Texas: un dangereux évadé soupçonné d'avoir assassiné cinq personnes abattu

Un meurtrier en fuite, soupçonné d'avoir tué une famille de cinq personnes pendant sa cavale, a été abattu par la police au Texas (Photo, AFP).
Un meurtrier en fuite, soupçonné d'avoir tué une famille de cinq personnes pendant sa cavale, a été abattu par la police au Texas (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Samedi 04 juin 2022

Texas: un dangereux évadé soupçonné d'avoir assassiné cinq personnes abattu

  • Le fugitif âgé de 46 ans était introuvable depuis trois semaines
  • Les U.S. Marshals, les agents spécialisés dans la recherche des évadés, commençaient à douter, malgré l'ampleur donnée à la chasse à l'homme, la plus importante de l'histoire récente du Texas

WASHINGTON: Un meurtrier en fuite, soupçonné d'avoir tué une famille de cinq personnes pendant sa cavale, a été abattu par la police au Texas, mettant fin à une chasse à l'homme de trois semaines après son évasion spectaculaire.

Gonzalo Lopez, condamné en 2006 à la réclusion à perpétuité pour un meurtre barbare commis avec une pioche et un enlèvement, s'était évadé d'un bus pénitentiaire le 12 mai.

Lors d'une conférence de presse après la mort tard jeudi soir de Gonzalo Lopez, Jason Clark, un responsable de l'administration pénitentiaire de ce grand Etat du Sud des Etats-Unis, a qualifié de "tragédie absolue" la mort de quatre garçons adolescents et leur grand-père, que le criminel aurait tués lors de sa cavale.

"Mais nous poussons un soupir de soulagement, car Lopez ne fera pas de nouvelles victimes", a-t-il ajouté.

Il a précisé que les policiers avaient "très rapidement tiré sur Lopez et l'ont tué, mettant ainsi un terme à cette épreuve".

Le fugitif âgé de 46 ans était introuvable depuis trois semaines et les U.S. Marshals, les agents spécialisés dans la recherche des évadés, commençaient à douter, malgré l'ampleur donnée à la chasse à l'homme, la plus importante de l'histoire récente du Texas.

Mafia et gang

Le crâne rasé, un visage carré de boxeur, des pectoraux saillants, tatoués comme ses biceps et son large dos, Lopez avait des affiliations connues avec la mafia mexicaine et ses gangs actifs en prison.

Les conditions de son évasion illustrent sa détermination. Ce jour-là, Gonzalo Lopez devait être transféré de sa prison de Gatesville à une autre prison texane, à Huntsville, pour une consultation médicale. Un trajet d'environ 260 kilomètres, dans un autobus pénitentiaire bien gardé par des agents armés.

Le condamné multirécidiviste faisant partie des détenus particulièrement surveillés, il a droit à un traitement spécial: dans le véhicule, où se trouvent 15 autres prisonniers également transférés, il est placé dans une cage en métal, pieds et mains enchaînés.

Les autorités n'ont pas expliqué comment il a réussi à embarquer avec une arme blanche artisanale, dissimulée sur lui, puis à se défaire de ses entraves. Elles ont en revanche relaté que Gonzalo Lopez a ensuite découpé la cloison métallique de sa cage, parvenant à passer jusqu'à la cabine du conducteur, obligé de stopper l'autobus.

A ce moment-là, un combat éclate entre le détenu et le chauffeur, à l'extérieur du véhicule: Lopez poignarde le fonctionnaire à la main et au thorax. Un autre agent armé, posté à l'arrière de l'autobus, descend à son tour pour tenter de neutraliser le détenu.

Mais le criminel parvient à remonter dans la cabine de conduite, à prendre le volant, laissant sur place les deux gardiens. Ceux-ci ouvrent le feu, crevant un pneu arrière du véhicule, devenu difficilement manœuvrable. De fait, un kilomètre plus loin, Gonzalo Lopez est victime d'une sortie de route. Il abandonne l'autobus et ses détenus et s'évanouit dans les bois.

Chiens, chevaux, hélicoptères

D'emblée, la traque a mobilisé d'imposants moyens et toutes les forces de police disponibles, épaulées par des chiens et des hélicoptères. Elle s'est déroulée dans une région vallonnée comprenant des plaines, bois et rivières, à mi-chemin entre Houston et Dallas.

