Dans les campagnes anglaises, la fièvre monte avant le jubilé de la reine

Des bus et des taxis londoniens rouges passent sous les drapeaux de l'Union, installés pour célébrer le jubilé de platine de la reine Elizabeth, dans Regent Street, au centre de Londres, le 27 mai 2022. (AFP).
Des bus et des taxis londoniens rouges passent sous les drapeaux de l'Union, installés pour célébrer le jubilé de platine de la reine Elizabeth, dans Regent Street, au centre de Londres, le 27 mai 2022. (AFP).
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Publié le Dimanche 29 mai 2022

Dans les campagnes anglaises, la fièvre monte avant le jubilé de la reine

  • Ce matin, les pompiers sont venus avec leur grand échelle accrocher des guirlandes de fanions tricolores dans la rue principale. Dans quelques heures, c’est la répétition générale d'un groupe de danses traditionnelles
  • Ce grand week-end férié du 2 au 5 juin célébrera partout au Royaume Uni et parfois au-delà, les 70 ans de règne (jubilé de platine) d'une souveraine de 96 ans

BIDFORD-ON-AVON : "Parfois je me réveille à trois heures du matin en pensant à ce que nous avons peut-être oublié de commander". Présidente du comité des fêtes du village anglais de Bidford-on-Avon, Suze Meredith perd presque le sommeil à l'approche des célébrations des 70 ans de règne d'Elizabeth II.

"Depuis trois mois, c’est du plein temps", dit-elle à l'AFP.

Ce matin, les pompiers sont venus avec leur grand échelle accrocher des guirlandes de fanions tricolores dans la rue principale. Dans quelques heures, c’est la répétition générale d'un groupe de danses traditionnelles.

Tout doit être parfait pour ce grand week-end férié du 2 au 5 juin, qui célébrera partout au Royaume Uni et parfois au-delà, les 70 ans de règne (jubilé de platine) d'une souveraine de 96 ans toujours extrêmement populaire.

Le comité des fêtes du jubilé de Bidford, joli village au pont de pierre du 15e siècle, s'est créé l’été dernier. Son programme pour les quatre jours du Jubilé est impressionnant : concours de jardins et de déguisements pour enfants, course aux flambeaux, cricket, tennis, football et bowling pour tous, concert spécial par la chorale locale, expositions, conférences...

Le village de 6.000 habitants, situé à 180 km au nord-ouest de Londres, a aussi son concours de gâteaux, et un jardin du Jubilé a été créé, où plusieurs capsules temporelles doivent être enterrées, dont l’une pendant 50 ans, racontant la vie en 2022.  

Les célébrations s'y termineront dimanche par une grande fête avec orchestre, danseurs, jeux d'enfants et restauration festive.

Dans les rues du village voisin d’Alcester, les rues sont aussi pavoisées avec fanions tricolores et grands portraits de la reine sur fond de drapeaux britanniques. Les vitrines des magasins de charité - qui revendent des dons pour des bonnes causes - sont une succession d'hommages à Elizabeth II, avec tasses et vaisselle ancienne à son effigie, livres, photos, petites cuillères d’un mariage princier de 1981, et même deux petits corgis en porcelaine (les chiens préférés d’Elizabeth II).

"Beaucoup pensent que nous ne devrions plus avoir de monarchie, mais nous avons grandi avec, cela fait partie de la tradition, de notre identité, de notre culture", explique Tabitha Gibson, mère de deux jeunes garçons. Elle raconte comment sa grand-mère écoutait chaque année le discours de Noël de la reine et s'en sentait très proche. "C'est la figure de proue du pays, et c'est aussi la cheffe de l'Eglise, c'est important" dit-elle.

"C'est une femme remarquable, un atout majeur pour le pays", estime aussi Philomena Hodgetts, 73 ans, saluant une monarque "imperturbable" quoi qu'il arrive. "C'est quelqu'un qu'on peut admirer".

Souvenirs émus

Dans la fièvre des préparatifs du jubilé, les souvenirs émus refont surface. 

Phyllis Losh, dont le fils était militaire durant la guerre du Golfe, raconte avoir été invitée à rencontrer la monarque sur une base militaire. "Je suis petite, elle avait la même taille que moi. Et elle a des yeux bleus magnifiques" dit-elle, avant de raconter en riant comment elle a dû ce jour-là "faire une révérence, avec une tasse de thé et sa sous-tasse" à la main, en plus de son sac à main.

