Le pétrole fait une pause, le temps de prises de bénéfices

Le prix de l'essence a enregistré un nouveau record aux États-Unis jeudi et n'est plus qu'à un souffle des 5 dollars le gallon (Photo, AFP).
Le prix de l'essence a enregistré un nouveau record aux États-Unis jeudi et n'est plus qu'à un souffle des 5 dollars le gallon (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 10 juin 2022

Le pétrole fait une pause, le temps de prises de bénéfices

  • Le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août s'est effrité de 0,41%, pour clôturer à 123,07 dollars
  • Quant au West Texas Intermediate (WTI) américain, avec échéance en juillet, il a lui reculé de 0,49%, à 121,51 dollars

NEW YORK: Les cours du pétrole ont fait une halte jeudi dans leur ascension vertigineuse, le temps de quelques prises de bénéfices, sur un marché qui ne voit cependant venir aucune éclaircie.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août s'est effrité de 0,41%, pour clôturer à 123,07 dollars.

Quant au West Texas Intermediate (WTI) américain, avec échéance en juillet, il a lui reculé de 0,49%, à 121,51 dollars.

"C'est une petite prise de bénéfices", a expliqué Stephen Schork, analyste et auteur du Schork Report, après le bond de la veille consécutif au rapport hebdomadaire sur les stocks américains.

"Il n'y a pas eu de vraie nouvelle" jeudi, a-t-il poursuivi, mis à part l'annonce de reconfinements à Shanghai, qui n'est, pour l'analyste "qu'à moitié préoccupante".

"Cela a simplement donné une excuse au marché pour faire halte et réaliser des gains" en vendant, selon l'analyste.

Ce petit accès de faiblesse "sera vraisemblablement de courte durée", a prévenu, dans une note, Edward Moya, d'Oanda, "car s'annonce l'une des saisons estivales les plus chargées qui soit" en termes de déplacements.

Le prix de l'essence a enregistré un nouveau record aux États-Unis jeudi et n'est plus qu'à un souffle des 5 dollars le gallon (3,78 litres), un seuil que nul n'osait évoquer il y a seulement quelques mois.

Les cours n'ont en rien été soulagés par les 7,3 millions de barils provenant des réserves stratégiques qui ont été déversés sur le marché par le gouvernement Biden sur la seule semaine dernière, un record historique.

"C'est même un facteur de hausse des prix", considère Stephen Schork, "parce que cela dit au marché que les gouvernants n'ont pas de plan pour solutionner ce déséquilibre structurel" entre offre et demande.

Les opérateurs ont aussi fait fi du relèvement surprise, la semaine dernière, de la production de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de ses alliés de l'accord Opep+, qui a promis 648.000 barils de plus par jour en juillet.

"Même si les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite pourraient augmenter leur production, les autres membres de l'Opep peinent pour atteindre leurs objectifs", a commenté Susannah Streeter, de Hargreaves Lansdown.

"Au total", a-t-elle poursuivi, "il n'y a pas assez de capacité pour compenser le trou que créent les sanctions visant le pétrole russe."

Les traders suivront vendredi, comme la Bourse, la publication de l'indice des prix CPI pour mai, pour en savoir plus sur la trajectoire de l'inflation aux États-Unis.

"Je n'en attends aucune amélioration", a dit Stephen Schork, que ce soit sur les prix de l'énergie ou de l'alimentation."


Inflation, prix de l'énergie, ces menaces qui pèsent sur les fromages grecs

Le berger Yannis Karganis trait ses animaux dans sa ferme sur l'île égéenne de Naxos, le 11 novembre 2022. (AFP).
Le berger Yannis Karganis trait ses animaux dans sa ferme sur l'île égéenne de Naxos, le 11 novembre 2022. (AFP).
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  • Au moment où la Grèce se débat avec une inflation qui a grimpé à 12% en septembre avant de refluer légèrement en octobre (9,1%), de lourdes menaces pèsent sur un secteur agricole qui emploie 11% de la population active
  • Dans tout le pays, la détresse sociale monte face à l'envolée des prix de l'énergie notamment: une grève générale pour dénoncer la vie chère a paralysé la Grèce début novembre

NAXOS : Derrière sa ferme dévorée par les bougainvilliers, le Grec Yannis Karganis trait ses brebis en broyant du noir. Assommé par la flambée des prix, cet agriculteur de l'île grecque de Naxos craint désormais pour la survie de sa petite fromagerie.

"Je ne gagne rien avec mes fromages. Je travaille jour et nuit et malgré cela, je ne peux pas vivre", se désole ce septuagénaire qui produit chaque année deux tonnes de gravièra de Naxos, un fromage réputé dans toute la Grèce et au-delà.

