vinaigre acide et des feuilles de thé.

Mais de nombreuses familles décident désormais de simplifier la chose en injectant une solution de formaldéhyde dans le corps de leurs proches.

L'exhumation constitue une scène choquante et horrifiante pour les touristes occidentaux. Au contraire des habitants plus qu'heureux de nettoyer les corps, de prendre des photos et de prier pour les âmes des morts.

"Les corps doivent être traités avec le plus grand respect lors du rituel du Manene", explique Rahman Badus. "Les proches rendent hommage à leurs parents ou à leurs ancêtres. Le manque de respect a des conséquences."


Facebook et Instagram suppriment les comptes d'une organisation anti-vaccins américaine

Robert Kennedy Jr., s'adresse aux médias après une réunion à la Trump Tower à New York (Photo, AFP).
Robert Kennedy Jr., s'adresse aux médias après une réunion à la Trump Tower à New York (Photo, AFP).
Short Url
  • Meta, a supprimé de ces deux plateformes les comptes de l'influente organisation américaine anti-vaccins
  • CDH, qui critique la sécurité des vaccins contre la Covid-19, accuse Meta de ne pas respecter son droit à la liberté d'expression

WASHINGTON: La maison mère de Facebook et Instagram, Meta, a supprimé de ces deux plateformes les comptes de l'influente organisation américaine anti-vaccins Children's Health Defense (CDH), dirigée par Robert Kennedy Jr, neveu de l'ancien président John Fitzgerald Kennedy.

"Nous avons supprimé les comptes Instagram et Facebook en question pour violations répétées de nos politiques sur la Covid-19", a indiqué jeudi à l'AFP Aaron Simpson, un porte-parole de Meta.

CDH, qui critique la sécurité des vaccins contre la Covid-19, accuse Meta de ne pas respecter son droit à la liberté d'expression, en s'alignant sur les autorités sanitaires américaines.

"Facebook agit ici comme un représentant de la croisade du gouvernement fédéral pour faire taire toute critique des politiques draconiennes du gouvernement", a déclaré le fondateur de l'organisation, Robert Kennedy Jr, dans un communiqué.

Neveu de l'ancien président assassiné en 1963 et fils d'un ancien ministre, également assassiné en 1968, il est une figure majeure de la galaxie anti-vaccin américaine.

CDH revendique "des centaines de milliers" d'abonnés sur ces deux comptes et a partagé, dans son communiqué, des captures d'écran montrant la suppression de ces comptes pour "désinformation".

Selon CDH, l'interdiction pourrait être liée à une action intentée par l'organisation à l'encontre de Meta, pour censure, devant la justice fédérale.

La chaîne YouTube de CDH avait été supprimée en septembre dernier.

Meta, qui se voit régulièrement reprocher de propager la désinformation, essaie depuis la dernière élection présidentielle américaine de s'éloigner des contenus politiques pour se concentrer sur les échanges entre proches et communautés d'intérêt.