Législatives: le n°3 de LR Aurélien Pradié face à une gauche divisée dans le Lot

Pour Aurélien Pradié, secrétaire général des Républicains (LR), l'enjeu est de taille. (AFP).
Pour Aurélien Pradié, secrétaire général des Républicains (LR), l'enjeu est de taille. (AFP).
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Publié le Lundi 06 juin 2022

Législatives: le n°3 de LR Aurélien Pradié face à une gauche divisée dans le Lot

  • Fourgon Citroën, 4L, 2CV: les électeurs de la première circonscription du Lot voient défiler ces trois candidats plutôt jeunes à bord de véhicules fleurant bon le XXe siècle
  • Embarqué dans sa 4L blanche, une "voiture de liberté" qui donne "un peu de simplicité" selon lui, il mène sa deuxième campagne législative après celle, réussie, de 2017 faite au volant d'une Mehari

PARIS: Dans le Lot, Aurélien Pradié, n°3 des Républicains, et ses deux rivaux d'une gauche divisée battent la campagne au volant de voitures anciennes, à quelques jours d'un premier tour des législatives à l'issue incertaine.

Fourgon Citroën, 4L, 2CV: les électeurs de la première circonscription du Lot voient défiler ces trois candidats plutôt jeunes à bord de véhicules fleurant bon le XXe siècle.

Pour Aurélien Pradié, secrétaire général des Républicains (LR), l'enjeu est de taille.

Embarqué dans sa 4L blanche, une "voiture de liberté" qui donne "un peu de simplicité" selon lui, il mène sa deuxième campagne législative après celle, réussie, de 2017 faite au volant d'une Mehari.

Le député sortant veut rassembler, en espérant mener ensuite la reconstruction de son parti.

"On n'est pas engagé en politique pour être des chefs de clan", affirme-t-il à l'AFP. A 36 ans, il entend élargir sa base électorale en dépit du fiasco de la candidate LR à la présidentielle, Valérie Pécresse, qui n'avait recueilli que 5,2% des suffrages dans le Lot, 4,8% au niveau national.

Dissidence socialiste

"On est engagé en politique pour embarquer derrière son projet, ses convictions, sa personnalité, la majorité de nos concitoyens, qu'ils soient de droite ou de gauche", assure-t-il, avant d'enfiler les crampons pour un match amical de rugby à Castelnau-Montratier, bourg de 1.800 habitants dans le sud du département.

En 2017, il l'avait emporté de justesse avec 51,32% des voix, devançant le candidat de La République en marche (LREM) arrivé en tête au premier tour.

Cette année, pas de "marcheur" face à lui, mais neuf candidats dont deux de poids à gauche.

Rémi Branco, conseiller départemental depuis 2021 et ancien chef de cabinet de Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture sous François Hollande, bénéficie de l'appui du Parti socialiste local et de la présidente PS de la région Occitanie Carole Delga.

"Il y a toujours eu dans l'histoire de la gauche une gauche radicale et une gauche républicaine. C'est cette gauche là que je veux incarner à l'Assemblée", assène ce cadre du secteur agroalimentaire de 37 ans.

Il va à la rencontre des électeurs en fourgon bleu, un "tube" Citroën qui permet, dit-il, "une campagne itinérante" et "conviviale". De "village en village", il en sort vin de Cahors et saucisson pour des apéritifs improvisés.

La 2CV bleue d'Elsa Bougeard, 40 ans, a déjà été mise à contribution avant la présidentielle pour "aller chercher les abstentionnistes".

Elle est aujourd'hui flanquée du logo de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) et la candidate entend se démarquer du dissident socialiste, soutenu par la frange du PS qui a refusé de s'allier avec La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.

"Je représente un programme de rupture. M. Branco, lui, fait partie du bloc plus libéral", affirme la candidate lors de son passage à Gourdon, localité de 4.000 habitants.

Désert médical 

Dans cette circonscription rurale de 91.000 habitants, les candidats s'affrontent notamment sur la question des déserts médicaux. Moins de 55% des habitants ont accès à un médecin dans leur commune, contre près de 80% au niveau national.

Aurélien Pradié suggère de "permettre aux jeunes étudiants de médecine sur leur dernière année de faire une année en mission obligatoire dans nos territoires ruraux".

De son côté, Rémi Branco souhaite "augmenter le nombre de places en facultés de médecine", mais aussi "accélérer la délégation d'actes médicaux" à d'autres professionnels de santé.

Quant à Elsa Bougeard, elle prône "l'embauche de 100.000 soignants à l'hôpital, l'arrêt de la tarification à l'acte et le retour des maternités de proximité".

