Stade de France: un fiasco à méditer pour les JO-2024 de Paris

Le président PS du département de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel. (Photo, AFP)
Le président PS du département de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Lundi 30 mai 2022

Stade de France: un fiasco à méditer pour les JO-2024 de Paris

Le président PS du département de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel. (Photo, AFP)
  • «Une alerte très sérieuse»: le président PS du département de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, partie prenante de l'organisation des JO de Paris, ne décolérait pas lundi
  • Si la liste des voies olympiques qui faciliteront la circulation pour officiels et athlètes, vient d'être publiée en détail au Journal officiel, la question des transports est primordiale

PARIS: Le chaos samedi soir autour du Stade de France, future enceinte olympique, lors de la finale de la Ligue des champions braque les projecteurs sur les multiples défis sécuritaires qui accompagnent les Jeux olympiques de 2024 à Paris et la Coupe du monde de rugby, l'année prochaine. 

« Une alerte très sérieuse »: le président PS du département de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, partie prenante de l'organisation des JO de Paris, ne décolérait pas lundi. « Il faut que ce soit une alerte collective, sur l'anticipation sur le volume des moyens déployés, en termes de sécurité privée, de moyens de police, d'organisation des transports, de consommation (de boissons, NDLR) », résumait-il sur francetv info. 

Visiteur régulier du Stade de France, Stéphane Troussel explique n'avoir jamais vu « une telle désorganisation ». Il y a deux semaines, ce même Stade de France, battait son record d'affluence avec un concert d'Indochine, frôlant les 100 000 spectateurs... 

Si plusieurs sources expliquent depuis ce week-end que le phénomène de supporters sans billet est propre au football et que le public des Jeux ou même du rugby est plus « sage », difficile néanmoins de ne pas s'interroger sur la gestion de ces futurs événements sportifs majeurs. 

« Renforcer le pilotage »  

D'ailleurs, la toute nouvelle ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, qui fustigeait samedi soir dans un tweet les supporters anglais, expliquait finalement lundi qu'il fallait « renforcer le pilotage des grands événements », évoquant aussi « la gestion des flux au sortir des transports » ou les zones de filtrage. Elle n'a pas précisé en quoi ni comment ce pilotage serait renforcé.  

Actuellement, la sécurité des grands événements sportifs relève de plusieurs échelons. D'abord le ministre de l'Intérieur, policier en chef, Gérald Darmanin. Sous sa direction, le coordinateur national pour la sécurité des JO et les grands événements (CNSCJ), Ziad Khoury, mais aussi le préfet de police de Paris. 

Rattaché à Matignon, une autre entité est toute entière dévouée aux JO et aux grands événements: la délégation interministérielle aux JO et aux grands événements dirigée par Michel Cadot. Cet ancien préfet de police de Paris a passé sa soirée de samedi au PC sécurité du Stade de France. Tous ces acteurs se réunissent régulièrement avec le comité d'organisation des JO. 

Et certains points névralgiques sont déjà pointés: d'abord la sécurisation de la cérémonie d'ouverture avec une foule répartie au bord de la Seine ou encore la place de la Concorde, qui accueillera les sports urbains (skateboard, breaking, BMX freestyle et basket 3x3). 

La zone autour du Stade de France sera elle aussi très fréquentée puisque le Centre aquatique olympique est situé juste en face et sera relié par une nouvelle passerelle, tout cela non loin du village des athlètes. 

Si la liste des voies olympiques qui faciliteront la circulation pour officiels et athlètes, vient d'être publiée en détail au Journal officiel, la question des transports est primordiale. 

« Fierté »  

Mi-novembre 2021, Jean Castex, alors Premier ministre, avait demandé à Gérald Darmanin de faire des propositions « au plus tard en juin 2022 pour l'ensemble des sites et des épreuves ». Rien n'a encore été rendu public à ce stade. 

Du côté des organisateurs, le Cojo a déjà rehaussé sa ligne budgétaire liée à la sécurité qui est passée à 295 millions d'euros. D'ici à la fin de l'année, celle-ci pourrait être encore retouchée. 

S'agissant de la billetterie, alors que plus de 13 millions de billets seront émis pour les Jeux olympiques et paralympiques de Paris, la ministre des Sports, au sortir de la réunion de lundi, a évoqué « la systématisation de la billetterie électronique » et « les moyens de prévenir les fraudes ». En arrière plan, la question hautement sensible de la cybersécurité, qui est pilotée par l'Anssi (Agence nationale de sécurité des systèmes d'information). 

