Législatives: Macron continue de pilonner Mélenchon qui y voit de la «panique»

Mélenchon a fustigé un pouvoir qu'il juge «inhumain» (Photo, AFP).
Mélenchon a fustigé un pouvoir qu'il juge «inhumain» (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 09 juin 2022

Législatives: Macron continue de pilonner Mélenchon qui y voit de la «panique»

  • Devenu l'adversaire numéro un de la Macronie, le leader de la Nupes a essuyé un énième tir de barrage de plusieurs ministres mercredi dans les médias
  • Le chef de l'Etat, en a remis une couche en fin d'après-midi, fustigeant, lors d'un bain de foule de plus d'une heure, le «projet d'interdictions et de taxation» de la Nupes

PARIS: "Un projet d'interdictions et de taxations": Emmanuel Macron et Elisabeth Borne ont mercredi de nouveau pris pour cible Jean-Luc Mélenchon qui a lui estimé que c'était un signe de "panique à bord", à quatre jours du premier tour de législatives.

Devenu l'adversaire numéro un de la Macronie, le leader de la Nupes a essuyé un énième tir de barrage de plusieurs ministres mercredi dans les médias. A l'image de Gabriel Attal qui dénonce dans Le Monde la "guillotine fiscale" mélenchoniste ou Agnès Pannier-Runacher qui craint sur Cnews une "catastrophe pour la France" si la coalition de gauche obtient une majorité lors des scrutins des 12 et 19 juin.

En déplacement à Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, terres favorables à M. Mélenchon, le chef de l'Etat, en a remis une couche en fin d'après-midi, fustigeant, lors d'un bain de foule de plus d'une heure, le "projet d'interdictions et de taxation" de la Nupes.

"Leur projet explique aux gens qu'on va leur interdire de couper les arbres chez eux. Il y a 20 taxations nouvelles. Ce n'est pas un bon projet pour le pays", a lancé M. Macron, qui a notamment assisté à un spectacle de hip-hop, reprenant les arguments déroulés par son camp depuis le week-end en estimant que le pays avait "besoin de stabilité et d'ambition".

"Je ne pense pas que des gens qui viennent du socialisme ou de forces politiques républicaines puissent tenir des propos sur la justice, sur la police comme ceux qu'a tenus Jean-Luc Mélenchon", a encore estimé le président de la République, en allusion à la polémique lancée après les critiques du leader de Nupes contre la police.

Vives attaques d'Elisabeth Borne aussi qui tenait une réunion publique à Vire, dans le Calvados où elle est candidate: elle a vu des "convergences troublantes" entre les "projets des extrêmes" sur la "remise en cause des règles européennes" ou "des valeurs républicaines", une "même fascination pour des régimes autoritaires, la volonté de nous isoler de nos alliés de l’Otan alors que la guerre est aux portes de l’Europe".

«Panique à bord»

Venu avec le chef du PS Olivier Faure défier la Première ministre à Caen, Jean-Luc Mélenchon a lui ironisé sur ces attaques qui traduisent selon lui une "panique à bord" au sein du gouvernement et de la macronie.

Justifiant ses propos polémiques sur "la police tue" et répondant à chaque critique, souvent par l'ironie, il a fustigé un pouvoir qu'il juge "inhumain".

"Quelle est la limite au Macron ? La défaite du macronisme. Qu'est-ce qui empêchera Madame Borne de faire au reste de la société ce qu'elle a voulu faire à la SNCF et la RATP ? Qu'elle s'en aille", a-t-il tonné dans son dernier grand meeting.

Avant lui, Olivier Faure a également défendu le projet de la Nupes et raillé la majorité pour qui "rien n'est trop gros" pour l'attaquer. "Après tout, sommes-nous raisonnables, sérieux ? C'est le monde dans lequel nous vivons qui n'est pas sérieux, avec entre deux et trois millions d'enfants pauvres" pendant que "nos amis du CAC 40 eux ont fait un bénéfice record", a-t-il affirmé.