Mais "il y a toujours le risque de l'extrême droite", déplore Pierre Couffignials, retraité de 83 ans, regrettant "qu'Aurélien Pradié n'ait pas noué une alliance avec La République en marche pour former un gros bloc".

Sans candidat de la majorité sortante, les jeux sont en effet ouverts. Le RN, crédité de 20% des voix à la présidentielle, sera représenté par Cendrine Couturier, 52 ans. Pour elle, seul son parti incarne "la véritable opposition" et Aurélien Pradié n'est qu'un "recordman de l'absentéisme à l'Assemblée nationale".


France: un défilé du 14-Juillet "massif", l'Ukraine à l'honneur

Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
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  • Le défilé du 14 Juillet mettra en avant le renforcement de la défense française et européenne, avec un format plus important et moderne
  • L’Ukraine sera à l’honneur, tandis que les alliés européens et de l’OTAN afficheront leur soutien et leur unité

PARIS: Des pilotes ukrainiens et français, un défilé "plus massif": la parade militaire du 14 Juillet sur les Champs Elysées aura cette année pour thème "le réveil stratégique de l'Europe" et s'attachera à montrer que la France est "déterminée" et "n'est pas seule", a annoncé lundi le gouverneur militaire de Paris.

"Nous allons avoir un défilé plus massif, plus puissant, plus moderne", a déclaré le général Loïc Mizon lors d'une conférence de presse.

La parade mobilisera près de 8.500 participants, dont 6.500 défileront à pied. Près de 300 véhicules, dont une centaine de motos, 95 avions, 35 hélicoptères, ainsi que 193 chevaux de la Garde Républicaine participeront également.

L'Ukraine, entrée dans sa cinquième année de guerre déclenchée par la Russie en 2022, sera mise à l'honneur. La Patrouille de France ouvrira le défilé aérien, accompagnée de deux Mirage 2000 pilotés par des équipages franco-ukrainiens.

Les 35 pays de la Coalition des volontaires, prêts à fournir des garanties de sécurité à l'Ukraine une fois conclu un cessez-le-feu, ont été invités à participer par le président Emmanuel Macron, qui assistera à son 10e et dernier défilé en tant que chef d'Etat.

La présidente de la Commission européenne Ursula Von Der Leyen et le général Grynkewich, commandant suprême de l'OTAN, ont aussi été conviés.

Les soldats français des bataillons multinationaux de l'Otan déployés sur le flanc Est de l'Europe (Roumanie, Estonie) descendront la célèbre avenue parisienne.

La présence des alliés et des partenaires doit ainsi témoigner que "l'Europe n'est pas seule", a dit le général Mizon.

Le but de ce défilé est aussi de concrétiser aux yeux des Français les "efforts budgétaires consacrés depuis 10 ans aux forces armées", a fait-t-il valoir.

Le commissariat numérique de Défense défilera pour la première fois, pour "souligner la transformation numérique du ministère des Armées".

Deux blocs de réservistes défileront également: l'un composé de réservistes de la SNCF et un un autre de réservistes d'Airbus France.

La Marine nationale, qui fête cette année ses 400 ans d'existence clôturera le défilé au son du bagad de Lann-Bihoué, basé près de Lorient (Morbihan).

La parade militaire durera 2 heures et se terminera par l'hymne européen, "l'Ode à la joie".


Merz et Macron se sont entendus pour arrêter le projet d'avion de combat commun SCAF, selon Berlin

Une maquette grandeur nature du « New Generation Fighter » (NGF), qui fait partie du Future Combat Air System (FCAS) en cours de développement par Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas, est présentée à l’aéroport de Paris-Le Bourget le 20 juin 2023. (AFP)
Une maquette grandeur nature du « New Generation Fighter » (NGF), qui fait partie du Future Combat Air System (FCAS) en cours de développement par Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas, est présentée à l’aéroport de Paris-Le Bourget le 20 juin 2023. (AFP)
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  • Friedrich Merz et Emmanuel Macron ont constaté l’échec du projet SCAF en raison des désaccords persistants entre Airbus et Dassault Aviation sur le développement de l’avion de combat commun
  • Le programme d’avion de combat est abandonné, mais les deux pays souhaitent maintenir la coopération sur les technologies clés du FCAS, notamment le réseau numérique reliant avions, drones et autres systèmes de défense européens

BERLIN: Friedrich Merz et Emmanuel Macron se sont entendus pour "ne plus poursuivre la construction d'un avion de combat commun", le SCAF, a appris l'AFP lundi auprès du gouvernement allemand.

Depuis des mois, le projet d'avion de combat franco-germano-espagnol, le SCAF, était en panne sur fond de tensions germano-françaises et entre Airbus et Dassault. En février, le chancelier allemand Friedrich Merz avait déjà ouvertement douté de son avenir.