"C'est une femme absolument merveilleuse", ajoute-t-elle, "elle fait tout avec tellement de dignité".

Steve Jackson, retraité qui a préparé le concert du Jubilé avec une soixantaine de choristes, souligne aussi l'évolution de la monarchie durant son règne. 

"Avant on ne les voyait pas beaucoup, ils vivaient de manière très privée au palais de Buckingham. Maintenant ils sont beaucoup plus ouverts", estime-t-il, évoquant le prince Charles, 73 ans, héritier de trône, mais surtout son fils William, 39 ans, deuxième dans l'ordre de succession.

Personne ne croit que la reine, aux apparitions beaucoup plus rares en raison de problèmes de mobilité, puisse abdiquer ou que le trône puisse passer directement à son petit-fils William.

"Je ne pense pas qu'elle abdiquera. Elle voit ça comme son devoir", explique Steve Jackson. "Et Charles suivra, car c'est la tradition".


Guerre au Moyen-Orient: Trump subit un camouflet au Congrès, Khamenei doit s'exprimer jeudi

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  • Sans attendre un éventuel accord, la résolution votée par la Chambre des représentants ordonne un retrait des troupes américaines engagées depuis fin février contre la République islamique
  • Elle n'a qu'une portée symbolique en raison du droit du veto du président américain

KOWEIT: Donald Trump a jugé mercredi possible que les discussions avec l'Iran aboutissent ce week-end, malgré la reprise des attaques dans le Golfe et le camouflet infligé par les députés américains qui ont voté en faveur de la fin de guerre.

Une déclaration du guide suprême iranien Mojtaba Khamenei est attendue jeudi, au moment où les négociations entre Washington et Téhéran patinent en dépit de la confiance affichée par le président américain.

"On me dit que les négociations se passent très bien (...) Qui sait (...), cela (la fin des discussions) pourrait être ce week-end", a-t-il encore assuré mercredi dans le Bureau ovale, sans exclure qu'elles échouent.

Sans attendre un éventuel accord, la résolution votée par la Chambre des représentants ordonne un retrait des troupes américaines engagées depuis fin février contre la République islamique. Elle n'a qu'une portée symbolique en raison du droit du veto du président américain.

Mais son adoption, avec quatre voix d'élus républicains, confirme le mécontentement suscité aux Etats-Unis par un conflit qui a fait grimper les prix de l'énergie.

Pressé de trouver une porte de sortie, Donald Trump a déjà laissé entrevoir plusieurs fois ces derniers jours un accord proche, sans résultat tangible, tandis que sur le terrain de nouveaux affrontements entre l'Iran et les Etats-Unis dans le Golfe fragilisent le cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril.

Téhéran a en outre averti du risque de "reprise à grande échelle de la guerre" dans la région en cas d'attaque contre Beyrouth, menace brandie par Israël dans le cadre de son offensive au Liban contre le mouvement chiite pro-iranien Hezbollah.

"Des messages ont été échangés concernant la nécessité de mettre fin à l'agression contre Beyrouth mais aucun progrès tangible n'a été réalisé dans le processus de négociation", a dit le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi dans une interview à la chaîne de télévision libanaise Al Mayadeen rapportée par l'agence iranienne Tasnim.

Attaques contre le Koweït 

Alors que des frappes israéliennes ont fait au moins 10 morts mercredi dans le pays, le Liban et Israël se sont mis d'accord dans la soirée sur "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, jusqu'ici tenue à l'écart.

Mais cette trêve est conditionnée à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah, qui rejette ces pourparlers et a encore revendiqué des attaques contre des positions israéliennes dans le sud du Liban dans la nuit de mercredi à jeudi.

Donald Trump a déclaré vouloir "séparer" les discussions sur le Liban de celles sur l'Iran, alors que Téhéran considère qu'il s'agit d'un seul et même sujet.

Autre point d'achopement: le sort de l'uranium enrichi par l'Iran, que les Etats-Unis et Israël accusent de vouloir se doter de l'arme atomique, ce que Téhéran réfute.

Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a assuré devant une commission parlementaire que la question de l'uranium enrichi était "clairement abordée" avec l'Iran, concédant toutefois que Téhéran n'avait pas donné son feu vert.