Dans des scènes dignes d'un western, des agents armés par dizaines, chapeau de cow-boy vissé sur le crâne, ont ratissé à cheval ce terrain accidenté. Mais les jours ont passé, sans résultat. La prime offerte pour toute information favorisant la capture de Gonzalo Lopez a été réévaluée, jusqu'à atteindre 50.000 dollars.

Le fugitif s'est retrouvé, sans surprise, tout en haut de la liste des hommes les plus recherchés du Texas, un Etat dont le taux d'incarcération dépasse largement celui de l'ensemble des démocraties de la planète.

Finalement, après trois semaines infructueuses, les forces de l'ordre ont été contactées jeudi par une personne inquiète que ses proches ne répondent pas à ses appels téléphoniques. Dans une maison secondaire de la zone fouillée depuis le début, les policiers ont trouvé cinq corps sans vie.

Selon la presse locale, il s'agit d'une famille originaire de l'agglomération de Houston: trois frères et leur cousin, âgés de 11 à 18 ans, et leur grand-père commun.

Constatant l'absence de la voiture familiale, les enquêteurs ont alors donné l'alerte.

C'est au volant de cette voiture que Gonzalo Lopez a vu sa cavale s'achever: le véhicule a été repéré à Jourdanton, au sud de San Antonio, puis pris en chasse et enfin stoppé par une herse déployée sur la chaussée. Lopez, porteur d'un fusil d'assaut et d'une arme de poing, a ouvert le feu sur les agents, sans les atteindre. Ceux-ci ont répliqué, le tuant sur place.

C'est "la fin d'un calvaire", a résumé Jason Clark, chargé d'informer les Américains sur la traque.


Centre du Burkina: au moins une dizaine de civils tués dans deux attaques

Des soldats de l'armée française patrouillent dans le village de Gorom Gorom à bord de véhicules blindés de transport de troupes lors de l'opération Barkhane dans le nord du Burkina Faso (Photo, AFP).
Des soldats de l'armée française patrouillent dans le village de Gorom Gorom à bord de véhicules blindés de transport de troupes lors de l'opération Barkhane dans le nord du Burkina Faso (Photo, AFP).
Short Url
  • La semaine dernière, le Burkina Faso a connu une série d'attaques dans plusieurs régions du nord et du nord-ouest du pays
  • Le Burkina Faso, en particulier dans sa moitié nord, est confronté depuis 2015 aux attaques de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda et à l'Etat islamique

OUAGADOUGOU: Au moins une dizaine de civils ont été tués jeudi lors de deux attaques de djihadistes présumés dans le centre-ouest du Burkina Faso, à environ 140 km de Ouagadougou, a appris vendredi l'AFP de sources sécuritaire et locale.

Jeudi en fin de journée, "un groupe d'individus armés et à bord de motos ont fait irruption à Doh, un village de la commune de Dassa et ouvert le feu sur des habitants. Six d'entre eux sont morts sur le coup et deux autres ont été blessés", a indiqué à l'AFP un habitant.

"Au même moment, un autre groupe d'hommes armés a attaqué une autre localité de la commune, Bachoukorêpoun, située à quelques kilomètres, faisant également six morts", a poursuivi le même habitant.

Une source sécuritaire anonyme jointe par l'AFP, a confirmé les deux attaques évoquant de son côté un "bilan provisoire" d'une "dizaine de victimes".

"Des opérations (de ratissage) sont en cours pour ramener la quiétude et rassurer les populations" qui avaient commencer à quitter la zone, a indiqué la même source.

Selon plusieurs habitants de la commune de Dassa, des incursions de membres de groupes djihadistes présumés sont fréquentes depuis quelques mois, à la suite d'une vaste opération anti-djihadiste lancée par les forces de défense et de sécurité dans la province voisine du Nayala.

Celle-ci contraint les djihadistes présumés à se replier dans la province du Sanguie où se trouve Dassa.

