Tensions Rwanda-RDC: Un soldat congolais tué, deux policiers rwandais blessés à la frontière

Des habitants courent après le convoi transportant le corps d'un soldat congolais depuis le poste frontière rwandais de Rubavu le 17 juin 2022 (Photo, AFP).
Des habitants courent après le convoi transportant le corps d'un soldat congolais depuis le poste frontière rwandais de Rubavu le 17 juin 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 18 juin 2022

Tensions Rwanda-RDC: Un soldat congolais tué, deux policiers rwandais blessés à la frontière

  • Les tensions ont repris entre la RDC et le Rwanda avec la résurgence du Mouvement du 23 mars
  • Rébellion à dominante tutsi vaincue en 2013 par Kinshasa, le M23 a repris les armes fin 2021

GOMA, RD Congo: Un soldat congolais a été tué et deux policiers rwandais et des civils blessés vendredi dans un échange de tirs à un poste-frontière entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda à Goma (est), signe des très fortes tensions actuelles entre les deux pays, selon des sources sécuritaires.

"Un soldat congolais a foncé, tirant en direction de la frontière rwandaise. Un soldat rwandais a tiré sur lui et il est mort sur place", a témoigné sous couvert de l'anonymat auprès de l'AFP un policier congolais présent lors de l'incident, qui a eu lieu au poste frontière dit de la "Petite barrière".

"Il s'en est suivi un échange des tirs entre nous et les forces de sécurité rwandaises. Il y a des blessés parmi les civils qui voulaient traverser la frontière", a-t-il ajouté.

"Un militaire congolais non autrement identifié a tiré sur les passants qui traversaient la frontière (...) Il a blessé deux policiers (rwandais) et a en réponse +été fusillé+", lit-on sur le compte Twitter de l'armée rwandaise.

Les tensions ont repris entre la RDC et le Rwanda avec la résurgence du Mouvement du 23 mars (M23), accusé d'avoir tué en janvier au moins 26 militaires congolais dans une attaque, selon le Baromètre sécuritaire du Kivu (KST). Depuis, Kinshasa accuse Kigali de soutenir cette rébellion à prédominance tutsi, ce que Kigali dément.

"C'est un incident comme tant d'autres qui arrivent souvent aux frontières. Visiblement le militaire (congolais) tué était ivre", a déclaré à la presse le colonel François Kabeya, le maire-policier de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu.

"Nous considérons qu'il ne s'agit que d'un incident", survenu dans "un contexte de discours de haine contre les Rwandais et les Tutsi de RDC", a déclaré dans la soirée sur France 24 le ministre rwandais des Affaires étrangères, Vincent Biruta. Le ministre des Affaires étrangères de RDC a "regretté cet incident et dit que nous devions agir ensemble pour une désescalade de la situation", a-t-il ajouté.

En début d'après-midi, le corps du soldat tué a été rapatrié en RDC, applaudi par la foule qui lui a rendu hommage, le qualifiant de "héros".

Réagissant à ces fortes tensions, la France  a "fermement" condamné dans un communiqué les violences des groupes armés, "notamment les récentes offensives du M23", et "les tirs qui ont touché le territoire rwandais".

«Discours de haine»

Des observateurs de la CIRGL (Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, qui regroupe les pays de la région), ont brièvement discuté avec des responsables congolais et rwandais sur le lieu de l'incident à la frontière, avant de poursuivre les discussions côté rwandais, a constaté un correspondant de l'AFP.

Au même moment, des policiers congolais continuaient de contenir plus d'une centaine de manifestants qui tentaient de s'approcher de la "Petite barrière", scandant des slogans hostiles au président rwandais Paul Kagame et appelant à l'expulsion des Rwandais.

A Bukavu, dans la province voisine du Sud-Kivu (est), des centaines de manifestants ont marché contre le Rwanda avec les mêmes revendications.

