Accident d'avion au Népal: le dernier corps retrouvé

L'épave d'un avion Twin Otter, exploité par le transporteur népalais Tara Air, gisait à flanc de montagne à Mustang le 30 mai 2022, un jour après son crash. BISHAL MAGAR / AFP
L'épave d'un avion Twin Otter, exploité par le transporteur népalais Tara Air, gisait à flanc de montagne à Mustang le 30 mai 2022, un jour après son crash. BISHAL MAGAR / AFP
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Publié le Mardi 31 mai 2022

Accident d'avion au Népal: le dernier corps retrouvé

  • Les secours népalais ont retrouvé un 22e corps, le dernier qu'ils recherchaient après l'accident d'un avion dans l'Himalaya, ont annoncé mardi les autorités.
  • «Dix corps ont été descendus et on s'efforce de les ramener à Katmandou. Les équipes de secours travaillent pour rapprocher les autres corps de l'hélicoptère», a-t-il précisé

POKHARA: Les secours népalais ont retrouvé un 22e corps, le dernier qu'ils recherchaient après l'accident d'un avion dans l'Himalaya, ont annoncé mardi les autorités.
"Tous les corps ont été maintenant retrouvés", a affirmé à l'AFP le porte-parole de l'Autorité de l'aviation civile Deo Chandra Lal Karn. "Nous allons procéder à l'identification des corps".
Le bimoteur Twin Otter de la compagnie aérienne Tara Air avait décollé dimanche matin de la ville de Pokhara, deuxième ville du Népal, à 200 km à l'ouest de la capitale Katmandou, avant de perdre le contact radio.
Il se rendait à Jomsom, une zone prisée des randonneurs dans l'Himalaya, à 20 minutes de vol de Pokhara.
L'épave a été retrouvée le lendemain, éparpillée sur un flanc de montagne à 4.420 mètres d'altitude, avec les corps de 21 des 22 passagers.
Dix des 22 dépouilles ont été transportées vers Katmandou lundi. Les mauvaises conditions météo ont entravé la poursuite de l'opération.
Près de 60 personnes étaient impliquées dans les recherches --soldats, policiers, guides de montagnes et habitants des environs-- et ont dû monter sur des kilomètres pour atteindre le lieu du crash. Beaucoup ont campé sur le site.
Les causes de l'accident restent à déterminer. Un porte-parole de l'aéroport de Pokhara, Dev Raj Subedi, assurait lundi que l'appareil n'avait pas pris feu dans le ciel.
Outre 16 Népalais, dont trois membres d'équipage, l'appareil transportait deux Allemands quinquagénaires et quatre Indiens. Ces derniers étaient un couple divorcé et leurs enfants âgés de 15 et 22 ans, effectuant un voyage en famille.
Selon le site Internet de l'Aviation Safety Network, l'avion a été fabriqué par la société canadienne De Havilland et a effectué son premier vol il y a plus de 40 ans, en 1979.

Sécurité aérienne

Tara Air est une filiale de Yeti Airlines, une compagnie intérieure privée qui dessert de nombreuses régions reculées du Népal.
L'aviation civile népalaise a connu un véritable essor ces dernières années, transportant des touristes, des marcheurs et des alpinistes, ainsi que des marchandises, dans des endroits éloignés et difficiles d'accès par voie routière.
Le Népal, pays pauvre de l'Himalaya, affiche un sinistre bilan en matière de sécurité aérienne, en raison d'une formation des pilotes et d'une maintenance insuffisantes.
L'Union européenne a interdit l'accès à son espace aérien à toutes les compagnies aériennes népalaises pour des raisons de sécurité.
Le pays possède également certaines des pistes d'atterrissage les plus dangereuses au monde, situées au milieu de pics enneigés.
En mars 2018, un avion de la compagnie bangladaise US-Bangla Airlines s'était écrasé à proximité de l'aéroport de Katmandou, faisant 51 morts.
L'accident le plus meurtrier remonte à 1992: 167 personnes avaient été tuées à bord d'un vol de Pakistan International Airlines près de l'aéroport de Katmandou.
Deux mois auparavant, un appareil de Thai Airways s'était écrasé dans la même zone, faisant 113 morts.


