Assassinat de Samuel Paty: enquête ouverte après une plainte visant l'administration

Les investigations pourraient être clôturées d'ici la fin 2022, selon une source proche du dossier. (Photo, AFP)
Les investigations pourraient être clôturées d'ici la fin 2022, selon une source proche du dossier. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 16 juin 2022

Assassinat de Samuel Paty: enquête ouverte après une plainte visant l'administration

Les investigations pourraient être clôturées d'ici la fin 2022, selon une source proche du dossier. (Photo, AFP)
  • Un an et demi après l'assassinat du professeur d'histoire-géographie à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), dix membres de sa famille, à l'exception de son ex-compagne, s'étaient joints à cette plainte déposée le 6 avril
  • Longue de 80 pages, la plainte de Me Le Roy visait «plusieurs agents du ministère de l'Intérieur et du ministère de l'Education nationale» qui ont eu à connaître, directement ou indirectement, de la situation de Samuel Paty

PARIS: Une enquête a été ouverte à Paris pour omission de porter secours après une plainte de proches de Samuel Paty, assassiné en octobre 2020 près de son collège, contre l'administration, accusée de n'avoir pas protégé l'enseignant. 

Un an et demi après l'assassinat du professeur d'histoire-géographie à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), dix membres de sa famille, à l'exception de son ex-compagne, s'étaient joints à cette plainte déposée le 6 avril. 

« Des fautes ont été commises tant du côté de l'Education nationale que du côté du ministère de l'Intérieur, sans lesquelles Samuel Paty aurait pu être sauvé », avait alors indiqué leur conseil, Me Virginie Le Roy. 

Elle n'a pas répondu jeudi. 

Le parquet de Paris a confirmé jeudi avoir ouvert le 19 avril une enquête, confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), pour non-assistance à personne en péril et non empêchement de crime. 

Il y a deux mois, l'avocat de l'ancienne compagne et du fils de Samuel Paty, Me Francis Szpiner, avait indiqué que sa cliente avait « appris avec surprise le dépôt d'une plainte contre X pour ‘non empêchement de crime’, procédure à laquelle elle n'entend pas s'associer ». 

L'ex-compagne de l'enseignant « considère que l'idéologie salafiste est seule responsable de la mort de Samuel Paty et que l'Etat l'a toujours, ainsi que son fils, soutenue », avait-il alors ajouté. 

Longue de 80 pages, la plainte de Me Le Roy cible les délits de « non-empêchement de crime et de non-assistance à personne en péril » et visait « plusieurs agents du ministère de l'Intérieur et du ministère de l'Education nationale » qui ont eu à connaître, directement ou indirectement, de la situation de Samuel Paty. 

Engrenage 

L'un des enjeux juridiques devrait être de savoir si ces agents pouvaient avoir conscience de l'existence d'une menace réelle, ciblée et immédiate visant le professeur. 

Dans le détail, la plainte rappelle le lent engrenage, débuté par un cours sur la laïcité dans le collège début octobre 2020, qui a abouti à l'assassinat le 16 du professeur âgé de 47 ans par Abdoullakh Anzorov, réfugié russe d'origine tchétchène. 

Le jeune homme de 18 ans, radicalisé, lui reprochait d'avoir montré en classe des caricatures de Mahomet et avait revendiqué son geste en se félicitant d'avoir « vengé le prophète », avant d'être tué par la police. 

Pour les membres de la famille Paty qui ont porté plainte, « dès le 8 octobre et jusqu'au 16, Samuel Paty, la principale et les enseignants ont identifié une menace grave pour leur intégrité physique et la sécurité du collège ». 

Cette menace résultait notamment de la médiatisation de l'affaire via les réseaux sociaux par Brahim Chnina, le père d'une collégienne qui prétendait avoir assisté au cours pendant lequel Samuel Paty avait montré les caricatures, et par le sulfureux militant islamiste Abdelhakim Sefrioui. 

Mais cette « fatwa contre le professeur », comme l'avait qualifiée le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin trois jours après l'assassinat, n'a pas eu de réponse à la hauteur, estiment-ils. 

M. Darmanin avait alors dit « comprendre » la plainte de ces proches de l'enseignant, mais estimé que « l'Etat n'aura pas à rougir » de son action dans cette affaire.  