En dehors de la question cruciale des moyens humains, c'est-à-dire le nombre de policiers, de gendarmes ou d'agents de sécurité privée, et des moyens technologiques, il y a aussi la question de la méthode. Ainsi Stéphane Troussel demande que « la doctrine d'emploi et de maintien de l'ordre public soit établie pour que les prochains organisateurs puissent anticiper ». 

« Il faut que l'accueil des JO et de la Coupe du monde de rugby soit une fierté pour notre pays, pour la Seine-Saint-Denis et ses habitants », a-t-il martelé. Le 26 juin prochain c'est à côté du Stade de France que se tiendra la journée olympique avec initiations sportives en présence d'athlètes, « une grande fête du sport » pour gommer un peu les images de gaz lacrymo de samedi soir. 


Budget: Lecornu ne veut pas attendre la présidentielle

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu fait un geste alors qu’il s’exprime lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 21 juillet 2026. (AFP)
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu fait un geste alors qu’il s’exprime lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 21 juillet 2026. (AFP)
Short Url
  • Sébastien Lecornu veut faire adopter un budget cet hiver avec des « réformes structurelles, même modestes », afin de réduire un déficit jugé préoccupant et préparer l’avenir avant la présidentielle de 2027
  • Le Premier ministre appelle au compromis politique, propose des économies ciblées et des investissements dans le numérique, l’IA et la transition écologique malgré un contexte parlementaire difficile

PARIS: Sébastien Lecornu ne veut pas attendre la présidentielle pour engager des "réformes structurelles, même modestes" dans le prochain budget qu'il espère faire adopter "dans l'hiver", pour réduire un déficit "préoccupant" mais aussi pour distinguer les candidats aptes, selon lui, à "gouverner".

"Nous ne pouvons pas suspendre toutes les décisions jusqu'en 2027", prévient le Premier ministre dans un long entretien à Paris Match réalisé vendredi et mis en ligne mercredi, où il tient à "rendre des comptes" après dix mois à Matignon.

Il juge "préoccupant, grave même" le niveau de la dette et du déficit du pays "parce qu'il limite notre liberté d'action et nous place en situation de vulnérabilité".

Et il n'est "pas très optimiste" sur le respect des objectifs en matière de déficit public pour 2026 et 2027. La cible de 5% du Produit intérieur brut en 2026 sera "difficile à atteindre", avait déjà reconnu le ministre de l'Economie Roland Lescure début juillet.

"La guerre en Iran et ses conséquences sur les prix de l'énergie (...) pèsent considérablement sur 2026. Sans oublier le surcoût de l'activité de nos forces armées dans le Golfe", explique le chef du gouvernement.

Pour 2027, "beaucoup dépendra de notre capacité à mettre en œuvre" des réformes, selon lui.

- "Verdir" -

Malgré l'absence de majorité parlementaire et le contexte pré-électoral qui rendent l'équation quasi-impossible, Sébastien Lecornu redit vouloir qu'un budget soit adopté "dans l'hiver" pour ne pas entraver le futur président qui sera élu en mai.

"Les candidats qui chercheraient à empêcher tout budget à l'automne prendraient la responsabilité de condamner leur propre première année de quinquennat", met-il en garde.

Le Premier ministre esquisse des premières pistes pour le projet de loi de finances.

Il prône "la stabilité fiscale" mais n'exclut pas "d'interroger l'efficacité de certaines niches fiscales et de lutter contre la fraude".

Côté dépenses, il propose de "diminuer" le remboursement des médicaments qui n'apportent qu'un "bénéfice thérapeutique faible". Et envisage de "demander un effort à ceux qui achètent plus de 50 boîtes de médicaments par an ou vont plus de 25 fois chez le médecin par an, tout en protégeant les plus fragiles socialement".

Il entend en outre "créer un bonus-malus budgétaire entre les ministères pour les inciter à investir dans le numérique et l'intelligence artificielle".

Alors que la politique macroniste d'adaptation au changement climatique a été critiquée par les oppositions lors de la dernière canicule historique, Sébastien Lecornu propose de "verdir" le fonds de compensation de la TVA destiné aux collectivités (FCTVA), afin de valoriser les dépenses consacrées à cette adaptation.