Dans un communiqué, le chef de la police congolaise a indiqué avoir remis à la justice un commissaire de police qui avait laissé la population et des policiers brutaliser un lieutenant-colonel de l'armée soupçonné d'être rwandophone.

Face à cette escalade, la France a également appelé "à la cessation des discours de haine visant des communautés et des individus".

Le gouverneur du Sud-Kivu (est) a indiqué dans un communiqué que "sur instruction de la haute hiérarchie du pays et compte tenu de la situation sécuritaire, tous les postes frontaliers avec le Rwanda" seraient "à dater de ce jour fermés à 15h locales".

Lundi, le M23 a occupé Bunagana, un important centre commercial situé à la frontière avec l'Ouganda, avec le soutien militaire du Rwanda selon les autorités congolaises.

Rébellion à dominante tutsi vaincue en 2013 par Kinshasa, le M23 a repris les armes fin 2021, en reprochant aux autorités congolaises de ne pas avoir respecté un accord pour la démobilisation et la réinsertion de ses combattants.

Les relations entre la RDC et le Rwanda sont tendues depuis 1994, l'année du génocide au Rwanda qui a fait selon l'ONU 800.000 morts, Tutsis ou Hutus modérés, tués par les Forces armées rwandaises (FAR) et les milices extrémistes hutu Interahamwe.


Trump menace de bombarder «fort» l'Iran après de premiers échanges de frappes en un mois

Après un mois d'accalmie et l'accent mis par Washington sur la "guerre économique", les affrontements ont repris entre l'Iran et les Etats-Unis, Donald Trump menaçant lundi de "frapper fort" le camp adverse. (AFP)
Après un mois d'accalmie et l'accent mis par Washington sur la "guerre économique", les affrontements ont repris entre l'Iran et les Etats-Unis, Donald Trump menaçant lundi de "frapper fort" le camp adverse. (AFP)
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  • "Il y aura une réponse" et "nous allons les frapper fort", a averti le président américain, selon des propos retranscrits par la chaîne Fox News
  • Un peu plus tôt, son homologue iranien avait estimé que la poursuite de la guerre n'était "ni dans l'intérêt (de Téhéran) ni dans celui de la région", disant continuer à "oeuvrer pour parvenir à un accord"

WASHINGTON: Après un mois d'accalmie et l'accent mis par Washington sur la "guerre économique", les affrontements ont repris entre l'Iran et les Etats-Unis, Donald Trump menaçant lundi de "frapper fort" le camp adverse.

Pour la première fois depuis fin juillet, les forces américaines ont annoncé des bombardements contre "deux lanceurs iraniens (de roquettes) sur l'île de Larak", située dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Alors que le conflit est entré dans son septième mois et que les négociations sont au point mort, ce regain des hostilités a semé l'inquiétude sur les marchés: les cours du pétrole sont repartis en hausse, le baril de Brent, référence internationale, dépassant le seuil symbolique des 90 dollars.

"Il y aura une réponse" et "nous allons les frapper fort", a averti le président américain, selon des propos retranscrits par la chaîne Fox News.

Un peu plus tôt, son homologue iranien avait estimé que la poursuite de la guerre n'était "ni dans l'intérêt (de Téhéran) ni dans celui de la région", disant continuer à "oeuvrer pour parvenir à un accord".

En déplacement au Kirghizstan pour participer à un sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), il a rencontré le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif dont le pays joue le rôle de médiateur. Sont également attendus à ce rendez-vous les présidents chinois Xi Jinping et russe Vladimir Poutine.

"Escalade dangereuse" 

Selon le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), l'attaque contre Larak a été lancée après que les Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de l'Iran, ont été "observés en train de se préparer à lancer des roquettes chargées de mines marines" à Ormuz.

Les médias iraniens ont fait état de trois morts et sept blessés dans ces frappes.

Visée par les représailles iraniennes, la Jordanie a dit avoir abattu huit missiles ayant pénétré son espace aérien. Les Emirats ont eux détecté un drone au-dessus de ses eaux territoriales, dénonçant "une escalade dangereuse".

