Les zones aurifères du Tibesti tchadien, un «Far West» loin des yeux

Les mines d'or sont à la frontière (Photo, AFP).
Les mines d'or sont à la frontière (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 01 juin 2022

Les zones aurifères du Tibesti tchadien, un «Far West» loin des yeux

  • L'armée interdit bien entendu l'accès aux journalistes ou autres curieux
  • La terre, mais aussi le climat aride et torride le jour, y sont extrêmement hostiles

N'DJAMENA : Théâtre d'affrontements qui ont fait récemment au moins une centaine de morts entre orpailleurs clandestins, la zone aurifère de la partie tchadienne du vaste massif désertique du Tibesti, à la frontière libyenne, est une zone de non-droit, un "Far West impossible à contrôler" pour N'Djamena.

La porosité de la frontière avec la Libye, dont le sud est aussi la base arrière de nombreux groupes rebelles tchadiens hostiles depuis des décennies au régime, a favorisé la prolifération des armes à feu utilisées par les chercheurs d'or venus de tout le pays mais aussi du Soudan, de Libye ou de Mauritanie et présents par milliers dans la zone de Kouri Bougoudi - la "vieille dune de sable" en langue toubou.

Il a fallu plusieurs jours à une imposante colonne de l'armée partie de N'Djamena avec le ministre de la Défense à sa tête, pour rallier puis "pacifier" ces collines trouées par une multitude de mines sauvages et leurs fragiles galeries, à plus de mille kilomètres au nord de la capitale.

Les heurts sont partis "d'une banale dispute entre deux individus qui a dégénéré", a assuré lundi le ministre, le général Daoud Yaya Brahim, que l'AFP a réussi à joindre sur son téléphone satellitaire dans cette région où aucun opérateur de téléphonie n'a encore étendu ses réseaux.

"Le Tibesti, c'est un peu le Far West, une zone de non-droit, la ruée vers l'or comme dans les films et cela entraîne l'utilisation d'armes de guerre", admet Abderaman Koulamallah, le ministre de la Communication, dans un entretien avec l'AFP, assurant même que "l'armée y est peu ou pas présente", quand l'opposition et les rebelles affirment qu'elle a au mieux laissé les orpailleurs se massacrer, au pire a participé la tuerie.

Impossible à vérifier de source indépendante, seuls quelques riches orpailleurs ont les moyens de se payer un téléphone satellitaire et des générateurs ou des panneaux solaires très prisés là-bas, pour les alimenter en électricité, racontent ceux qui ont visité Kouri Bougoudi, une localité faite d'habitations de fortune depuis que la zone est devenue fréquentée pour son or.

L'armée interdit bien entendu l'accès aux journalistes ou autres curieux.

"Les mines d'or sont à la frontière. La Libye n'a pas d’État, et cette absence est particulièrement criante au sud, tandis que l’État tchadien reste largement absent du nord du pays", abonde Jérôme Tubiana, chercheur français spécialiste du Tchad et de ses groupes rebelles.

La terre, mais aussi le climat aride et torride le jour, y sont extrêmement hostiles.

Les dunes battues par les vents s'étendent à perte de vue, les orpailleurs vivent sous des abris de fortune, l'accès à l'eau potable est une gageure. "Le point d'eau le plus proche se trouve à 200 km, ce sont des personnes originaires de Libye qui amènent l'eau et gèrent ce trafic", explique M. Koulamallah.

Frondeuse

Le Tibesti est historiquement une région frondeuse, berceau de plusieurs rébellions majeures depuis l'indépendance du Tchad de la France, en 1960. Depuis la découverte d'or en 2012, les mines de cette province ont suscité les convoitises de commerçants, de milliers d’orpailleurs, de militaires tchadiens et de groupes rebelles armés tchadiens et soudanais en quête du métal précieux pour financer notamment leur armement.

Elle a aussi enclenché une véritable ruée vers l'or de jeunes Tchadiens pauvres, livrés sur place aux gangs pour lesquels ils travaillent dans des conditions très difficiles, selon Jérôme Tubiana.

Sans compter la présence ou le passage régulier de nombreux groupes armés qui empoisonnent depuis 30 ans le pouvoir détenu sans partage par feu le président Idriss Déby Itno, tué en avril 2021 au front face à des rebelles, et auquel a succédé son fils, le général Mahamat Idriss Déby.

"Les principaux groupes rebelles comme le Front pour l'alternance et la concorde au Tchad (FACT) ou l'Union des forces de la résistance (UFR) sont présents à différents degrés", analyse Jérôme Tubiana. "On trouve aussi d'anciens et actuels rebelles du Darfour", province du Soudan voisin, poursuit-il.