Missiles et drones 

Donald Trump a déclaré mercredi qu'il "aimerait rencontrer" Mojtaba Khamenei, dont une déclaration écrite attendue jeudi, 37e anniversaire de la mort du fondateur de la République islamique, Rouhollah Khomeini.

Cette commémoration, qui donne lieu à une grande cérémonie, coïncide cette année avec l'une des principales fêtes chiites célébrée en masse dans les rues.

Elle intervient alors que les hostilités ont repris ces derniers jours, en particulier autour du détroit d'Ormuz, stratégique voie maritime pour les hydrocarbures verrouillée par Téhéran. Ces nouvelles attaques ont fait remonter les cours du pétrole à près de 100 dollars, après une détente la semaine dernière.

Le Koweït a accusé mercredi l'Iran d'une attaque meurtrière (un mort et 63 blessés) contre son aéroport, une première depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu.

Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, ont démenti avoir attaqué l'aéroport. Ils ont affirmé avoir ciblé une base aérienne au Koweït, et le siège de la Cinquième flotte navale américaine à Bahreïn en riposte à une attaque américaine sur l'île Qeshm, et à celle d'un pétrolier iranien.

Le Koweït a dit avoir été visé au total mercredi par 13 missiles balistiques et 17 drones iraniens.

"Les explosions se succédaient et étaient très proches des zones résidentielles. Pour la première fois, les enfants ont ressenti la gravité de la situation", a raconté à l'AFP Hassan Sheikh, un Pakistanais de 40 ans habitant non loin de l'aéroport.


Trump dit qu'il «aimerait rencontrer» le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei

 Donald Trump a déclaré mercredi qu'il "aimerait rencontrer" Mojtaba Khamenei, considérant dans une interview au site du New York Post que le guide suprême iranien était réellement "impliqué" dans les décisions de Téhéran. (AFP)
Donald Trump a déclaré mercredi qu'il "aimerait rencontrer" Mojtaba Khamenei, considérant dans une interview au site du New York Post que le guide suprême iranien était réellement "impliqué" dans les décisions de Téhéran. (AFP)
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  • "J'aimerais le rencontrer. J'adorerais rencontrer tout le monde et nous allons probablement nous rencontrer, selon ce qui va se passer", a-t-il ajouté alors que les Etats-Unis et l'Iran s'accusent mutuellement de violer un cessez-le-feu fragile
  • Les Iraniens "ont beaucoup de respect pour lui", a ajouté le président.

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré mercredi qu'il "aimerait rencontrer" Mojtaba Khamenei, considérant dans une interview au site du New York Post que le guide suprême iranien était réellement "impliqué" dans les décisions de Téhéran.

"J'aimerais le rencontrer. J'adorerais rencontrer tout le monde et nous allons probablement nous rencontrer, selon ce qui va se passer", a-t-il ajouté alors que les Etats-Unis et l'Iran s'accusent mutuellement de violer un cessez-le-feu toujours plus fragile.

Les Iraniens "ont beaucoup de respect pour lui", a ajouté le président. Le nouveau guide n'est toujours pas apparu publiquement en Iran depuis sa nomination consécutive à la mort de son père, dans des bombardements américano-israéliens fin février.

Mardi, le chef de la diplomatie américaine avait déclaré que les Etats-Unis considéraient Mojtaba Khamenei comme "vivant" et "de plus en plus impliqué" dans la direction de la République islamique.

"Il y a des signes qui montrent qu'il s'implique de plus en plus à un certain niveau, même si toutes ses communications se sont faites par écrit et par l'intermédiaire de tiers", avait affirmé Marco Rubio devant la commission des Affaires étrangères du Sénat, soulignant la difficulté de faire passer des messages au sein du gouvernement iranien.

Dans son interview Donald Trump a aussi confirmé avoir évoqué avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu les attaques israéliennes sur le Liban, qui mettent en danger le cessez-le-feu en cours au Proche-Orient.

"J'étais un peu perturbé par le fait qu'il se batte sans arrêt avec le Liban. A un moment, j'ai dit : "Bibi, il faut qu'on arrête ça", a-t-il expliqué.

