Débat législatives: Véran sous les tirs croisés de la gauche et de la droite

Le Ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement, Olivier Veran à l'Elysée à Paris le 8 juin 2022 (Photo, AFP).
Le Ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement, Olivier Veran à l'Elysée à Paris le 8 juin 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 10 juin 2022

Débat législatives: Véran sous les tirs croisés de la gauche et de la droite

  • Olivier Véran a été pris pour cible jeudi soir, lors d'un débat parfois houleux sur France 2
  • Blocage des prix, augmentation des salaires, suppressions des taxes: les oppositions ont présenté leurs propositions

PARIS: Pouvoir d'achat, retraites, éducation... Olivier Véran a été pris pour cible jeudi soir, lors d'un débat parfois houleux sur France 2, par les représentants de la gauche comme de la droite et de l'extrême droite, à trois jours du premier tour des législatives.

"Vous êtes très impatients de me tomber sur le râble dès qu'on parle des retraites", a réagi le ministre chargé des Relations avec le Parlement, et ex-ministre de la Santé et des Solidarités, pris à partie sur ce sujet par Olivier Faure (Nupes-PS).

Olivier Véran, soutenu par Isabelle Florenne (Mouvement démocrate) et Brigitte Fouré (UDI), a défendu l'allongement de la durée du travail annoncé par Emmanuel Macron, et les mesures déjà mises en oeuvre et d'autres à venir pour le pouvoir d'achat.

Blocage des prix, augmentation des salaires, suppressions des taxes: les oppositions ont présenté leurs propositions, fustigées comme des projets non financés par Olivier Véran, qui a défendu le bilan d'Emmanuel Macron.

"Le seul chèque qu'on connaisse ce soir c'est le chèque en blanc que réclame Olivier Véran", a raillé M. Faure.

"Je vous écoute monsieur Véran, vous disiez que vous étiez socialiste, moi j'ai l'impression de voir un vieux RPR des années 80", a lancé Ian Brossat (Nupes, PCF).

Règlement de l'Arccom

L'un des échanges les plus virulents a toutefois porté sur l'éducation, lorsque Jordan Bardella, président par interim du Rassemblement national, a accusé le ministre Pap Ndiaye d'avoir "fait des parallèles nauséabonds, immondes, entre la police française dans la banlieue aujourd'hui et la police de Vichy", de "faire de la comptabilité ethnique", d'être "ouvertement un militant d'extrême gauche, woke, décolonialiste".

"Je trouve ça scandaleux", a réagi M. Véran.

Le débat s'est encore envenimé, sur la question de la sécurité et les propos polémiques de Jean-Luc Mélenchon sur "la police qui tue".

"Si sur ce plateau il y a des gens qui supportent que la police fasse la justice et rétablisse la peine de mort pour un refus d'obtempérer, nous non", a affirmé Adrien Quattenens (LFI).

"Il faut qu'ils se laissent rouler dessus les policiers? Il faut que les  policiers se laissent écraser?", s'est insurgé Jordan Bardella, par ailleurs accusé de "racisme" par Olivier Faure pour ses propos liant l'immigration à la délinquance.

"J'ai honte de cette classe politique qui s'en prend aux policiers", a scandé l'ex-LR Guillaume Peltier (Reconquête!).

A plusieurs reprises, les journalistes, interpellés notamment par l'avocat de droite Charles Consigny (LR), ont rappelé que la répartition des participants au débat (4 Nupes, 3 majorité présidentielle et 3 droite et extrême droite) répondait aux règles de l'Arcom, le gendarme de l'audiovisuel.

"On n'est pas au politburo", "on dirait un tribunal révolutionnaire", a lancé M. Consigny au cours des échanges avec la gauche.


L'avocat Salah Hamouri doit «pouvoir mener une vie normale à Jérusalem», selon Paris

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  • L'avocat, âgé de 37 ans, «doit pouvoir mener une vie normale à Jérusalem, où il est né et où il réside, et son épouse et ses enfants doivent pouvoir s'y rendre pour le retrouver»
  • M. Hamouri avait été condamné en mars à trois mois de détention administrative, une mesure controversée permettant à Israël d'incarcérer des suspects sans accusation formelle

PARIS: Paris a estimé jeudi que l'avocat franco-palestinien Salah Hamouri, détenu sans accusation formelle en Israël depuis mars dernier et qui doit être expulsé en France, devait "pouvoir mener une vie normale à Jérusalem".

