Comment les chrétiens coptes d’Égypte ont sillonné le monde, tout en restant attachés à leur culture

Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a rejoint le pape copte Tawadros pour la messe de Noël dans la cathédrale de la nativité du Christ en dehors du Caire. (AFP)
Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a rejoint le pape copte Tawadros pour la messe de Noël dans la cathédrale de la nativité du Christ en dehors du Caire. (AFP)
Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a rejoint le pape copte Tawadros pour la messe de Noël dans la cathédrale de la nativité du Christ en dehors du Caire. (AFP)
Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a rejoint le pape copte Tawadros pour la messe de Noël dans la cathédrale de la nativité du Christ en dehors du Caire. (AFP)
Des proches pleurent vingt chrétiens coptes orthodoxes décapités par des extrémistes de Daech en Libye en 2015, puis rapatriés en Égypte en mai 2015. (AFP)
Des proches pleurent vingt chrétiens coptes orthodoxes décapités par des extrémistes de Daech en Libye en 2015, puis rapatriés en Égypte en mai 2015. (AFP)
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Publié le Jeudi 02 juin 2022

Comment les chrétiens coptes d’Égypte ont sillonné le monde, tout en restant attachés à leur culture

  • Comme de nombreux coptes se sont convertis à l’islam, en partie pour éviter les taxes de plus en plus onéreuses imposées aux non-musulmans, l’utilisation de la langue s’est progressivement érodée
  • Les coptes nés sur un sol étranger après l’émigration de leurs parents à la recherche d’une vie meilleure gardent cependant des liens étroits avec l’Égypte et sa culture

LONDRES: Les chrétiens coptes en Égypte et dans les communautés de migrants dispersées à travers le monde ont célébré mercredi «l’entrée du Seigneur en Égypte», un jour de fête annuel. Cette célébration est suivie de la sainte fête de l’Ascension qui commémore la montée de Jésus au ciel.

Les deux jours de fête consécutifs résument en quelque sorte l’expérience copte. L’un marque leur fierté profondément enracinée dans un héritage égyptien qui précède l’arrivée de l’islam, tandis que l’autre célèbre la valeur spirituelle du sacrifice de soi, qui définit l’expérience d’une église forgée dans le martyre peu après la mort du Christ sur la croix.

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Détails intérieurs de l’église copte Saint-Georges du Caire en Égypte. (Shutterstock)

En avril, les chrétiens d’Égypte ont célébré deux autres journées spéciales consécutives.
Les orthodoxes ont fêté Pâques le 24 avril, une date fixée par le calendrier julien sous lequel l’Église d’Alexandrie opère, plutôt que par le calendrier grégorien utilisé par le reste du christianisme duquel les coptes se sont éloignés, en raison de différences théologiques au Ve  siècle.
Mais le lendemain, avec les Égyptiens de toutes confessions, les coptes ont célébré la fête nationale de Sham el-Nessim. Les origines de cette fête du printemps remontent à des millénaires, à l’époque des pharaons et, comme pour les coptes eux-mêmes, la tradition a survécu à l’arabisation de l'Égypte au VIIe siècle, et fait partie intégrante de la société égyptienne.

Il y a de nombreux coptes à travers le monde. Certains sont désormais de deuxième – voire de troisième – génération. Ils sont nés sur un sol étranger après l’émigration de leurs parents à la recherche d’une vie meilleure, mais gardent cependant des liens étroits avec l’Égypte et sa culture.

La vie et l’œuvre de Fadi Mikhail, un artiste à succès au Royaume-Uni, symbolisent les générations nées à l’étranger de parents immigrés, mais qui entretiennent des liens étroits avec leur héritage égyptien et copte.

Les parents de M. Mikhail, Hany et Salwa, ont émigré d’Égypte à la fin des années 1970. Son père a poursuivi sa carrière de médecin au Royaume-Uni. «Il n’a pu résister à la promesse d’un salaire plus élevé et d’une vie meilleure», déclare M. Mikhail.

