Au Portugal, la croissance dopée par une «forte reprise» du tourisme

Des touristes en segway, à Lisbonne, le 28 mai 2022. (Photo, AFP)
Des touristes en segway, à Lisbonne, le 28 mai 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 31 mai 2022

Au Portugal, la croissance dopée par une «forte reprise» du tourisme

Des touristes en segway, à Lisbonne, le 28 mai 2022. (Photo, AFP)
  • «Le Portugal était à la mode avant la pandémie et le reste après», se félicite la secrétaire générale de l'Association professionnelle de l'hôtellerie et de la restauration (AHRESP), Ana Jacinto
  • Dans le secteur hôtelier, le niveau des réservations laisse présager un bon été

LISBONNE: Croissance record en Europe, chômage historiquement bas: malgré la menace inflationniste, les voyants sont au vert pour l'économie portugaise, qui a bénéficié au premier trimestre d'une « forte reprise » du tourisme, selon des indicateurs publiés mardi. 

Le Produit intérieur brut (PIB) du Portugal a progressé de 2,6% au premier trimestre 2022, après une hausse de 1,7% au dernier trimestre 2021, selon une deuxième estimation de l'Institut national des statistiques (Ine). 

En glissement annuel, le PIB a bondi de 11,9%, contre une hausse de 5,9% au trimestre précédent, a indiqué l'Ine, confirmant que le Portugal affiche sur cette période la plus forte croissance, sur un an, de toute l'Union européenne. 

Cette évolution s'explique par un « effet de base », car le premier trimestre 2021 avait été marqué par des mesures de contrôle de la pandémie de Covid-19 qui avaient pénalisé l'activité économique, mais aussi par une « forte reprise de l'activité touristique », a précisé l'office statistique portugais. 

Les données du mois d'avril, dévoilées mardi également, confirment l'embellie pour le secteur hôtelier, dont les indicateurs ont dépassé les niveaux d'avril 2019 pour la première fois depuis la crise sanitaire. 

Destination « à la mode »  

« C'est la première fois qu'on part en vacances depuis la Covid, parce qu'on s'était fait annuler des vacances justement à cause de la Covid », témoigne Lannier Dimitri, un touriste de 39 ans venu avec son épouse et ses deux filles depuis la Normandie, dans l'ouest de la France. 

« Le Portugal était une destination qu'on voulait connaître depuis longtemps », ajoute cet ouvrier du bâtiment rencontré à Lisbonne, dans l'emblématique quartier historique de la Baixa, où terrasses ensoleillées et attractions touristiques regorgent de visiteurs. 

« Le Portugal était à la mode avant la pandémie et le reste après », se félicite la secrétaire générale de l'Association professionnelle de l'hôtellerie et de la restauration (AHRESP), Ana Jacinto. 

« Nos entrepreneurs ont confiance dans la reprise qui a commencé à Pâques », précise-t-elle, tout en faisant part des « inquiétudes » liées notamment à la difficulté à recruter dans un secteur déserté pendant la pandémie. 

Les restrictions sanitaires avaient « fortement pénalisé l'économie », rappelle Ricardo Ferraz, enseignant chercheur à l'Institut supérieur d'économie et de gestion de l'Université de Lisbonne (ISEG). En 2020, le PIB avait reculé de 7,6%, soit la plus forte contraction du PIB  depuis l’avènement de la démocratie en 1974. 

« Nuages à l'horizon »  

« Le Portugal, comme les autres économies très dépendantes du tourisme, a pâti plus durablement des effets de la pandémie » mais, avec « la normalisation des voyages, la reprise a été rapide », confirme Joao Borges Assunçao, économiste de l'Université catholique de Lisbonne. 

Dans le secteur hôtelier, le niveau des réservations laisse présager un bon été. « Les perspectives sont très encourageantes, bien au-dessus des attentes », souligne Diogo Laranja, directeur général du groupe hôtelier Héritage, qui compte cinq unités dans le centre de Lisbonne. 

Un constat que font également les compagnies aériennes comme TAP Air Portugal, qui a réduit ses pertes en transportant 2,1 millions de passagers au premier trimestre, soit cinq fois plus sur un an. 

« Les réservations actuelles nous permettent d'être prudemment optimistes pour la saison d'été », a réagi la patronne de TAP, la Française Christine Ourmières-Widener. 

« On assiste à un apparent retour à la normalité » mais, prévient l'économiste Joao Borges Assunçao, « il y a des nuages à l'horizon ». 

Les acteurs de la filière touristique se disent préoccupés par une possible hausse des taux d'intérêt, qui pourraient pénaliser un secteur déjà très endetté après la pandémie, mais surtout par l'inflation, qui a atteint en mai les 8%, du jamais vu depuis 1993. 


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


France: la production industrielle recule de 0,1% en mai

Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
  • "Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note
  • En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%)

PARIS: Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi.

En avril, la production industrielle avait augmenté de 0,3% et la production manufacturière de 0,6%, après révision à la hausse.

Dans l'industrie manufacturière, la production est en repli dans tous les principaux secteurs, a précisé l'Institut national de la statistique et des études économiques: les matériels de transport (-2,8%) dont l'automobile (-4,7%), les biens d'équipement électriques, électroniques et informatiques (-2,3%), la cokéfaction et le raffinage (-9,0%), les "autres produits industriels comme la métallurgie, chimie et pharmacie (-0,4%) ainsi que les industries agro-alimentaires (-0,3%).

"Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note.

