Responsabilité dans la fonte des glaciers péruviens? La justice allemande sur place

Vue du lac Palcacocha, situé à 4 650 mètres d'altitude dans le parc national de Huascaran, à Huaraz, au nord-est du Pérou, le 23 mai 2022. (Luka Gonzales/AFP)
Vue du lac Palcacocha, situé à 4 650 mètres d'altitude dans le parc national de Huascaran, à Huaraz, au nord-est du Pérou, le 23 mai 2022. (Luka Gonzales/AFP)
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Publié le Samedi 28 mai 2022

Responsabilité dans la fonte des glaciers péruviens? La justice allemande sur place

  • Saul Luciano Lliuya, un paysan péruvien de 41 ans, accuse le géant allemand de l’électricité, RWE, d'avoir favorisé la fonte des glaciers par ses émissions de gaz à effet de serre
  • Il explique que sa plus grande crainte est que la fonte provoque un débordement du lac, au pied des glaciers Palcaraju et Pucaranra

HUARAZ, Pérou : Des experts et des magistrats sur les rives d'un lac glaciaire dans le nord-est du Pérou : la justice allemande s'est déplacée jusqu'aux Andes pour étudier la plainte d'un paysan de ce pays contre le géant allemand de l'électricité RWE, accusé d'avoir favorisé le réchauffement climatique.

Le déplacement de cette délégation, composée de neuf personnes, est un nouvel épisode dans ce dossier dont les plaignants cherchent à faire un précédent au niveau mondial.

En première ligne de cette demande de «justice climatique», Saul Luciano Lliuya, un paysan péruvien de 41 ans, qui accuse RWE d'avoir favorisé la fonte des glaciers par ses émissions de gaz à effet de serre.

Le déplacement des experts et des juges au Pérou a été décidée par la Haute-Cour régionale de Hamm (nord de l'Allemagne) devant laquelle M. Lliuya a fait appel après avoir été débouté en première instance.

L'expertise doit déterminer le risque que représente la fonte des glaciers pour la ville de Huaraz (120.000 habitants) située en contrebas du lac glaciaire de Palcacocha.

«Nous voulons que l'entreprise RWE soit reconnue responsable des dommages environnementaux», explique l'agriculteur, soutenu dans sa démarche par l'ONG allemande de défense de l'environnement, Germanwatch.

La plainte a été «déboutée en première instance car elle n'avait pas de base légale et elle ne respectait pas les lois civiles allemandes. Nous sommes convaincus que cela va être la même chose en appel», a déclaré Guido Steffen, un porte-parole de RWE.

Pour le groupe, «selon la loi, les émetteurs individuels ne sont pas responsables de processus (...) universels, et effectivement mondiaux, comme le changement climatique».

Saul Luciano Lliuya et Germanwatch se sont rencontrés à l'occasion de la Conférence sur le climat (COP20) organisé en 2014 à Lima. Des membres de l'ONG se sont rendus ensuite à Huaraz pour examiner avec l'agriculteur les possibilités d'une action légale.

 

- Glissement de terrain -

Saul Luciano Lliuya explique que sa plus grande crainte est que la fonte des glaciers provoque un débordement du lac, situé à 4.650 mètres d'altitude, au pied des glaciers Palcaraju et Pucaranra, dans le Parc national Huascaran. Une fonte excessive pourrait inonder Huaraz.

« Comme agriculteur et comme citoyen, je ne veux pas que ces glaciers disparaissent, ils sont importants», souligne M. Lliuya qui dit se sentir «impuissant» car «tu sais que tu te trouves dans une zone à risque et qu'il y a de grandes entreprises industrielles qui provoquent tout cela».

Il possède une modeste ferme de 0,5 hectare, à flanc de montagne, où il vit chichement avec son épouse et leurs deux enfants. Il cultive du maïs et d'autres plantes traditionnelles comme le quinoa.

Le recul des glaciers lui fait craindre également un assèchement des aquifères souterrains qui mettrait en danger l'agriculture et l'approvisionnement en eau de Huaraz.

La procédure a débuté en 2015. L'année suivante RWE a gagné en première instance, mais l'agriculteur a fait appel en 2017. La visite des experts était prévue en 2019, mais elle a été retardée en raison de la pandémie.

L'avocate de Germanwatch, Roda Verheyen, veut que RWE «paie les coûts pour réellement protéger la ville et la ferme de Lliuya» d'une éventuelle inondation en provenance du lac.

RWE réfute toute responsabilité. «Ce dossier fait référence à nos émissions historiques de gaz à effet de serre, et nous avons toujours fait fonctionner nos centrales en respectant les limites gouvernementales, y compris pour nos émissions de dioxyde de carbone».

L'entreprise s'est donnée comme objectif la neutralité carbone en 2040.

Au cours des 50 dernières années, le Pérou a perdu 51% de ses glaciers, selon des données datant de 2020 de l'Autorité nationale de l'eau.

En 1941, à la suite d'une avalanche, le lac Palcacocha avait provoqué des inondations à Huaraz, provoquant la mort de 1.800 personnes, rappelle Noah Walker-Crawford, chercheur sur le changement climatique à l'University College London (UCL) et expert auprès de Germanwatch.

Par la suite, son volume d'eau a perdu près de 96% en trente ans, avant de «grossir très vite en raison du recul accéléré des glaciers dû au réchauffement climatique», selon lui.


Le président iranien estime que la reprise des hostilités avec les Etats-Unis n'est pas dans l'intérêt de son pays

Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
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  • Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA
  • L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense"

BICHEK: Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie.