Au niveau national, les deux coalitions sont au coude-à-coude dans les intentions de vote, bien que Ensemble!, la confédération qui réunit les soutiens du chef de l'Etat Emmanuel Macron, l'emporte en termes de projections de sièges dans la future Assemblée nationale, sans certitude cependant d'obtenir la majorité absolue fixée à 289 députés.

Une étude Ipsos pour Le Monde-Cevipof et la fondation Jean-Jaurès, envisage entre 275 et 315 élus pour Ensemble! contre 160 à 200 pour la Nupes. Les autres partis sont loin derrière: LR (30 à 55 sièges) et le RN (20 à 55 sièges).

LR contre Abad dans l'Ain

De son côté, Marine Le Pen s'est rendue dans les Pyrénées-Orientales, des terres qui lui ont été très favorables lors de la présidentielle.

Mme Le Pen, dont le parti est largement distancé dans les intentions de vote, s'en est également pris à Jean-Luc Mélenchon.

"Dire que la police tue est une manière de prôner la révolution, le désordre", a-t-elle affirmé lors d'une conférence de presse, tout en taclant aussi Emmanuel Macron qui, selon elle, "a zéro crédibilité sur le thème de la sécurité".

A droite, le patron des Républicains Christian Jacob est venu à Oyonnax apporter son soutien à Julien Martinez, 33 ans, candidat du parti dans la 5e circonscription de l'Ain contre le sortant Damien Abad, exclu de LR après avoir rejoint le gouvernement d'Elisabeth Borne.

L'actuel ministre des Solidarités joue son avenir politique lors de ce scrutin. Dans la tourmente après des accusations de viol, la seule grosse prise à droite de la macronie devra, comme tous les ministres battus, démissionner du gouvernement s'il ne parvient pas à conserver son fief.


Au cœur du centre de crise du Quai d’Orsay: rapatrier mais également écouter et rassurer

Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable. (Arlette Khouri)
Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable. (Arlette Khouri)
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  • Depuis le début de la crise, près de 15 000 appels ont été enregistrés
  • Chaque appel permet de créer un dossier pour identifier la situation des personnes et déterminer les priorités

PARIS: Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable.

Le Centre de crise et de soutien (CDCS) du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, dirigé par l’ambassadeur Louis L’alliot, a été immédiatement mobilisé. Ses équipes travaillent jour et nuit pour répondre aux appels des Français, organiser des évacuations et coordonner les actions diplomatiques et humanitaires.

Environ 400 000 Français vivent au Moyen-Orient, auxquels s’ajoutent de nombreux touristes. La fermeture des espaces aériens rend les départs très difficiles. Une plateforme téléphonique composée d’environ 30 répondants, dont une majorité de bénévoles de la Croix-Rouge, traite les appels de personnes inquiètes ou bloquées. Au total, plus de 50 agents peuvent répondre simultanément grâce à plusieurs centres d’appel.

Depuis le début de la crise, près de 15 000 appels ont été enregistrés. Chaque appel permet de créer un dossier pour identifier la situation des personnes et déterminer les priorités. Les personnes vulnérables (personnes âgées, malades, familles avec jeunes enfants) sont prioritaires pour les vols spéciaux affrétés par l’État, dont le coût est en partie pris en charge.

Jusqu’à présent, plus de 1 500 personnes ont été rapatriées par ces vols, tandis qu’environ 17 000 Français ont quitté la région par leurs propres moyens.

Le centre fonctionne grâce à plusieurs pôles spécialisés : gestion des ressources humaines, relations internationales, soutien médical, organisation des vols et le « pôle communauté » chargé de contacter les ressortissants prioritaires.

Les bénévoles de la Croix-Rouge jouent également un rôle important en apportant écoute et soutien psychologique aux appelants souvent stressés ou inquiets.

Créé en 2008, le Centre de crise et de soutien est aujourd’hui un outil essentiel de la diplomatie française, capable d’activer une cellule de crise en moins d’une heure et de fonctionner 24h/24 lors de situations internationales majeures.