Philippines: au moins quatre morts dans un attentat à la bombe lors d'une messe catholique

Des blessés sont soignés au centre médical Amai Pakpak à Marawi, dans la province de Lanao del sur, après un attentat à la bombe lors d'une messe catholique dans le gymnase de l'université d'État de Mindanao. (Photo Merlyn Manos AFP)
Des blessés sont soignés au centre médical Amai Pakpak à Marawi, dans la province de Lanao del sur, après un attentat à la bombe lors d'une messe catholique dans le gymnase de l'université d'État de Mindanao. (Photo Merlyn Manos AFP)
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  • L'explosion s'est produite pendant une messe dans le gymnase de l'université d'Etat de Mindanao, à Marawi, la plus grande ville musulmane du pays
  • L'attentat est survenu après une frappe aérienne de l'armée philippine, vendredi, qui a tué 11 militants islamistes de l'organisation Dawlah Islamiya-Philippine à Mindanao

MARAWI, Philippines : Au moins quatre personnes ont été tuées et un cinquantaine d'autres blessées dans un attentat à la bombe perpétré dimanche lors d'une messe catholique dans le sud des Philippines, région troublée par une insurrection, ont indiqué les autorités.

L'explosion s'est produite pendant une messe dans le gymnase de l'université d'Etat de Mindanao, à Marawi, la plus grande ville musulmane du pays, a déclaré le chef de la police régionale, Allan Nobleza.

Le lieutenant général de la police Emmanuel Peralta a déclaré que quatre personnes avaient été tuées et une cinquantaine d'autres blessées dans l'explosion provoquée par un engin explosif artisanal.

Aucun groupe n'a revendiqué l'attaque.

Dans un communiqué, le président philippin Ferdinand Marcos a fermement condamné ces «actes insensés et particulièrement odieux perpétrés par des terroristes étrangers».

L'université d'Etat de Mindanao a également condamné, dans un communiqué, cet «acte de violence», se déclarant «solidaire» de sa communauté chrétienne et des victimes de «cette tragédie». Elle a suspendu les cours et déployé davantage de personnel de sécurité sur le campus.

- «Mes amis pleuraient» -

Depuis son lit d'hôpital, Chris Honculado, étudiant de 21 ans, a raconté à l'AFP que l'explosion s'était produite dès la première lecture de la Bible à la messe de 07H00 (23H00 GMT samedi).

«L'explosion a été très soudaine et tout le monde s'est mis à courir», a-t-il raconté. «Quand j'ai regardé derrière moi, des gens gisaient au sol. Nous ne savions pas ce qui s'était passé, tout est allé très vite.»

Egalement depuis l'hôpital, Rowena Mae Fernandez, 19 ans, a expliqué qu'elle n'avait pas immédiatement compris la nature de l'explosion mais que les gens fuyaient les lieux.

«Mon compagnon et moi avons également couru, même si nous nous sommes écroulés à un moment. C'est la seule chose dont je me souvienne jusqu'à ce que je sorte du gymnase et que je tombe à nouveau», a-t-elle raconté à l'AFP. «Mes amis pleuraient parce qu'ils avaient vu ma blessure.»

Le maire de Marawi, Majul Gandamra, a exhorté les membres des communautés musulmane et chrétienne à rester unis.

«Notre ville est depuis longtemps un symbole de coexistence pacifique et d'harmonie, et nous ne permettrons pas que de tels actes de violence éclipsent notre engagement collectif en faveur de la paix et de l'unité», a déclaré M. Gandamra.

L'attentat est survenu après une frappe aérienne de l'armée philippine, vendredi, qui a tué 11 militants islamistes de l'organisation Dawlah Islamiya-Philippine à Mindanao.

Un chef d'état-major des forces armées philippines, le général Romeo Brawner, a déclaré qu'il s'agissait peut-être d'une attaque menée en représailles à cette opération militaire contre les organisations islamistes Dawlah Islamiyah-Philippines, Abou Sayyaf et Maute, dans l'ouest de Mindanao.

«C'est une perspective que nous étudions», a déclaré Brawner lors d'une conférence de presse. «Sur la base des preuves que nous avons rassemblées, un fort pourcentage désigne Maute-Etat islamique» (EI).

- «Une composante étrangère» -

En mai 2017, des centaines d'hommes armés étrangers et militants pro-EI Maute et Abou Sayyaf locaux pro-EI s'étaient emparés de Marawi.

L'armée philippine a repris la ville en ruines après une bataille de cinq mois qui a coûté la vie à plus d'un millier de personnes.

«Il y a de fortes indications d'une composante étrangère (dans l'attaque de dimanche)», a déclaré le secrétaire à la Défense Gilbert Teodoro aux journalistes.

Lanao del Sur et Maguindanao del Sur font partie de la région autonome Bangsamoro en Mindanao musulmane.

Le ministre en chef du gouvernement de Bangsamoro, Ahod Ebrahim, a dit «condamner ces actes atroces et lâches», appelant à une «enquête approfondie».

Les attaques de militants contre des bus, des églises catholiques et des marchés publics sont caractéristiques des troubles qui secouent la région depuis des décennies.