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L’artiste copte d’origine britannique, Fadi Mikhail, a suivi une formation à Los Angeles auprès du célèbre iconographe égyptien Isaac Fanous. (Photo fournie)

Né à Harlow, en Angleterre, en 1984, M. Mikhail a suivi une formation à Los Angeles auprès du célèbre iconographe égyptien Isaac Fanous, avant d’être diplômé de la Slade School of Fine Art de Londres. Aujourd’hui, il crée des icônes pour les églises coptes du monde entier, mais son art est un pont visuel entre l’Orient et l’Occident. Il s’est également lancé dans l’art de la peinture à l’huile dans la tradition occidentale, créant des paysages ou s’inspirant de livres qu’il appréciait quand il était enfant.
    
Ses œuvres sont exposées dans des galeries britanniques où de notables mécènes, dont le prince de Galles, ont passé des commandes.

M. Mikhail et sa femme ne retournent en Égypte que pour d’occasionnelles vacances annuelles. Mais, comme la plupart des coptes dispersés à travers le monde, il explique: «À travers l’église, je me sens toujours fortement lié à la foi copte et, par extension, à l’Égypte.»

Son intérêt pour l’iconographie «a certes commencé comme un lien religieux, mais est devenu plus récemment une partie de mon identité en tant qu’Égyptien».

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Une des peintures à l’huile de Fadi Mikhail, The Swallows Chasing the Amazons. (Photo fournie)

La génération de ses parents, dit-il, «était particulièrement solide en tant que communauté. Ils s’étaient regroupés en tant qu’immigrants récents, souhaitant conserver autant que possible la culture égyptienne. La foi en faisait partie intégrante».

Il concède qu’au sein des deuxième et troisième générations, la communauté copte au Royaume-Uni connaît certainement des défis d’identité. Elle lutte pour se sentir aussi inébranlable dans son «égyptianité» que les parents. «Pratiquer sa foi dans une Église d’Occident – où la pensée occidentale est bien entendu plus libérale –, tout en restant en communion avec l’Église d’Orient, qui est considérablement plus conservatrice, est difficile.

«Cependant, je pense que nous avons eu beaucoup de chance avec la sagesse de nos dirigeants ici au Royaume-Uni et, à ce jour, je dirais qu’ils ont fait preuve de sagesse et d’habileté.»

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La Glaubenskirche à Berlin, en Allemagne est une ancienne église luthérienne qui appartient depuis 1998 à l’Église copte. Elle est en train d’être transformée en résidence épiscopale copte. (Shutterstock)

Partout où les coptes émigrés se sont enracinés, leurs communautés et leur église ont prospéré. En plus des quinze millions de Coptes en Égypte – environ 10% de la population –, on pense qu’il y a aujourd’hui plus de deux millions de personnes qui vivent à l'étranger, principalement aux États-Unis, au Canada, en Australie et en Europe. Ils constituent une communauté principalement riche et instruite. On compte parmi eux de nombreux médecins et ingénieurs.

La première paroisse copte en Amérique du Nord, Saint-Marc, a vu le jour à Toronto en 1964. Peu de temps après, la paroisse Saint-Marc dans le New Jersey a été fondée à la fin des années 1960, et la première église copte est née en Occident.

Mais l’une des plus anciennes communautés coptes à l’étranger date des années 1950 au Royaume-Uni. La première liturgie copte en Europe s’est tenue à Londres le 10 août 1954. La communauté a été fondée en grande partie par des coptes qui ont étudié la médecine et se sont installés en Grande-Bretagne pour poursuivre leur carrière sans les plafonds de verre imposés en Égypte.

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La reine Elizabeth II rencontre le pape Tawadros II et l’évêque Angaelos de l’Église copte lors d’un entretien privé au château de Windsor le 9 mai 2017 à Windsor, au Royaume-Uni. (Image Getty)

En 1978, le pape copte Chenouda III s’est rendu au Royaume-Uni depuis l’Égypte pour inaugurer l’église copte orthodoxe Saint-Marc à Kensington, Londres, la première en Europe. Depuis, l’église du Royaume-Uni n’a cessé de se renforcer, avec plus de 20 000 fidèles répartis au sein de trente-deux paroisses. En 2002, Chenouda est revenu pour poser la première pierre de la cathédrale Saint-Georges, inaugurée dans la ville de Stevenage, dans le Hertfordshire, en Angleterre, en 2006.