En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%). "La hausse qui concerne à la fois l'électricité et le gaz est due à une augmentation de la consommation liée aux températures fraîches en milieu de mois, puis à l'épisode caniculaire en fin de mois", a expliqué l'Insee.

Sur les trois derniers mois (mars à mai), par rapport à la même période en 2025, la production a augmenté de 2,4% dans l'industrie et de 2,2% dans l'industrie manufacturière.

Dans la construction, la production a progressé de 1,2% en mai sur un mois, mais elle s'inscrit en baisse de 2,3% sur les trois mois allant de mars à mai par rapport aux mêmes trois mois de l'an dernier.

Dans les prochains mois, "certains facteurs temporaires qui avaient bénéficié à l'industrie française, notamment la mise à l'arrêt de la production chez certains concurrents asiatiques, vont progressivement s'estomper avec l'apaisement de la situation au Moyen-Orient", a analysé Charlotte de Montpellier.

"D'autres facteurs continueront toutefois de soutenir l'activité, notamment la forte demande dans l'aéronautique et la hausse des dépenses de défense, qui bénéficie largement aux 5% de l'industrie française orientés vers l'armement", a-t-elle ajouté.

Selon elle, "l'industrie française devrait continuer à surperformer le secteur des services", affecté notamment par la faible confiance des ménages, "mais avec un peu moins d’élan qu’en début d’année", avec des répercussions sur la croissance.


Transport maritime: CMA CGM inaugure le "Notre-Dame", plus grand porte-conteneurs français

L'ancien Premier ministre français et maire du Havre, Édouard Philippe, l'épouse du président français Brigitte Macron, le président-directeur général du groupe CMA CGM, Rodolphe Saadé, le ministre français des Transports Philippe Tabarot et Delphine Arnault, à la tête de Dior et vice-présidente exécutive de Louis Vuitton, participent à l'inauguration du porte-conteneurs « Notre-Dame » de CMA CGM, le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français, au Havre, dans le nord-ouest de la France, le 2 juillet 2026. (AFP)
L'ancien Premier ministre français et maire du Havre, Édouard Philippe, l'épouse du président français Brigitte Macron, le président-directeur général du groupe CMA CGM, Rodolphe Saadé, le ministre français des Transports Philippe Tabarot et Delphine Arnault, à la tête de Dior et vice-présidente exécutive de Louis Vuitton, participent à l'inauguration du porte-conteneurs « Notre-Dame » de CMA CGM, le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français, au Havre, dans le nord-ouest de la France, le 2 juillet 2026. (AFP)
  • CMA CGM a baptisé au Havre le "Notre-Dame", le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français et premier d'une série de 10 navires géants, renforçant la souveraineté maritime française
  • Fonctionnant au GNL, ce navire de 400 mètres peut transporter 24.000 conteneurs et assurera les échanges commerciaux entre l'Asie et l'Europe

LE HAVRE: CMA CGM a baptisé jeudi au Havre (Seine-Maritime) le "Notre-Dame", plus gros porte-conteneurs sous pavillon français et le premier d'une série de dix navires géants commandés par l'armateur basé à Marseille.

Long de 400 mètres et plus haut que les tours de la cathédrale parisienne dont il porte le nom, le navire a été inauguré à la mi-journée devant plusieurs centaines de personnes, parmi lesquelles le maire du Havre Édouard Philippe et l'épouse du chef d'Etat Brigitte Macron.

"Je nomme ce navire CMA CGM Notre-Dame. Je souhaite bon vent à son équipage et à tous ceux qui navigueront à son bord", a lancé sa marraine Delphine Arnault, PDG de Christian Dior Couture, avant de briser la traditionnelle bouteille de champagne sur la coque.

Le choix du pavillon français vient d'un engagement pris par le PDG de CMA CGM, Rodolphe Saadé, devant Emmanuel Macron en novembre 2025.

Alors que les armateurs défendaient un avantage fiscal menacé, M. Saadé avait annoncé l'immatriculation sous pavillon français de ces nouveaux porte-conteneurs, présentés comme une contribution au renforcement de la souveraineté maritime française.

"Dans un monde où les routes maritimes sont de nouveau sous tension, notre mission n'a jamais été aussi essentielle", a déclaré jeudi le patron du troisième armateur mondial.

"À l'heure où la mer redevient un espace d'affirmation et de souveraineté (...), pour la France, dont la prospérité repose en grande partie sur les échanges internationaux, c'est un enjeu direct de compétitivité", a-t-il poursuivi.

Fleuron d'une nouvelle génération de porte-conteneurs géants, le "Notre-Dame" a été commandé pour transporter les marchandises produites par les usines asiatiques vers les consommateurs européens, et pour les produits agroalimentaires, cosmétiques et pharmaceutiques européens vers l'Asie.

Ce mastodonte des mers, le plus grand du monde à fonctionner grâce au gaz naturel liquéfié (GNL), sort du gigantesque chantier naval Yangzijiang Shipbuilding (YZJ) près de Shanghai, en Chine.

Il peut embarquer 24.000 conteneurs standards, soit l'équivalent de 20.000 camions ou 600 trains de fret, et son équipage est composé en moyenne d'une trentaine de personnes.

Le choix de son nom s'inscrit dans une tradition de séries thématiques adoptée par l'armateur. Pour cette nouvelle génération de porte-conteneurs, CMA CGM a choisi de mettre à l'honneur des symboles du patrimoine français.

Après le "Notre-Dame", le deuxième navire de la série, le "Panthéon", doit rejoindre la flotte en septembre.