De la rue aux urnes ? Le vote incertain des jeunes à la présidentielle en Colombie

Dimanche, les Colombiens choisiront entre le sénateur de gauche Gustavo Petro, 62 ans, et un homme d'affaires indépendant, idéologiquement inclassable, Rodolfo Hernandez, 77 ans, champion auto-proclamé de la lutte contre la corruption. (AFP).
Dimanche, les Colombiens choisiront entre le sénateur de gauche Gustavo Petro, 62 ans, et un homme d'affaires indépendant, idéologiquement inclassable, Rodolfo Hernandez, 77 ans, champion auto-proclamé de la lutte contre la corruption. (AFP).
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Publié le Samedi 18 juin 2022

De la rue aux urnes ? Le vote incertain des jeunes à la présidentielle en Colombie

  • Dimanche, les Colombiens choisiront entre le sénateur de gauche Gustavo Petro, 62 ans, et un homme d'affaires indépendant, idéologiquement inclassable, Rodolfo Hernandez, 77 ans, champion auto-proclamé de la lutte contre la corruption
  • Selon l'Institut de sondage Cifras y Conceptos, près de la moitié des jeunes n'ont pas voté au premier tour le 29 mai, représentant un réservoir de neuf millions de voix

BOGOTA : Il y a près d'un an, la rue colombienne s'enflammait, avec les jeunes en fer de lance contre le gouvernement. Dimanche, pour le second tour de la présidentielle, ces mêmes jeunes pourraient bien faire la différence s'ils rompent avec leur abstentionnisme historique.

Printemps 2021 : sonné par la pandémie, le pays explose à l'annonce d'un projet d'augmentation des impôts par le gouvernement conservateur d'Ivan Duque. La classe moyenne, jeunes en tête, descend dans les rues des grandes villes. Le mouvement est durement réprimé par la police, avec au moins 44 morts.

Il révèle un malaise profond dans une des sociétés les plus inégalitaires au monde. Un an après, "le problème social n'a pas été résolu (...) il s'est juste calmé", analyse pour l'AFP Danny Ramirez, de l'Université du Rosario. Et pourrait ressurgir à tout moment.

Dimanche, les Colombiens choisiront entre le sénateur de gauche Gustavo Petro, 62 ans, et un homme d'affaires indépendant, idéologiquement inclassable, Rodolfo Hernandez, 77 ans, champion auto-proclamé de la lutte contre la corruption.

Le scrutin s'annonce très serré, et dans la dernière ligne droite les candidats font la chasse aux abstentionnistes (45%) comme aux indécis (2% à 5%).

Selon l'Institut de sondage Cifras y Conceptos, près de la moitié des jeunes n'ont pas voté au premier tour le 29 mai, représentant un réservoir de neuf millions de voix.

Défiance envers les institutions, insatisfaction à l'égard du système éducatif, chômage : 52% des jeunes ne se sentent représentés par aucun des deux candidats. Par ailleurs, 81% d'entre eux se méfient de l'exécutif, 80% des partis politiques et 78% du Parlement, selon une autre enquête datant d'avril.

Ces nouvelles générations nées dans les villes, loin du conflit armé qui a éludé pendant des décennies la contestation sociale, encouragent les causes féministes, environnementales ou ethniques, constate M. Ramirez. Mais si elles "dynamisent" les débats électoraux, elles se rendent rarement jusqu'aux urnes.

"J'ai l'impression que ce sont les mêmes personnes que d'habitude qui gouverneront à nouveau (...) il serait bien mieux que ce soit quelqu'un qui n'a pas tant d'histoire avec la politique", confie à l'AFP Sebastian Rodriguez, 22 ans, caissier à Bogota qui votera blanc... s'il va voter.

Emploi, éducation, santé et violence sont pourtant les préoccupations de la jeunesse, énumère David Yepes, de la Fondation Idées pour la paix, qui mène des recherches sur les manifestations de 2021. "Il y a un certain nombre de promesses non tenues qui ont ouvert un trou béant entre les jeunes et les institutions", s'inquiète-t-il.

Nouvelle explosion ?

Selon les sondages, les jeunes s'identifient davantage au programme de M. Petro (62%). A la tête de la mairie de Bogota (2012-2015), ce dernier a tissé des liens avec les jeunes en se posant en défenseur des droits humains, de l'environnement et pour l'éducation gratuite. Il a soutenu sans réserve les manifestations de 2021 et critiqué la réponse du gouvernement.

Son choix d'une Afro-Colombienne, Francia Marquez, comme colistière pour la vice-présidence, s'est avéré payant: charismatique, elle a porté un discours féministe, écologiste et antiraciste qui résonne chez les jeunes, plus que les dogmes habituels de la gauche latino-américaine.

Cristina Andrade, une psychologue de 25 ans, choisira Gustavo Petro "essentiellement en raison de ses propositions, mais aussi parce qu'il est soutenu par Francia". "Le plus important, c'est la question environnementale que Rodolfo Hernandez n'a pas...", explique-t-elle l'AFP.

L'ancien maire de la ville de Bucaramanga (nord), surnommé "le vieux de TikTok", a toutefois su, lui aussi, aborder la nouvelle génération.

Il "ne se comporte pas comme un politicien traditionnel. Sa façon d'être, son discours disruptif lui permettent d'établir un lien facile avec les jeunes", explique Fabian Mayorga, 22 ans, coordinateur des Jeunes avec Hernandez.

Le candidat indépendant promet qu'il répondra aux aspirations de la jeunesse s'il est élu et que la police anti-émeute "ne sera pas utilisée brutalement contre le droit des gens à manifester".

Il est cependant plus imprévisible dans ses projets, observe M. Ramirez. "Nous ne savons pas comment il ferait face à une explosion sociale. Il a un style plutôt conflictuel (...) qui ne permet pas, pour autant que nous l'ayons vu, le dialogue ou le débat d'idées".


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.