Le chef de l’église au Royaume-Uni est l’archevêque Anba Angaelos, dont l’histoire personnelle fait écho à bien des égards à celle de tant de coptes. Il est né au Caire en 1967. Enfant, il émigre en Australie avec sa famille. Il y décroche un diplôme en sciences politiques, philosophie et sociologie et, en 1990, après des études supérieures de droit, il retourne en Égypte où il devient moine et rejoint le monastère historique de Saint-Bishoy à Wadi el-Natroum.

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Une vue sur le monastère historique égyptien de Saint-Bishoy à Wadi el-Natroum, au Caire. (Shutterstock)

En 1995, il est envoyé au Royaume-Uni en tant que curé. Quatre ans plus tard, il est nommé évêque général de l’Église copte orthodoxe et, le 18 novembre 2017, il est intronisé premier archevêque copte orthodoxe de Londres.

Les icônes de la cathédrale Saint-Georges ont été peintes par Fadi Mikhail dans le style copte moderne défendu par son professeur Isaac Fanous.

Les coptes qui vivent à l’étranger, déclare l’archevêque Angaelos, «ne nous considèrent pas comme une communauté de la diaspora qui a été persécutée et s’est dispersée. Nous sommes une communauté de migrants – des gens qui sont partis à la recherche d’une vie meilleure pour eux-mêmes et leurs enfants et qui maintiennent toujours des liens avec l’Égypte».

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Le pape copte orthodoxe Tawadros II (à gauche) célèbre la messe de Pâques à la cathédrale Saint-Marc du Caire, en Égypte, le 11 avril 2015. (Agence Anadolu/Image Getty)

Les chrétiens coptes d’Égypte peuvent prétendre être, à juste titre, les premiers Égyptiens, les gardiens d’une langue autrefois parlée par les pharaons et les gardiens d’une foi forgée dans l’épreuve.

«Nous sommes un peuple autochtone. Je peux retracer mon héritage en tant que chrétien jusqu’à Saint-Marc, qui a établi le christianisme en Égypte et, encore plus loin, jusqu’à mes anciennes racines égyptiennes», précise l’archevêque.

Selon les Écritures, Marie et Joseph ont cherché refuge en Égypte avec l’enfant Jésus pour échapper au massacre par le roi Hérode de tous les enfants de sexe masculin âgés de deux ans ou moins à Bethléem. Une génération plus tard, c’est dans l’antique cité égyptienne d’Alexandrie que Marc l’Évangéliste fonde l’église qui deviendra l’un des cinq grands sièges épiscopaux de la chrétienté primitive, aux côtés de Constantinople, Antioche, Jérusalem et Rome.

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Le patriarche et les prêtres coptes célèbrent la messe le vendredi saint orthodoxe, dans l’église du Saint-Sépulcre de la vieille ville de Jérusalem, le 30 avril 2021. (Shutterstock)

Les coptes n’ont pas toujours été bien accueillis en Égypte. Sous la domination romaine, les chrétiens de tout l’empire ont été persécutés pendant des siècles. Saint-Marc lui-même a été assassiné et martyrisé par une foule païenne dans les rues d’Alexandrie en 68 après J.-C. et des centaines de chrétiens sont morts en Égypte sous le règne de l’empereur Dioclétien.

Connues sous le nom de «persécution de Dioclétien», les répercussions de l’époque étaient si importantes que les années du calendrier liturgique utilisé par l’Église copte orthodoxe sont comptées à partir de 284 après J.-C., début du règne de Dioclétien. Pour les coptes, les années ne sont pas étiquetées A.D. (Anno Domini, «l’année de notre Seigneur»), mais AM pour Anno Martyrum, «année des martyrs».

Avec la montée de l’islam au VIIe siècle, les coptes ont dû faire face à de nouveaux défis en matière de foi et de langue ancienne – dérivée de l’ancienne langue égyptienne. Comme de nombreux coptes se sont convertis à l’islam, en partie pour éviter les taxes de plus en plus onéreuses imposées aux non-musulmans, l’utilisation de la langue s’est progressivement érodée et ne survit plus que dans les monastères et les liturgies de l’Église copte.

