France : La gauche veut ranimer la campagne législative

Le chef du parti La France Insoumise (LFI), Jean-Luc Melenchon, s'exprime lors d'une conférence de presse avec des économistes pour présenter le plan économique des Nupes, avant les élections législatives de juin 2022, à Paris, le 7 juin 2022 (Photo, AFP).
Le chef du parti La France Insoumise (LFI), Jean-Luc Melenchon, s'exprime lors d'une conférence de presse avec des économistes pour présenter le plan économique des Nupes, avant les élections législatives de juin 2022, à Paris, le 7 juin 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 08 juin 2022

France : La gauche veut ranimer la campagne législative

  • M. Mélenchon se dit convaincu de pouvoir conduire sa coalition à la victoire
  • «Si vous votez pour moi, je changerai la doctrine d'usage de la force de police»

PARIS: Le tribun de la gauche française Jean-Luc Mélenchon a déclenché une polémique sur l'usage de la force par la police après une mort lors d'un contrôle à Paris, bien décidé à dissiper "l'anesthésie" de la campagne législative qu'il accuse le pouvoir d'orchestrer.

M. Mélenchon se dit convaincu de pouvoir conduire sa coalition rassemblant son parti de gauche radicale, les socialistes, les communistes et les écologistes, à la victoire et d'imposer ainsi une cohabitation au président centriste libéral Emmanuel Macron, tout juste réélu en mai, ce qui serait une première.

À cinq jours du scrutin législatif, il a assumé sa dénonciation sur Twitter d'une "police (qui) tue", en réaction à la mort d'une passagère samedi lors d'un contrôle policier à la suite d'un refus d'obtempérer du conducteur d'un véhicule, lui-même grièvement blessé.

"Nous en sommes à quatre morts en quatre mois pour des refus d'obtempérer", a-t-il déclaré mardi sur la radio France Inter, estimant que "ce n'est pas normal".

"Si vous votez pour moi, je changerai la doctrine d'usage de la force de police", a-t-il promis. "Si je suis Premier ministre, de la cave au grenier nous réformerons la police", a-t-il insisté.

La Première ministre Elisabeth Borne a jugé mardi "très choquante la façon qu'a Jean-Luc Mélenchon de s'en prendre systématiquement à la police avec des propos totalement outranciers", alors que l'enquête est en cours.

Une information judiciaire a été ouverte mardi contre les trois policiers qui ont fait usage de leur arme lors de ce contrôle, a indiqué le parquet dans un communiqué, précisant que leur garde à vue, entamée dimanche, avait en revanche été levée.

Le conducteur, visé par une enquête distincte notamment pour "tentative d'homicide sur personne dépositaire de l'autorité publique", a été placé mardi en garde à vue, a indiqué le parquet.

«Opposant en chef»

"Jean-Luc Mélenchon est toujours du côté des voyous, des criminels, il n'est jamais du côté des forces de l'ordre", a lancé la dirigeante d'extrême droite Marine Le Pen.

Mme Le Pen, qui l'a devancé de peu au premier tour de la présidentielle et lui dispute le statut de principal opposant à M. Macron, s'est prononcée pour une "présomption de légitime défense" des policiers.

L'intéressé a invoqué la nécessité de déjouer "une stratégie de l'anesthésie générale" visant, selon lui, à détourner l'attention des élections législatives.

"Le président se dit, +on n'intervient sur rien, donc il n'y a pas de polémique, il n'y a pas d'histoire, ça ennuie tout le monde+", a affirmé M. Mélenchon. "C'est très habile de la part de M. Macron".

"À nous d'être plus malins et d'amener des débats qui décoiffent", a-t-il poursuivi, citant celui sur la police ou "par exemple sur la retraite", dont l'exécutif compte repousser l'âge légal à 64, voire 65 ans.

Le chef de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) estime que ses chances dépendent de la mobilisation des électeurs des banlieues populaires et de la jeunesse en sa faveur. "S'ils le font nous gagnerons, s'ils ne le font pas nous aurons perdu", a-t-il pronostiqué.

La plupart des instituts de sondage tablent sur une participation inférieure de plusieurs points dimanche aux 48,7% du premier tour en 2017, déjà un plus bas historique depuis 1958.

Ils donnent la coalition présidentielle au coude-à-coude avec la Nupes, autour de 25 %, mais avec une majorité au moins relative des 577 députés à l'Assemblée nationale, selon les projections en sièges, en recul par rapport aux 346 qu'elle contrôle actuellement.

Le baromètre Ifop-Fiducial pour LCI diffusé mardi la crédite de 250 à 290 députés, soit une majorité absolue uniquement dans la fourchette haute, et une enquête de Harris Interactive et Toluna pour l'hebdomadaire Challenges de 285 à 335.