L'avocat, âgé de 37 ans, "doit pouvoir mener une vie normale à Jérusalem, où il est né et où il réside, et son épouse et ses enfants doivent pouvoir s'y rendre pour le retrouver", a considéré le ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué.

"La France suit la situation (...) de très près et au plus haut niveau", a-t-il ajouté, rappelant que le président Emmanuel Macron avait abordé son cas lors d'un entretien téléphonique avec le Premier ministre israélien Yaïr Lapid. Les services du ministère "sont en contact étroit avec sa famille et ses avocats".

M. Hamouri avait été condamné en mars à trois mois de détention administrative, une mesure controversée permettant à Israël d'incarcérer des suspects sans accusation formelle.

Sa détention avait été prolongée une première fois en juin, puis à nouveau en septembre, par la justice militaire israélienne, qui le considère comme un membre du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). Mais le Franco-Palestinien nie appartenir à cette organisation marxiste, considérée comme "terroriste" par l'Etat hébreu et l'Union européenne.

Ses avocats "ont été notifiés à l'oral qu'il serait expulsé dimanche. C'est désespérant, ahurissant", avait déclaré mercredi à l'AFP son épouse, Elsa Lefort.

"Salah est expulsé de chez lui, ce qui nous rend tristes. On voulait vivre ensemble à Jérusalem, avec nos enfants, là où Salah est né. Vivre ensemble, c'est quelque chose qu'on n'a pas eu depuis qu'ils sont nés", avait-elle ajouté.

Né à Jérusalem-Est, la partie de la Ville sainte annexée et occupée par l'Etat hébreu, Salah Hamouri ne dispose pas de la nationalité israélienne mais d'un simple permis de résidence, révoqué l'an dernier par les autorités israéliennes.

M. Hamouri avait été emprisonné en Israël entre 2005 et 2011 pour participation à la tentative d'assassinat d'Ovadia Yossef, ancien grand rabbin d'Israël et fondateur du parti ultra- orthodoxe Shass.

Il avait été libéré en 2011, peu avant le terme de sa peine, dans le cadre d'un échange de prisonniers ayant permis la libération du soldat franco-israélien Gilad Shalit.


Paris «déplore» la convocation de son ambassadeur en Iran

La France a déploré jeudi la convocation de son ambassadeur à Téhéran, Nicolas Roche, au ministère iranien des Affaires Étrangères. (AFP)
La France a déploré jeudi la convocation de son ambassadeur à Téhéran, Nicolas Roche, au ministère iranien des Affaires Étrangères. (AFP)
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  • Lors de cette réunion, l'Iran a élevé une «vive protestation contre les accusations sans fondement» des autorités françaises et a condamné «les interventions inacceptables de ce pays»
  • L'Assemblée nationale française a adopté à l'unanimité lundi une résolution en «soutien au peuple iranien»

PARIS: La France a déploré jeudi la convocation de son ambassadeur à Téhéran, Nicolas Roche, au ministère iranien des Affaires Étrangères, réitérant "sa condamnation la plus ferme de la répression en cours et les atteintes multiples aux libertés fondamentales en Iran".

"Le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères déplore la convocation de l'ambassadeur de France à Téhéran par les autorités iraniennes, le 30 novembre, en réaction à l'adoption par l'Assemblée nationale, le 28 novembre, d'une résolution +apportant le soutien de l'Assemblée nationale au mouvement pour la liberté en Iran+", indique le Quai d'Orsay dans un communiqué.

L'agence Irna avait fait part de cette convocation mercredi soir.

Lors de cette réunion, l'Iran a élevé une "vive protestation contre les accusations sans fondement" des autorités françaises et a condamné "les interventions inacceptables de ce pays", avait alors indiqué l'agence officielle.

L'Assemblée nationale française a adopté à l'unanimité lundi une résolution en "soutien au peuple iranien".

Le texte "condamne avec la plus grande fermeté la répression brutale et généralisée" à l'égard "des manifestants non violents", "dénonce l'usage de la torture" et "affirme son soutien au peuple iranien dans son aspiration à la démocratie et au respect de ses droits et libertés fondamentales".