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Le chef religieux musulman, cheikh Mohammed Goma (centre gauche), félicite le pape Tawadros II lors de sa cérémonie d’intronisation en tant que chef de l’église chrétienne copte d’Égypte au Caire le 18 novembre 2012. Chrétiens et musulmans vivaient côte à côte en harmonie en Égypte à travers des périodes de grands troubles. (AFP)

Les coptes ont courageusement réussi à surmonter ces obstacles pendant de nombreux siècles, à travers des périodes de grands troubles et d’autres durant lesquelles chrétiens et musulmans ont vécu côte à côte en harmonie en Égypte.

Au XXe siècle, cependant, des bouleversements sociaux, économiques et politiques – aggravés par la politique britannique qui divise pour mieux régner en Égypte et aboutit au coup d’État des «officiers libres» de 1952 et aux réformes panarabes du président Gamal Abdel Nasser – ont poussé les coptes à émigrer en quête d’une vie meilleure en Occident.

Même avant la révolution, «les coptes étaient lentement chassés de la politique égyptienne», déclare Michael Akladios, fondateur et directeur d’Egypt Migrations, un projet culturel et d’archives copte mis en place au Canada en 2016 pour préserver les histoires des migrants égyptiens.

«Immédiatement après la révolution, les diplômés coptes ont commencé à émigrer, se rendant au Royaume-Uni, au Canada et aux États-Unis, parce qu’ils se heurtaient à des plafonds de verre dans les écoles et les professions.»

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Vue sur le monastère Saint-Simon le Tanneur, une ancienne église copte au Caire, en Égypte. (Shutterstock)

M. Akladios déclare que c’est une erreur d’attribuer toute l’émigration copte d’Égypte à la peur ou à la persécution. Sa propre famille a émigré au Canada quand il avait huit ans, rejoignant ses tantes et oncles paternels qui s’étaient déjà installés à Toronto. Cette démarche repose sur des considérations économiques.

«Certes, la persécution fait partie des motivations. Mais les coptes ne se limitent pas à leurs églises; ce sont aussi des êtres humains avec des besoins et des familles. Ils prennent des décisions en tant que migrants pragmatiques comme n’importe qui d’autre», souligne-t-il.

Pour les coptes en Égypte et à l’étranger, explique l’archevêque Angaelos, «il existe toujours des défis, le plus important étant que chrétiens et musulmans coexistent de manière beaucoup plus harmonieuse au cours de la dernière décennie».

Un homme porte le flambeau du nouvel esprit d’harmonie interreligieuse à l’étranger en Égypte. Il s’agit du général Abdel Fattah al-Sissi, qui a été élu président en 2014. Il est à l’origine de plusieurs initiatives de non-sectarisme inclusif.

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Des terroristes de Daech conduisent des chrétiens coptes égyptiens aux yeux bandés, vêtus de combinaisons orange, pour les décapiter au bord de la mer à Tripoli, la capitale libyenne, en 2015. (Photo d’archives/AFP)

Lorsque vingt travailleurs migrants coptes égyptiens et un collègue ghanéen ont été décapités sur une plage de Libye par des terroristes en février 2015, c’est le dirigeant Al-Sissi qui a ordonné à l’armée de l’air égyptienne de se venger de Daech.  Lorsqu’une série d'attaques contre des coptes et des églises coptes a été déclenchée en 2017, faisant des dizaines de morts, la vague de terreur a été écrasée par une réponse considérable de l’armée égyptienne.

En 2018, le gouvernement d’Al-Sissi a ouvert la voie au retour des corps des martyrs libyens en Égypte. Dans le village d’Al-Aour en Haute-Égypte, où de nombreux hommes avaient vécu, ils ont été inhumés dans la nouvelle église des martyrs de la foi et de la patrie, dont la construction avait été financée par le gouvernement égyptien.

Les coptes du monde entier ont été ravis quand M. Al-Sissi a rejoint le pape copte Tawadros (Théodore) pour la messe de Noël dans la cathédrale de la nativité du Christ au sein de la nouvelle capitale administrative de l’Égypte, le 6 janvier dernier. Dans un discours, le président évoque une «nouvelle république» en Égypte «qui accueille tout le monde sans discrimination».

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Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a rejoint le pape copte Tawadros (Théodore) pour la messe de Noël dans la cathédrale de la nativité du Christ au sein de la nouvelle capitale administrative de l’Égypte le 6 janvier de cette année. (AFP)

Un mois plus tard, le premier chrétien copte a été nommé à la tête de la Cour constitutionnelle suprême d’Égypte – la plus haute autorité judiciaire du pays.