La semaine dernière, le Burkina Faso a connu une série d'attaques dans plusieurs régions du nord et du nord-ouest du pays faisant une trentaine de morts, dont une quinzaine de Volontaires de la défense de la patrie (VDP), des supplétifs civils de l'armée.

Le Burkina Faso, en particulier dans sa moitié nord, est confronté depuis 2015 aux attaques de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda et à l'Etat islamique qui se multiplient. Elles ont fait des milliers de morts et au moins deux millions de déplacés.

Le capitaine Ibrahim Traoré, président de transition issu d'un coup d'Etat militaire le 30 septembre - le deuxième en huit mois - s'est donné pour objectif "la reconquête du territoire occupé par ces hordes de terroristes".

Le Burkina Faso était aidé depuis plusieurs années dans sa lutte contre les djihadistes par des forces spéciales françaises, mais les autorités de la transition leur ont demandé cette semaine de plier bagage d'ici un mois.

Cette décision est motivée par "la volonté des autorités de la transition et de l'ensemble des Burkinabè, d'être les acteurs premiers de la reconquête de notre territoire", a justifié lundi le porte-parole du gouvernement, Jean-Emmanuel Ouédraogo.


Qatargate: la justice belge renonce à faire extrader deux suspectes depuis l'Italie

Laurent Kennes, avocat de l'ancien membre du Parlement européen Pier Antonio Panzeri, parle à la presse avant une audience au Palais de Justice de Bruxelles, Belgique, le 17 janvier 2023 (Photo, AFP).
Laurent Kennes, avocat de l'ancien membre du Parlement européen Pier Antonio Panzeri, parle à la presse avant une audience au Palais de Justice de Bruxelles, Belgique, le 17 janvier 2023 (Photo, AFP).
Short Url
  • Parallèlement à la série d'interpellations à Bruxelles, toutes deux ont été arrêtées en décembre en Italie dans le cadre des  investigations
  • Ce scandale a éclaté le 9 décembre avec une demi-douzaine d'interpellations à Bruxelles

BRUXELLES: La Belgique a signifié à l'Italie qu'elle renonçait à la procédure du mandat d'arrêt européen pour se voir remettre deux suspectes italiennes dans l'enquête sur le scandale du Qatargate, a annoncé vendredi à l'AFP une source proche du dossier.

Il s'agit de Maria Dolores Colleoni et Silvia Panzeri, respectivement épouse et fille de l'ancien eurodéputé italien Pier Antonio Panzeri, 67 ans, qui s'est engagé à collaborer avec la justice dans cette enquête au terme d'un accord conclu le 17 janvier avec le parquet fédéral belge.

Parallèlement à la série d'interpellations à Bruxelles, toutes deux ont été arrêtées en décembre en Italie dans le cadre des  investigations sur un système présumé de corruption au sein du Parlement européen impliquant le Qatar et le Maroc.

Elles ont d'abord contesté devant les tribunaux italiens leur extradition, mais sont désormais prêtes à être entendues en Belgique, selon cette même source.

"Il a été signifié aux autorités italiennes que le mandat d'arrêt européen n'était plus nécessaire, dans la mesure où elles se sont engagées à se rendre en Belgique si la justice belge souhaite les entendre", a déclaré cette source.

Cette semaine, le juge d'instruction belge chargé de l'enquête, Michel Claise, s'est rendu en Italie accompagné d'un magistrat du parquet fédéral.

La mission visait à "régler un certain nombre de détails sur ce qu'attend la justice belge et ce que peut offrir la justice italienne", avait indiqué mercredi à l'AFP un porte-parole du parquet fédéral.

Selon la source proche du dossier, la levée du mandat d'arrêt signifiant la fin de leur assignation à résidence en Italie doit être validée par une décision de la justice italienne.

Mais l'avocat italien des deux femmes, Angelo De Riso, les a présentées comme déjà libres.

"Elles sont évidemment contentes parce qu'elles sont désormais libres", a dit l'avocat cité par l'agence de presse italienne AGI.

Ce scandale a éclaté le 9 décembre avec une demi-douzaine d'interpellations à Bruxelles, et la saisie d'un total d'1,5 million d'euros en espèces dans des sacs ou des valises.

