L'Ethiopie accuse Trump d'"incitation à la guerre" après ses propos sur le barrage du Nil

Cette capture d'écran, tirée d'une vidéo obtenue auprès de la chaîne publique éthiopienne (EBC) montre l'eau qui s'écoule du barrage Renaissance à Guba, en Éthiopie.  (Radiodiffuseur public éthiopien (EBC)/AFP)
Cette capture d'écran, tirée d'une vidéo obtenue auprès de la chaîne publique éthiopienne (EBC) montre l'eau qui s'écoule du barrage Renaissance à Guba, en Éthiopie. (Radiodiffuseur public éthiopien (EBC)/AFP)
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Publié le Samedi 24 octobre 2020

L'Ethiopie accuse Trump d'"incitation à la guerre" après ses propos sur le barrage du Nil

  • L'Ethiopie a accusé samedi Donald Trump d'"incitation à la guerre" après les déclarations du président américain à propos du méga-barrage éthiopien sur le Nil
  • "Ils (les Egyptiens) finiront par faire sauter le barrage. Je le dis haut et fort: ils feront sauter ce barrage. Ils doivent faire quelque chose"

L'Ethiopie a accusé samedi Donald Trump d'"incitation à la guerre" après les déclarations du président américain à propos du méga-barrage éthiopien sur le Nil, suggérant que l'Egypte pourrait le détruire. 

Le ministre éthiopien des Affaires étrangères Gedu Andargachew a convoqué l'ambassadeur américain Michael Raynor, demandant à ce dernier de clarifier les propos de M. Trump sur ce sujet épidermique entre l'Ethiopie et ses voisins d'Egypte et du Soudan, situés en aval du barrage. 

"L'incitation à la guerre entre l'Ethiopie et l'Egypte par un président américain en exercice ne reflète ni le partenariat de long terme et l'alliance stratégique entre l'Ethiopie et les Etats-Unis, ni n'est acceptable au regard des lois internationales relatives aux relations entre Etats," a déclaré M. Gedu dans un communiqué, après sa rencontre avec le diplomate. 

L'Ethiopie répondait à des commentaires de Donald Trump sur le Grand barrage de la Renaissance (Gerd), qu'elle termine actuellement de construire sur le Nil. 

"C'est une situation très dangereuse, car l'Egypte ne sera pas en mesure de vivre de cette façon", a déclaré vendredi à des journalistes M. Trump, en marge d'une cérémonie dédiée à l'accord de normalisation des relations diplomatiques entre Israël et le Soudan. 

"Ils (les Egyptiens) finiront par faire sauter le barrage. Je le dis haut et fort: ils feront sauter ce barrage. Ils doivent faire quelque chose", a dit le président américain. 

Plus tôt samedi, le bureau du Premier ministre Abiy Ahmed avait publié un communiqué défendant le barrage, appelé à devenir le plus grand d'Afrique, soulignant que l'Ethiopie était investie dans les négociations menées sous la médiation de l'Union africaine, qui faisaient "des progrès significatifs". 

"Néanmoins, les menaces belliqueuses ponctuelles visant à faire que l'Ethiopie succombe à des conditions abusives foisonnent toujours. Ces menaces et affronts à la souveraineté éthiopienne sont mal avisés, improductifs, et en claire violation des lois internationales", dit ce communiqué publié en anglais. 

"L'Ethiopie ne cédera à aucune agression d'aucune sorte", ajoute-t-il. 

Dans sa version en amharique, le communiqué utilisait un langage plus musclé. 

"Il y a deux faits que le monde a pu constater. Le premier c'est personne n'a jamais vécu en paix après avoir provoqué l'Ethiopie. Le deuxième c'est que si les Ethiopiens s'unissent pour une cause, c'est inévitable, ils vont triompher", dit ce texte.

"Irresponsable"

L'Egypte, dépendante des eaux du Nil pour environ 97% de son irrigation et de son eau potable, considère le barrage comme une menace "existentielle".  

De son côté, l'Ethiopie le voit comme un jalon essentiel de son électrification et de son développement. 

La tentative de Washington de faire office de médiateur dans ce dossier a échoué cette année après que l'Ethiopie a accusé M. Trump, proche du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, de favoriser l'Egypte.  

Les Etats-Unis ont annoncé début septembre la suspension d'une partie de leur aide financière à l'Ethiopie après que cette dernière a décidé unilatéralement de remplir le barrage malgré "l'absence de progrès" dans les négociations avec l'Egypte et le Soudan.

Pour de nombreux officiels éthiopiens, Donald Trump est aveuglé par sa relation avec le président égyptien. 

"Désolé de le dire mais cet homme n'a aucune idée de ce dont il parle. L'Ethiopie et les Ethiopiens ne seront jamais menacés par une déclaration aussi irresponsable", a dit samedi sur Twitter l'ancien premier ministre Hailemariam Desalegn. 

Josep Borrell, le chef de la diplomatie de l'Union européenne, a de son côté déclaré dans un communiqué qu'un accord était "à portée de main sur le barrage". 

"Maintenant, c'est le moment d'agir, pas d'accroître les tensions", a-t-il ajouté. 


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.