En outre, il "demande la libération immédiate" des sept ressortissants français "détenus arbitrairement" dans ce pays.

Durant la séance, la ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna a fustigé le "recours massif du régime iranien à la détention arbitraire, à la censure, à la violence".

"Face aux aspirations légitimes des femmes et des hommes iraniens, c'est la répression qui s'abat", a-t-elle dit.

Jeudi, le Quai d'Orsay "réaffirme que les aspirations des manifestantes et des manifestants à plus de liberté et au respect de leurs droits sont légitimes et doivent être entendues".

La répression des manifestations déclenchées en Iran par la mort le 16 septembre de la jeune Mahsa Amini après son arrestation par la police des mœurs a fait au moins 448 morts, avait indiqué mardi un groupe de défense des droits humains.

Ce bilan ne comprend que les citoyens tués dans la répression et non les membres des forces de sécurité.

Sur les 448 personnes dont le décès a été confirmé, 60 étaient âgés de moins de 18 ans dont neuf filles, et 29 femmes, selon l'ONG Iran Human Rights (IHR) basée en Norvège.


Mondial: les Bleus battus mais reposés, couac aux enseignements limités

L'entraîneur français Didier Deschamps fait des gestes depuis la ligne de touche lors du match de football du groupe D de la Coupe du monde Qatar 2022 entre la Tunisie et la France au stade Education City à Al-Rayyan, à l'ouest de Doha, le 30 novembre 2022. (Photo de FRANCK FIFE / AFP)
L'entraîneur français Didier Deschamps fait des gestes depuis la ligne de touche lors du match de football du groupe D de la Coupe du monde Qatar 2022 entre la Tunisie et la France au stade Education City à Al-Rayyan, à l'ouest de Doha, le 30 novembre 2022. (Photo de FRANCK FIFE / AFP)
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  • Avant d'affronter la Pologne, dimanche (16h00) en huitième de finale, l'équipe de France a cassé la dynamique de victoires qui la portait jusqu'alors au Mondial
  • Une fois n'est pas coutume, le sélectionneur a mis de côté son obsession de résultat pour privilégier d'autres objectifs

DOHA: Décevante, parfois inquiétante, la prestation des Bleus face à la Tunisie (défaite 1-0) a surtout permis aux cadres de souffler et aux remplaçants de "gratter" du temps de jeu, une stratégie assumée par Didier Deschamps qui peut néanmoins observer des carences dans son effectif.

Avant d'affronter la Pologne, dimanche (16h00) en huitième de finale, l'équipe de France a cassé la dynamique de victoires qui la portait jusqu'alors au Mondial. Une fois n'est pas coutume, le sélectionneur a mis de côté son obsession de résultat pour privilégier d'autres objectifs.

Besoin de souffler et baptême de l'air

Les titulaires ont laissé "beaucoup d'énergie" contre l'Australie (4-1) et le Danemark (2-1), il fallait en "ménager" certains en raison de "petits bobos" ou d'une menace de suspension (Jules Koundé), s'est justifié Deschamps.

Ses multiples changements ont débouché sur une composition d'équipe assez baroque, avec presque la moitié des remplaçants habituels utilisés à contre-emploi.

Derrière, le défenseur central Axel Disasi a joué à droite et le milieu défensif Eduardo Camavinga, à gauche. Au milieu, Mattéo Guendouzi a été excentré sur le flanc gauche et, devant, l'ailier Kinsley Coman était positionné comme deuxième attaquant.

"J'ai bien conscience que le manque de repères nuit à l'expression collective, néanmoins, à tous, ça leur permet de toucher du doigt les exigences du très haut niveau", a tenté de positiver le sélectionneur.

Plusieurs de ses "coiffeurs" ont connu leur baptême de l'air, en Coupe du monde voire en sélection (Disasi). "Le coach a fait gratter quelques minutes à tout le monde" et "c'est vraiment important" pour la suite, a reconnu le quasi-néophyte Randal Kolo Muani. "On ne peut pas lancer quelqu'un en demi-finale, comme ça, +allez joue 15 ou 20 minutes+, il ne sera pas prêt, clairement", selon l'attaquant de Francfort.