Municipales en France: percée de la gauche radicale, l'extrême droite s'installe

Sarah Knafo (au centre), candidate d'extrême droite du parti Reconquete! à la mairie de Paris, se promène parmi ses partisans et les représentants des médias après l'annonce des résultats du premier tour des élections municipales de 2026 à Paris, le 15 mars 2026. (AFP)
Sarah Knafo (au centre), candidate d'extrême droite du parti Reconquete! à la mairie de Paris, se promène parmi ses partisans et les représentants des médias après l'annonce des résultats du premier tour des élections municipales de 2026 à Paris, le 15 mars 2026. (AFP)
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  • Tard dans la nuit dimanche, les tractations ont commencé partout où de possibles triangulaires, quadran, quinquan, voire sextangulaires sont théoriquement possibles, puisqu'il suffit qu'une liste ait obtenu 10% pour qu'elle puisse se maintenir au 2e tour
  • A Toulouse (sud), 4e ville de France, où La France insoumise (LFI), le parti de gauche radicale dirigé par Jean-Luc Mélenchon, est arrivé à la surprise générale devant la liste de gauche menée par le Parti socialiste (PS)

PARIS: Au lendemain d'élections locales en France marquées par la percée de la gauche radicale et des scores favorables à l'extrême droite, des alliances délicates ont commencé à se nouer à gauche lundi en vue du second tour dimanche.

Les résultats ont placé en effet dimanche soir les forces politiques, et notamment la gauche, face à de nombreux dilemmes à treize mois de la prochaine présidentielle. Le scrutin a été marqué par une progression de l'abstention.

Tard dans la nuit dimanche, les tractations ont commencé partout où de possibles triangulaires, quadran, quinquan, voire sextangulaires sont théoriquement possibles, puisqu'il suffit qu'une liste ait obtenu 10% pour qu'elle puisse se maintenir au second tour.

A Toulouse (sud), 4e ville de France, où La France insoumise (LFI), le parti de gauche radicale dirigé par Jean-Luc Mélenchon, est arrivé à la surprise générale devant la liste de gauche menée par le Parti socialiste (PS), une "liste commune" a été annoncée dès lundi matin.

A Lille (nord), les discussions ont débuté entre les trois forces de gauche arrivées en tête, socialistes et insoumis cherchant une alliance avec les Écologistes.

A Besançon (est), la maire écologiste sortante, largement distancée par le candidat Les Républicains (LR, droite), a annoncé son ralliement à LFI pour "battre la droite".

A Lyon (centre-est) également, la candidate LFI espère une fusion avec la liste de l'écologiste sortant Grégory Doucet contre le candidat de droite Jean-Michel Aulas, ancien patron de l'Olympique lyonnais.

Mais à Paris et Marseille, 2e ville de France, les négociations s'annoncent plus ardues après des campagnes extrêment tendues entre PS et LFI.

A Paris, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire a certes largement distancé sa concurrente de droite Rachida Dati, ex-ministre de la Culture, d'au moins dix points et semble en mesure de permettre à la gauche hors-LFI de conserver la capitale.

Mais la candidate Insoumise Sophia Chikirou, qui a passé le cap des 10%, risque de lui mettre des bâtons dans les roues.

Faute de fusion, elle se maintiendra, a-t-elle assuré. Le socialiste a toujours exclu la moindre alliance avec LFI.

"Tradition à gauche" 

En face, le candidat centriste Pierre-Yves Bournazel va lui aussi devoir décider s'il répond à l'appel au "rassemblement" lancé par Rachida Dati.

Pour la gauche, la situation est plus complexe encore à Marseille, où le sortant Benoît Payan est au coude-à-coude avec Franck Allisio (Rassemblement national, RN).

M. Payan a affirmé qu'il n'était "pas question de faire la moindre tambouille avec qui que ce soit". Une position jugée "irresponsable" par le LFI Sébastien Delogu, lui aussi qualifié.