En 2014, Manille a signé un pacte de paix avec le plus grand groupe rebelle du pays, le Front moro de libération nationale, mettant ainsi fin à leur sanglante insurrection armée.

Mais il reste de petites bandes d'insurgés musulmans opposés à l'accord de paix, y compris des militants ayant fait allégeance au groupe Etat islamique. Des rebelles communistes opèrent également dans la région.


«Mon sang se met à bouillir»: en Asie du Sud-Est, le souvenir funeste de Kissinger

Une manifestante CodePink brandit des mains "ensanglantées" et des menottes qualifiant l'ancien secrétaire d'État américain Henry Kissinger (à gauche) de criminel de guerre alors qu'il s'exprime lors d'une audition de la commission des forces armées du Sénat américain sur les "défis mondiaux et la stratégie de sécurité nationale des États-Unis" au Capitole à Washington, DC, le 29 janvier 2015. (Photo Jim Watson AFP)
Une manifestante CodePink brandit des mains "ensanglantées" et des menottes qualifiant l'ancien secrétaire d'État américain Henry Kissinger (à gauche) de criminel de guerre alors qu'il s'exprime lors d'une audition de la commission des forces armées du Sénat américain sur les "défis mondiaux et la stratégie de sécurité nationale des États-Unis" au Capitole à Washington, DC, le 29 janvier 2015. (Photo Jim Watson AFP)
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  • En Asie du Sud-Est, les hommages se sont plutôt heurtés à la rancoeur laissée par la décision d'Henry Kissinger, et du président Nixon, de bombarder le Laos et le Cambodge quand la guerre du Vietnam faisait rage
  • Les bombardements du Laos et du Cambodge visaient à dérouter les mouvements rebelles pendant que Washington se retirait du Vietnam

BANGKOK, Thaïlande : «Mon sang se met à bouillir»: pour des rescapés laotien et cambodgien des bombes américaines, et un vétéran vietnamien de la guerre, les hommages à l'ancien secrétaire d'Etat américain Henry Kissinger, décédé mercredi, sont difficiles à comprendre, voire inacceptables.

A son décès, la «realpolitik» de celui qui servit sous les présidents américains Richard Nixon et Gerald Ford, a été saluée. La puissance intellectuelle de celui qui définissait lui-même cette notion  comme «la politique étrangère fondée sur le calcul des forces et l'intérêt national» a aussi a été louée.

Mais en Asie du Sud-Est, ces hommages se sont plutôt heurtés à la rancoeur laissée par la décision d'Henry Kissinger, et du président Nixon, de bombarder le Laos et le Cambodge quand la guerre du Vietnam faisait rage.

«Chaque fois que j'entends le nom de Kissinger, mon sang se met à bouillir», confie à l'AFP Sera Koulabdara, qui a fui le Laos avec sa famille quand elle n'avait que six ans.

Les bombardements visaient à dérouter les mouvements rebelles pendant que Washington se retirait du Vietnam.

«Un déluge, mais de feu», décrit Sera Koulabdara, citant son père, alors que le Laos est souvent décrit comme le pays du monde qui a reçu le plus de bombes par habitant.

Entre 1964 et 1973, Washington y a largué plus de deux millions de tonnes de bombes. D'innombrables munitions non explosées (UXO) constituent le legs funeste laissé au pays par l'opération.

Quelque 20.000 Laotiens ont été tués ou blessés depuis 1973, et les opérations de déminage se poursuivent à ce jour.

- Une «menace de mort» qui perdure -

«Cette menace de mort qui perdure au Laos est le résultat direct des décisions barbares des États-Unis et de l'un de ses principaux architectes, Kissinger», accuse Mme Koulabdara.

L'organisation Legacies of War, qu'elle dirige, se consacre à l'élimination des engins non-explosés et à la sensibilisation de l'opinion publique à ce qu'elle qualifie de «guerre secrète américaine» en Asie du Sud-Est.

Au Cambodge voisin, le tapis de bombes américain a contribué à la montée en puissance des Khmers Rouges, dont le régime s'est rendu coupable du génocide de deux millions de Cambodgiens entre 1975 et 1979.

L'ex-Premier ministre et ancien soldat khmer rouge, Hun Sen, a longtemps réclamé l'inculpation d'Henry Kissinger pour crimes de guerre.

Les UXO jonchent encore les campagnes cambodgiennes et ont fait environ 20.000 morts ces quatre dernières décennies.

«Je suis désespéré», souffle Sam En, un Cambodgien de 60 ans. Il a perdu la vue et l'usage de ses deux bras en tentant d'extraire une bombe à fragmentation en 2014, dans sa province de Kratie, dans le nord-est du pays.