"La stratégie qui avait consisté à faire très peu campagne avait fonctionné pour la présidentielle. Cette fois, elle a connu des ratés et des accrocs", constate le quotidien Le Figaro. "Résultat, pour dimanche prochain, la dynamique des sondages - qu'il convient de relativiser - va à la troupe de Jean-Luc Mélenchon, opposant en chef autoproclamé".

Autre signe préoccupant pour le camp présidentiel : si ses candidats sont arrivés majoritairement en tête parmi les Français de l'étranger, qui votaient ce week-end, la Nupes s'est qualifiée dans 10 circonscriptions sur 11, contre 5 en 2017.

En conséquence, le chef du parti présidentiel Stanislas Guérini a appelé lundi à faire campagne "encore plus fort" contre le "cartel mélenchoniste", agitant la menace de "la sortie déguisée de l'Europe, la sortie de l'Otan" et "du nucléaire".


A Paris, blessés et gardes à vues après des bagarres impliquant des supporters niçois

Les supporters du RC Lens font la fête sur le terrain après la victoire de leur équipe à l'issue de la demi-finale de la Coupe de France de football opposant le RC Lens au Toulouse FC au Stade Bollaert-Delelis à Lens, dans le nord de la France, le 21 avril 2026. (AFP)
Les supporters du RC Lens font la fête sur le terrain après la victoire de leur équipe à l'issue de la demi-finale de la Coupe de France de football opposant le RC Lens au Toulouse FC au Stade Bollaert-Delelis à Lens, dans le nord de la France, le 21 avril 2026. (AFP)
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  • Les forces de l'ordre sont intervenues et ont procédé à l'interpellation de 65 personnes qui ont été placées en garde à vue "notamment pour participation à un groupement en vue de commettre des violences", précise encore la PP
  • Des armes blanches et armes par destination ont été découvertes ainsi que des cagoules et gants coqués

PARIS: Soixante-cinq personnes ont été placées en garde à vue après des incidents jeudi soir à Paris, impliquant des supporters de l'OGC Nice, qui ont fait six blessés, dont un grièvement.

Une centaine de supporters de Nice, qui affronte Lens en finale de la Coupe de France de football vendredi à 21H00 au Stade de France, se sont réunis vers 23H30 dans le Xe arrondissement, dans l'est de la capitale, "cherchant manifestement à en découdre", selon la Préfecture de police à l'AFP.

Ces supporters niçois ont déambulé le long du Canal Saint-Martin et une importante rixe a éclaté quai de Valmy "pour un motif ignoré à ce stade". Six personnes ont été blessées, dont une grièvement.

Les forces de l'ordre sont intervenues et ont procédé à l'interpellation de 65 personnes qui ont été placées en garde à vue "notamment pour participation à un groupement en vue de commettre des violences", précise encore la PP.

Des armes blanches et armes par destination ont été découvertes ainsi que des cagoules et gants coqués.

Selon une autre source policière, un couteau à pain avec une lame de 20 cm et des traces de sang ont été également découverts au sol dans une rue du Xe arrondissement. Toujours selon cette source, certaines victimes n'auraient aucun lien avec le milieu du supporterisme, il s'agirait de simples badauds.

Sur les réseaux sociaux, des vidéos amateurs montrent des personnes masquées s'en prenant à un bar du quartier, L'Atmosphère, jetant notamment des chaises contre la devanture.

"Tout ce qu'on n'aime pas" 

"Ce sont des groupes certainement marginaux car l'essentiel des supporters niçois doit arriver aujourd'hui à Paris", a assuré le président de la Fédération française de football Philippe Diallo sur France Info. "On est dans tout ce qu'on n'aime pas dans le football, c'est-à-dire de la violence, alors même qu'une finale de Coupe de France, c'est la fête...".

Le maire du XIe arrondissement, David Belliard, a dénoncé sur son compte X "un cortège de militants d'extrême droite en plein Paris, qui se battent et sont violents".

"Ces gens n'ont rien à faire là. Nous ne voulons ni d'eux, ni de leur idéologie raciste ici", a ajouté l'élu écologiste.

Classée à risque en raison de l'animosité entre les supporters de Nice et ceux du PSG, cette finale de Coupe de France fait l'objet d'un important dispositif, avec plus de 2.000 policiers prévus.

La préfecture de Seine-Saint-Denis a également décidé d'interdire la vente de boissons alcoolisées sur place et aux abords immédiats du Stade de France, ainsi que leur consommation sur la voie publique.

Le RC Lens, qui a terminé 2e du championnat derrière le Paris Saint-Germain, peut écrire l'une des plus belles pages de son histoire en remportant sa première Coupe de France.

De son côté, Nice tentera avant tout de reprendre confiance quelques jours avant des barrages décisifs pour son maintien en Ligue 1, contre Saint-Etienne.