Pour aller chercher l'or en profondeur, les mineurs utilisent "des machines semi-industrialisées qui dégradent l'environnement", déplore Brahim Edji, chercheur et écrivain, originaire de la région. "Le secteur n’est pas règlementé par les administrations concernées", assure-t-il à l'AFP.

Après les affrontements, "nous avons décidé de suspendre jusqu'à nouvel ordre toute exploitation d'or à Kouri, sachant que moins de 2% sont légales", assure à l'AFP le ministre Yaya Brahim.


L'armée américaine dit avoir avoir tiré sur un navire qui violait son blocus des ports iraniens

L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
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  • Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains
  • C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington.

Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains, précise le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, dans un communiqué publié sur X.

C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet. Depuis, les forces américaines affirment avoir redirigé 55 navires qui tentaient de passer.

Lors de la première mise en place du blocus, entre mi-avril et mi-juin, l'armée américaine avait tiré sur neuf navires et redirigé plus de 140 autres.


Trump assure que sa relation avec Netanyahu est "très bonne" en dépit des désaccords sur Gaza

Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que sa relation avec Benjamin Netanyahu reste « très bonne », malgré les désaccords sur la feuille de route américaine pour Gaza
  • Netanyahu refuse tout retrait israélien tant que le Hamas ne sera pas désarmé, tout en affirmant qu’Israël continuera à défendre ses propres positions face à Washington

WASHINGTON: Donald Trump a assuré lundi que sa relation avec Benjamin Netanyahu restait "très bonne", après que ce dernier a rejeté la dernière feuille de route américaine pour Gaza.

Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé des réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix.

L'armée israélienne "n'effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé", a déclaré Benjamin Netanyahu, qui tente de donner des gages à ses alliés d'extrême droite avant de délicates élections législatives en septembre.

Il a qualifié le président américain de "plus grand ami (d'Israël) à la Maison Blanche", tout en faisant comprendre qu'il était prêt à lui tenir tête: "Ils ont des idées, certaines nous conviennent et d'autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions."

Les relations entre les deux dirigeants ont connu des difficultés au printemps.

Donald Trump, en des termes très virulents, a reproché en avril à Benjamin Netanyahu de saper des négociations en vue d'un cessez-le-feu avec l'Iran.


Trump va réclamer lui aussi des "compensations" à l'Iran

Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que Washington réclamera à l’Iran des compensations pour les victimes et dégâts liés à ses attaques et conflits passés
  • Ces nouvelles exigences pourraient compliquer davantage les négociations sur le détroit d’Ormuz, alors que Téhéran réclame lui aussi des réparations et la levée des sanctions américaines

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré lundi sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis allaient réclamer des "compensations" pour des attaques menées par l'Iran depuis des décennies contre des adversaires à l'étranger ou contre des manifestants sur son sol.

Le président américain a assuré que cette demande serait faite "fermement" dans toute négociation, en réponse à une exigence de longue date des autorités iraniennes, qui conditionnent tout accord sur le détroit d'Ormuz au versement de réparations américaines.

L'Iran "demande des compensations pour les dommages qu'ils ont subis pendant les cinq mois de conflit militaire", a écrit Donald Trump, "bien que cela n'ait jamais été évoqué dans aucune de nos négociations ou réunions."

"Mais c'est une idée intéressante parce que, de la même manière, je demande moi aussi des compensations à l'Iran, pour tous les gens qu'ils ont tués et blessés" dans des attaques et "conflits", dont "les familles de ceux tués sur l'USS Cole", un navire de guerre américain frappé par un attentat meurtrier en 2000 au Yémen, a ajouté le milliardaire républicain.

Donald Trump a ajouté que "des compensations devraient être versées pour les familles des centaines de milliers de manifestants innocents que l'Iran a tués ces dernières cinquante années, sans même parler des 52.000 tués ces cinq derniers mois".

Un peu plus tard, dans une autre publication, le président octogénaire a jugé que l'Iran devait être tenu "responsable des dégâts et morts causés au Liban, en Syrie, au Yémen et à Gaza".

Ces nouvelles exigences de l'imprévisible dirigeant américain risquent de mettre hors de portée un accord rapide sur le détroit d'Ormuz, qui paraissait déjà bien improbable alors que l'Iran exige de son côté l'acceptation par Washington de "toutes" ses conditions.

Téhéran juge que les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Dimanche, Donald Trump a laissé entendre qu'il n'avait besoin d'engager ni une offensive militaire majeure ni un effort diplomatique particulier, en assurant qu'il lui suffisait d'"observer" les difficultés économiques de l'Iran.