Dans l'enquête antiterroriste sur l'assassinat, au moins quinze personnes sont mises en examen, dont six collégiens, le père de l'adolescente et M. Sefrioui. Les investigations pourraient être clôturées d'ici la fin 2022, selon une source proche du dossier.


Intrusion d'un collectif de migrants à l'Hôtel de Ville de Paris

L'Hôtel de Ville de Paris (Photo, AFP).
L'Hôtel de Ville de Paris (Photo, AFP).
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  • En début d'après-midi, des membres du collectif La Chapelle Debout ont forcé l'accès principal du bâtiment
  • Dans la cour, migrants et militants ont réclamé de rencontrer la maire Anne Hidalgo

PARIS: Une soixantaine de personnes, migrants et militants pro-migrants, ont forcé l'entrée de l'Hôtel de Ville de Paris vendredi après-midi pour réclamer un hébergement, reprochant à la mairie de "se défausser" sur l'Etat.

En début d'après-midi, des membres du collectif La Chapelle Debout ont forcé l'accès principal du bâtiment, obligeant les agents postés à cette entrée sécurisée à les laisser passer, peut-on voir sur une vidéo diffusée sur Twitter.

Dans la cour, migrants et militants ont réclamé de rencontrer la maire Anne Hidalgo afin d'obtenir un relogement pour "une partie des habitants de l''Ambassade des immigrés'", une ancienne banque squattée rue Saulnier, dans le IXe arrondissement.

Selon un communiqué du collectif, l'élue socialiste et son adjoint à l'Hébergement d'urgence et à la Protection des réfugiés Ian Brossat "font semblant de ne pas connaître la situation" alors que ce dernier "avait fait des promesses de relogement".

"Il est temps que la mairie, a priori de gauche, qui revendique une politique d'accueil contrairement à la préfecture, se mette à agir elle aussi", ajoute le collectif.

Ce collectif a quitté le bâtiment en milieu d'après-midi, après avoir été reçu par M. Brossat qui s'est engagé à "réaliser un diagnostic social" rue Saulnier et à réunir la préfecture de région et la préfecture de police autour de la table.

"L'essentiel de leurs revendications", notamment le relogement, "relève des compétences de l'Etat", a réagi M. Brossat. Quant au logement social, il "s'adresse uniquement à des personnes en situation régulière" alors qu'une "bonne partie" des personnes représentées vendredi ne sont "pas éligibles", a-t-il ajouté.

Pour le groupe d'élus d'opposition Changer Paris (LR et apparentés), cette intrusion dans l'Hôtel de Ville, la deuxième en un an et demi après des éboueurs en mai 2021, "démontre que la Ville est incapable (...) d’assurer la sécurité de quiconque".

Cette action a également fait réagir du côté du RN. "La France ne doit plus être l'hôtel de l'Afrique: appliquons la loi, renvoyons les clandestins chez eux", a demandé le député européen Jordan Bardella.


Macron annonce un fonds de 100 millions d'euros pour l'achat direct par Kiev de matériel militaire

«Il y a très clairement une volonté réaffirmée d'accompagner l'Ukraine dans ce moment de la guerre, de continuer à l'accompagner par notre soutien budgétaire, par la préparation de la reconstruction ou par notre soutien militaire» (Photo, AFP).
«Il y a très clairement une volonté réaffirmée d'accompagner l'Ukraine dans ce moment de la guerre, de continuer à l'accompagner par notre soutien budgétaire, par la préparation de la reconstruction ou par notre soutien militaire» (Photo, AFP).
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  • Ces fonds financeront l'achat «d'armes défensives» comme celles déjà livrées par la France depuis le début de l'offensive russe
  • Macron a par ailleurs confirmé que la France envisageait de livrer six canons Caesar supplémentaires à l'Ukraine

PRAGUE: Le président français Emmanuel Macron a annoncé vendredi la création d'un "fonds spécial" pour que l'Ukraine puisse "acheter directement auprès de nos industriels les matériels dont elle a le plus besoin pour soutenir son effort de guerre".

"Nous allons doter ce fonds spécial de cent millions d'euros pour commencer", ce qui permettra "de pouvoir travailler aussi avec la base industrielle de défense française", a-t-il ajouté devant la presse à Prague l'issue d'un sommet de l'UE à Prague.

Ces fonds financeront l'achat "d'armes défensives" comme celles déjà livrées par la France depuis le début de l'offensive russe en Ukraine en février, a précisé le chef de l'Etat.