Le Drian: Le Liban est «en situation de péril» 

Une photo diffusée par le service de presse de la présidence libanaise le 8 décembre 2025 montre le président libanais Joseph Aoun (à droite) en compagnie de l'envoyé français Jean-Yves Le Drian (à gauche) au palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth. (Photo : Handout / Présidence libanaise / AFP)
Une photo diffusée par le service de presse de la présidence libanaise le 8 décembre 2025 montre le président libanais Joseph Aoun (à droite) en compagnie de l'envoyé français Jean-Yves Le Drian (à gauche) au palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth. (Photo : Handout / Présidence libanaise / AFP)
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  • "Aujourd'hui, le Liban est en situation de péril sur son unité et sur son intégrité", a déclaré Jean-Yves Le Drian sur BFM TV/RMC, soulignant la division des "communautés libanaises à l'égard du Hezbollah et à l'égard d'Israël"
  • "Le Liban est menacé dans son intégrité parce qu'il y a une partie de son territoire qui est occupée par Israël et une autre partie qui est agitée et animée par le Hezbollah, qui sert les intérêts iraniens, donc d'une puissance étrangère", a-t-il rappelé

PARIS: Le Liban est "en situation de péril", a estimé jeudi l'envoyé spécial du président français pour le Liban, Jean-Yves Le Drian, tout en saluant la poursuite des discussions qui offrent "une perspective" de sortie du conflit entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.

"Aujourd'hui, le Liban est en situation de péril sur son unité et sur son intégrité", a déclaré Jean-Yves Le Drian sur BFM TV/RMC, soulignant la division des "communautés libanaises à l'égard du Hezbollah et à l'égard d'Israël".

"Le Liban est menacé dans son intégrité parce qu'il y a une partie de son territoire qui est occupée par Israël et une autre partie qui est agitée et animée par le Hezbollah, qui sert les intérêts iraniens, donc d'une puissance étrangère", a-t-il rappelé.

Il a néanmoins salué la poursuite de la trêve, y voyant "une perspective de 45 jours où on va continuer à discuter".

Et dans ce processus, les dirigeants libanais sont "de haute qualité" et "sont courageux", a-t-il souligné, en référence à la demande de négocier directement avec le gouvernement israélien pour faire sortir leur pays "de cet étau et d'aboutir à un processus qui redonnera à l'État libanais les moyens d'agir et d'exister".

Il a en outre jugé "positif" que les Etats-Unis s'impliquent dans le processus de négociation et ce, "même si Israël a refusé que la France fasse partie de cette discussion alors que les Libanais le demandaient".

Israël et le Hezbollah poursuivent leurs affrontements au Liban malgré la trêve.

L'armée israélienne a mené des frappes au-delà de la "ligne jaune" qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle les soldats israéliens poursuivent leurs opérations, disant protéger la population du nord d'Israël des tirs du mouvement pro-iranien.

 


L'ex-Premier ministre Edouard Philippe soupçonné de détournement de fonds publics

L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
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  • Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025
  • Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête

PARIS: L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi.

Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025 avec constitution de partie civile.

Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête.

La lanceuse d'alerte, "Judith" (prénom modifié), "se félicite de l'ouverture d'une information judiciaire sur les faits qu'elle dénonce et attend avec impatience d'être entendue par le juge d'instruction", a réagi auprès de l'AFP son avocat Jérôme Karsenti.

Les faits sont contestés depuis le début par M. Philippe, qui a été le premier chef de gouvernement d'Emmanuel Macron (2017-2020).

La maire du Havre "prend acte de l'ouverture d'une information judiciaire. Il l'apprend par la presse. Et il répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice", a réagi auprès de l'AFP son entourage.

Etaient également visées par la plainte Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l'innovation et du numérique, ainsi que Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine havraise.

La plainte consultée par l'AFP estimait que le juge d'instruction devait "apprécier si un pacte a été conclu entre M. Edouard Philippe et Mme de Bazelaire, caractérisé notamment par un soutien politique, financier et relationnel en contrepartie de la gestion de la Cité numérique", un tiers-lieu d'innovation.

Les soupçons portent sur une convention d'objectifs pluriannuelle pour l'animation de la Cité numérique du Havre, signée en juillet 2020 notamment par Edouard Philippe, président de la communauté urbaine, et Stéphanie de Bazelaire, en tant cette fois que présidente bénévole de l'association LH French Tech.

LH French Tech, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d'intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d'un service d'intérêt économique général (SIEG).

L'association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d'euros de compensation de service public pour mener des projets.

Le conflit d'intérêts "semble absolument évident", a considéré à l'époque la lanceuse d'alerte, directrice générale adjointe à la communauté urbaine de septembre 2020 à avril 2023 et qui avait obtenu le statut de lanceuse d'alerte en janvier 2025.