Les choix pour le second tour du 22 mars devront être tranchés au plus tard mardi soir, date-butoir pour les têtes de liste ayant obtenu plus de 10% des voix dimanche qui devront dire si elles se maintiennent, fusionnent ou se désistent.

Lundi matin, les stratèges des partis ont développé leurs argumentaires.

Répétant qu'il n'y aurait pas d'"accord national", le secrétaire général du PS Pierre Jouvet a demandé "solennellement" à LFI de se retirer à Marseille, tout en évoquant des alliances locales possibles, comme à Nantes (ouest).

Forte de ses bons résultats dans les grandes villes, de sa victoire à Saint-Denis (nord de Paris) et de son score très prometteur à Roubaix (nord), LFI continue de mettre la pression sur le reste de la gauche.

Son coordinateur Manuel Bompard a répété son souhait d'"une fusion entre les différentes listes (de gauche) pour battre la droite et l'extrême droite, comme d'ailleurs c'est la tradition à gauche depuis la nuit des temps".

A rebours, l'ancien président François Hollande ou le très probable candidat Place publique (gauche) à la présidentielle Raphaël Glucksmann semblent prêts à prendre le risque de voir des villes basculer à droite plutôt que de passer un accord avec le parti mélenchoniste.

Défendant le principe d'alliances locales, la cheffe des Écologistes Marine Tondelier a, pour sa part, estimé que refuser tout accord avec LFI "a un coût pour les habitants (des) villes qui avaient besoin de politiques de gauche et écolos".

De son côté, le RN, qui revendique 24 communes remportées et est en tête dans 60 autres, selon son vice-président Sébastien Chenu, a appelé les électeurs LR au "vote utile" au second tour pour faire barrage à la gauche.

Le RN, qui cherche à amplifier sa dynamique en vue de 2027, a vu plusieurs maires sortants être réélus comme Louis Aliot à Perpignan (sud).

A Nice (sud), son allié Eric Ciotti est très bien parti dans sa lutte fratricide contre Christian Estrosi, symbole d'un score en demi-teinte du bloc macroniste.

Seul l'ex-Premier ministre Édouard Philippe lui redonne quelques couleurs, avec une dizaine de points d'avance sur son concurrent communiste au Havre (nord-ouest).

 


Macron appelle Israël à des "discussions directes" avec le Liban, propose de les accueillir à Paris

Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une conférence de presse conjointe avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky au palais de l’Élysée à Paris, après des discussions sur le soutien de la France et de l’Europe à l’Ukraine et sur les moyens d’accentuer la pression sur la Russie, le 13 mars 2026. (Photo: AFP)
Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une conférence de presse conjointe avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky au palais de l’Élysée à Paris, après des discussions sur le soutien de la France et de l’Europe à l’Ukraine et sur les moyens d’accentuer la pression sur la Russie, le 13 mars 2026. (Photo: AFP)
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  • Emmanuel Macron appelle Israël à accepter des discussions directes avec l’exécutif libanais et toutes les composantes du Liban, se proposant de faciliter ces rencontres à Paris
  • Il exhorte le Hezbollah à stopper ses actions et Israël à renoncer à une offensive majeure afin d’éviter que le Liban ne sombre dans le chaos, alors que des centaines de milliers de personnes ont déjà fui les bombardements

PARIS: Emmanuel Macron a appelé samedi Israël à accepter des "discussions directes" avec l'exécutif libanais et "toutes les composantes" du Liban, qu'il s'est dit prêt à "faciliter" en "les accueillant à Paris".

"Tout doit être fait pour empêcher que le Liban ne sombre dans le chaos. Le Hezbollah doit arrêter immédiatement sa fuite en avant. Israël doit renoncer à une offensive d’ampleur et cesser ses frappes massives, alors que des centaines de milliers de personnes ont déjà fui les bombardements", a déclaré le président français sur X, rapportant s'être entretenu vendredi avec le président libanais Joseph Aoun, le Premier ministre libanais Nawaf Salam et le président du Parlement libanais Nabih Berri.