"L'an dernier, nous achetions le sac de semences 14 euros. Cette année, c'est 21 euros. Le prix de l'essence est monté en flèche, à 2,30 euros le litre en ce moment", souffle dans son verre de raki cet agriculteur, une tignasse poivre-et-sel dressée sur un visage ridé comme un pruneau.

Sur cette île agricole de l'archipel des Cyclades, comme dans le reste du pays, éleveurs et fromagers sont à cran.

Au moment où la Grèce se débat avec une inflation qui a grimpé à 12% en septembre avant de refluer légèrement en octobre (9,1%), de lourdes menaces pèsent sur un secteur agricole qui emploie 11% de la population active.

Détresse sociale

Dans tout le pays, la détresse sociale monte face à l'envolée des prix de l'énergie notamment: une grève générale pour dénoncer la vie chère a paralysé la Grèce début novembre.

Si rien ne change, "à moyen terme, il n'y aura plus de lait sur le marché grec, ni de viande, ni de pommes de terre, ni rien qui provienne du secteur" agricole, prophétise Dimitris Kapounis, le président de l'Union des coopératives agricoles de Naxos (EAS).

Petit ou gros producteur, la crise touche tout le monde sur cette île aux traditions rurales bien enracinées.

Avec sa pâte dure et son fort caractère, le gravièra, composé à 80% de lait de vache et à 20% de lait de brebis ou de chèvre, dispose du précieux label européen AOP (Appellation d'origine protégée).

Les Grecs l'aiment saupoudré sur les pâtes, frit ou en fromage de table. Il s'exporte aussi dans une dizaine de pays, des Etats-Unis à l'Allemagne.

Cette année, la production de plus de 1 250 tonnes par an accuse déjà une chute de 130 tonnes.

En cause? Le manque de lait dû notamment à la hausse des prix de la nourriture pour animaux provoquée par la guerre en Ukraine d'où sont importées les céréales et les coûts de transport élevés dus eux aussi au conflit en cours.

Abattus

Au bout d'une route de montagne aux flancs râpés avec vue plongeante sur la mer Égée, le berger Yannis Vavoulas, les yeux sur son troupeau, livre lui aussi ses tourments.

"Nous ne nourrissons pas (les bêtes) comme nous le devrions", explique cet homme de 42 ans. "Nous les nourrissons 2 ou 3 fois (par jour mais) avec peu de nourriture" donc les bêtes produisent moins de lait.

La crise est si aigüe que certains éleveurs ont dû abattre une partie de leur cheptel, réduisant encore la production de lait.

Yorgos Margaritis, qui élève 250 vaches, a déjà pris cette décision douloureuse. "Tous ces animaux que vous voyez auraient dû être inséminés" pour vêler. "Ils seront abattus".

A la rentrée, le gouvernement a bien ficelé un paquet d'aides d'urgence de 280 millions d'euros pour plus de 10 000 jeunes agriculteurs. Mais elles n'ont pas mis un terme à l'angoisse qui ronge les agriculteurs.

"Si les producteurs de lait ne sont pas aidés pour qu'au moins la production de fromage vers l'Europe soit maintenue, alors nous sommes tous perdus", se lamente dans son hâloir Yannis Kavouras, 56 ans, à la tête de la plus grosse fromagerie de Naxos.

Et impossible de faire venir du lait d'autres régions. La fabrication du gravièra AOP répond à un cahier des charges rigoureux.

Et les coûts de transport pour faire venir des marchandises du continent s'avèrent prohibitifs. Il faut plus de 5 heures de bateau pour relier le port du Pirée près d'Athènes à Naxos.

"Si les producteurs n'apportent plus de lait, qu'est-ce que je vais utiliser?", lance-t-il, une charlotte enfoncée sur la tête. "De l'eau?".


France: Hausse de 20% des exportations sur les neuf premiers mois

Cette ascension "a continué au premier trimestre 2022 pour atteindre 139.400, le niveau le plus élevé depuis 20 ans"  (Photo, AFP).
Cette ascension "a continué au premier trimestre 2022 pour atteindre 139.400, le niveau le plus élevé depuis 20 ans" (Photo, AFP).
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  • Au cours des trois premiers trimestres de 2022, l'ensemble des secteurs exportateurs ont vu leurs exportations progresser
  • Toutefois, l'inflation élevée, qu'elle vienne de l'énergie ou d'autres biens, plombe les chiffres du commerce extérieur

PARIS: Les exportations françaises de biens ont atteint, 439 milliards d'euros sur les trois premiers trimestres de 2022, soit une hausse de 20% par rapport à la même période de l'an dernier, selon un bilan publié dimanche par Business France.

