Craintes de violences pour la «marche des drapeaux» à Jérusalem

Des drapeaux drapés assistent aux funérailles de Yaakov Shalom, l'une des cinq personnes tuées lors de la fusillade d'hier dans la ville religieuse de Bnei Brak, au cimetière de Yarkon dans la ville israélienne de Petah Tikva, le 30 mars 2022 (Photo, AFP).
Des drapeaux drapés assistent aux funérailles de Yaakov Shalom, l'une des cinq personnes tuées lors de la fusillade d'hier dans la ville religieuse de Bnei Brak, au cimetière de Yarkon dans la ville israélienne de Petah Tikva, le 30 mars 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 29 mai 2022

Craintes de violences pour la «marche des drapeaux» à Jérusalem

  • Pour ce dimanche, la police s'est placée en état d'alerte
  • Autre élément en jeu: l'Iran, ennemi N.1 d'Israël et soutien du Hamas

JÉRUSALEM: La police israélienne est en état d'alerte dimanche à Jérusalem à l'occasion de la "marche des drapeaux", défilé marquant la conquête de la partie palestinienne de la ville par Israël, sur fond de craintes d'un nouvel embrasement.

L'an dernier, lors du jour prévu pour cette marche selon le calendrier hébraïque et après des jours de violences israélo-palestiniennes à Jérusalem-Est, le mouvement palestinien Hamas avait lancé des salves de roquettes sur Israël, prélude à une guerre de 11 jours entre les deux camps.

Pour ce dimanche, la police s'est placée en état d'alerte et indiqué avoir mobilisé 3.000 officiers pour la marche de "Yom Yerushalaïm" ou le "jour de Jérusalem" qui doit débuter à 16H00 locales (13H00 GMT).

Le défilé marque pour Israël la "réunification" de la Ville sainte après l'occupation en 1967 de sa partie palestinienne. Son trajet historique passe par la Vieille Ville située à Jérusalem-Est occupée, sans faire de crochet par l'esplanade des Mosquées, au coeur des tensions israélo-palestiniennes. 

Des groupes palestiniens ont menacé de "répondre" en cas de violences lors de la marche, voire si des participants se rendaient à l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam mais aussi site le plus sacré du judaïsme sous le nom de "Mont du Temple".

"Nous n'allons pas hésiter à user de tous les moyens possibles pour stopper une (éventuelle) incursion sur nos sites sacrés. Israël en paiera le prix fort", a déclaré samedi à l'AFP Ghazi Hamad, un membre du bureau politique du Hamas, le mouvement islamiste au pouvoir à Gaza qui dit combattre une "judaïsation" de ce site.

Test calculé? 

Malgré les pressions, le Premier ministre israélien Naftali Bennett a assuré que la marche "se déroulera selon le trajet prévu, comme c'est le cas depuis des décennies", c'est-à-dire en passant par la Vieille Ville mais sans faire de détour par l'esplanade.

La marche est un "test personnel, voire un test de personnalité" pour M. Bennett, pour marquer sa différence par rapport à son prédécesseur, Benjamin Netanyahu, au pouvoir l'année dernière pendant la marche et la guerre, note le grand quotidien Yediot Aharonot.

"Netanyahu avait balbutié, hésité, pris une décision (d'autoriser la marche), pour ensuite se rétracter (sur le tracé) en raison des menaces du Hamas et nous avions eu malgré tout un barrage de roquettes (...) Bennett a opté pour une stratégie opposée, avec une politique calme et calculée (...)", poursuit le Yediot.

Quel est ce calcul? "Que le Hamas n'a aucun intérêt à se lancer dans une nouvelle guerre (...) car il se focalise sur la reconstruction de Gaza", estime Shlomo Mofaz, analyste sécuritaire et ex-haut gradé du renseignement militaire israélien.