Cette fois, il semble enterré définitivement.

"Le président français et le chancelier allemand sont arrivés au constat partagé que les entreprises (Airbus et Dassault Aviation, ndlr) ne parviennent pas à s'entendre sur la construction d'un avion de combat commun", indique le gouvernement allemand.

"Ils reconnaissent cette réalité. Le chancelier fédéral Merz a donc suggéré au président Macron de ne plus poursuivre la construction d’un avion de combat commun", ajoute-t-il.

Lancé en 2017 par M. Macron et la chancelière Angela Merkel, rejoint par l'Espagne deux ans plus tard, le SCAF est un système qui comprend non seulement un avion mais aussi des drones reliés entre eux par un système de communication numérique innovant, "un cloud de combat".

Selon le gouvernement allemand, "le véritable noyau du FCAS doit être poursuivi en tant que système de systèmes européen".

"Il s’agit en quelque sorte du système nerveux qui relie les avions, les drones et d’autres composants pour former un ensemble intégré", ajoute-t-il.

Il précise que les ministères français et allemand de la Défense "doivent formuler un plan de travail commun et contemporain pour la coopération dans l’industrie de défense, concentré sur quelques projets réalistes et pertinents", lors du conseil des ministres franco-allemand en Allemagne en juin.


G7: les ministres de l'Agriculture réunis à Paris sur la «sécurité des approvisionnements en engrais»

La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, s'adresse au 59e congrès du syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA) au parc des expositions Ainterexpo de Bourg-en-Bresse, dans le centre de la France, le 4 juin 2026. (Photo : OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)
La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, s'adresse au 59e congrès du syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA) au parc des expositions Ainterexpo de Bourg-en-Bresse, dans le centre de la France, le 4 juin 2026. (Photo : OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)
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  • La France, qui importe plus de 60% de ses engrais, planche depuis des mois sur un "plan engrais", annoncé par la ministre qui n'en a toutefois pas dévoilé les contours
  • Pour Paris comme l'Europe, l'enjeu est de réduire sa dépendance en diversifiant ses approvisionnements, en réduisant sa consommation et consommant davantage d'engrais organiques (lisiers, purins d'orties...)

PARIS: La France réunit lundi les ministres de l'Agriculture du G7 pour une réunion consacrée aux engrais et à la question de la "sécurité des approvisionnements" en fertilisants dans le contexte du conflit au Moyen-Orient.

Cette réunion est destinée à dresser un bilan des difficultés actuelles des agriculteurs et à identifier "des actions communes" dans un contexte de flambée des cours des fertilisants  depuis le début de la guerre en Iran fin février et la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz, par lequel transitent environ 30% des engrais mondiaux.

Cette rencontre, qui se tient dans le cadre de la présidence française du groupe des sept puissances économiques, vise à définir comment "sécuriser les approvisionnements", "améliorer le partage d'informations et la transparence des marchés" et "renforcer la résilience des filières agricoles face aux chocs économiques et géopolitiques", selon un communiqué du ministère français.

La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, réunit à midi ses homologues des États-Unis, du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de l'Italie, du Canada et du Japon, ainsi que des représentants de l'Union européenne, de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et du Système d'information sur les marchés agricoles (AMIS).

Il n'est pas prévu pour l'heure de point presse à l'issue de cette rencontre.

La France, qui importe plus de 60% de ses engrais, planche depuis des mois sur un "plan engrais", annoncé par la ministre qui n'en a toutefois pas dévoilé les contours.

Pour Paris comme l'Europe, l'enjeu est de réduire sa dépendance en diversifiant ses approvisionnements, en réduisant sa consommation et consommant davantage d'engrais organiques (lisiers, purins d'orties...).

Autre piste envisagée, à court terme, la constitution de stocks stratégiques d'engrais, ce qui pourrait toutefois renforcer la hausse des prix et poserait des questions de sécurité (les engrais sont potentiellement explosifs).

L'Europe et ses partenaires occidentaux sont moins exposés que l'Asie ou l'Afrique aux difficultés d'approvisionnement liées à la guerre en Iran. Mais l'impact sur les prix est global et le coût des fertilisants a augmenté d'environ 50% - et jusqu'à 70% pour l'urée, engrais azoté très consommé produit au Moyen-Orient.

Cela aura des conséquences pour la récolte 2027: si les agriculteurs s'étaient déjà approvisionnés pour leurs semis de 2026, la question se posera dès la fin de l'été pour les semis de céréales d'hiver comme le blé ou l'orge. Avec in fine un risque sur le rendement des récoltes mondiales.