Contre Kissinger, «avant, j'étais en colère. Mais maintenant, il est mort, alors en tant que bouddhiste, je lui pardonne», affirme-t-il toutefois.

Mais pour Heng Ratana, directeur général du Centre cambodgien de lutte contre les mines, la décision de bombarder le Cambodge «en détruisant tout» est le véritable legs du défunt.

- «Cause de grandes souffrances» -

Au Vietnam, les réactions à la mort de l'ex-secrétaire d'Etat sont plus mitigées. Henry Kissinger a reçu le prix Nobel de la paix pour les négociations visant à mettre fin à la guerre, même si le conflit n'a pas cessé immédiatement et que son homologue nord-vietnamien, Le Duc Tho, a pour sa part refusé le prix.

Pour Pham Ngac, 88 ans, diplomate et interprète pour le Nord-Vietnam lors des négociations de l'accord de paix de Paris, Henry Kissinger était un diplomate «exceptionnel». «Le plus convaincant des diplomates pour le compte des Etats-Unis», dit-il à l'AFP.

Ni le gouvernement vietnamien, ni celui du Cambodge, n'ont souhaité réagir à la mort, à l'âge de cent ans, d'Henry Kissinger.

Mais pour Tran Quy Tuyen, soldat de la division de défense aérienne de Hanoï entre 1965 et 1973, pas de doute: «il a contribué à causer de grandes souffrances au peuple vietnamien».

«Je suppose que de nombreux Vietnamiens diraient qu'il aurait dû mourir il y a longtemps», affirme-t-il à l'AFP.


L'Ukraine accuse la Russie d'avoir exécuté des soldats qui voulaient se rendre

Un soldat ukrainien de la 43e brigade mécanisée en tenue de camouflage participe à un entraînement militaire dans un lieu non divulgué de la région de Kharkiv, le 1er décembre 2023, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo Genya Savilov AFP)
Un soldat ukrainien de la 43e brigade mécanisée en tenue de camouflage participe à un entraînement militaire dans un lieu non divulgué de la région de Kharkiv, le 1er décembre 2023, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo Genya Savilov AFP)
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  • Une courte vidéo, parue sur Telegram, montre deux hommes sortant d'un abri, dont l'un avec les mains au-dessus de la tête. S'ensuit ce qui semble être des tirs et de la fumée apparaît, avant que la vidéo ne s'interrompe brutalement
  • Ces images, non datées, ont été présentées sur les réseaux sociaux comme ayant été tournées près d'Avdiïvka, une ville de l'est de l'Ukraine où les combats font rage

KIEV, Ukraine : Kiev a accusé samedi la Russie de s'être rendue coupable d'un «crime de guerre» en exécutant des soldats ukrainiens qui avaient signalé leur intention de se rendre, après la diffusion sur les réseaux sociaux d'images dont l'authenticité n'a pas pu être vérifiée par l'AFP.

Une courte vidéo, parue sur Telegram, montre deux hommes sortant d'un abri, dont l'un avec les mains au-dessus de la tête, avant de s'allonger sur le sol sous les yeux d'un autre groupe de militaires.

S'ensuit ce qui semble être des tirs et de la fumée apparaît, avant que la vidéo ne s'interrompe brutalement.

Ces images, non datées, ont été présentées sur les réseaux sociaux comme ayant été tournées près d'Avdiïvka, une ville de l'est de l'Ukraine où les combats font rage. Mais ni leur localisation ni leur authenticité n'ont pu être confirmées par l'AFP.

Le commissaire ukrainien chargé des droits de l'Homme, Dmytro Loubinets, a toutefois dénoncé un «crime de guerre».

«Aujourd'hui, une vidéo de l'exécution par des militaires russes de soldats ukrainiens qui s'étaient livrés a été publiée sur internet», a-t-il écrit sur Telegram.

Dmytro Loubinets a estimé que les soldats ukrainiens «avaient fait le nécessaire en montrant qu'ils se rendaient» et que la Russie aurait dû les «faire prisonniers», demandant à ce qu'elle soit «punie» en conséquence.

Les deux hommes «ne représentaient aucune menace», a-t-il ajouté.

En mars, une autre vidéo semblant montrer un soldat ukrainien, prisonnier, exécuté par balles après avoir lancé «gloire à l'Ukraine», était devenue virale.

Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme avait à l'époque rappelé avoir «documenté de nombreuses violations du droit international humanitaire à l'encontre des prisonniers de guerre, y compris des cas d'exécutions sommaires de prisonniers de guerre russes et ukrainiens».