Au cours des derniers mois, Israël a accordé des milliers de permis de travail sur son territoire à des Palestiniens de Gaza, dont le salaire sert à redonner un souffle économique à cette enclave minée par un chômage endémique.

"Saper la stabilité sécuritaire menacerait ses efforts et les progrès (économiques)", a déclaré samedi soir en allusion au Hamas, le commandant israélien Ghassan Alian.

 «Evitez l'escalade»! 

Si le Hamas n'a pas intérêt économiquement à une escalade, des violences à Jérusalem avec des blessés ou des morts palestiniens pourraient le pousser, ou d'autres groupes palestiniens armés comme le Jihad islamique, à passer à l'offensive, note M. Mofaz.

Autre élément en jeu: l'Iran, ennemi N.1 d'Israël et soutien du Hamas et du Jihad islamique.

Selon le New York Times, Israël a indiqué à Washington être responsable de la mort de Sayyad Khodaï, un important officier des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran, tué par balles le 22 mai près de Téhéran.

"Peut-être qu'ils (les Iraniens) vont encourager (le Hamas ou le Jihad islamique) à briser la routine" et lancer des roquettes sur Israël, note M. Mofaz.

Le médiateur en chef de l'ONU pour le Proche-Orient, Tor Wennesland, a lui appelé Israéliens et Palestiniens "à faire preuve d'une retenue maximale" afin "d'éviter un nouveau conflit qui ne fera que plus de morts".

"Le message de la communauté internationale est clair: évitez une nouvelle escalade."


L'armée jordanienne annonce avoir intercepté cinq drones iraniens

L'armée jordanienne a annoncé mardi dans un communiqué l'interception de cinq drones iraniens qui visaient le royaume. Photo d'illustration. (AFP)
L'armée jordanienne a annoncé mardi dans un communiqué l'interception de cinq drones iraniens qui visaient le royaume. Photo d'illustration. (AFP)
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  • Les Gardiens de la Révolution ont confirmé sur leur site Sepah News avoir procédé à une attaque
  • Ils ont ciblé selon eux un "complexe abritant des forces terroristes américaines dans la région de Rukban"

AMMAN: L'armée jordanienne a annoncé mardi dans un communiqué l'interception de cinq drones iraniens qui visaient le royaume, dans le cadre des frappes menées par la République islamique en riposte aux bombardements américains.

Les Gardiens de la Révolution ont confirmé sur leur site Sepah News avoir procédé à une attaque, ciblant selon eux un "complexe abritant des forces terroristes américaines dans la région de Rukban".

 

 

 


Liban: l'armée se déploie dans les « zones pilotes » du sud

Des soldats de l'armée libanaise inspectent le lieu d'une explosion qui a visé leur véhicule dans la région d'Al-Mansouri, au sud du Liban, près de Tyr, le 18 juillet 2026. (AFP)
Des soldats de l'armée libanaise inspectent le lieu d'une explosion qui a visé leur véhicule dans la région d'Al-Mansouri, au sud du Liban, près de Tyr, le 18 juillet 2026. (AFP)
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  • L'établissement de "zones pilotes" confiées à l'armée est prévu par l'accord-cadre signé en juin par les deux pays pour mettre fin à l'état de guerre entre eux
  • Ce déploiement est le premier test de l'accord visant à obtenir le retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban et le désarmement du Hezbollah pro-iranien

BEYROUTH: L'armée libanaise a annoncé mardi avoir entamé son déploiement dans un village du sud du pays dont l'armée israélienne contrôlait les abords, en vertu d'un accord avec Israël sur les "zones pilotes" parrainé par Washington.

Cette mesure intervient alors que le président libanais doit rencontrer mardi Donald Trump à la Maison Blanche.

"Les unités militaires ont commencé ce matin à se déployer à Zawtar al-Gharbiya", une localité de la région de Nabatiyé, a annoncé un communiqué de l'armée.

Des médias libanais ont montré des véhicules de l'armée, l'un d'eux arborant le drapeau libanais, entrant dans la localité située à la lisière de la "zone de sécurité" établie par l'armée israélienne.