Pour Michael Akladios et la communauté copte en Égypte et à travers le monde entier, la nomination du juge Boulos Fahmy Eskandar le 9 février 2022 était «une étape prometteuse sur la voie d'une plus grande inclusion et représentation copte dans la sphère publique égyptienne».

Bien qu’il soit «encore trop tôt pour juger des répercussions que cette nomination aura sur les communautés coptes en Égypte et dans ses diasporas», elle symbolise néanmoins «les grands gestes continus de l’État pour consolider l’unité nationale en tant que caractéristique dominante du caractère de la nation».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com
 


L'Arabie saoudite et 13 autres pays mettent en place une coalition de défense maritime

L'Arabie saoudite a accueilli jeudi une réunion visant à discuter de la mise en place d'une coalition multinationale de défense maritime. (SPA)
L'Arabie saoudite a accueilli jeudi une réunion visant à discuter de la mise en place d'une coalition multinationale de défense maritime. (SPA)
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  • Les 14 pays participants ont publié une déclaration commune exprimant leur soutien à la création de la coalition multinationale de défense maritime
  • La Coalition multinationale de défense maritime a pour objectif de relever les défis croissants auxquels est confrontée la sécurité maritime mondiale, a indiqué l’alliance dans un communiqué commun

RIYAD : L’Arabie saoudite et 13 autres pays ont créé jeudi une coalition de défense maritime visant à protéger la navigation dans les voies navigables stratégiques du Moyen-Orient.

Cette annonce fait suite à une réunion à Riyad de responsables militaires de dizaines de pays venus discuter de cette alliance.

La Coalition multinationale de défense maritime a pour objectif de relever les défis croissants auxquels est confrontée la sécurité maritime mondiale, a indiqué l’alliance dans un communiqué commun.

L’alliance servira de cadre à la coopération en matière de défense maritime, « visant à renforcer la sécurité maritime, à protéger la liberté de navigation, à sécuriser les voies commerciales internationales et les voies d’approvisionnement en énergie, et à préserver les intérêts maritimes communs dans le détroit de Bab el-Mandeb, la mer Rouge et le golfe d’Aden, conformément aux dispositions du droit international, des conventions des Nations unies et de la coutume internationale », précise le communiqué.

Parmi les membres fondateurs de la coalition figurent les États du Golfe, ainsi que le Pakistan, la Turquie, l’Égypte et la Jordanie. 

Cette alliance s’inscrit dans le cadre des efforts visant à renforcer la sécurité maritime, à protéger les voies maritimes internationales et à faire face aux menaces pesant sur la navigation maritime et le commerce mondial, a déclaré le ministère de la Défense du Royaume.

Les chefs d’état-major et leurs représentants de 43 pays, ainsi que la délégation de l’Union européenne auprès du Royaume, ont participé à la réunion. 

Plus de 50 pays et organisations ont été invités et ont participé soit en personne, soit par visioconférence.

Cela reflète l’intérêt international croissant pour le renforcement de la coopération en matière de défense maritime et souligne l’importance d’unir les efforts pour faire face aux menaces communes qui pèsent sur la sécurité des voies maritimes internationales, a déclaré le ministère.

Les participants ont examiné les menaces croissantes pesant sur la sécurité maritime, notamment les attaques contre les navires commerciaux, les pétroliers et les infrastructures maritimes critiques, ainsi que les risques qu’elles font peser sur la sécurité de la navigation, les chaînes d’approvisionnement mondiales et la stabilité de l’économie internationale. Ils ont souligné la nécessité de renforcer la coopération multilatérale en matière de défense afin de dissuader et de contrer ces menaces et de protéger les voies maritimes internationales.

Les participants ont également examiné le projet de charte de la coalition multinationale de défense maritime, ainsi que ses documents de référence, son cadre organisationnel, ses modalités de commandement et de contrôle, ses mécanismes opérationnels et les prochaines étapes proposées. 

Les discussions ont porté sur la mise en place d’un cadre institutionnel solide visant à renforcer la coopération en matière de défense maritime entre les pays participants et à coordonner les réponses aux menaces communes dans le détroit de Bab el-Mandeb, la mer Rouge et le golfe d’Aden.

