Les conseillers de Biden et Xi ont eu des échanges «francs»

Joe Biden signe le 13 juin à Washington le H.R. 3525, la «Commission pour étudier la création potentielle d'un musée national d'histoire et de culture américaines d'Asie-Pacifique». Win McNamee/Getty Images/AFP
Joe Biden signe le 13 juin à Washington le H.R. 3525, la «Commission pour étudier la création potentielle d'un musée national d'histoire et de culture américaines d'Asie-Pacifique». Win McNamee/Getty Images/AFP
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Publié le Mardi 14 juin 2022

Les conseillers de Biden et Xi ont eu des échanges «francs»

  • L'entretien à Luxembourg entre MM Sullivan et Yang, qui avaient échangé par téléphone le 18 mai, a duré quatre heures et demie, selon une haute responsable de l'exécutif américain
  • Les tensions à propos de Taïwan n'ont cessé de monter ces derniers mois, avec notamment la multiplication des incursions d'avions militaires chinois dans la zone d'identification de défense aérienne (Adiz) de l'île

PEKIN: Les échanges ont été "francs", selon Pékin et Washington: les principaux conseillers en sécurité et diplomatie de la Chine et des États-Unis se sont longuement entretenus lundi, après plusieurs jours d'échanges acrimonieux, notamment sur Taïwan.

Le ton a baissé d'un cran lors de la réunion au Luxembourg par rapport à la semaine dernière, lorsque le ministre chinois de la Défense a averti que son pays n'hésiterait pas à déclencher une guerre à propos de Taïwan, tandis que son homologue américain critiquait les activités militaires "provocatrices et déstabilisantes" de Pékin.

Jake Sullivan, principal conseiller diplomatique du président américain Joe Biden, et Yang Jiechi, qui occupe la même fonction auprès du président chinois n'ont cependant pas annoncé de compromis sur leurs principaux points de désaccord, notamment Taïwan, que la Chine considère comme partie intégrante de son territoire et entend reprendre un jour, par la force si nécessaire.

"La question de Taïwan touche au fondement politique des relations sino-américaines et, si elle n'est pas traitée correctement, aura un impact préjudiciable", a déclaré M. Yang, cité par l'agence de presse officielle Chine nouvelle, exhortant les Etats-Unis à éviter les "mauvais jugements" et les "illusions" sur ce sujet.

Le conseiller de Joe Biden a, lui, "répété notre position de longue date sur une Chine unique ainsi que nos positions et préoccupations concernant les actions coercitives et agressives de Pékin dans le détroit de Taïwan", selon un communiqué de la Maison blanche.

Les tensions à propos de Taïwan n'ont cessé de monter ces derniers mois, avec notamment la multiplication des incursions d'avions militaires chinois dans la zone d'identification de défense aérienne (Adiz) de l'île.

Le président américain avait récemment semblé remettre en cause ce délicat équilibre diplomatique en assurant que les Etats-Unis défendraient militairement l'île autonome si Pékin l'envahissait.

«Maintenir les lignes de communication»

M. Sullivan a réaffirmé la politique dite d'"ambiguïté stratégique" par laquelle les Etats-Unis reconnaissent diplomatiquement la Chine communiste mais dans le même temps soutiennent militairement Taïwan.

L'entretien à Luxembourg entre MM Sullivan et Yang, qui avaient échangé par téléphone le 18 mai, a duré quatre heures et demie, selon une haute responsable de l'exécutif américain.

La relation entre Pékin et Washington s'est détériorée ces dernières années, les deux grandes puissances s'affrontant dans plusieurs domaines, comme le commerce international, les droits de l'Homme et, plus récemment, la guerre en Ukraine.

Dans un communiqué, la Maison Blanche a évoqué un échange "franc" et "productif", lors duquel Jake Sullivan a "souligné l'importance de maintenir des lignes de communication ouvertes".

L'agence de presse officielle Chine nouvelle a aussi qualifié l'entretien de "franc, approfondi et constructif".

M. Yang a accepté de maintenir le dialogue, mais a clairement indiqué que Pékin n'allait pas modifier ses lignes rouges.

"Depuis un certain temps (...) la partie américaine insiste pour contenir et refouler davantage la Chine de manière globale", a-t-il déclaré, selon Chine nouvelle. Mais Pékin refuse de "définir les relations bilatérales par la concurrence".

Selon le compte rendu de l'agence de presse, M. Yang "a également exposé la position solennelle de la Chine sur les questions concernant le Xinjiang, Hong Kong, le Tibet, la mer de Chine méridionale, ainsi que les droits de l'Homme et la religion".

Sur ces sujets, la Chine, qui est la cible de condamnations internationales, répète qu'elle ne tolèrerait aucune ingérence dans ses affaires intérieures.

Les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux mettent régulièrement en garde Pékin contre ses prétentions navales dans la mer de Chine méridionale, où la Chine dispute la souveraineté de certaines zones aux Philippines, Brunei, la Malaisie, Taïwan et le Vietnam.

Les relations sino-américaines sont entrées dans de fortes turbulences sous le précédent président américain Donald Trump, qui a enclenché une guerre économique pour répondre à ce qu'il considérait comme des pratiques commerciales abusives de Pékin.

M. Biden a déclaré qu'il envisageait de lever certains droits de douane afin de tenter de désamorcer l'inflation galopante dans son pays.