La France a fourni jusqu'ici 18 canons Caesar de 155 mm d'une portée de 40 km, montés sur camion, des missiles antichar et anti-aérien, des véhicules de l'avant-blindé (VAB), du carburant, des équipements individuels et une quinzaine de canons tractés TRF1 de 155 mm à l'Ukraine.

"Il y a très clairement une volonté réaffirmée d'accompagner l'Ukraine dans ce moment de la guerre, de continuer à l'accompagner par notre soutien budgétaire, par la préparation de la reconstruction ou par notre soutien militaire", a souligné le chef de l'Etat.

Emmanuel Macron a par ailleurs confirmé que la France envisageait de livrer six canons Caesar supplémentaires à l'Ukraine, prélevés sur une commande destinée au Danemark.

"Nous avons des discussions avec en particulier nos partenaires danois pour livrer des Caesar, mais c'est une discussion qui revêt certains aspects techniques qui est en train d'être finalisée", a-t-il dit.

"En tout cas nous nous y sommes prêts, nous sommes prêts à la cofinancer et elle permettrait de livrer plusieurs unités de ce système d'artillerie Caesar qui a montré son efficacité sur le terrain, six", a-t-il précisé.


Séjours en Syrie: deux femmes de l'entourage de la famille Merah présentées à un juge

Deux femmes de l'entourage de la famille de Mohamed Merah vont être présentées vendredi à un juge antiterroriste en vue d'une mise en examen dans une information judiciaire ouverte pour association de malfaiteurs terroriste (AFP)
Deux femmes de l'entourage de la famille de Mohamed Merah vont être présentées vendredi à un juge antiterroriste en vue d'une mise en examen dans une information judiciaire ouverte pour association de malfaiteurs terroriste (AFP)
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  • Six femmes de l'entourage de la famille de Mohamed Merah avaient été interpellées mardi à Toulouse et Albi, mais quatre d'entre elles ont été relâchées depuis, sans poursuites à ce stade
  • Parmi ces femmes, âgées de 31 à 43 ans, certaines étaient parties avec leurs enfants en Syrie

PARIS: Deux femmes de l'entourage de la famille de Mohamed Merah vont être présentées vendredi à un juge antiterroriste en vue d'une mise en examen dans une information judiciaire ouverte pour association de malfaiteurs terroriste, a indiqué à l'AFP le parquet antiterroriste (Pnat).

Six femmes de l'entourage de la famille de Mohamed Merah avaient été interpellées mardi à Toulouse et Albi, mais quatre d'entre elles ont été relâchées depuis, sans poursuites à ce stade.

Le Pnat a indiqué vendredi avoir ouvert une information judiciaire pour association de malfaiteurs terroristes délictuelle et soustraction par un parent à ses obligations légales compromettant la santé, la sécurité, la moralité ou l’éducation de son enfant.

Les deux dernières femmes sont présentées à un magistrat antiterroriste en vue d'une mise en examen, toujours selon cette source.

L'enquête préliminaire, confiée à la sous-direction anti-terroriste (Sdat), était ouverte depuis 2014.

Parmi ces femmes, âgées de 31 à 43 ans, certaines étaient parties avec leurs enfants en Syrie.

Selon d'autres sources proches du dossier, certaines sont soupçonnées d'avoir contribué au départ en 2014 en Syrie de la sœur de Mohamed Merah, Souad, qui serait ensuite allée en Algérie.

Soupçonnées depuis plusieurs années par la justice antiterroriste, plusieurs d'entre elles avaient déjà été entendues puis relâchées. Mais, de nouveaux éléments ont amené les enquêteurs à les réentendre.

Elles font partie de l'entourage de la famille Merah, mais ne sont pas membres de la famille.

Il y a plus de dix ans, Mohamed Merah avait tué sept personnes, entre le 11 et le 19 mars 2012, à Montauban et Toulouse.

Il avait assassiné trois militaires (Imad Ibn Ziaten, Abel Chennouf et Mohamed Legouad), un professeur et trois enfants juifs (Jonathan Sandler, ses fils Arié et Gabriel, et Myriam Monsonégo) avant d'être tué par la police après un siège de 32 heures suivi par les médias du monde entier.

Son frère Abdelkader a été condamné définitivement en 2020 à trente ans de réclusion criminelle pour complicité de ses crimes.