Méditerranée: Athènes accuse Ankara de «fantasmes impérialistes»

Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, le président chypriote, Nicos Anastasiades, et le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, après un sommet trilatéral, au palais présidentiel à Nicosie, Chypre, le 21 octobre 2020. (Reuters)
Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, le président chypriote, Nicos Anastasiades, et le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, après un sommet trilatéral, au palais présidentiel à Nicosie, Chypre, le 21 octobre 2020. (Reuters)
Short Url
Publié le Jeudi 22 octobre 2020

Méditerranée: Athènes accuse Ankara de «fantasmes impérialistes»

  • M. Mitsotakis a encore reproché à la Turquie d'avoir recours à une « rhétorique extrême » et d'agir de façon unilatérale, tout en ignorant les appels au dialogue lancés par l'Union européenne, la Russie et les Etats-Unis
  • Dans un communiqué commun, Chypre, l'Egypte et la Grèce ont dénoncé les « provocations » de la Turquie concernant l'exploration énergétique dans les eaux disputées de la Méditerranée orientale, ainsi qu'en Libye et en Syrie, pays meurtris par des conflits

ATHENES: Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a accusé mercredi la Turquie d'entretenir des « fantasmes impérialistes » en Méditerranée orientale lors d'une rencontre à Nicosie avec les présidents chypriote et égyptien.

M. Mitsotakis a encore reproché à la Turquie d'avoir recours à une « rhétorique extrême » et d'agir de façon unilatérale, tout en ignorant les appels au dialogue lancés par l'Union européenne, la Russie et les Etats-Unis.

La Turquie entretient des « fantasmes impérialistes assortis d'actions agressives depuis la Syrie jusqu'en Libye, en passant par la Somalie et Chypre ou encore la mer Egée et le Caucase », a dit le Premier ministre grec.

M. Mitsotakis a tenu ces propos lors d'une rencontre trilatérale à Chypre avec les présidents chypriote Nicos Anastasiades et égyptien Abdel Fattah al-Sissi, dont les pays ont aussi des relations tendues avec la Turquie.

Dans un communiqué commun, Chypre, l'Egypte et la Grèce ont dénoncé les « provocations » de la Turquie concernant l'exploration énergétique dans les eaux disputées de la Méditerranée orientale, ainsi qu'en Libye et en Syrie, pays meurtris par des conflits.

Et M. Mitsotakis de citer par exemple « la signature d'un accord invalide » entre Ankara et Tripoli.

Fin 2019, la Turquie et la Libye ont conclu un accord de délimitation de leurs espaces maritimes, qui permet à Ankara de faire valoir des droits sur de grandes zones en Méditerranée orientale.

Chypre, l'Egypte et la Grèce avaient alors dénoncé un accord « illégal » violant leurs droits économiques dans ce secteur où la découverte ces dernières années de vastes gisements gaziers a aiguisé l'appétit des pays riverains.

L'Egypte et la Grèce avaient ensuite signé un accord de démarcation de leurs frontières maritimes en août dernier.

Athènes, Le Caire et Nicosie avaient déjà condamné des forages réalisés par Ankara au large de Chypre, où l'armée turque est intervenue en 1974. Le tiers nord de l'île est gérée par l'autoproclamée République turque de Chypre-Nord (RTCN), reconnue uniquement par Ankara.

Chypre, la Grèce et l'Egypte tiennent régulièrement des sommets pour renforcer leur coopération énergétique dans la région, et en faire un hub énergétique pour fournir du gaz à l'Europe.

« La Turquie fait constamment augmenter les tensions et porte atteinte à la sécurité régionale », a dit de son côté mercredi le président chypriote Nicos Anastasiades.

M. Sissi a salué l'accord gréco-égyptien comme un exemple de ce qui pouvait être réalisé lorsque « le droit international et les institutions sont respectés ».

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a jugé sans valeur cet accord, promettant de maintenir son pacte avec Tripoli. Il s'est aussi dit déterminé à continuer la recherche de gaz et pétrole en Méditerranée.