Le pétrole monte fasse à l'impasse diplomatique entre Washington et Téhéran

"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News. (Reuters)
"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News. (Reuters)
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  • "Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous"
  • "L'impasse diplomatique entre les États-Unis et l'Iran maintient au premier plan les inquiétudes concernant l'offre" de pétrole, affirme Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown

LONDRES: Les cours du pétrole grimpent vendredi à l'approche d'un nouveau week-end sans perspective de retour à la normale des flux pétroliers transitant via le détroit d'Ormuz, deux mois et demi après le début de la guerre au Moyen-Orient.

Vers 09H10 GMT (11H10 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, gagnait 2,96% à 108,85 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juin, montait de 3,44% à 104,65 dollars.

"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News.

"L'impasse diplomatique entre les États-Unis et l'Iran maintient au premier plan les inquiétudes concernant l'offre" de pétrole, affirme Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown.

Si l'Iran a annoncé que ses forces navales avaient autorisé depuis mercredi le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, "pour l'instant, les flux de pétrole passant par le détroit restent limités et les stocks de pétrole continuent de diminuer", explique à l'AFP Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.

"Il est raisonnable de supposer qu'entre 10 à 13 millions de barils d'or noir par jour sont bloqués dans le Golfe", rappelle Tamas Varga, analyste chez PVM. En cumulé depuis le début de la guerre "ce chiffre s'approche du milliard de barils" perdus pour le marché.

Cette semaine, l'Agence internationale de l'énergie a averti que le monde puise dans ses réserves de pétrole à une vitesse record.

"On ne peut que conclure (...) que les prix du pétrole devraient être nettement plus élevés", juge M. Varga.

Et si les négociations entre les Etats-Unis et l'Iran n'avancent pas, "nous devrons peut‑être commencer à nous inquiéter d'une ré‑escalade, ce qui signifie un risque de dommages supplémentaires aux infrastructures énergétiques de la région", a souligné Warren Patterson, analyste chez ING dans une visioconférence dédiée aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur le pétrole.

Selon lui, le marché du gaz, dont les prix ont un peu moins flambé que ceux du pétrole depuis le début du conflit, est particulièrement exposé car ce dernier "n'a pas vraiment le luxe de réserves stratégiques dans lesquelles on pourrait puiser", a précisé M. Patterson.

Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, prenait 3,03%, à 49,10 euros le mégawattheure.


Cinq Italiens décédés dans un accident de plongée aux Maldives

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
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  • Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé
  • Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué

MALE: Cinq Italiens sont décédés dans un accident de plongée aux Maldives, sans que les circonstances précises soient connues, a annoncé jeudi le ministère italien des Affaires étrangères, les forces de sécurité sur place ayant retrouvé un corps.

L'archipel est une destination de vacances de luxe, avec ses plages de sable blanc et ses complexes hôteliers isolés, prisée des plongeurs.

Des responsables locaux ont déclaré qu'il s'agissait du plus grave accident de plongée survenu dans ce pays composé de 1.192 minuscules îles coralliennes dispersées sur quelque 800 kilomètres le long de l'équateur, dans l'océan Indien.

"A la suite d'un accident survenu lors d'une sortie de plongée sous-marine, cinq ressortissants italiens ont trouvé la mort (...) aux Maldives. Les plongeurs auraient perdu la vie alors qu'ils tentaient d'explorer des grottes situées à 50 mètres de profondeur", précise le ministère, en soulignant que les autorités locales menaient une enquête.

Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé.

Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué.

"Un corps a été retrouvé", annonce le communiqué. Il a "été découvert à l'intérieur d'une grotte en profondeur (...) On pense que les quatre autres plongeurs se trouvent également dans cette même grotte, qui descend jusqu'à environ 60 mètres", précise-t-il.

Les MNDF ont aussi précisé qu'un navire des garde-côtes se trouvait dans la zone pour coordonner les opérations de recherche tout au long de la nuit. D'autres plongeurs des garde-côtes ont été envoyés en renfort pour participer aux recherches.

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs.

Une touriste britannique est décédée en décembre lors d'une plongée, et son mari, bouleversé, est mort quelques jours plus tard après être tombé malade.

En juin, un touriste japonais de 26 ans a disparu après une expédition de plongée près de la capitale.

Selon les médias locaux, au moins 112 touristes sont morts dans des incidents liés à la mer dans l'archipel au cours des six dernières années, dont 42 victimes d'accidents de plongée ou de plongée avec tuba.

 


Détroit d'Ormuz: Téhéran annonce laisser passer des navires chinois depuis mercredi

L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran"
  • Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique"

TEHERAN: L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran", ont indiqué jeudi dans un communiqué les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran.

Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique", ont-ils spécifié.

Cette autorisation donnée à plusieurs navires chinois a également été annoncée par des médias officiels iraniens.

La télévision d’État iranienne a notamment précisé que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à franchir le détroit d'Ormuz, sans indiquer s'il s'agissait exclusivement de navires chinois.

Le blocage iranien de cette voie maritime par laquelle transite habituellement un cinquième de la production mondiale de pétrole perturbe les marchés mondiaux et confère à Téhéran un levier stratégique.

Les Etats-Unis ont quant à eux imposé leur propre blocus des ports iraniens malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump, en visite jeudi en Chine, a discuté du détroit d'Ormuz avec son homologue Xi Jinping.

Selon un extrait d'une interview à la chaîne Fox News, Donald Trump a déclaré que M. Xi lui avait assuré que Pékin n'enverrait pas d'équipement militaire à l'Iran et était prêt à aider à la réouverture du détroit d'Ormuz.

La Chine est le principal pays importateur du pétrole iranien.