La réunion a également porté sur les dispositions fondatrices de la coalition, notamment la désignation du Royaume d’Arabie saoudite comme État fondateur et chef de file, ainsi que comme pays hôte de son quartier général. 

Cela souligne la confiance de la communauté internationale dans le leadership du Royaume et son rôle central dans la promotion de la sécurité maritime collective, a déclaré le ministère.

Les participants ont convenu que les responsables de la planification militaire des pays souhaitant rejoindre la coalition poursuivraient leurs travaux afin de finaliser la charte et les documents de référence de la coalition, d’établir sa structure organisationnelle, ses modalités de commandement et de contrôle ainsi que ses mécanismes opérationnels, et de mettre en place les cadres techniques et les équipes spécialisées nécessaires. 

Les États membres potentiels mèneront à bien leurs procédures nationales respectives, ouvrant ainsi la voie à la signature de la charte, au lancement officiel de la coalition et au début de ses opérations, a précisé le ministère. 

La coalition multinationale de défense maritime est une initiative internationale ouverte accueillant tous les pays qui partagent ses objectifs et ses principes, a déclaré le ministère. 

La participation sera soumise aux procédures nationales de chaque pays et contribuera à renforcer la sécurité maritime collective, à préserver la liberté de navigation et le commerce mondial, ainsi qu’à faire respecter le principe de responsabilité internationale partagée face aux menaces communes.

Cette initiative reflète la ferme conviction du Royaume selon laquelle la sécurité des voies maritimes internationales relève d’une responsabilité collective nécessitant une coopération internationale efficace, durable et coordonnée.

L’un des principaux résultats de cette réunion a été la publication par les 14 pays participants d’une déclaration commune exprimant leur soutien à la création de la coalition multinationale de défense maritime et saluant le consensus atteint sur ses modalités de fondation.

Les signataires étaient l’Arabie saoudite, le Koweït, Bahreïn, le Qatar, le Pakistan, la Turquie, l’Égypte, la Jordanie, le Yémen, le Bangladesh, le Nigeria, le Soudan, Djibouti et la Somalie.

D’autres pays participants ont également exprimé leur soutien à cette initiative et sont en train de mener à bien les procédures et autorisations nationales requises pour adhérer à la déclaration commune. 

La déclaration restera ouverte à ces pays, ainsi qu’à d’autres pays intéressés, dès l’achèvement de leurs procédures nationales respectives.

La réunion s’est conclue par un engagement unanime à mener à bien les procédures de création de la coalition multinationale de défense maritime.

Une fois mise en place, la coalition renforcera les capacités collectives visant à dissuader et à contrer les menaces pesant sur la sécurité maritime, à protéger les voies de navigation internationales, à préserver la liberté de navigation et le commerce mondial, ainsi qu’à promouvoir la sécurité et la stabilité régionales et internationales.


Négociations sur Gaza: des avancées sur un désarmement du Hamas 

Malgré le cessez-le-feu, les violences se poursuivent dans la bande de Gaza. Selon les autorités sanitaires locales, des frappes israéliennes ont fait au moins quatre morts jeudi. (AFP)
Malgré le cessez-le-feu, les violences se poursuivent dans la bande de Gaza. Selon les autorités sanitaires locales, des frappes israéliennes ont fait au moins quatre morts jeudi. (AFP)
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  • Des négociations se tiennent depuis des semaines en Egypte pour mettre en oeuvre la deuxième phase de l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, entré en vigueur en octobre dernier
  • Cette phase prévoit notamment un retrait israélien progressif du territoire palestinien, le désarmement du Hamas et le déploiement d'une force internationale de stabilisation

JERUSALEM: Des avancées ont été enregistrées dans les négociations au Caire au sujet du désarmement du Hamas, ont indiqué jeudi à l'AFP une source diplomatique et une autre au sein du mouvement islamiste palestinien.

Des négociations se tiennent depuis des semaines en Egypte pour mettre en oeuvre la deuxième phase de l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, entré en vigueur en octobre dernier et visant à mettre fin définitivement à la guerre dans la bande de Gaza.