A l'issue d'un sommet européen vendredi dernier, le président du Conseil européen Charles Michel a menacé la Turquie de sanctions européennes si Ankara poursuivait ses projets dans ce sens.


Des explosions retentissent dans le sud de Beyrouth

Une banderole à l'effigie de Hassan Nasrallah, le chef assassiné du mouvement chiite libanais Hezbollah, est accrochée devant un magasin dans une rue jonchée de débris de bâtiments, sur le site d'une frappe aérienne israélienne menée dans la nuit et qui a visé un quartier de la banlieue sud de Beyrouth, le 25 mars 2026. (AFP)
Une banderole à l'effigie de Hassan Nasrallah, le chef assassiné du mouvement chiite libanais Hezbollah, est accrochée devant un magasin dans une rue jonchée de débris de bâtiments, sur le site d'une frappe aérienne israélienne menée dans la nuit et qui a visé un quartier de la banlieue sud de Beyrouth, le 25 mars 2026. (AFP)
Short Url
  • Des images de l'AFPTV ont montré de la fumée s'élever de la banlieue sud de la capitale libanaise, considérée par Israël comme un fief du mouvement pro-iranien Hezbollah
  • Habituellement densément peuplée, cette zone s'est largement vidée de ses habitants depuis le début des hostilités

BEYROUTH: Des explosions ont retenti dans le sud de Beyrouth aux premières heures de vendredi, selon des journalistes de l'AFP, des médias locaux et l'agence de presse officielle libanaise faisant état de frappes israéliennes.

Des images de l'AFPTV ont montré de la fumée s'élever de la banlieue sud de la capitale libanaise, considérée par Israël comme un fief du mouvement pro-iranien Hezbollah. On ignore à ce stade si la frappe a fait des victimes dans cette zone visée régulièrement par l'armée israélienne.

Habituellement densément peuplée, cette zone s'est largement vidée de ses habitants depuis le début des hostilités.

Quelques heures plus tard, l'armée israélienne a lancé un appel à évacuer aux habitants d'un village du sud du pays et à se déplacer vers le nord de la rivière Zahrani, car "les activités du Hezbollah poussent l'armée israélienne à prendre des mesures fermes contre eux dans le village".

Le Liban a été entraîné dans la guerre début mars lorsque le Hezbollah, soutenu par Téhéran, a commencé à tirer des roquettes sur Israël pour venger l'assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué au premier jour de l'offensive américano-israélienne en Iran le 28 février.

Alors qu'Israël manifeste sa détermination à intensifier sa campagne militaire contre le mouvement islamiste, ce dernier a revendiqué une série d'attaques contre les troupes israéliennes qui mènent une incursion terrestre dans le sud du Liban.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé mercredi soir qu'Israël était en train d'élargir une "zone tampon" au Liban pour "éloigner la menace des missiles" du Hezbollah.

Le mouvement a déclaré que ses combattants poursuivaient leurs attaques contre les troupes israéliennes dans le sud du Liban tôt vendredi matin.

Jeudi, les médias officiels ont fait état de frappes israéliennes meurtrières sur plusieurs zones du sud du pays. Le Hezbollah a revendiqué plus de 90 attaques contre des cibles israéliennes à l'intérieur du Liban et de l'autre côté de la frontière.

De son côté, l'armée israélienne a déclaré jeudi que deux soldats avaient été tués dans le sud du Liban, tandis que les services d'urgence israéliens ont indiqué qu'une roquette tirée depuis le Liban avait tué un homme dans la région de Nahariya, au nord d'Israël.

Selon les autorités libanaises, les frappes israéliennes menées depuis le 2 mars ont fait au moins 1.116 morts, dont 121 enfants, et plus d'un million de personnes ont été déplacées.