- Une montre -

Il faut "cesser de considérer chaque compromis comme une trahison", insiste M. Lecornu, estimant que rien ne dit que le futur président disposera d'une majorité claire.

A cette aune, le débat budgétaire sera "un moment de vérité pour les candidats", permettant "de distinguer ceux qui veulent réellement gouverner de ceux qui veulent simplement faire campagne", soutient le chef du gouvernement.

Lui-même ne "se mêle pas" de l'élection reine, assure-t-il, mais demande aux prétendants à l'Elysée "de ne pas entraver l'action du gouvernement".

Photographié par l'hebdomadaire dans les jardins de Matignon avec sa chienne Tiga, ou sur le marché de sa ville de Vernon, dans l'Eure, Sébastien Lecornu veut rester "pudique" sans être "austère".

Ce "militant" de la discrétion dévoile tout juste une montre Lip à son poignet, modèle "général de Gaulle", son modèle, et indique qu'il écrira de nouveau après son bail rue de Varenne "sur les questions militaires", sa passion.


Le Parlement interdit les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, première en Europe

Vue générale des débats consacrés au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 à l'Assemblée nationale, à Paris, le 5 décembre 2025. (AFP)
Vue générale des débats consacrés au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 à l'Assemblée nationale, à Paris, le 5 décembre 2025. (AFP)
Short Url
  • La France adopte une loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, avec une entrée en vigueur dès le 1er septembre pour les nouveaux comptes et au 1er janvier 2027 pour les comptes existants
  • La loi impose une vérification de l'âge par les plateformes, mais suscite des critiques sur sa faisabilité, la protection de la vie privée et la liberté d'expression

PARIS: Le Parlement a définitivement adopté mardi une proposition de loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une première en Europe, qui doit entrer en vigueur dès septembre pour protéger la santé des enfants et adolescents.

Après le Sénat dans l'après-midi, les députés ont adopté par 279 voix contre 81 cette réforme, promesse d'Emmanuel Macron et mesure phare de la fin de son mandat, très regardée par d'autres pays européens envisageant des législations similaires.

Le président de la République a immédiatement salué une "avancée majeure", se félicitant que la France "ouvre la voie".

L'entrée en vigueur de l'interdiction se fera en réalité en deux temps : dès le 1er septembre pour les nouveaux comptes. Pour les comptes existants, elle s'appliquera après "un délai de quatre mois", soit le 1er janvier 2027.

"Nous allons, nous Français, tous devoir prouver notre âge pendant quatre mois. Si on a moins de quinze ans le compte va être fermé", a expliqué la ministre déléguée au Numérique, Anne Le Hénanff.

Alors que des parlementaires doutent de la possibilité de mettre en œuvre si rapidement l'interdiction, elle a martelé que celle-ci pourrait être "opérationnelle" dans les temps.

Le texte prévoit aussi l'interdiction du téléphone portable au lycée, comme c'est déjà le cas dans les écoles et les collèges. Des exceptions pourront être prévues par le règlement intérieur de l'établissement.

- Vérification d'âge -

Les alertes se sont multipliées récemment sur les effets néfastes des réseaux sociaux sur les enfants et adolescents, qui captent leur attention: anxiété, dépression, troubles du sommeil, harcèlement en ligne...

Concrètement, le texte ne prévoit aucune sanction pour les enfants ou parents. Il reviendra aux plateformes de mettre en place un dispositif de vérification d'âge, voire plusieurs simultanément pour laisser le choix aux utilisateurs.

Mais la manière dont sera mise en œuvre l'interdiction suscite de vives critiques.

"Comment croire sérieusement qu'en quelques semaines (...) un dispositif aussi complexe pourra être opérationnel? Qui procédera concrètement aux vérifications d'âge?", a lancé la sénatrice écologiste Mathilde Ollivier, dénonçant un texte d'"affichage".

Ces outils "existent", a martelé Anne Le Hénanff, citant par exemple France Identité, ou la filiale de La Poste Docaposte.

A Bruxelles, la Commission a également présenté en avril une application européenne de vérification d'âge. Des solutions privées sont aussi développées.

"C'est une immense part d'internet que vous allez soumettre à un contrôle d'identité", sans que l'on sache si l'application de vérification sera "publique ou privée", "française, européenne, américaine", a dénoncé à l'Assemblée le député insoumis Louis Boyard, dont le groupe a voté contre le texte.