Cette phase prévoit notamment un retrait israélien progressif du territoire palestinien, le désarmement du Hamas et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.

La source au sein du Hamas a souligné une "grande convergence" sur plusieurs points liés aux armes, disant avoir transmis aux médiateurs des amendements à la feuille de route proposée par Washington et attendre la réponse d'Israël.

"Nous continuons à faire avancer la feuille de route", a indiqué de son côté la source diplomatique informée des négociations qui a requis l'anonymat.

Elle a rappelé que celle-ci prévoit le "démantèlement de toutes les armes" - précisant qu'il n'y aura "pas d'exception" - afin de "remettre l'ensemble de l'autorité au gouvernement technocratique".

La gestion quotidienne de Gaza durant la période post-conflit doit être, selon le plan de paix, assurée par une instance de technocrates palestiniens, le Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG).

La remise des armes au NCAG doit être opérée, selon la source diplomatique, en coordination avec la Force internationale de stabilisation (ISF), une structure naissante censée regrouper des troupes multinationales opérant sous l'égide du Conseil de paix proposé par Donald Trump.

La source au sein du Hamas a affirmé qu'une formule avait été "élaborée mettant l'accent sur le stockage des armes lourdes, le démantèlement des groupes armés et un retrait israélien simultané".

Coté israélien, une source politique a déclaré à l'AFP qu'il "n'y aura aucun retrait israélien de la +ligne jaune+ dans la bande de Gaza tant que le Hamas n'aura pas été totalement désarmé et que la bande de Gaza n'aura pas été entièrement démilitarisée".

La "ligne jaune" est le nom donné par Israël à la ligne de démarcation entre la zone sous contrôle du Hamas et celle tenue par l'armée israélienne dans la bande de Gaza.

Israël affirme contrôler actuellement plus de 60% de ce territoire palestinien.

La première phase du cessez-le-feu a vu la libération des derniers otages israéliens de Gaza enlevés par le Hamas le 7 octobre 2023 lors de son attaque en Israël qui a déclenché la guerre, en échange de Palestiniens détenus par Israël.

Malgré le cessez-le-feu, les violences se poursuivent dans la bande de Gaza. Selon les autorités sanitaires locales, des frappes israéliennes ont fait au moins quatre morts jeudi.


Egypte: l'incendie dans le port de Damiette dû à une attaque de drone 

Le gouvernement égyptien a annoncé jeudi que l'incendie qui s'est déclaré la veille sur deux navires stockant du gaz dans le port de Damiette (nord) avait été provoqué par une attaque de drone, la première du genre contre le pays depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (REUTERS)
Le gouvernement égyptien a annoncé jeudi que l'incendie qui s'est déclaré la veille sur deux navires stockant du gaz dans le port de Damiette (nord) avait été provoqué par une attaque de drone, la première du genre contre le pays depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (REUTERS)
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  • Un navire américain de stockage et de regazéification et un méthanier, propriété d'intérêts grecs et battant pavillon des Bermudes, ont été touchés par au moins un drone non identifié
  • La présidence égyptienne du Conseil des ministres a indiqué dans un communiqué qu'à l'issue des premières investigations sur l'incident, "il est apparu qu'il résultait d'une attaque de drone, sans qu'aucune partie n'en ait revendiqué la responsabilité"

LE CAIRE: Le gouvernement égyptien a annoncé jeudi que l'incendie qui s'est déclaré la veille sur deux navires stockant du gaz dans le port de Damiette (nord) avait été provoqué par une attaque de drone, la première du genre contre le pays depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

Un navire américain de stockage et de regazéification et un méthanier, propriété d'intérêts grecs et battant pavillon des Bermudes, ont été touchés par au moins un drone non identifié, avait auparavant rapporté la société privée de sécurité Ambrey, basée au Royaume-Uni.

La présidence égyptienne du Conseil des ministres a indiqué dans un communiqué qu'à l'issue des premières investigations sur l'incident, "il est apparu qu'il résultait d'une attaque de drone, sans qu'aucune partie n'en ait revendiqué la responsabilité".

Elle a ajouté que "les autorités compétentes poursuivent leur enquête afin d'établir les circonstances de l'incident et de prendre les mesures nécessaires pour préserver les intérêts de l'Egypte et sa sécurité nationale".