 


Le prince héritier saoudien et le président ukrainien discutent de la crise régionale

Le prince héritier Mohammed ben Salmane a reçu Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine. (SPA)
Le prince héritier Mohammed ben Salmane a reçu Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine. (SPA)
Short Url
  • Kyiv cherche à tirer parti de son expertise dans l’interception des drones Shahed conçus en Iran

RIYAD : Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a effectué une visite surprise en Arabie saoudite jeudi, alors que la guerre au Moyen-Orient suscite l’intérêt des États du Golfe pour la technologie ukrainienne de défense aérienne.

Il a rencontré le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane à Djeddah, où ils ont discuté de l’escalade régionale et de la crise en Ukraine, selon l’Agence de presse saoudienne.

« Arrivé en Arabie saoudite. Des réunions importantes sont prévues », a écrit Zelensky sur les réseaux sociaux avant sa rencontre avec le prince héritier. « Nous apprécions le soutien et soutenons ceux qui sont prêts à travailler avec nous pour garantir la sécurité. »

Les deux pays devraient signer un accord de « coopération en matière de sécurité — notamment la protection du ciel », a indiqué un haut responsable à l’Agence France-Presse.

Kyiv cherche à mettre à profit son expertise dans l’interception des drones russes pour aider les pays du Golfe, qui sont attaqués par les mêmes drones Shahed conçus en Iran que la Russie utilise contre l’Ukraine.

Zelensky a déclaré que plus de 200 experts ukrainiens en lutte anti-drones ont été déployés dans plusieurs pays du Moyen-Orient depuis le début de la guerre le 28 février.

Kyiv met en avant une combinaison d’intercepteurs de drones à bas coût, d’outils de brouillage électronique et de canons antiaériens comme une solution efficace contre les drones russes Shahed.

L’Ukraine a proposé d’échanger ses intercepteurs contre les missiles de défense aérienne plus coûteux actuellement utilisés par les pays du Golfe pour contrer les drones iraniens. Kyiv affirme en avoir besoin davantage pour repousser les attaques de missiles russes.

L’an dernier, l’Arabie saoudite a également accueilli des responsables américains pour des discussions distinctes avec des délégations ukrainienne et russe, dans le but de mettre fin à la guerre de quatre ans déclenchée par l’invasion de Moscou en février 2022. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël dit avoir «éliminé» le chef de la marine des Gardiens de la Révolution iraniens

Le ministre israélien de la Défense Israël Katz a annoncé jeudi que l'armée avait "éliminé" le commandant de la marine des Gardiens de la Révolution iraniens, Alireza Tangsiri, dans une vidéo publiée par son bureau. (AFP)
Le ministre israélien de la Défense Israël Katz a annoncé jeudi que l'armée avait "éliminé" le commandant de la marine des Gardiens de la Révolution iraniens, Alireza Tangsiri, dans une vidéo publiée par son bureau. (AFP)
Short Url
  • "L'homme directement responsable de l'opération terroriste de minage et de blocage du détroit d'Ormuz a été pulvérisé"
  • L'opération constitue aussi "une nouvelle importante pour nos partenaires américains, en mettant en lumière l'aide de l'armée israélienne pour la réouverture du détroit d'Ormuz"

JERUSALEM: Le ministre israélien de la Défense Israël Katz a annoncé jeudi que l'armée avait "éliminé" le commandant de la marine des Gardiens de la Révolution iraniens, Alireza Tangsiri, dans une vidéo publiée par son bureau.

L'armée israélienne "a éliminé le commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Tangsiri, avec d'autres officiers supérieurs de la marine", a déclaré M. Katz.

"L'homme directement responsable de l'opération terroriste de minage et de blocage du détroit d'Ormuz a été pulvérisé", a-t-il ajouté, avant de promettre aux responsables des Gardiens, armée idéologique de la République islamique, de "continuer à les traquer un par un".

L'opération constitue aussi "une nouvelle importante pour nos partenaires américains, en mettant en lumière l'aide de l'armée israélienne pour la réouverture du détroit d'Ormuz", goulet stratégique pour l'approvisionnement mondial en pétrole, devenu un enjeu majeur dans la guerre entre l'Iran et Israël et les Etats-Unis.