 


Washington pense que Khamenei est «de plus en plus impliqué», dit Rubio

"Il y a des signes qui montrent qu'il s'implique de plus en plus à un certain niveau, même si toutes ses communications se sont faites par écrit et par l'intermédiaire de tiers", a affirmé M. Rubio devant la commission des Affaires étrangères du Sénat, soulignant la difficulté de faire passer des messages au sein du gouvernement iranien. (AFP)
"Il y a des signes qui montrent qu'il s'implique de plus en plus à un certain niveau, même si toutes ses communications se sont faites par écrit et par l'intermédiaire de tiers", a affirmé M. Rubio devant la commission des Affaires étrangères du Sénat, soulignant la difficulté de faire passer des messages au sein du gouvernement iranien. (AFP)
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  • "Il y a des signes qui montrent qu'il s'implique de plus en plus à un certain niveau, même si toutes ses communications se sont faites par écrit et par l'intermédiaire de tiers"
  • Mojtaba Khamenei a succédé à son père Ali Khamenei, tué dans une frappe israélienne au début de la guerre, mais il n'est pas apparu en public depuis: blessé dans une frappe, il s'exprime uniquement via des messages écrits

WASHINGTON: Les Etats-Unis pensent que le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, est "vivant" et "de plus en plus impliqué" dans la direction du pays, a déclaré mardi le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, exprimant l'espoir que les négociations pour mettre fin à la guerre puissent aboutir.

"Il y a des signes qui montrent qu'il s'implique de plus en plus à un certain niveau, même si toutes ses communications se sont faites par écrit et par l'intermédiaire de tiers", a affirmé M. Rubio devant la commission des Affaires étrangères du Sénat, soulignant la difficulté de faire passer des messages au sein du gouvernement iranien.

Mojtaba Khamenei a succédé à son père Ali Khamenei, tué dans une frappe israélienne au début de la guerre, mais il n'est pas apparu en public depuis: blessé dans une frappe, il s'exprime uniquement via des messages écrits.

L'audition mardi de M. Rubio au Sénat est sa première intervention parlementaire depuis le début de la guerre le 28 février, au grand dam des élus démocrates qui réclament à cors et à cri des explications.

"Cette guerre et la décision du gouvernement américain d'imposer un blocus ont désormais pris en otage l'économie mondiale tout entière", a ainsi dénoncé le sénateur démocrate Chris Murphy.

Interrogé sur l'état des négociations indirectes entre les Etats-Unis et l'Iran, qui sont au point mort, le secrétaire d'Etat américain a dit toujours "espérer" un accord pour mettre fin à la guerre sans toutefois s'avancer sur un calendrier.

"Il y a une perspective qui se profile devant nous, et qui pourrait se concrétiser aujourd'hui, demain ou la semaine prochaine", a-t-il déclaré.

"Ils ont accepté de négocier certains aspects de leur programme nucléaire dont, il y a à peine un mois, voire un an, ils refusaient ne serait-ce que de parler", a fait valoir le secrétaire d'Etat, pressé de questions pour savoir comment le président Donald Trump comptait amener l'Iran à conclure un accord.

Il a cependant laissé entendre que cela "ne garantissait pas que cela aboutirait finalement à un accord acceptable".

"S'ils rouvrent le détroit d'Ormuz, nous lèverons notre blocus" des ports iraniens, a encore dit Marco Rubio soulignant que cela n'était pas lié à un allègement des sanctions qui dépend, lui, d'un accord sur le nucléaire.

Il a insisté à plusieurs reprises sur le fait que Washington n'allègerait pas les sanctions contre Téhéran en échange de la réouverture de ce passage stratégique, effectivement bloqué par l'Iran.

"L'opération +Epic Fury+ a largement atteint ses objectifs militaires, à savoir réduire considérablement la base industrielle de défense de l'Iran et affaiblir son bouclier conventionnel", a relevé M. Rubio assurant même en réponse à un sénateur que la guerre était "terminée".

Mais il a convenu que l'Iran "disposait encore de beaucoup de drones".

Les négociations indirectes entre les Etats-Unis et l'Iran, pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par une attaque conjointe israélo-américaine, patinent depuis des semaines.

L'Iran a accusé lundi les Etats-Unis de violer à nouveau le fragile cessez-le-feu conclu le 8 avril, après des frappes américaines ce week-end suivies de représailles militaires iraniennes.