Mais les forces armées iraniennes ont mis en garde leurs voisins régionaux contre une "riposte bien plus forte" si toute nouvelle "agression" de Washington était lancée depuis leur territoire.

Les Gardiens ont par ailleurs affirmé avoir abattu deux drones américains au-dessus du détroit d'Ormuz.

Un tanker a également été touché par trois "projectiles inconnus" alors qu'il franchissait le détroit dans le sens de la sortie, a affirmé lundi dans la soirée l'agence maritime britannique, UKMTO.

Ces dernières semaines avaient été marquées par une accalmie dans la région, même si des tirs sporadiques ont été recensés, surtout dans le secteur du détroit d'Ormuz.

Ce passage maritime par lequel transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures mondiaux est au coeur du conflit, Téhéran verrouillant son passage quasi en continu depuis le début de la guerre, déclenchée par une attaque israélo-américaine contre l'Iran le 28 février.

"Protéger la circulation" 

En réponse, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens et se disent prêts "à protéger la libre circulation des échanges commerciaux", le Centcom affirmant avoir "achevé le déminage des voies de navigation internationales".

Mais lundi, la marine des Gardiens de la Révolution a affirmé qu'un "superpétrolier voyou" avait heurté deux mines navales lors d'une tentative "illégale" de franchir le détroit, ce que le Centcom a nié, dénonçant de la "désinformation".

Les négociations pour mettre fin au conflit sont dans l'impasse, alors qu'un protocole d'accord conclu mi-juin a volé en éclats le mois d'après.

Pour le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, "la solution est claire et simple: les Etats-Unis doivent respecter leurs engagements et s'en tenir" à ce qui a été signé. "Tout rentrera alors dans l'ordre".

Face à ce conflit impopulaire et à l'approche des élections de mi-mandat, l'administration Trump mise sur la "guerre économique" contre l'Iran, déjà sous le coup de sanctions internationales.

"On va continuer à faire pression" sur Téhéran, a insisté lundi le ministre des Finances, Scott Bessent, à l'occasion d'une série de réunions aux Etats-Unis avec ses homologues des pays du G20.


Le président iranien estime que la reprise des hostilités avec les Etats-Unis n'est pas dans l'intérêt de son pays

Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
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  • Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA
  • L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense"

BICHEK: Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie.

"Nous continuons de nous efforcer de trouver un chemin d'accord et de compréhension, et nous pensons que continuer la guerre n'est pas dans notre intérêt, ni dans l'intérêt de la région", a expliqué le président iranien lors d'une réunion avec le Premier ministre indien Narendra Modi avant le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au Kirghistan.

"Nous pensons que la solution aux problèmes existants réside dans le dialogue et la compréhension, et toutes les capacités doivent être mobilisées pour éviter l'extension de l'insécurité et du conflit", a-t-il ajouté, selon un communiqué de la présidence iranienne.

Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA. L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense".

Le conflit est entré dans son septième mois et les efforts diplomatiques pour y mettre fin patinent.

Ces dernières semaines ont été marquées par une accalmie au Moyen-Orient, même si des tirs sporadiques ont été recensés, surtout dans et autour du détroit d'Ormuz.

Des dizaines de dirigeants, dont le dirigeant chinois Xi Jinping, le russe Vladimir Poutine, le Premier ministre indien Narendra Modi et son homologue pakistanais Shehbaz Sharif, doivent participer lundi et mardi au sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui se déroule cette année dans la capitale kirghize, Bichkek.

 


Crise migratoire à Ceuta : Sánchez réfute toute implication marocaine

Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
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  • Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines
  • "Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines"

MADRID: Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines dans le brusque afflux de migrants arrivés dans le territoire espagnol de Ceuta depuis le Maroc il y a un mois.

"Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines", a déclaré le chef de gouvernement socialiste sur la radio Cadena Ser.