"Nous continuons de nous efforcer de trouver un chemin d'accord et de compréhension, et nous pensons que continuer la guerre n'est pas dans notre intérêt, ni dans l'intérêt de la région", a expliqué le président iranien lors d'une réunion avec le Premier ministre indien Narendra Modi avant le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au Kirghistan.

"Nous pensons que la solution aux problèmes existants réside dans le dialogue et la compréhension, et toutes les capacités doivent être mobilisées pour éviter l'extension de l'insécurité et du conflit", a-t-il ajouté, selon un communiqué de la présidence iranienne.

Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA. L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense".

Le conflit est entré dans son septième mois et les efforts diplomatiques pour y mettre fin patinent.

Ces dernières semaines ont été marquées par une accalmie au Moyen-Orient, même si des tirs sporadiques ont été recensés, surtout dans et autour du détroit d'Ormuz.

Des dizaines de dirigeants, dont le dirigeant chinois Xi Jinping, le russe Vladimir Poutine, le Premier ministre indien Narendra Modi et son homologue pakistanais Shehbaz Sharif, doivent participer lundi et mardi au sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui se déroule cette année dans la capitale kirghize, Bichkek.

 


Crise migratoire à Ceuta : Sánchez réfute toute implication marocaine

Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
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  • Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines
  • "Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines"

MADRID: Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines dans le brusque afflux de migrants arrivés dans le territoire espagnol de Ceuta depuis le Maroc il y a un mois.

"Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines", a déclaré le chef de gouvernement socialiste sur la radio Cadena Ser.


Les Etats-Unis et le Venezuela annoncent un accord pétrolier "historique"

Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
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  • Washington et Caracas annoncent un accord pétrolier présenté comme historique, portant sur 17 champs vénézuéliens, avec 65 milliards de barils de potentiel et plus de 100 milliards de dollars d’investissements
  • L’accord vise à relancer la production pétrolière du Venezuela et à réduire les prix de l’énergie aux États-Unis, mais des incertitudes persistent sur les investissements, la sécurité et la stabilité politique

WASHINGTON: Washington et Caracas ont annoncé vendredi avoir conclu un accord pétrolier "historique", qui verra les Etats-Unis prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils des réserves du Venezuela.

Dans un message publié sur Truth Social, le président américain Donald Trump l'a qualifié de "plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale" qui doublerait, selon lui, les réserves pétrolières des Etats-Unis.

Il précise que l'accord a été établi "en étroite collaboration avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez" et "au travers d'un partenariat avec des entreprises privées".

Caracas a confirmé avoir signé un accord pétrolier "historique" avec les Etats-Unis, Mme Rodriguez remerciant "chaleureusement" Donald Trump dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Selon elle, l'accord prévoit "de développer 17 champs stratégiques, avec un potentiel avéré de 65 milliards de barils de pétrole, un investissement de plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l'État" vénézuélien.

"Pour le peuple vénézuélien, cet accord (...) soutiendra des milliers d'emplois bien rémunérés et favorisera la reconstruction de l'économie vénézuélienne", a également déclaré le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur X, confirmant "près de 100 milliards de dollars d'investissements privés" dans le pays.

Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Mais sa production reste limitée.

En parallèle, les stocks stratégiques américains ("strategic petroleum reserve", ou SPR) sont à leur plus bas niveau depuis novembre 1982, selon les données de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).

Washington s'est engagé à libérer progressivement 172 millions de barils sur les 415 millions qui composaient la SPR fin février pour pallier les perturbations d'approvisionnement et la hausse des cours du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient.

Selon Donald Trump, "cette transaction historique" entre les Etats-Unis et le Venezuela permettra "de réduire considérablement le prix de l'essence pour tous les Américains, et ce pendant de nombreuses années".

Le président américain assure par ailleurs que cet accord "ne coûtera rien aux contribuables américains".

 

- Mainmise américaine -

 

Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer l'exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage.

Le gouvernement américain essaye de pousser les entreprises américaines à s'engager dans le pays, suscitant toutefois des réactions mitigées face aux lourds investissements nécessaires pour remettre en état les infrastructures pétrolières du pays et y extraire de l'or noir.

Une réticence suscitée aussi par les expropriations menées par le régime vénézuélien dans le passé. Le géant américain ExxonMobil l'a notamment été à deux reprises.

"Le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité", a commenté auprès de l'AFP John Kilduff, analyste d'Again Capital.

Selon lui, les Etats-Unis pourraient chercher avec cet accord à "créer une sorte de zone d'État où les entreprises américaines peuvent s'implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions, et (...) éliminer le risque politique qui accompagne habituellement les investissements au Venezuela".

Pour Jorge R. Pinon, chercheur à l'Energy Institute de l'Université du Texas à Austin, de nombreuses "zones d'ombre" subsistent toutefois, notamment le risque qu'un futur gouvernement vénézuélien change brutalement "les règles du jeu", remettant en cause tout accord actuel.

"Ce sont des projets qui mettront très certainement de nombreuses années avant de voir le jour et de porter leurs fruits", estime par ailleurs l'expert pétrolier Oswaldo Felizzola.

Pour Elias Ferrer, fondateur du Think tank Orinoco Research, cette annonce relève d'"un jeu de récits autour d'accords qui étaient déjà en cours de négociation", l'achat par les Etats-Unis de brut vénézuélien étant dans tous les cas "garanti".

D'après l'expert, Donald Trump présente ces arrangements comme une victoire politique, en les inscrivant dans le contexte plus large du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l'énergie.