Amputé à Marioupol, «Scorpion» n'attend que sa prothèse pour retourner au front

Daviti Souleïmanichvili écoute attentivement les médecins lui expliquer les différentes prothèses susceptibles de remplacer sa jambe gauche, arrachée pendant les combats à Marioupol (Photo, AFP).
Daviti Souleïmanichvili écoute attentivement les médecins lui expliquer les différentes prothèses susceptibles de remplacer sa jambe gauche, arrachée pendant les combats à Marioupol (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 01 juin 2022

Amputé à Marioupol, «Scorpion» n'attend que sa prothèse pour retourner au front

  • Né en Géorgie il y a 43 ans et naturalisé Ukrainien, il fait partie des innombrables soldats amputés depuis le début de la guerre
  • Membre du régiment Azov, il était basé à Marioupol, la ville portuaire du Sud que les Russes ont pilonnée pendant trois mois

KIEV: Assis sur un lit dans une petite clinique orthopédique de Kiev, Daviti Souleïmanichvili écoute attentivement les médecins lui expliquer les différentes prothèses susceptibles de remplacer sa jambe gauche, arrachée pendant les combats à Marioupol.

Né en Géorgie il y a 43 ans et naturalisé Ukrainien, il fait partie des innombrables soldats amputés depuis le début de la guerre, qui attendent avec impatience un pied ou un bras artificiel.

Membre du régiment Azov, il était basé à Marioupol, la ville portuaire du Sud que les Russes ont pilonnée pendant trois mois avant de s'en emparer définitivement la semaine dernière.

Au premier rang dans la bataille, ce sergent, connu sous le nom de guerre "Scorpion", a été grièvement blessé le 20 mars, quand un char russe, situé à environ 900 mètres, a tiré dans sa direction.

"J'ai reçu des éclats, volé à quatre mètres de distance et un mur m'est tombé dessus", raconte-t-il à l'AFP d'une voix calme. "Quand j'ai voulu me lever, je ne sentais plus ma jambe, ma main était abîmée et il me manquait un doigt."

Emporté par ses camarades au coeur du complexe sidérurgique d'Azovstal, il a été amputé en urgence en dessous du genou, puis évacué par hélicoptère jusqu'à un hôpital de Dnipro, dans le centre de l'Ukraine.

Deux mois plus tard, Daviti est à nouveau debout, même s'il lui faut des béquilles pour se déplacer. Il espère s'en débarrasser rapidement, grâce à l'installation d'une prothèse que le gouvernement ukrainien doit financer.

"Le plus tôt sera le mieux, car je veux retourner au combat", explique-t-il, en assurant être "beaucoup plus triste" pour ses compagnons morts à Marioupol que pour son membre disparu.

"Une jambe, ce n'est rien: on est au 21 siècle et on fait de très bonnes prothèses", dit-il. "Je connais pleins de gars qui en ont sur la ligne de front..."

«A dépression»

Mercredi après-midi à Kiev, il a eu sa première consultation avec les médecins chargés de l’appareiller.

Dans ce bâtiment défraîchi, une dizaine de spécialistes fabriquent des prothèses au milieu d'un atelier couvert de plâtre, tandis que, dans les salles d'auscultation, les médecins cherchent le modèle le plus adapté à leur patient.

Le cas de Daviti les laisse perplexe: l'un d'eux pousse pour une prothèse "à dépression", où une valve chassera l'air entre l'emboîture et le moignon; un autre plaide pour une structure, selon lui, plus adaptée à la guerre, "stable, flexible, et facile à nettoyer".

Le matin, ils avaient vu un autre combattant d'Azov et ils s'attendent à recevoir de plus en plus de militaires amputés, sans même parler des civils.

"Les premiers sont arrivés il y a quinze jours, il fallait d'abord qu'ils soient soignés pour les autres blessures sur leur corps" et que les plaies cicatrisent, explique le directeur de l'établissement, Oleksandre Stetsenko.

Aucun chiffre n'est encore disponible, mais le président Volodymyr Zelensky a évoqué à la mi-avril 10.000 soldats blessés, et les Nations unies ont recensé plus de 4.600 civils blessés.

Pour traiter ceux qui ont été amputés, il faudra "des structures bien équipées en plâtres, en thermoplastique, en four, en meuleuses, entre autres", relève le magazine spécialisé Amplitude.

Mais, selon cette revue destinée aux personnes amputées, "le nombre de cliniques de ce type est limité en Ukraine et les chaînes d'approvisionnement imparfaites."

Sur-mesure

D'après le docteur Stetsenko, l'Ukraine compte une trentaine d'établissements qui fabriquent des prothèses. Sa clinique en produit et en pose environ 300 par an.

Malgré les énormes besoins, elle ne pourra sans doute pas accélérer la cadence car, dit-il, chaque prothèse est "personnalisée" pour répondre à la blessure et aux besoins du patient.

Ainsi, pour Daviti qui est artilleur, les médecins vont ajouter 15 kilos à son poids, afin que sa future jambe résiste à la charge des armes.

"Il me faut une prothèse qui permette de faire toutes les manoeuvres", insiste-t-il, alors qu'on lui présente un pied en carbone et un autre en caoutchouc.

Dans une semaine, il reviendra pour obtenir une prothèse temporaire avec laquelle il s'entraînera à marcher. Quant à la prothèse définitive, personne ne sait quand elle pourra être posée.

Mais "deux ou trois semaines après, il pourra courir", prédit le docteur Valeri Nebesny, en assurant que 90% des militaires amputés veulent, comme le sergent Scorpion, retourner se battre au plus vite contre les Russes.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.


Trump dit prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre

Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
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  • Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur
  • Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.

S'exprimant sur sa plateforme Truth Social, le président américain a annoncé avoir décidé de "prolonger le cessez-le-feu jusqu'à ce que l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur.

Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz.

L'annonce du président américain intervient alors que Washington et Téhéran ont affiché leur désaccord sur l'expiration de la trêve, les premiers parlant de mercredi soir, heure de Washington, tandis que les seconds ont évoqué ce mardi, à minuit GMT.

Par ailleurs, la Maison Blanche a confirmé en fin de journée que le vice-président JD Vance, chargé de mener d'éventuelles nouvelles discussions avec l'Iran au Pakistan, ne quitterait pas Washington mardi, comme initialement prévu.

"A la lumière du message du président Trump sur Truth Social, confirmant que les Etats-Unis attendent une proposition unifiée des Iraniens, le voyage au Pakistan n'aura pas lieu aujourd'hui", a indiqué un haut responsable de l'exécutif américain, dans une déclaration transmise à la presse.

La Maison Blanche n'avait jamais confirmé le déplacement du vice-président, mais a entretenu le flou sur le fait de savoir s'il quittait ou pas la capitale dans la journée de mardi.

Bientôt deux mois après le début des hostilités déclenchées par Israël et les Etats-Unis, Téhéran a menacé de son côté de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.