L'établissement de "zones pilotes" confiées à l'armée est prévu par l'accord-cadre signé en juin par les deux pays pour mettre fin à l'état de guerre entre eux.

Ce déploiement est le premier test de l'accord visant à obtenir le retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban et le désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Le département d'Etat américain avait annoncé lundi soir que l'armée libanaise avait commencé à assurer la sécurité de trois villages du sud, Zawtar Al-Gharbiya, Froun et Srifa.

Mais l'armée israélienne n'est pas présente dans ces deux dernières localités.

"C'est l'occasion pour l'Etat libanais de commencer à réaffirmer son contrôle de zones historiquement dominées par le Hezbollah", avait réagi un haut responsable de la diplomatie américaine.

L'armée israélienne a pour sa part déclaré qu'elle allait "adapter son dispositif dans l'une des zones pilotes afin de permettre aux Forces armées libanaises de remplir leur mission, tout en garantissant la sécurité des soldats de Tsahal et en préservant son droit à l'autodéfense et à la neutralisation des menaces".

Le Hezbollah pro-iranien est opposé à l'accord avec Israël et refuse d'être désarmé.

Le groupe avait entraîné le pays début mars dans une nouvelle guerre avec Israël, en solidarité avec l'Iran.


Les Houthis annoncent un blocus maritime de l'Arabie saoudite en plein affrontement irano-américain

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  • Les Houthis "annoncent un blocus maritime contre l'ennemi saoudien criminel, selon le principe +oeil pour oeil+, avec effet immédiat"
  • Riyad a exprimé "la plus ferme condamnation du Royaume d'Arabie saoudite à l'égard des déclarations faites par le soi-disant porte-parole militaire de la milice terroriste houthie (...) imposant un blocus maritime au Royaume"

RIYAD: Les rebelles houthis du Yémen, soutenus par Téhéran, ont annoncé lundi un blocus maritime de l'Arabie saoudite, en pleine intensification de la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran, menaçant la capacité du premier exportateur de pétrole brut au monde à contourner le détroit d'Ormuz.

Intervenant au neuvième jour consécutif d'hostilités entre les Etats-Unis et l'Iran, d'une intensité inédite depuis le cessez-le-feu d'avril, ces menaces "contre la liberté de navigation (...) risquent de mener à une escalade régionale encore plus grande", s'est inquiété le porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Stéphane Dujarric, appelant à une "désescalade immédiate".

Les Houthis "annoncent un blocus maritime contre l'ennemi saoudien criminel, selon le principe +oeil pour oeil+, avec effet immédiat", avait plus tôt déclaré leur porte-parole militaire, Yahya Saree, sans préciser comment la formation comptait mettre en oeuvre cette mesure.

De son côté, le ministère des Affaires étrangères de la monarchie du Golfe a exprimé "la plus ferme condamnation du Royaume d'Arabie saoudite à l'égard des déclarations faites par le soi-disant porte-parole militaire de la milice terroriste houthie (...) imposant un blocus maritime au Royaume". Et de préciser que Riyad "continue de soutenir le peuple yéménite frère et son gouvernement légitime".

L'annonce fait suite à des échanges de tirs entre les deux camps au Yémen la semaine dernière, mettant en péril la trêve négociée en 2022, toujours active malgré son expiration.

Ces hostilités se sont enclenchées après la tentative d'atterrissage à Sanaa d'un avion iranien en provenance de Téhéran, défiant l'hégémonie saoudienne sur l'espace aérien yéménite.

"Même si aucun navire n'est attaqué, l'annonce risque à elle seule de perturber le trafic maritime et de semer le doute dans les ports saoudiens. La question cruciale reste de savoir si les Houthis passeront des menaces à l'action", estime Mohammed al-Basha, du cabinet de conseil en gestion des risques Basha Report.