Actuellement quatre personnes sont encore incarcérées en Belgique dont l'eurodéputée grecque Eva Kaili --déchue de son mandat de vice-présidente du Parlement-- et Pier Antonio Panzeri.

Ce dernier, qui fut eurodéputé socialiste de 2004 à 2019 avant se reconvertir en dirigeant d'ONG, s'est engagé en échange d'une peine de prison réduite à informer les enquêteurs sur tout le système de corruption auquel il admet avoir participé, y compris en livrant les identités de ses complices.

Parmi les motivations dans sa décision de devenir un "repenti" --un statut permis par la loi belge--, M. Panzeri souhaitait obtenir la "bienveillance" de la justice belge à l'égard des membres de sa famille, selon son avocat belge.

"Il s'inquiétait énormément pour sa femme et sa fille et espère désormais une certaine bienveillance. C'est humain et légitime", avait fait valoir lundi Me Laurent Kennes dans un entretien avec l'AFP.


L'Italienne Giorgia Meloni en Libye pour les dossiers énergie et migration

Le Premier ministre libyen basé à Tripoli, Abdulhamid Dbeibah, reçoit son homologue italien Giorgia Meloni, dans la capitale Tripoli, le 28 janvier 2023. (AFP)
Le Premier ministre libyen basé à Tripoli, Abdulhamid Dbeibah, reçoit son homologue italien Giorgia Meloni, dans la capitale Tripoli, le 28 janvier 2023. (AFP)
Short Url
  • C'est la première visite d'un chef de gouvernement ou d'Etat européen depuis la venue de son prédécesseur Mario Draghi en avril 2021 en Libye
  • L'Italie, ancienne puissance coloniale, est pour la Libye un partenaire commercial de premier plan, notamment dans le domaine des hydrocarbures

TRIPOLI: La cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni est arrivée samedi à Tripoli, son deuxième déplacement cette semaine sur la rive sud de la Méditerranée, pour évoquer les questions énergétiques mais également la question épineuse des flux migratoires.

C'est la première visite d'un chef de gouvernement ou d'Etat européen depuis la venue de son prédécesseur Mario Draghi en avril 2021 en Libye.

A son arrivée, Mme Meloni a été reçue par Abdelhamid Dbeibah, chef du gouvernement d'unité nationale, l'exécutif basé à Tripoli (ouest) et reconnu par l'ONU, selon des images télévisées fournies par le gouvernement libyen.

Les deux dirigeants ont écouté les hymnes nationaux interprétés par une fanfare avant de s'enfermer dans un salon d'un luxueux hôtel de Tripoli pour des entretiens à huis clos.

L'Italie, ancienne puissance coloniale, est pour la Libye un partenaire commercial de premier plan, notamment dans le domaine des hydrocarbures, avec une importante présence du géant italien Eni dans le pays doté des plus abondantes réserves de pétrole d'Afrique.

D'ailleurs, le patron de l'Eni, Claudio Descalzi, accompagne Mme Meloni qui assistera à la signature d'un accord entre le géant italien et la Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC) pour le développement de deux champs gaziers offshore au large de la Libye.

L'Eni va investir 8 milliards de dollars sur ces sites, qui sont "susceptibles de produire 850 millions de mètres cubes de gaz" par jour, a déclaré cette semaine le patron de la NOC, Farhat Bengdara, à la chaîne de télévision al-Masar.

Outre le volet économique, la migration est au centre des entretiens entre les deux chefs de gouvernement, l'Italie étant directement concernée par l'arrivée massive de migrants clandestins partant des côtes libyennes.

Le chaos qui a suivi la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011 a fait de la Libye une voie privilégiée pour des dizaines de milliers de migrants, originaires d'Afrique sub-saharienne, de pays arabes et d'Asie du Sud, cherchant à rejoindre l'Europe.

Le gouvernement d'extrême droite de Giorgia Meloni est arrivé au pouvoir en octobre en promettant de stopper l'immigration clandestine en Italie, alors que plus de 105.000 migrants y sont arrivés par la voie maritime en 2022, selon le ministère italien de l'Intérieur.

La Méditerranée centrale est la route migratoire la plus dangereuse du monde, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). L'agence onusienne estime qu'en 2022, 1.377 migrants y sont morts ou portés disparus.