Joe Biden au pied du mur face à l'Iran

Le président des Etats-Unis est face à un choix difficile (Photo, AFP).
Le président des Etats-Unis est face à un choix difficile (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 10 juin 2022

Joe Biden au pied du mur face à l'Iran

  • Début 2021, le président démocrate avait fait le pari de négociations rapides pour ressusciter l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien dont son prédécesseur républicain Donald Trump avait claqué la porte
  • Mais aujourd'hui, ces pourparlers de Vienne sont dans l'impasse

WASHINGTON: Et maintenant? La dernière poussée de fièvre nucléaire entre l'Iran et la communauté internationale renforce la pression sur Joe Biden pour qu'il précipite le dénouement des négociations avec Téhéran.

Le président des Etats-Unis est face à un choix difficile: lâcher du lest, au risque d'être accusé de faiblesse à l'égard d'un des pires ennemis de l'Amérique par l'opposition républicaine à quelques mois des législatives de novembre; ou décréter l'échec de la diplomatie, au risque de laisser éclater une crise majeure au Moyen-Orient en pleine guerre russo-ukrainienne.

"A ce stade, les choses peuvent aller dans les deux directions", dit à l'AFP Ali Vaez, de l'organisation de prévention des conflits International Crisis Group.

Selon lui, "les tensions des derniers jours peuvent pousser les dirigeants à Téhéran et Washington à prendre le compromis qui est sur la table", ou au contraire provoquer "un autre cycle d'escalade qui ne fera qu'empirer".

Début 2021, le président démocrate avait fait le pari de négociations rapides pour ressusciter l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien dont son prédécesseur républicain Donald Trump avait claqué la porte.

Mais aujourd'hui, ces pourparlers de Vienne sont dans l'impasse.

Rappel à l'ordre

La situation vient encore de s'aggraver: s'appuyant sur les constats de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui accuse l'Iran de se rapprocher drastiquement de la quantité d'uranium enrichi nécessaire à la confection d'une bombe atomique mais aussi de ne pas répondre à ses inquiétudes sur certaines activités suspectes, les Etats-Unis et les Européens ont fait voter un rappel à l'ordre formel par l'agence de l'ONU.

La riposte de Téhéran n'a pas tardé, qui a retiré 27 caméras de surveillance de son programme nucléaire.

A Washington, les partisans de l'accord de 2015 estiment que ces événements prouvent que ce texte, connu sous l'acronyme anglais JCPOA, est le seul moyen d'empêcher l'Iran de se doter d'une bombe -- et que le sauver vaut bien quelques concessions de la part de Joe Biden.

Ses détracteurs, essentiellement républicains, y voient au contraire la démonstration qu'il est insuffisant puisque l'Iran ne coopère pas avec les inspecteurs internationaux.

Si toutes les avancées nucléaires engrangées ces derniers mois par Téhéran "ne suffisent pas pour que le gouvernement Biden change de position, alors que faut-il d'autre?", interroge Behnam Ben Taleblu de la Foundation for Defense of Democracies, un think tank qui milite contre l'accord de 2015. Il incite le président à renouer avec la "pression maximale" de l'ère Trump, mais avec une "version multilatérale".

Même côté démocrate, les voix critiques montent d'un ton, à l'instar de l'influent sénateur Bob Menendez qui se demande "quand le gouvernement va finir par reconnaître que les progrès nucléaires de l'Iran" sont désormais trop importants pour qu'il vaille encore la peine de relancer le JCPOA.

«Zone grise»

De fait, le camp Biden semblait s'accommoder tacitement, ces derniers mois, du statu quo qu'Ali Vaez résume ainsi: "Pas d'accord, pas de crise".

Alors que les Américains avaient prévenu en décembre qu'il ne restait plus que "quelques semaines" pour trouver une entente, ce délai s'est écoulé sans aucun résultat, et ils refusent désormais d'évoquer une autre date butoir.

Jeudi, Washington a d'ailleurs continué d'entretenir le flou sur ses intentions.

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a prévenu que les dernières "provocations" de Téhéran risquaient d'aboutir à "une crise nucléaire aggravée" et à un "isolement économique et politique accru de l'Iran".

Mais dans le même temps, il a laissé la porte ouverte à la diplomatie, assurant vouloir toujours sauver l'accord sur le nucléaire. A ce stade, sa relance répondrait encore "fortement aux intérêts de sécurité nationale" des Etats-Unis, a-t-on expliqué dans son entourage.

Randa Slim, chercheuse au cercle de réflexion Middle East Institute, redoute la persistance de "cette zone grise où tout le monde suppose que les discussions de Vienne ont échoué, mais personne ne veut l'annoncer".

"C'est le dilemme de l'administration Biden: si elle déclare que les négociations sont terminées", alors même que, de l'avis des experts, Téhéran est plus proche que jamais du statut d'Etat nucléaire, "ils seront obligés de passer à l'acte", estime-t-elle. Ou alors "d'accepter une intervention d'Israël", où les faucons poussent pour des frappes militaires contre les sites nucléaires iraniens.

Pour Ali Vaez, toutefois, les tensions avec l'AIEA "ont montré aux deux camps" que le statu quo "n'est vraiment pas tenable".

D'autant que "deux comptes à rebours" mettent simultanément "beaucoup de pression" sur Joe Biden, fait-il valoir.

D'une part, "le compte à rebours technique" qui rapproche la République islamique d'une arme nucléaire et qui va pousser le Congrès américain à réclamer une action plus déterminée de la part du président. D'autre part, "le compte à rebours politique", avec l'approche des législatives de mi-mandat aux Etats-Unis.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.


Trump promet de bombarder l'Iran «bien plus durement» si le pays réplique aux dernières frappes américaines

Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
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  • "Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X

WASHINGTON: Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes".

"Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X.

"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran", a indiqué le Centcom, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."

La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic maritime a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des lanceurs situés sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Le président américain Donald Trump avait promis de répondre à ces représailles, mais semble avoir écarté pour l'instant la reprise d'une opération militaire massive contre l'Iran.

Washington a par ailleurs promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, dont les contours et les cibles restent à préciser.