Comme les insoumis, les socialistes saisiront le Conseil constitutionnel, a promis le député Arthur Delaporte, exprimant des craintes à la fois pour le "respect de la vie privée" et la liberté "d'information et d'expression" des mineurs.

Les sénateurs, qui avaient initialement privilégié un système de "liste noire" ciblant certains réseaux sociaux -- finalement abandonné face aux craintes de non-conformité avec le droit européen -- redoutent également une censure des Sages, a rappelé la rapporteure à la chambre haute, la centriste Catherine Morin-Desailly.

La proposition de loi prévoit quelques exceptions à l'interdiction, pour les "encyclopédies en ligne" ou encore les "projets numériques à vocation éducative".

Concernant YouTube et WhatsApp, très utilisés, la rapporteure Renaissance du texte à l'Assemblée, Laure Miller, précise que ces plateformes devront mettre en place une vérification d'âge pour la partie assimilée à un réseau social (chaînes de partage, commentaires...). Le visionnage simple de vidéos, ou la messagerie interpersonnelle, ne seraient pas concernées par l'interdiction selon elle.

- Législation européenne attendue -

D'autres avertissements ont été émis par les députés : sur les possibles contournements de l'interdiction ou les reports vers des plateformes encore moins régulées. Certains ont appelé à éduquer plutôt qu'à interdire.

Tout au long de l'examen au Parlement, les débats ont porté sur la formulation précise à adopter, finalement large et générale, pour que le texte soit conforme au droit européen.

Des parlementaires ont aussi regretté que le texte ne s'attaque pas directement aux algorithmes et logiques économiques des plateformes.

"Je partage la frustration", a déclaré la députée Miller, rappelant qu'il s'agissait de prérogatives européennes.

La Commission européenne a annoncé la semaine dernière son intention d'instaurer un accès "progressif et gradué" des mineurs aux réseaux sociaux. Un comité d'experts a recommandé une interdiction aux moins de 13 ans, mais les pays de l'UE seraient libres d'instaurer une interdiction plus tardive.

Pour Laure Miller, la loi française sera ainsi "en concordance" avec une future législation européenne.


La France convoque le chargé d’affaires iranien après une « action d’intimidation » contre son personnel diplomatique

La France a convoqué, mardi, le chargé d’affaires de la République islamique d’Iran à Paris à la suite de ce que le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères qualifie d’« action d’intimidation extrêmement grave » visant deux agents de l’ambassade de France en Iran le 19 juillet. (AFP)
La France a convoqué, mardi, le chargé d’affaires de la République islamique d’Iran à Paris à la suite de ce que le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères qualifie d’« action d’intimidation extrêmement grave » visant deux agents de l’ambassade de France en Iran le 19 juillet. (AFP)
Short Url
  • Le diplomate iranien a été reçu par le secrétaire général du ministère, qui lui a fait part de « la condamnation la plus ferme » de Paris à l’égard de cette agression, décrite comme « préméditée et délibérée»
  • La diplomatie française estime que cet incident constitue « une violation flagrante du droit international et des conventions de Vienne »

PARIS: La France a convoqué, mardi, le chargé d’affaires de la République islamique d’Iran à Paris à la suite de ce que le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères qualifie d’« action d’intimidation extrêmement grave » visant deux agents de l’ambassade de France en Iran le 19 juillet.

Selon un communiqué du Quai d’Orsay, cette convocation est intervenue à la demande du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. Le diplomate iranien a été reçu par le secrétaire général du ministère, qui lui a fait part de « la condamnation la plus ferme » de Paris à l’égard de cette agression, décrite comme « préméditée et délibérée».

La diplomatie française estime que cet incident constitue « une violation flagrante du droit international et des conventions de Vienne », qui garantissent la protection du personnel diplomatique et encadrent les relations entre les États.

Le Quai d’Orsay a également averti que cet « incident gravissime et inadmissible » ne resterait « pas sans conséquence », rappelant que le ministre Jean-Noël Barrot avait déjà évoqué cette affaire avec son homologue iranien la veille.

La France demande aux autorités iraniennes d’établir les circonstances de cet incident, d’en identifier et sanctionner les responsables, et de garantir la sécurité de ses représentations diplomatiques ainsi que de son personnel, conformément aux obligations internationales de l’Iran.