Après une année 2021 où les exportations françaises de biens avaient "bénéficié d'un rebond post-pandémique" et étaient "reparties à la hausse", avec une progression de 17% à 501 milliards d'euros, "la croissance des exportations de biens s'est accélérée" début 2022, précise Business France.

En outre, cette croissance s'est accompagnée d'une "augmentation du nombre d'exportateurs, passé de 130.300 à 137.500", note l'organisme. Cette ascension "a continué au premier trimestre 2022 pour atteindre 139.400, le niveau le plus élevé depuis 20 ans", indique-t-il.

Au cours des trois premiers trimestres de 2022, l'ensemble des secteurs exportateurs ont vu leurs exportations progresser en valeur, par rapport à leur niveau pré-crise sanitaire sur la même période en 2019.

Les secteurs exportateurs français traditionnels - agroalimentaire et secteur agricole (+28%), textile (+30%), produits pharmaceutiques, chimiques, parfums et cosmétiques (+24%) -, en particulier, "consolident leur niveau d'exportations", selon le bilan.

Toutefois, l'inflation élevée, qu'elle vienne de l'énergie ou d'autres biens, plombe les chiffres du commerce extérieur, se traduisant par un déficit commercial historiquement mauvais en 2022. Le gouvernement français table ainsi sur un solde négatif de 156 milliards d'euros, d'après les documents du projet de loi de finances pour 2023.

Les prix de l'énergie montent, en effet, depuis plus d'un an, tirés notamment par la forte reprise économique qui a suivi les blocages liés à la Covid-19. Une hausse accélérée depuis l'invasion russe en Ukraine, qui a aussi imposé une pression importante sur les prix alimentaires

La détérioration de la balance énergétique qui en découle est la justification avancée par les douanes depuis des mois pour expliquer cette envolée du déficit commercial français.

En septembre, le déficit sur douze mois glissants s'établissait déjà à 149,9 milliards d'euros, contre 85 milliards d'euros en 2021, un niveau de déficit déjà historique.


Le Canada veut rivaliser avec la Chine en Asie-Pacifique

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Mélanie Joly (Photo, AFP).
La ministre canadienne des Affaires étrangères, Mélanie Joly (Photo, AFP).
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  • Pour renforcer sa présence, Ottawa le développement des échanges commerciaux et des investissements
  • «Cette stratégie envoie un message clair : le Canada est bien présent dans la région et il est là pour rester»

OTTAWA: Le Canada a présenté dimanche une enveloppe de 2,3 milliards de dollars canadiens (1,65 milliard d'euros environ) pour sa stratégie économique et diplomatique dans la région Asie-Pacifique, où Ottawa souhaite se hisser en "partenaire authentique et fiable" face à la Chine.

Pour renforcer sa présence et son influence en Asie-Pacifique, Ottawa prévoit un renforcement de ses capacités militaires dans le Pacifique, avec notamment l'envoi d'une frégate, le développement des échanges commerciaux et des investissements, l'appui à des programmes "d'aide internationale féministe", le financement d'infrastructures "durables" et le renforcement du réseau diplomatique canadien, indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

"L'avenir de l'Indo-Pacifique est le nôtre ; nous avons un rôle à jouer pour le façonner. À cette fin, nous devons être un partenaire authentique et fiable" parmi les alliés occidentaux, a fait valoir la cheffe de la diplomatie canadienne, Mélanie Joly, dans ce communiqué.

"Cette stratégie envoie un message clair : le Canada est bien présent dans la région et il est là pour rester", a-t-elle insisté.

Cette feuille de route vise "à approfondir notre engagement dans l'Indo-Pacifique au cours des 10 prochaines années, en augmentant notre apport à la paix et à la sécurité régionales", indique le document.

Cette stratégie est dévoilée à la suite d'une tournée du Premier ministre Justin Trudeau et de Mme Joly dans la région, qui ont assisté à plusieurs sommets : celui de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean) à Phnom Penh, au Cambodge, celui du G20 à Bali, en Indonésie et celui du forum de la Coopération économique Asie-Pacifique (Apec), à Bangkok.

Le Canada, à couteaux tirés avec la Chine, ne cache pas le fait que sa stratégie pour la région a été formulée en réaction à l'influence de Pékin.

"Il y a un problème fondamental avec le fait que la Chine, actuellement, ne respecte pas les normes internationales et tente de les modifier ou de les interpréter à son propre bénéfice", a estimé la ministre Joly auprès du quotidien québécois La Presse. "Il y a un risque géopolitique à faire des affaires en Chine", a-t-elle souligné.